Grondin-perlon

Chelidonichthys lucerna | (Linnaeus, 1758)

N° 875

Atlantique Est tempéré et Méditerranée

Clé d'identification

Longs rayons de la pectorale atteignant le début de la nageoire anale
Face inférieure de la pectorale ornée d'un liseré bleu vif
Museau s'étendant loin en avant et se terminant par une courbure ou par une légère échancrure
Petites écailles lui donnant un tégument d'allure très lisse
Ligne latérale de couleur proche de celle du corps ne montrant qu'un léger relief

Noms

Autres noms communs français

Grondin perlon, grondin saphirine, grondin, trigle hirondelle
Rouget, mouline (Manche), perlan, dauphin, mulonia (Atlantique), galinette, gabotte, cabote, perlon (Méditerranée)

Noms communs internationaux

Tub gurnard, sapphirine gurnard, yellow gurnard, tubfish (GB), Lucerna, mazzola, capone gallinella (I), Alfondiga, begel, lluerna rossa , perlón, tub gurnard (E), Kirlangiç baligi (Turkish), Bacamarte, cabra-cabaço (P), Roter Knurrhahn (D), Rode poon (NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Trigla lucerna Linnaeus, 1758 est le nom le plus fréquemment rencontré dans la littérature.
D'autres synonymes existent, parmi lesquels :
Chelidonichthys lucernus (Linnaeus, 1758)
Trigla corax Bonaparte, 1834

Distribution géographique

Atlantique Est tempéré et Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Le grondin-perlon est présent en Atlantique, de la Norvège au Cap Blanc, et en Méditerranée, surtout dans sa partie occidentale, ainsi qu'en mer Noire.

Biotope

Le grondin-perlon affectionne les fonds de sable, de vase ou de graviers, depuis 20 jusqu'à plus de 300 m (318 m en mer Ionienne). Le plus souvent il se situe entre 50 et 250 m. Il se rapproche des côtes en été, pénétrant parfois les estuaires, et rejoint en hiver des profondeurs plus importantes, au-delà de 80 m. Les jeunes sont occasionnellement observés près du rivage. Il supporte une amplitude de température d'eau assez large : de 8 à 24 °C.

Description

Le grondin-perlon, à l'instar des autres grondins, se reconnaît à sa manière de se déplacer sur le fond à l'aide des 3 premiers rayons de ses nageoires pectorales transformés en appendices locomoteurs permettant de "marcher" sur les fonds marins. Les plus longs rayons de la nageoire pectorale atteignent le début de la nageoire anale. Cette nageoire, lorsque l'individu se met à nager, montre sa face inférieure ornée d'un liseré bleu vif. Elle peut posséder aussi une zone assez centrale noire avec des taches bleues. La coloration bleutée de la pectorale s'estompe avec l'âge.
Ce poisson possède deux dorsales bien distinctes, la première assez courte. Avec une taille pouvant atteindre 75 cm au maximum, mais le plus souvent ne dépassant pas une cinquantaine de centimètres, c'est le plus grand représentant de la famille. Son poids maximal référencé est de 6 kg. Comme chez les autres grondins, la tête est massive et cuirassée. Il possède un museau s'étendant loin en avant et se terminant par une courbure ou par une légère échancrure. Les épines sur les opercules* et les préopercules* sont assez courtes. La couleur générale varie du gris au rougeâtre en passant par le brun plus ou moins tachetés de sombre. Son ventre est blanc. De petites écailles lui donnent un tégument d'allure très lisse. La ligne latérale*, de couleur proche de celle du corps, ne montre qu'un léger relief.

Espèces ressemblantes

Aspitrigla cuculus, le grondin rouge, a des écailles bien visibles, son museau est moins long, et ses pectorales, plus courtes, ne sont pas bordées de bleu.

Trigla lyra, le grondin-lyre, est plus petit et possède un museau très échancré.

Eutrigla lucerna, le grondin gris, est plus petit aussi et possède une tache noire sur la première dorsale.

Chelinodichthys obscurus, le grondin morrude, possède un rostre peu échancré, un deuxième rayon épineux de la première nageoire dorsale très prolongé, des pectorales plus allongées et un revers des pectorales vert sombre bordé de bleu fluorescent.

