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  Fiche Espèce   (N°747)
 
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(N°747) Espèce réglementée   Espèce dangereuse
Homarus gammarus (Linnaeus, 1758)
Manche, Atlantique, Méditerranée occidentale et centrale
Homard européen
 
Crustacés Malacostracés (crabes, crevettes...)
 
 
European lobster (GB), Gambero marino (I), Bogavante (E), Europäischer Hummer (D), Lavagante (P), Europese zeekreeft (NL)
 Critères de reconnaissance
Carapace bleue
Grandes pinces asymétriques aux extrémités blanches
Grandes antennes orange
Caché dans un abri le jour, sort la nuit pour chasser
 Distribution
Le homard vit dans les mers froides et tempérées, entre 20 m et 100 m de profondeur, de la Norvège au Maroc. En Méditerranée occidentale et centrale et dans la mer Noire, on le trouve plutôt à partir de 30 m.
 Biotope
On le trouve sur les fonds rocheux jusqu'à une centaine de mètres de profondeur. Il est devenu rare d'en pêcher à basse-mer ; l'archipel des Chausey est un des endroits où c’est encore possible aux très bonnes marées.
De jour, il vit caché dans son abri, souvent dans des failles, des trous ou des épaves, qu’il remanie constamment en poussant les sédiments vers l’extérieur avec ses pinces. De nuit, on peut le voir se balader sur les roches à la recherche de sa nourriture. C’est un animal assez agressif, qui attaque tout animal de taille inférieure à la sienne. Cette agressivité se manifeste aussi envers ses congénères, surtout par les grands mâles pour la défense des abris, territoires, batailles pour les femelles.
 Description
Il peut atteindre 60 cm et au moins 8 kg, sa taille moyenne se situant entre 25 et 50 cm.
Sa carapace est bleuâtre souvent sombre, avec l’extrémité des pattes blanche et les antennes orange.
Son corps est composé d’un céphalothorax, d’un abdomen long, puissant et replié sur lui-même au repos, et d’une queue.
Deux grandes pinces se situent à l’avant du céphalothorax, à l’inverse de la langouste, qui n’en possède pas. Ses 2 pinces sont différentes : la plus large, armée de dents irrégulières, broie, tandis que l’autre, plus mince et armée d’une rangée de dents en scie, coupe. Elles se situent indifféremment à droite ou à gauche et sont particulièrement puissantes (voir informations complémentaires).
Ses yeux sont situés sur des pédoncules* mobiles, permettant une vision très large à 180°.
Le homard possède deux paires d'antennes : les antennules pour l’"odorat", les grandes antennes pour le toucher (détection d’un éventuel danger). D’ailleurs, en plongée, vous pourrez observer le homard toucher son environnement, voire le plongeur (sous réserve de calme et de patience). Ses appendices buccaux sont les mandibules*, maxillules et maxilles, servant à la mastication et à la circulation de l’eau dans les branchies. Il possède un rostre* à l'avant de la tête, celui-ci est muni d'épines toutes tournées vers le haut.
Enfin, sa queue se termine par un telson*, formant une puissante nageoire caudale.
Des différences sont visibles entre le mâle et la femelle. Le mâle a de grosses pinces et un corps fin alors que la femelle a de plus petites pinces et un abdomen plus large.
 Espèces ressemblantes
Le homard américain Homarus americanus est l’espèce la plus proche, mais il se distingue par sa coloration vert foncé à marron (orange sur le ventre), ses pinces sont plus larges et plates.
Son rostre porte une épine en position inférieure, ce qui n'est pas le cas chez le homard européen.

Il vit en Amérique du Nord et ne se rencontre pas sur nos côtes. (Il a été introduit aux Pays-Bas).
Pas de confusion possible en France.
 
  Homards, langoustes... (Palinoures et Astacoures)
   
  Le homard, tel qu’on le voit souvent en plongée  
   
  Tête de profil  
   
  Curiosité  
   
  Agressivité  
   
  Les pinces dissymétriques  
   
  Chasse de nuit  
   
  Tête à queue...  
   
  Œufs sur pléopodes  
   
  Juvénile en aquarium  
   
  Une cohabitation plus qu'incertaine...  
   
