Clione écarlate

Cliona rhodensis | Rützler & Bromley, 1981

N° 1883

Endémique de Méditerranée

Clé d'identification

Éponge perforante de couleur rouge vif
Oscules cylindriques aux bords relevés
Ostioles regroupés sur des sortes de tamis aplatis et ajourés

Noms

Noms communs internationaux

Red boring sponge (GB), Cliona di Rodi (I), Esponja perforante roja (E), Roter Bohrschwamm (D), Rode boorspons (NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Cliona viridis var. carteri (Ridley), d'après Topsent, 1900.
Voir le § "Informations complémentaires" pour les confusions avec Cliona carteri.

Distribution géographique

Endémique de Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Sa distribution est limitée à la Méditerranée (espèce endémique*). Elle est référencée en Méditerranée occidentale, en mer Adriatique, en mer Égée et au sud sur les côtes tunisiennes.

Biotope

La clione écarlate est présente dans les substrats calcaires, qu'elle contribue à détruire, et dans lesquels elle forme un réseau de galeries. On la trouve dès les premiers mètres jusqu'à au moins 40 mètres de profondeur, perforant les algues rhodophycées calcaires et les bryozoaires encroûtants. Elle n'a pas été observée sur des coquilles mortes ou de petites pierres. En mer Égée (Rhodes) elle est abondante de la surface jusqu'à 3 m de profondeur et commune jusqu'à 9 m. Sur le littoral nord occidental où elle semble moins fréquente, elle a été principalement observée entre 8 et 15 m.

Description

Cliona rhodensis est une éponge perforante aux papilles de couleur rouge vif (écarlate) à rouge orangé vif. Les papilles ne fusionnent entre elles que très exceptionnellement. On ne voit jamais l'intégralité de cette éponge, dont seuls les oscules* (ouvertures exhalantes) et les verrues portant les ostioles* (pores inhalants) sont visibles. La "colonie" cachée dans le substrat* calcaire mesure de 10 à 55 cm de diamètre.
Les oscules circulaires font quelques mm de diamètre (2 à 4,8 mm) et ont les bords légèrement relevés. Les ostioles sont regroupés sur des verrues qui ont la forme de tamis aplatis et ajourés de 0,5 à 3 mm.

Espèces ressemblantes

Trois autres espèces de clionaïdés rouges sont connues de Méditerranée :

Cliona schmidtii : les oscules et les pores inhalants sont de couleur violette.

Pione vastifica : les oscules et les pores inhalants sont de taille plus réduite et de couleur jaune orangé à orange.

Cliona vermifera : une très petite espèce difficilement observable en plongée, est de couleur vermillon.

Alimentation

Les éponges sont des animaux filtreurs* qui se nourrissent de microparticules : bactéries, algues unicellulaires, débris organiques, ne dépassant en général pas 3 microns. Le courant d'eau nécessaire est créé par le mouvement de cellules ciliées spécifiques des éponges : les choanocytes*.

Reproduction - Multiplication

Chez la plupart des éponges, la reproduction peut être sexuée ou asexuée.

  • Sexuée : par œufs et spermatozoïdes*, aboutissant à la naissance d'une larve* ciliée* nageuse qui se fixe rapidement pour donner une nouvelle éponge. Les éponges sont hermaphrodites*, les gamètes* mâles et femelles d'une même éponge ne sont pas expulsés au même moment. Cette éponge est ovipare*, comme la plupart des éponges tétractinomorphes.
  • Asexuée : par bourgeonnement ou bouturage de fragments qui se détachent de l'éponge mère pour se fixer un peu plus loin. Les éponges se reproduisent surtout par voie asexuée et ont une énorme capacité de régénération.

Divers biologie

Cliona rhodensis, comme toutes les éponges perforantes, dissout le calcaire par voie chimique. Elle creuse des chambres de 10 x 10 mm à 12 x 20 mm de section reliées entres elles par de nombreux et fins canaux de 0,5 mm de diamètre.

La couleur rouge vif, dite écarlate, est due à un pigment brillant.

Description microscopique :
Les mégasclères* sont des tylostyles* courts et trapus (365 x 10 μm en moyenne) à tête globuleuse et pointe brève.
Les microsclères* sont de deux types et de deux tailles : des spirasters* et des amphiasters*. Type I (spirasters et amphiasters) de 11,4 x 4,7 μm, type II (spirasters) de 43,4 x 5,7 μm.
Les papilles portent sur les couches supérieures une accumulation de petits spirasters* peu sinueux et uniformément couverts d'épines, les plus grands ne sont présents que dans le choanosome*.

Informations complémentaires

Pendant longtemps Cliona carteri (Ridley, 1881) a été confondue avec Cliona rhodensis dans le bassin méditerranéen. Plusieurs observations anciennes de Cliona rhodensis en Méditerranée se retrouvent dans les publications sous le nom de Cliona carteri (Ridley, 1881) ou le synonyme non valide de Vioa carteri Ridley, 1881. Il s'avère que Cliona carteri est une espèce des côtes d'Atlantique Sud-Ouest (sud Brésil) absente en Méditerranée.

Topsent, en 1900, a observé cette clione rouge vif à Banyuls et l'a nommée Cliona viridis var. carteri (Ridley).

Origine des noms

Origine du nom français

Clione écarlate est une proposition des auteurs du site DORIS. L'écarlate est un rouge vif.

Origine du nom scientifique

Cliona : de Clio, nom d'une Néréide, nymphe de la mer dans la mythologie grecque.

rhodensis : de l'île de Rhodes en Grèce d'où a été décrite cette éponge.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Porifera Spongiaires / Eponges Organismes exclusivement aquatiques, filtreurs, fixés au substrat, de formes variables, et percés d'orifices inhalants (ostioles ou pores) et exhalants (oscules).
Classe Demospongiae Démosponges

Eponges dont la charpente est constituée de spicules siliceux (différenciés en méga- et microsclères) et de collagène dispersé ou structuré en fibres de spongine. Ovipares ou vivipares, larve typique = parenchymula.

Sous-classe Heteroscleromorpha Hétéroscléromorphes
Ordre Clionaida Clionaides
Famille Clionaidae Clionaïdés Eponges perforantes, avec des papilles inhalantes à la surface du substrat. Les spicules caractéristiques sont des tylostyles et des spirasters.
Genre Cliona
Espèce rhodensis

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