Ascidie coquillière

Ascidia conchilega | Muller, 1776

N° 1179

Mer du Nord, Manche, Atlantique Nord-Est et Méditerranée

Clé d'identification

Ascidie solitaire couchée et fixée sur son côté gauche
Corps bien allongé, de forme arrondie
Tunique verdâtre translucide laissant voir une masse viscérale jaune
Siphon buccal terminal, siphon cloacal très éloigné sur le côté
Minuscules points rouges aux lobes des siphons
Parfois recouverte de débris coquilliers

Noms

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Ascidia longisiphonata Kiaer, 1893
Ascidia producta Alder & Hancock, 1905
Ascidia inornata Alder & Hancock, 1905
Ascidia depressa Alder & Hancock, 1905
Ascidia elongata Alder & Hancock, 1905
Ascidia amoena Alder & Hancock, 1905
Ascidia plebeia Alder & Hancock, 1905

Distribution géographique

Mer du Nord, Manche, Atlantique Nord-Est et Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

L'ascidie coquillière est présente dans toute la mer du Nord, en Manche, autour de la Grande-Bretagne et de l'Irlande, sur les côtes d'Atlantique Nord-Est jusqu'au Portugal et en Méditerranée. Commune dans le nord de l'Europe elle devient rare sur le littoral méditerranéen où des observations sporadiques ont été faites à Banyuls, Sète, Marseille, Naples et en Adriatique.

Biotope

On la rencontre depuis la surface à marée basse sur l'estran* jusqu'à plus de 1000 mètres de profondeur. Cette ascidie se fixe sur les roches ou les coquilles vides ainsi que sous les pierres, dans des interstices étroits.

Description

Ascidia conchilega est une grande ascidie solitaire mesurant de 3 à 6 centimètres de long. Son corps ovale allongé (oblong) est fermement fixé par la presque totalité de son côté gauche (cas le plus fréquent). Sous les pierres les autres faces (droite, ventrale et dorsale) peuvent aussi se fixer au substrat*.
Le siphon* buccal est terminal alors que le siphon cloacal* en est très éloigné de près des deux tiers vers l'extrémité opposée du corps. Les deux siphons contractiles et relativement longs se terminent par des bords lobés (8 lobes pour le buccal et 6 pour le cloacal). De minuscules points rouges sont présents à la base de chaque lobe.
La tunique est fine, cartilagineuse, légèrement rugueuse et de couleur blanc verdâtre translucide. On distingue par transparence une masse jaune qui correspond à l'estomac et à l'intestin, et plus rarement une masse rose orangé correspondant aux œufs en incubation dans le cloaque du côté gauche.
La tunique* de l'ascidie coquillière est parfois couverte de divers débris coquilliers (d'où son nom), de sable ou de petits organismes benthiques* fixés (hydraires, bryozoaires,...).

Espèces ressemblantes

Ascidia mentula Müller, 1776, l'ascidie rose est de plus grande taille, de couleur rose variable et parfois grégaire.

Ascidiella scabra (Müller, 1776), l'ascidie rugueuse est de plus petite taille, avec des siphons rapprochés et sa tunique est parfois poilue.

Ascidiella aspersa (Müller, 1776), l'ascidie sale est fixée par sa base, avec des siphons en forme de pétales dentés et une tunique rugueuse couverte de vase.

Corella eumyota Traustedt, 1882, l'ascidie cartilagineuse, souvent grégaire, est plus petite avec une tunique translucide, un intestin en U bien visible. Elle est absente de Méditerranée.

Phallusia fumigata (Grube, 1864), l'ascidie noire est plus grande. Lorsqu'elle se développe dans l'obscurité totale, elle montre parfois, sous sa forme "variante", une tunique claire, vert glauque et légèrement translucide laissant voir les masses viscérales internes. Toutefois la tunique est plus épaisse, plus opaque et plus mamelonnée que celle de l'ascidie coquillière.

