Aplysille jaune soufre

Aplysilla sulfurea | Schulze, 1878

N° 2957

Manche, Atlantique, Méditerranée

Clé d'identification

Eponge encroûtante de couleur jaune citron à jaune soufre
Présence de petits conules, extrémité des fibres du squelette
Oscules à l'extrémité de petites cheminées
Compressible et douce au toucher

Noms

Autres noms communs français

Eponge jaune sulfureuse

Noms communs internationaux

Yellow aplysilla (GB), Gelber Stachelschwamm (D), Gele aplysilla (NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Aplysilla sulphurea Schulze, 1878 (faute d'orthographe du nom d'espèce)

Distribution géographique

Manche, Atlantique, Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Sa distribution semble assez étendue. On peut l'observer en mer du Nord, en Manche, sur les côtes européennes de l'océan Atlantique ainsi qu'en Méditerranée.

Biotope

Cette espèce plutôt sciaphile* se rencontre dès les premiers mètres sous les surplombs, dans les fissures de la roche, sous les cailloux et les coquilles de mollusques, sous le couvert des algues ou des posidonies Posidonia oceanica ainsi que dans les grottes superficielles. Passé 20-30 mètres, elle fréquente tous types de parois dont, en Méditerranée, le coralligène*. Elle a été observée jusqu'à 320 mètres de profondeur.

Description

Cette éponge encroûtante, de couleur jaune citron à jaune soufre, forme des plaques plus ou moins étendues pouvant atteindre une vingtaine de cm². Son épaisseur ne dépasse pas 5 mm. Elle est compressible et douce au toucher. On distingue à sa surface un réseau d'épaississements. Cette surface est hérissée de petits conules* hauts de 2 à 3 mm, correspondant à l'extrémité des fibres du squelette. Les pores sont de petites tailles et difficilement observables à l'œil nu. Les oscules*, larges de 1 à 3 mm, sont souvent situés à l'extrémité de petites cheminées.

Espèces ressemblantes

Aplysilla rosea : aspect semblable mais couleur rose foncé.

Cliona celata : plus massive, présence de papilles* ou ventouses regroupant les ostioles*, oscules bien visibles souvent en lignes sur les crêtes de l'éponge.

Alimentation

Les éponges sont des animaux filtreurs qui se nourrissent de microparticules : bactéries, algues unicellulaires, débris organiques, ne dépassant pas en général 3 micromètres. Le courant d'eau nécessaire est créé par le mouvement de cellules ciliées* spécifiques des éponges : les choanocytes*.

Reproduction - Multiplication

Le mode habituel de reproduction de cette espèce hermaphrodite s'effectue par voie sexuée. La fusion des gamètes* mâles et femelles donne un œuf qui est incubé quelques temps dans le corps de l'éponge mère : c'est une espèce vivipare*. Les larves de type "parenchymella" sont libérées en été au moment où la température de l'eau est la plus élevée. Ce sont des larves ciliées nageuses qui se fixent rapidement pour donner de nouvelles éponges.
Chez certaines éponges, il existe un mode de multiplication par voie asexuée : par bourgeonnement ou bouturage de fragments qui se détachent de l'éponge mère pour se fixer un peu plus loin. Les éponges se reproduisent surtout asexuellement et ont une grande capacité de régénération.
Ce mode existe peut-être, mais n'a pas été décrit chez Aplysilla sulfurea.

Vie associée

Il n'est pas rare de rencontrer à sa surface des gastéropodes nudibranches du genre Chromodoris (purpurea, britoi) qui la consomment régulièrement.
On a observé des cas où Aplysilla sulfurea était complètement enfermée dans les tissus d'une autre éponge Haliclona fibulata. Elle utilise alors le système aquifère de cette dernière pour ses propres besoins (Rützler, 1970).

Divers biologie

L'observation au microscope permet de découvrir un squelette de fibres de spongine* dendritiques* plus ou moins ramifiées, assez longues (5 à 6 mm) mais variables en épaisseur (50 à 300 µm). Ces fibres ont la particularité d'être toujours pourvues d'une moelle striée transversalement et d'être dépourvues de corps étrangers (grains de sable, spicules* d'autres éponges).
Cette espèce ne possède pas de spicules*.

Informations complémentaires

Sa couleur devient brune ou violette quand on la plonge dans l'alcool.
Aplysilla sulfurea et Aplysilla rosea ont souvent été considérées comme une variété de couleur d'une seule et même espèce. Il semble qu'après des études récentes elles soient considérées dorénavant comme deux espèces distinctes.

Origine des noms

Origine du nom français

Aplysille : francisation du nom latin.

Jaune soufre : couleur de cette espèce.

Origine du nom scientifique

Aplysilla : du grec [aplusias] = saleté et - [illa] = suffixe servant à former un diminutif. On pourrait donc traduire par petite saleté. Pline, naturaliste romain, donne le nom d'Aplysia à une espèce grossière d'éponge (Rémy Perrier IA).

sulfurea
: du latin [sulfureus] = soufre, minéral dont la couleur est jaune.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Porifera Spongiaires / Eponges Organismes exclusivement aquatiques, filtreurs, fixés au substrat, de formes variables, et percés d'orifices inhalants (ostioles ou pores) et exhalants (oscules).
Classe Demospongiae Démosponges

Eponges dont la charpente est constituée de spicules siliceux (différenciés en méga- et microsclères) et de collagène dispersé ou structuré en fibres de spongine. Ovipares ou vivipares, larve typique = parenchymula.

Ordre Dendroceratida Dendrocératides Démosponges dont le squelette est constitué de fibres de spongine qui s’élèvent d’une plaque basale également en spongine et sont le plus souvent dendritiques. Pas de différences observables entre fibres primaires et secondaires. Les fibres ont toujours une moelle distincte et sont fortement stratifiées. Eponges vivipares, la larve est de type ‘parenchymella’.
Famille Darwinellidae Darwinellidés Eponges dont le squelette est composé uniquement de fibres de spongine à l’aspect dendritique*.
Genre Aplysilla
Espèce sulfurea

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