Étoile de mer commune

Asterias rubens | Linnaeus, 1758

N° 132

Mer du Nord, Manche, océan Atlantique

Clé d'identification

5 bras avec pointes émoussées
Épines blanches disposées en une ligne continue au milieu de chaque bras
Couleur assez variable

Noms

Autres noms communs français

Astérie rouge

Noms communs internationaux

Common starfish (GB), Estrella de mar comun (E), Gemeiner Seestern (D), Gewone zeester (NL), Estrela-do-mar comun (P), Vanlig korstroll (N)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Asterias vulgaris Verrill, 1866

Distribution géographique

Mer du Nord, Manche, océan Atlantique

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord, Atlantique Nord-Ouest

Son aire de répartition s'étend des côtes est du Canada (incluant le golfe et l'estuaire du Saint Laurent), de l'Arctique au Cap Hatteras, en passant par la Scandinavie jusqu'aux îles du Cap-Vert. Elle est absente de Méditerranée.

Biotope

L'astérie rouge vit dans des biotopes très variés, essentiellement où elle pourra trouver sa nourriture : dans des moulières, sur des structures rocheuses mais aussi sur le sédiment.
Elle supporte les eaux saumâtres.
Elle se rencontre de la zone intertidale jusqu'à 650 m de profondeur.

Description

L'étoile de mer commune a la particularité d'avoir une taille qui varie en fonction de son habitat. Si celui-ci est exposé, elle aura une envergure d'une douzaine de cm, s'il est abrité, en eau profonde par exemple (on la rencontre de la zone intertidale* jusqu'à 650 m de profondeur) elle pourra dépasser 30 voire même 50 cm d'envergure ! Sa couleur est assez variable : souvent de teinte orange, elle peut être brun jaunâtre, mauve ou violette.

Elle possède 5 bras terminés en pointes émoussées et recouverts d'épines calcaires disposées en lignes ou dispersées. Les jeunes individus sont relativement rigides alors que ceux qui sont de grande taille sont plus souples, ils peuvent même sembler presque flasques. Sur la face dorsale, certaines des épines blanches sont disposées en une ligne continue au milieu de chaque bras. D'autres lignes épineuses sont présentes également sur les côtés des bras.
Entre les piquants sont disposés, de manière individuelle ou en ensembles plus ou moins denses, des papules. Ces structures ressemblent à de minuscules doigts de gants et jouent le rôle de branchies : à travers leur membrane ont lieu les échanges gazeux respiratoires.

Deux structures particulières se remarquent également au niveau de cette face dorsale, en position interradiale*, c'est à dire entre les points de fixation des bras (ceux-ci sont nommés également radius) :

  • une plaque madréporique (nommée aussi madréporite). C'est une structure calcaire légèrement bombée et ridée. Elle est perforée d'un grand nombre de petits orifices qui permettent de laisser entrer une eau propre dans le système aquifère (ou ambulacraire) de l'étoile de mer. Elle joue donc le rôle de crépine.
  • un anus minuscule, repérable surtout par le bourrelet de tégument qui l'entoure, et qui est non fonctionnel.

Ces structures permettent de superposer à la symétrie pentaradiée (symétrie d'ordre 5), une symétrie bilatérale.

La face ventrale présente en son centre une bouche dépourvue des structures que l'on trouve chez la plupart des animaux : dents ou autres appendices de mastication.
Chaque bras est creusé d'une gouttière bordée par 4 rangées de pieds ambulacraires, nommés aussi podia* (ambulare en latin = se promener). Ces podia sont de petites vésicules terminées par des ventouses et actionnées grâce à un système hydraulique (appareil aquifère ou ambulacraire). Ces très nombreux podia permettent le déplacement de l'animal ainsi que la capture des proies.
A l'extrémité de chaque bras, un pied ambulacraire est dépourvu de ventouse et présente une tache rouge qui témoigne de la présence de cellules photosensibles*.

Espèces ressemblantes

Aucune dans le secteur géographique qui nous concerne.

Alimentation

L'étoile de mer commune se nourrit en bonne partie de moules, d'huîtres et d'autres bivalves, mais peut se satisfaire d'autres organismes, morts ou vivants (oursins, crabes…).
Sa technique de capture et de nutrition est semblable à celle de la grande majorité des Astérides. Elle utilise ses podia*, munis de ventouses, pour capturer ses proies et les amener à sa bouche, ou plutôt à son estomac, qu'elle fait passer à travers son orifice buccal en le dévaginant à la manière d'un doigt de gant que l'on aurait retourné. Il lui faut d'abord épuiser sa victime, on a mesuré le temps nécessaire pour qu'elle puisse parvenir à obliger une huître à desserrer ses valves : 90 minutes ! Ensuite elle introduit son estomac (en partie) entre les valves de sa victime pour réaliser une digestion externe : les sucs digestifs traversent la paroi de l'estomac et attaquent alors les tissus du mollusque. Cette digestion pourra durer 8 heures. Lorsque la digestion est terminée, l'estomac retourne en position intérieure.