Alimentation

L'ascidie coquillière est un filtreur* actif interne. L'eau est aspirée par le siphon inhalant ou siphon buccal. Elle est filtrée dans un pharynx* branchial* criblé de petites fentes et passe par une vaste cavité péribranchiale appelée atrium* avant de ressortir par le siphon exhalant ou siphon cloacal*. Sur la face médio-ventrale du pharynx* on trouve une gouttière ciliée et glandulaire, l'endostyle*, tandis que la face médio-dorsale porte une rangée saillante de languettes ciliées, le raphé*. Les sécrétions muqueuses de l'endostyle engluent les particules alimentaires que l'eau amène dans le pharynx. Ces dernières s'accumulent dans le raphé dorsal et sont entraînées par les battements ciliaires jusqu'à l'estomac. Les déchets sont évacués par l'anus situé dans le siphon cloacal.
Elle se nourrit de phytoplancton*, de bactéries et de matière organique en suspension.

Reproduction - Multiplication

Ascidia conchilega est, comme toutes les ascidies, hermaphrodite*. Cet hermaphrodisme n'est pas simultané, ce qui empêche toute autofécondation. La reproduction est sexuée, l'espèce est ovipare*.

Les spermatozoïdes* des ascidies coquillières en phase mâle sont émis en pleine eau, puis captés par les ascidies coquillières en phase femelle au sein de la cavité péribranchiale (fécondation croisée). C'est à ce niveau qu'a lieu la fécondation. Les œufs de couleur rose orangé et de très petite taille sont incubés un temps dans le cloaque puis émis en pleine eau par le siphon cloacal.
La larve* qui s'en échappe mène une très courte vie pélagique* au sein du plancton*. Elle a la forme d'un minuscule têtard, muni d'une queue mobile que soutient une chorde* mésodermique. Cette chorde, qui chez les Ascidiacés n'est visible qu'à l'état larvaire, témoigne de la proximité des Tuniciers et des Vertébrés, d'ailleurs récemment regroupés au sein d'un embranchement commun, celui des Chordés.
La larve finit par tomber et se fixer sur un substrat dur puis elle subit une importante métamorphose, au cours de laquelle chorde et queue régressent, pour finalement donner un jeune individu adulte en forme d'outre.

Vie associée

La tunique d'Ascidia conchilega est de façon non systématique couverte de divers débris coquilliers ou de petits organismes benthiques fixés (hydraires, bryozoaires, ...). Elle est aussi l'hôte de plusieurs petits copépodes ectoparasites présents dans le cloaque.

Origine des noms

Origine du nom français

Ascidie coquillière est le nom commun utilisé dans la littérature scientifique française depuis le 19e siècle. Il s'agit de la traduction du nom scientifique.

Origine du nom scientifique

Ascidia : du grec [ascid] = petite outre.

conchilega (prononcer kon-ki- ! ) : du latin [concheus] = de coquille et du latin [lego] =cueillir, ramasser ; d'où la signification couvert de morceaux de coquillages.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Urochordata / Tunicata Urochordés / Tuniciers Chordés marins fixés (ascidies) ou pélagiques (thaliacés), solitaires ou coloniaux. Epaisse tunique cellulosique. Deux siphons, pharynx bien développé, la chorde larvaire régresse chez l'adulte (sauf chez les Appendiculaires).
Classe Ascidiacea Ascidies / Ascidiacés Tuniciers fixés. Solitaires ou coloniaux (seuls capables de bourgeonnement). Chorde uniquement au stade larvaire. Siphon inhalant au sommet, proche du siphon exhalant latéral. Souvent en eau peu profonde.
Ordre Phlebobranchia Phlébobranches Le sac branchial* a des sinus longitudinaux qui portent ou non des papilles internes mais qui ne sont jamais plissés. Ascidies essentiellement solitaires. Gonades* situées sur l’anse du tube digestif ou à proximité.
Famille Ascidiidae Ascidiidés Espèces solitaires et très répandues.
Genre Ascidia
Espèce conchilega

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