Chelidonichthys lastoviza, le grondin camard, est bien plus petit et possède un museau très peu avancé.

Dactylopterus volitans, le grondin volant, possède des pectorales qui dépassent l'extrémité postérieure de la nageoire anale.

Alimentation

Munis de récepteurs sensoriels, ses rayons locomoteurs lui permettent également de localiser ses proies dans les fonds meubles, tandis que son rostre lui permet de fouiller les sédiments. Les jeunes grondins-perlon se nourrissent principalement de crustacés et de petits vers enfouis dans le sable. Quand ils atteignent une trentaine de centimètres, ils se nourrissent de crabes. Enfin, les adultes se nourrissent en hiver de poissons et de céphalopodes de fonds, et en été de petits poissons côtiers de fond ou de pleine eau. En effet malgré leur apparence, les grondins sont d'excellents nageurs.

Reproduction - Multiplication

La période de reproduction s'étend de décembre à février/avril en Méditerranée, et de mai à juin au large de la Bretagne.
La ponte est fractionnée, 150 000 œufs peuvent être pondus, ils sont pélagiques* et de forme sphérique.

Divers biologie

Chez les grondins, les trois premiers rayons des nageoires pectorales ne sont pas reliés entre eux par une membrane, ils sont dit "libres" et sont utilisés par ces poissons pour la marche sur le fond.
Ils servent également d'organes sensoriels tactiles.



Les grondins-perlon vivent en petits groupes ou peuvent être observés solitaires.



Certains individus ont déjà été vus bondissant au-dessus de la surface, ils savent en effet nager avec rapidité en pleine eau.



Comme tous les Triglidés, ce poisson est capable, par contraction des muscles intercostaux, d'agir sur sa vessie natatoire, ce qui provoque des grognements, déjà perçus lorsqu'en aquarium il était approché par d'autres poissons. Inquiété, il déploie et retourne ses larges nageoires pectorales colorées de bleu vif pour impressionner ses éventuels prédateurs.



Il peut être la victime de la grande sériole : Seriola dumerili, et il semblerait que des cas de cannibalisme soient possibles.



Le grondin-perlon est pêché au chalut, et vendu frais, sa chair est très estimée.



L'âge maximal ayant été atteint et mesuré chez ce poisson a été de 15 ans.

Informations complémentaires

Il faut approcher le grondin-perlon sans l'effaroucher car il préfère souvent garder ses distances, et les rencontres ne sont pas fréquentes avec ce poisson très typé.

Origine des noms

Origine du nom français

Le nom de "grondin" vient du fait que ces poissons sont capables d'émettre des grognements.

Perlon est un nom traditionnel de Provence pour cette espèce.

Le perlon est l'autre nom du nylon, textile polyamide inventé dans les années trente...

Origine du nom scientifique

Chelidon : directement repris du grec, et qui veut dire : hirondelle,
ichthys : directement repris du grec aussi, et qui veut dire : poisson.
Les larges pectorales de ce poisson évoquent les ailes d'un oiseau.

lucerna : directement repris du latin, et qui veut dire : lanterne. Ce terme désignait aussi un "poisson phosphorescent", probablement à cause de l'aspect lumineux des teintes bleues du dessous des pectorales.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Super classe Osteichthyes Ostéichthyens Vertébrés à squelette osseux.
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées.
Sous-classe Neopterygii Teleostei Néoptérygiens Téléostéens Poissons à arêtes osseuses, présence d’un opercule, écailles minces et imbriquées.
Super ordre Acanthopterygii Acanthoptérygiens Rayons épineux aux nageoires, écailles cycloïdes ou cténoïdes, présence d'une vessie gazeuse et pelviennes thoraciques ou jugulaires, sans être systématiquement présents, sont des caractères que l'on ne rencontre que chez les Acanthoptérygiens.
Ordre Scorpaeniformes Scorpéniformes Poissons scorpions.
Sous-ordre Scorpaenoidei Scorpénoïdes
Famille Triglidae Triglidés Tête massive, avec un museau prononcé, et aplatie par-dessous, munie de plaques osseuses formant une cuirasse. Epines au niveau des pièces operculaires. Corps diminuant de taille régulièrement jusqu’à la queue. 3 premiers rayons libres à la pectorale.
Genre Chelidonichthys
Espèce lucerna

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