Reproduction - Multiplication

Les sexes sont séparés (comme d'ordinaire chez les Astérides).
Il y a 5 gonades* en position interradiale*, chacune de celles-ci possédant un lobe dans chaque bras adjacent. Au moment de la reproduction, on peut voir les gamètes* s'échapper par des orifices : les pores génitaux, situés en bordure des points de jonction des bras avec le disque central.
A ce moment-là, on remarquera les étoiles de mer redressées sur les extrémités de leurs bras, le corps fortement bombé.
Un processus d'échanges de phérhormones* (ou phéromones) précède la libération des gamètes et permet le synchronisme de celle-ci.
Une femelle peut émettre, en deux heures, plus de deux millions d'ovules.
La fécondation a donc lieu en pleine eau et donne des œufs qui aboutiront à des larves planctoniques (larves pluteus*).
Deux mois plus tard a lieu la métamorphose qui permettra d'obtenir une petite étoile qui rejoindra le fond marin.
Cette reproduction se déroule au printemps.

Divers biologie

Asterias rubens, comme d'autres Astérides, possède d'importantes capacités de régénération. Les bras peuvent être perdus suite à la capture par un prédateur, ou suite à une excitation trop forte, le bras se détachant alors sous l'action d'un dispositif interne à l'étoile de mer, il s'agira alors d'autotomie* (chez certaines espèces d'étoiles seulement). C'est la contraction réflexe de muscles puissants qui entraîne la cassure du bras en un point précis. Le lieu de rupture sera alors avec une cicatrice nette facilitant la cicatrisation puis la repousse.
La vitesse de régénération dépend de la longueur du bras perdu. Plus long, il est plus fragile, mais il repousse plus rapidement.
Un bras seul peut lui aussi régénérer une étoile entière, mais il est dit qu'il faut qu'il y ait au moins une portion du disque central sur le bras restant pour que la régénération puisse avoir lieu.

Il n'est pas rare de voir une étoile régénérant un ou plusieurs bras.
Quand 4 bras sont en régénération, la forme de l'étoile est nommée « comète », par ressemblance avec l'astre du même nom !
Certaines Asterias rubens se présentent avec un nombre de bras différent de 5, ce n'est pas très fréquent.
La cause pouvant être liée à son développement ou d'origine accidentelle.

A l'extrémité de ses bras se trouvent des podia avec des cellules photosensibles*, ce qui explique pourquoi on voit ces bras redressés lorsqu'elle se déplace.
D'autres structures sensorielles se trouvent également sur ces podia, ils donnent des informations tactiles et olfactives.

Des pédicellaires* sont disposés en couronne autour des piquants, mais se trouvent également ailleurs sur le tégument, près des papules par exemple. Ils se présentent sous la forme de petites pinces à deux mors situées à l'extrémité d'une petite tige.
Ils ont pour rôles de nettoyer le tégument et d'empêcher la fixation de parasites et autres organismes.
Il faut une loupe ou une observation de détail de photo pour les voir le plus souvent.

Sa vitesse de déplacement a été mesurée, elle ne dépasserait pas 8 cm par minute.

Sa durée de vie est estimée à 4 ou 5 ans.

On peut voir parfois plusieurs astéries rouges se nourrir de la même proie : gros oursin, crabe….

Elle peut servir de nourriture (capturée vivante ou trouvée morte…) à des crabes, à des oiseaux de mer…

Informations complémentaires

Certains ostréiculteurs et mytiliculteurs ont dû développer des moyens de protection de leurs installations (grillages…) pour les protéger de la voracité de cette étoile de mer (et aussi de celle des espèces proches !).

Origine des noms

Origine du nom français

Cette astérie, bien que souvent rouge, présente une grande variabilité de couleur, et comme elle est commune sur certaines de nos côtes, c'est le nom d'"étoile de mer commune" qui a été retenu, et non pas "étoile de mer rouge" comme le voudrait la traduction du nom scientifique.

Origine du nom scientifique

Asterias : du latin [aster] = étoile,
rubens : du latin [rubens] = rouge.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Echinodermata Echinodermes Symétrie radiale d'ordre cinq (chez les adultes). Squelette de plaques calcaires bien développé sous le derme. Présence d'un système aquifère auquel appartiennent les podia souvent visibles extérieurement.
Sous-embranchement Asterozoa Astérozoaires Echinodermes de forme étoilée. Les bras, simples et parfois absents, sont en nombre variable, et contiennent des organes.
Classe Asteroidea Astérides Organismes en forme d’étoile, libres. 5 à 50 bras, squelette réduit, estomac dévaginable. Ce sont les étoiles de mer.
Ordre Forcipulatida Forcipulatides Les piquants de la face dorsale sont entourés d’une couronne de pédicellaires croisés. Les tubes ambulacraires sont ordinairement quadrisériés et ils sont terminés par des ventouses.
Famille Asteriidae Astériidés
Genre Asterias
Espèce rubens

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