Tomate de mer

Actinia equina / mediterranea | (Linnaeus, 1758) / Schmidt, 1971

N° 127

Atlantique Nord-Est, Méditerranée

Clé d'identification

Très proche de la surface, parfois émergée
Se referme en boule brun-rougeâtre, parfois verte
Tentacules courts, disposés en couronne autour de la bouche

Noms

Autres noms communs français

Actinie rouge, actinie chevaline, actinie commune, cubasseau

Noms communs internationaux

Beadlet anemone (GB), Tomate marino (E), Tomàquet de mar (Catalan), Attinia rossa, pomodoro di mare, cazzo rosso (I), Morango-do-mar (P), Pferdeaktinie, Purpurrose, Erdbeerrose (D), Paarde-anemoon, rode paardenanemoon, gewone zeeanemoon, gemeene zeeanemoon (NL), Hepomerivuokko (F)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Pour Actinia equina :
Priapus equinus linnaeus, 1758

Pour Actinia mediterranea :


Actinia equina mediterranea Schmidt, 1971
Actinia schmidti Monteiro, Sole-Cava & Thorpe, 1997

Distribution géographique

Atlantique Nord-Est, Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

L'anémone tomate Actina equina est commune sur les côtes de l'Atlantique Nord-Est, de la Norvège au golfe de Gascogne y compris en Manche et mer du Nord.
En Méditerranée et dans le proche Atlantique (Portugal, côtes nord africaines), il s'agit de A. mediterranea.

Biotope

L'actinie rouge vit fixée au rocher par sa base en forme de ventouse, qui sécrète des produits adhésifs qui renforcent cette fixation, souvent à la face inférieure des pierres ou dans les anfractuosités. On peut la rencontrer jusqu'à quelques mètres de profondeur, mais son habitat principal est très superficiel : zone des marées en Atlantique, juste au niveau de la surface en Méditerranée, et jusqu'à 2 m de profondeur.
On peut l'observer facilement à marée basse, sur les rochers, tous tentacules rentrés, ou dans les flaques laissées par la mer, les tentacules étalés.

En fait, c'est l'anémone la plus commune de la zone intertidale* : elle est ubiquiste* sur les côtes rocheuses, des plus exposées aux mieux abritées, et tolère les fluctuations de température (eurytherme*) et de salinité (euryhaline*) les plus extrêmes. Repliée en boule, tentacules rétractés, elle est bien protégée contre le dessèchement. Ceci est accentué par sa haute teneur en mucus qui retient l'eau.

Description

Il est pratiquement impossible de différencier sur photos ou à l'œil nu Actinia equina de A. mediterranea. La description ci-dessous est valable pour les deux espèces.

Anémone de mer solitaire, la tomate de mer a un pied cylindrique, mou, d'un diamètre qui peut atteindre 5 à 7 cm, souvent élargi à la base et liseré de bleu. Elle peut atteindre 7 cm de hauteur et porte environ 200 tentacules* courts, creux et entièrement rétractiles, disposés en 6 rangées concentriques.
Elle présente une coloration variant du brun à l'orange, rouge, ou vert. Ces couleurs fluctuantes dépendent de l'intensité lumineuse et des saisons.
Sa colonne est lisse et son disque oral, de 3 cm de diamètre, s'ouvre sur un orifice à la fois bouche et anus. Sous la couronne de ses tentacules, plus clairs que la colonne, se trouve un anneau de vésicules urticantes qui permettent, entre autres, d'écarter les congénères.
Emergée, elle se rétracte en boule et ressemble alors à une tomate brillante, gélatineuse.

Actinia mediterranea
a généralement un liséré bleu à la base de son pied, elle est pratiquement tout le temps de couleur rouge et est de taille un peu plus grande (5 à 7 cm) qu'A. equina (3 à 5 cm).

Espèces ressemblantes

Jusque dans les années 80, on ne parlait que d'Actinia equina pour la tomate de mer que l'on rencontrait sur les côtes européennes atlantiques, en Méditerranée, en Afrique du Nord, dans les îles au large de l'Afrique et même en Afrique du Sud. Aujourd'hui, les analyses génétiques ont montré qu'il existe en fait plusieurs espèces qui ne cohabitent pas ensemble :

  • A. equina : côtes atlantiques européennes
  • A. mediterranea : Méditerranée
  • A. nigropunctata : Madère
  • A. sali : Cap Vert
  • Actinia. sp : Afrique du Sud

Dans la zone qui nous concerne, nous pouvons également rencontrer :

  • Actinia fragacea (actinie fraise) au pied rouge ou rouge foncé, marqué de taches vertes ou jaunes, de taille plus importante.
  • Actinia prasina (actinie verte) entièrement brun-vert.
  • Actinia cari (anémone-ceinture) de forme conique et de couleur verte, parcourue d'anneaux.
  • Certains guides décrivent ces animaux comme des variétés de l'actinie rouge.
  • Actinia striata (tomate de mer striée) a la colonne finement striée longitudinalement de rouge foncé (96 bandes), tentacules rougeâtres à verdâtres, disque oral légèrement transparent, rare, présente en Méditerranée.

