Eutonine sociale

Eutonina indicans | (Romanes, 1876)

N° 3054

Atlantique Nord-Est

Clé d'identification

Méduse transparente presque hémisphérique
4 gonades ondulées blanches ou jaunâtres
Manubrium dépassant légèrement de l'ombrelle

Noms

Noms communs internationaux

Umbrella jelly, bell jelly (GB), Paddestoelkwalletje (NL), Agregating jelly (Can).

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Tiarops indicans Romanes, 1876
Eirene indicans (Romanes, 1876)
Eutima indicans (Romanes, 1876)
Eutonina socialis Hartlaub, 1897
Eutimium socialis Mayer, 1910

Egalement sous les noms de genres suivants: Thaumantias Eschscholtz 1829, Tiaropsis Agassiz L. 1849, Eutima Mac Crady 1859, Eutimalphes Haeckel 1879.

Distribution géographique

Atlantique Nord-Est

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Atlantique Nord (mer du Nord), Pacifique Nord : des îles Aléoutiennes jusqu'au sud de la Californie, Russie, nord du Japon et sur la côte ouest de l'Inde (Bombay).

Biotope

Ces méduses vivent près de la surface, non loin des côtes, et sur le plateau continental.

Les polypes (moins de 200 par « colonie ») ont été observés (dans le Pacifique Nord, sur la côte d'Amérique du Nord) sur des zostères, des rochers et des carapaces de crabes en dessous de la zone de balancement des marées.

Description

Cette méduse transparente a pour dimensions 25 mm à 40 mm de diamètre et environ 30 mm de haut pour les plus grandes. La paroi de l'ombrelle* (ou ombelle) est plus épaisse au milieu et s'aminçit sur le bord. Les 4 canaux radiaires portent chacun une gonade* allongée et ondulée, blanche ou légèrement teintée de jaune, bien visible. Le manubrium* conique dépasse un peu de l'ombrelle et il se termine par 4 lèvres crénelées autour de la bouche. Le bord de l'ombrelle porte jusqu'à 200 tentacules fins et courts. Chacun d'eux ayant un bulbe basal avec une petite tache noire. Cette méduse ne possède aucune verrue marginale. On observe la présence de 8 vésicules marginales contenant chacune 12 concrétions. Le velum* est étroit et peu visible

L'hydrothèque* est très délicate, cylindrique chez les jeunes avec un diaphragme et un opercule* conique. Chez les vieux spécimens l'hydrothèque se désintègre laissant juste une gaine membraneuse chiffonnée. Le polype* porte jusqu'à 20 tentacules*. La gonothèque* est légèrement conique.

Espèces ressemblantes

Eutonina scintillans (Bigelow, 1909). Ombrelle plus petite, plus aplatie (10 mm de diamètre, 5 mm de haut), manubrium court et globuleux, bouche entourée de 4 lèvres lisses. Seulement une trentaine de tentacules courts et gonflés. Gonades vert pâle proches de la marge de l'ombelle et seulement sur 1/3 à 1/4 des canaux radiaires.

Alimentation

Se nourrit d'œufs et de larves* planctoniques* de petits invertébrés, de copépodes, d'appendiculaires et de petites hydroméduses.

Reproduction - Multiplication

Comme toutes, ou presque, les méduses d'hydrozoaires, la phase méduse est la phase de reproduction sexuée (méduses mâles et méduses femelles). La fécondation des gamètes* produit un œuf pour donner une larve qui se fixe sur un support, bourgeonne et donne des polypes qui, eux, au niveau des gonothèques produiront des méduses.

Chez cette espèce, les polypes n'ont pas été observés tout de suite en milieu naturel. Ils sont connus car ils ont d'abord été élevés (cultivés) au laboratoire par Werner en 1968, puis observés sur la côte ouest d'Amérique du Nord.

Divers biologie

Une excitation de la méduse provoque l'apparition d'une ligne continue et étroite d'une pâle luminescence (bleue) tout autour de la marge de l'ombrelle. Seul Romanes (auteur de la première description en 1876) signale cette caractéristique mais toutefois, sur certaines illustrations, cette luminescence peut être visible.

Cette espèce peut être abondante du printemps à l'automne, parfois en essaim.

Origine des noms

Origine du nom français

Francisation du nom scientifique et pour le nom d'espèce francisation d'un des synonymes (cette espèce apparaît en essaim)(Proposition DORIS).

Origine du nom scientifique

Eutonina : Hartlaub (1897) souhaitait utiliser Eutonia mais ce nom était déjà utilisé pour un genre d'insectes diptères (Eutonia van der Wulp 1874 ). Il l'a donc modifé en Eutonina (diminutif). Eu = vrai, juste et tonia pour tonus (sans rapport avec la technique corporelle du même nom de Gerda Alexander 1959). Toutefois on peut noter que certains des noms de genre des méduses de la famille des Eirenidés sont très proches les uns des autres : Tima Eschscholtz 1829, Eutima Mc Crady 1859, Eutimeta Haeckel 1879, Eutimium Haeckel 1879, Eutimalphes Haeckel 1879 et enfin Eutonina Hartlaub 1897.

indicans : participe présent latin de 'indico' = indiquer, mentionner, déclarer, publier, notifier : en relation avec l'émission de lumière ?

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Cnidaria Cnidaires

Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, principalement à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula.

Classe Hydrozoa Hydrozoaires Cnidaires dont le cycle de vie est alterné, mais de façon inconstante, par deux phases différentes : le polype et la méduse. Présence d’un velum dans la méduse (dite craspédote), gonades ectodermiques, perte des septes, perte des cnidocytes endodermiques. Coloniaux ou solitaires. Quelques espèces d’eau douce.
Sous-classe Hydroidolina Hydroïdes Hydrozoaires dont le cycle de vie présente toujours une phase polype.
Ordre Leptothecata / Leptomedusa Leptothécates / Leptoméduses Hydroïdes coloniaux dont les polypes sont protégés par une enveloppe chitineuse, la thèque. Méduses (quand elles existent) aplaties, parfois de grande taille, portant des statocystes sur le bord de l’ombrelle, et des gonades sur les canaux radiaires.
Famille Eirenidae Eirénidés
Genre Eutonina
Espèce indicans

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