  En Corse  
   
  Sur la Côte Bleue  
   
  En mer du Nord  
   
  Epibiose avec des tubes de ver  
   
  Antenne en régénération  
 
 
 Participants
Rédacteur principal  
Sandra SOHIER Détail
Vérificateur  
Patrice PETIT DE VOIZE Détail
Correcteur scientifique  
Pierre NOËL Détail
Responsable régional  
Sandra SOHIER Détail
 
     
Création le : 16/12/2007
Dernière modification le 02/01/2014 22:50:00
Les * dans les textes
renvoient au glossaire
 
     
 
 Classification
 
 

Termes scientifiques
(international)

Termes en français Descriptif/ caractéristiques
succinctes du groupe
Embranchement Arthropoda Arthropodes  Animaux invertébrés au corps segmenté, articulé, pourvu d’appendices articulés, et couvert d’une cuticule rigide constituant leur exosquelette. 
Sous-embranchement Crustacea Crustacés  Arthropodes à exosquelette chitineux, souvent imprégné de carbonate de calcium, ayant deux paires d'antennes. 
Classe Malacostraca Malacostracés  8 segments thoraciques, 6 segments abdominaux. Appendices présents sur le thorax et l’abdomen. 
Sous-classe Eumalacostraca Eumalacostracés   Présence d’une carapace recouvrant la tête et tout ou partie du thorax. 
Super-ordre Eucarida Eucarides  Présence d'un rostre. 
Ordre Decapoda Décapodes  La plupart marins et benthiques. Yeux composés pédonculés. Les segments thoraciques sont fusionnés avec la tête pour former le céphalothorax. La première paire de péréiopodes est transformée en pinces.  Cinq paires d'appendices locomoteurs (pinces comprises). 
Sous-ordre Astacidea Astacoures  Les Astacoures regroupent des crustacés allongés possédant une puissante paire de pinces : homards, langoustines (avec larves) et écrevisses (développement direct). 
Famille Nephropidae Néphropidés 
Genre Homarus     
 