Alimentation

Carnivore, l'actinie rouge se nourrit principalement la nuit de détritus organiques, zooplancton*, petits poissons et petits crustacés qu'elle capture en étendant ses tentacules urticants. Les espèces vivant au niveau de la surface de l'eau peuvent également se nourrir de moules et d'insectes. Les proies sont alors paralysées et amenées à la bouche centrale. Après digestion, les déchets sont rejetés par le même orifice.

Reproduction - Multiplication

Chez la tomate de mer, les sexes sont séparés. Il existe des individus mâles, des individus femelles et des individus asexués. Cette anémone est vivipare* (les petits naissent déjà développés et sans enveloppe).
Les spermatozoïdes* libérés en pleine eau pénètrent dans le corps d'un animal où se déroulent la fécondation et le développement des larves*, dans la cavité gastrique.
Les jeunes individus ont déjà 12 tentacules et s'installent autour de l'anémone-mère.

La multiplication peut se faire également par bourgeonnement* interne (formation de bourgeons qui donneront naissance à de nouveaux individus). Ces clones* se développent eux aussi dans la cavité de l'anémone et celle-ci expulsera directement des jeunes anémones. Il est donc difficile de déterminer si ces jeunes anémones sont issues de la reproduction sexuée ou asexuée. Cette reproduction asexuée n'a jamais été observée chez Actinia schmidti.

Divers biologie

Cette espèce est très commune le long des rochers, proche de la surface. De ce fait, elle est peut-être mieux connue des nageurs que des plongeurs.
L'actinie rouge mène une vie benthique*, fixée sur les rochers de l'étage infralittoral* en mode calme et à l'abri de la lumière vive. Grégaire, elle est capable de se déplacer avec d'autres individus.
Des populations en groupes clonaux s'excluent mutuellement et les individus attaquent les intrus, les piquant rudement à la colonne.

Comme de nombreux cnidaires, la tomate de mer sécrète des substances au pouvoir anti-bactérien.

Informations complémentaires

En aquarium, elle peut vivre jusqu'à 60 ans.
Les tentacules dépliés sont collants et urticants. Même si les mains ne ressentent rien, il faut, après contact, veiller à ne pas se frotter les yeux ou les lèvres, car ces zones plus sensibles peuvent alors ressentir des brûlures plus ou moins importantes.

Origine des noms

Origine du nom français

Tomate de mer : en référence à sa couleur et à sa forme quand elle est refermée.

Origine du nom scientifique

Actinia : du grec [aktis, aktinos] = rayon. Animal à tentacules disposés de façon rayonnante.

equina
: du latin [equinus] = chevalin. Le nom populaire de « cul de cheval » lui serait attribué par référence à sa forme fermée. En effet, les chevaux et les ânes ont la faculté de retourner le rectum (vers l'extérieur) pour le nettoyer : il s'agit alors d'un bourrelet rouge, saillant, et c'est de cet état que vient l'analogie.

mediterranea : de Méditerranée.

Le nom précédent, A. schmidti : en hommage au biologiste allemand Hajo Schmidt, pour ses travaux sur les Actinia d'Europe en 1971-1972 et notamment sa description de Actinia equina mediterranea devenue aujourd'hui A. mediterranea.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Cnidaria Cnidaires

Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, principalement à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula.

Classe Anthozoa Anthozoaires Cnidaires exclusivement marins, solitaires ou coloniaux, uniquement sous la forme polype (jamais de phase méduse dans le cycle de vie).
Sous-classe Hexacorallia / Zoantharia Hexacoralliaires / Zoanthaires Anthozoaires coloniaux ou solitaires, tentacules lisses, polypes à symétrie d’ordre 6.
Ordre Actiniaria Actiniaires Polypes solitaires souvent colorés, en général fixés à un substrat dur par un large disque pédieux. Organismes parfois mobiles.
Sous-ordre Nynantheae Thenaria Nynanthées Thenaria
Famille Actiniidae Actiniidés
Genre Actinia
Espèce equina / mediterranea

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