Espèce gammarus     
 
 
 Origine du nom français
Homard : traduction littérale du nom de genre
européen : lié à sa distribution.
 Origine du nom scientifique
Homarus : du danois [hommer] ; de l'allemand [Hummer]
gammarus : du latin [gammarus] ou [cammarus] = nom d'un crustacé indéterminé, crevette, écrevisse.
 Alimentation
C’est un carnivore, il consomme tout animal qu’il peut maîtriser ou attraper. Ses proies sont plutôt des animaux lents, tels que mollusques, vers et échinodermes, mais cela peut être occasionellement des crustacés et des poissons, des animaux morts et des algues. Après la mue, il a été observé en train de consommer sa carapace, peut-être pour "récupérer" le calcium utile au durcissement de sa nouvelle carapace.
Ses prédateurs sont le poulpe et l’homme. Pour l’interaction humaine, voir le chapitre "Informations complémentaires".
 Reproduction - Multiplication
Animal solitaire, le homard n’accepte la présence de ses congénères qu’en période de reproduction.
Les sexes sont séparés et l’accouplement se fait après la mue de la femelle, lorsque la cuticule* de cette dernière est encore molle. L’accouplement est souvent précédé de préliminaires et de parades nuptiales. Grâce à ses appendices abdominaux modifiés en organe copulateur, le mâle introduit son sperme dans le réceptacle séminal de la femelle, qui est stocké dans une poche (spermathèque*).
La femelle peut féconder ses œufs avec le même sperme au moins deux années successives. Plus la femelle est grande, plus elle produit d’œufs, entre 5 000 et 50 000 environ. Ils sont pondus entre juillet et décembre et sont portés sur les appendices abdominaux (pléopodes*) des femelles pendant 7 à 10 mois environ. 1/3 des œufs sont perdus à l’incubation. Pendant l’éclosion, la femelle agite ses pléopodes pour libérer les œufs. Les éclosions, étalées sur plusieurs mois selon la femelle, sont au maximum en mai-juin. On estime que 2 à 3 individus de la progéniture seulement arrivent à l’âge adulte.
Les larves libérées passent par plusieurs stades planctoniques* entre avril et août durant 1 mois, pendant lequel elles muent 4 fois avant de devenir des post-larves (ressemblant à de petits adultes) et commencer une vie benthique*. La température de l’eau influe sur le temps nécessaire qu’il faut aux larves dans ce processus pélagique*. Plus l’eau est froide, plus le processus ralentit (110 jours à 10 °C, 34 jours à 18 °C). Les larves nagent vers le fond et trouvent rapidement un abri.
En moyenne, le homard mue 10 fois la première année, 3 à 4 fois la deuxième, 1 à 2 fois la troisième, 1 seule fois ensuite, et après de moins en moins fréquemment jusqu’à l’arrêt complet de la croissance.
 Vie associée
Selon l’Ifremer, le homard est parasité par des protozoaires, comme le sporozoaire du genre Aggregata et la grégarine Porospora gigantea, par le copépode Nicothoe astaci (crustacés) et des annélides Histriobdella homari (vers). Ce dernier se trouve dans la cavité branchiale ou dans les pontes. Un amphipode Isaea elmhirsti (crustacé) semble vivre en permanence entre les pièces buccales du homard, sans pour autant le parasiter.
Bien que beaucoup moins recouvertes que les carapaces des araignées de mer ou que celles des crabes Inachus, les carapaces de homard peuvent être recouvertes de certains invertébrés (épibiose* par annélides polychètes, ou bryozoaires...).
Bien qu’elle soit moins courante qu’on l’ait parfois rapportée, l’association du congre et du homard est bien réelle… (voir photo).
On a prétendu que le congre attendait la mue de son colocataire pour le mettre à son menu, cela reste à prouver !
Quelle est l’exacte nature de cette curieuse association, voilà une bonne question…
 Divers biologie
Son observation est particulièrement intéressante de nuit, car il sort de son abri pour chasser. C’est là l’occasion de le voir en entier !
Son espérance de vie atteint 15 à 20 ans, mais la pêche intensive la réduit considérablement. En aquarium, des spécimens ont été conservés pendant une cinquantaine d'années. Certains ont avancé un âge de 100 ans, sans certitude, pour les plus gros individus connus.
C’est un crustacé, ce qui signifie qu’il a une carapace non extensible. Pour grandir, il doit donc muer. Le homard mue quasiment toute sa vie, avec un ralentissement avec l’âge. La taille du homard croît d’environ 20 % à chaque mue. Celle-ci se fait plutôt au printemps et en été selon les conditions climatiques.
Sa carapace est bleue lors de son vivant mais devient rouge quand on la cuit. La molécule responsable est l’astaxanthine couplée à des protéines pour former un pigment complexe dénommé crustacyanine. Ce complexe moléculaire décale la longueur d’onde d’absorption de la lumière (elle passe de 472 nm sans crustacyanine à 632 nm avec). La cuisson, en coagulant la protéine de la crustacyanine, libére de l’astaxanthine et lui rend sa couleur rouge. A noter en passant que la coloration des œufs est due à des pigments encore plus complexes et de poids moléculaire très élevés, à savoir des lipo-glyco-caroténo-protéines.
Espèce commune en Manche et Atlantique et beaucoup moins en Méditerranée.
 Espèce réglementée
Convention de Berne (Convention relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel en Europe) : annexe 3 – Espèces protégées
Convention de Barcelone (Protocole relatif aux aires spécialement protégées et à la diversité biologique en Méditerranée) : annexe 3 – liste des espèces dont l’exploitation est règlementée.
En Corse, interdiction de pêche du homard européen jusqu'en 2012 (chasse sous marine).
Il existe une taille marchande européenne (Règlement (CE) n° 1967/2006 du Conseil du 21 décembre 2006 concernant des mesures de gestion pour l'exploitation durable des ressources halieutiques en Méditerranée) fixée à 300 mm pour la longueur totale de l'animal (de la pointe du rostre à l'extrémité du telson) et 105 mm pour la longueur céphalothoracique (de l'arrière de l'œil à l'extrémité du céphalothorax).
 Informations complémentaires
Attention, les pinces peuvent sectionner un doigt ! Donc, en bon plongeur qui se respecte, éviter de les toucher ou de les attraper...
L’homme apprécie ses qualités gastronomiques.
L’espèce s’est raréfiée dans beaucoup d’endroits à cause de sa surexploitation, et notamment par le biais de la pêche au casier. La pollution est localement responsable de la diminution des populations.
Il est plus commun en Atlantique-Manche qu’en Méditerranée. Les 2/3 de la production viennent de la Manche, le reste du golfe de Gascogne. Cet ensemble ne permet pas de satisfaire la consommation nationale et la France doit importer massivement les homards de l’Irlande et de la Grande-Bretagne, mais aussi d’Amérique du Nord (Homarus americanus, le homard américain).

Fiche validée MNHN/DORIS.
 Références bibliographiques
Debelius H., 2001, CRUSTACEA GUIDE OF THE WORLD, ed. Ikan, Allemagne, 321p.
Falciai L., Minervini F., 1996, GUIDE DES HOMARDS, CRABES, LANGOUSTES, CREVETTES ET AUTRES CRUSTACES DECAPODES D’EUROPE, « Les guides du naturaliste », ed. Delachaux & Niestlé, 286p.
Quéro J-C., Vayne J.-J., 1998, LES FRUITS DE LA MER ET PLANTES MARINES DES PECHES FRANCAISES, "Les encyclopédies du naturaliste", ed. Delachaux & Niestlé, 256p.
Weinberg S., 1994, DECOUVRIR L’ATLANTIQUE, LA MANCHE ET LA MER DU NORD, ed. Nathan nature, 384p.
Williams A.B., 1988, LOBSTERS OF THE WORLD, Osprey books, New York, USA, 186p.
 
Comment citer cette fiche (How to cite this page) :
  SOHIER Sandra, PETIT DE VOIZE Patrice, NOËL Pierre,  in : DORIS, 2/1/2014 : Homarus gammarus (Linnaeus, 1758), http://doris.ffessm.fr/fiche2.asp?fiche_numero=747