Coquille turbinée conique, moyennement élevée
Surface rugueuse
Un ou plusieurs cordons spiralés à relief dominant et apparence articulée
Mesure 6 à 13 mm de hauteur pour 8 à 15 mm de largeur
Ombilic profond et largement ouvert, bord évasé rappelant un entonnoir
Coloration variable du beige pâle au noirâtre, parfois marbrée
Ouverture et cavité ombilicale blanches
Absence de carène
Manteau de l’animal grisâtre avec de nombreuses granulations claires fines
Troque de Philbert, troque de Michaud
Philbert’s gibbula (GB), Peonza de Philbert (D), Philbertův kotouček (Tchéquie)
Trochus michaudi Blainville, 1830
Trochus philberti Récluz, 1843
Trochus villicus R. A. Philippi, 1844
Trochus philberti var. grisea Bucquoy, Dautzenberg & Dollfus, 1884
Trochus philberti var. nigra Bucquoy, Dautzenberg & Dollfus, 1884
Gibbula philberti var. solitaria Monterosato, 1888
Gibbula philberti var. minima Pallary, 1912
Gibbula (Phorculus) philberti var. bicarinata Coen, 1937
Gibbula philberti var. bicarinata Coen, 1937
Atlantique Nord-Est, Méditerranée
Zones DORIS : ○ [Méditerranée française]L’aire de répartition des gibbules de Philbert comprend toute la Méditerranée (Espagne, Algérie, France, Italie, Croatie, Grèce, Égypte), ainsi qu’une petite partie de la côte atlantique proche du détroit de Gibraltar. Dans la zone nord-est de la Méditerranée, l’espèce est également présente dans la mer de Marmara. En revanche, elle n’a pas été observée en mer Noire.
Lorsqu’on considère une échelle plus fine, la fréquence de cette espèce varie selon les localités ; elle n’est commune que dans certaines régions. En France, elle est observée sur pratiquement toute la côte méditerranéenne : dans le golfe du Lion, en Provence et sur la Côte d’Azur, ainsi qu’en Corse. En revanche, en Adriatique, elle est très rare et ne se rencontre qu’en Dalmatie méridionale (Dubrovnik, Korčula). En Égypte, Pallary (1912) mentionne cette espèce comme présente sur les plages d’Alexandrie, mais les spécimens adultes observés y étaient de plus petite taille, ne dépassant pas 6 mm de hauteur (var. minima).
Les troques Gibbula philberti vivent dans la zone littorale et sur les laminaires de la Méditerranée.
Elles préfèrent les fonds rocheux, mais on peut exceptionnellement les trouver aussi dans des zones plutôt sableuses des étages médiolittoral* et infralittoral*, où leur présence est parfois associée aux herbiers de posidonie.
Le plus souvent, elles sont rencontrées à faible profondeur, entre 0,3 et 2 m, parmi les galets, sur les blocs rocheux ou sous les pierres, mais selon les sources bibliographiques consultées, la limite de leur aire de répartition s’étend jusqu’à 20 m de profondeur.
Locard et Caziot (1990) indiquent qu’en Corse, les troques de Philbert ont été remontées par dragage depuis une profondeur atteignant 40 m.
Dans son habitat de prédilection, la partie supérieure de la zone infralittorale*, cette espèce est considérée comme l’une des espèces animales participant à la biocénose des algues photophiles.
Dans la région toscane, en Italie, des populations de Gibbula philberti ont été observées sur des rochers recouverts d’algues vertes et émergeant à marée basse.
La gibbule de Philbert possède une coquille turbinée*, conique et moyennement élevée.
Elle mesure 6 à 13 mm de hauteur pour 8 à 15 mm de largeur. Sa hauteur est généralement inférieure à son diamètre, et le rapport hauteur/diamètre varie de 0,7 à 1.
La coquille est relativement épaisse pour sa taille et présente un aspect général rugueux. La spire* est constituée de 5 à 6 tours assez distincts, qui présentent un petit plan étroit sous la suture*, ils sont anguleux en partie supérieure et très légèrement convexes, presque plats. La suture est fine mais reste bien visible. Le profil de la coquille a ainsi une allure graduée ou « en escalier », plus ou moins marquée.
L’espèce présente une grande variation dans le développement de la structure spiralée. En surface, les tours sont très finement striés transversalement, en diagonale sur toute la surface. Il s’agit de stries d’accroissement fines qu’on peut observer chez toutes les espèces du genre Gibbula. Chez la gibbule de Philbert, de plus, ils sont ornés de quelques cordons spiralés en relief dominant, dont la présence est typique pour l’espèce. Ces cordons saillants sont inégaux et moins larges que les intervalles qui les séparent. Leur nombre, généralement compris entre 1 et 7, varie d’une coquille à l’autre. Dans les intervalles entre eux, on peut observer d’autres stries spiralées parallèles, mais beaucoup plus fines, comparables à celles de Steromphala varia.
La base de la coquille est anguleuse et aplatie, parfois légèrement concave. La coquille est fortement ombiliquée, avec un ombilic* large, spiralé et profond. Il est bien circulaire et précédé d’une ouverture assez évasée rappelant un entonnoir. La zone ombilicale est bordée d’un ou plusieurs cordons et généralement dépourvue de carène* ou avec une très légère.
L’ouverture est assez grande, avec 6 à 7 mm de diamètre chez les grands spécimens, rhomboïdale ou presque carrée. Le bord columellaire est droit ou légèrement arqué. Il est lisse et non denticulé. L’opercule*, qui permet à l’animal de fermer la coquille, est corné, mince et multispiré.
Les cordons spiralés à relief dominant sont généralement articulés de fins points clairs et foncés. Ils apparaissent ponctués de très fines taches plus claires ou plus foncées que le fond. L’ombilic de la coquille est blanc à l’intérieur. En surface, il est entouré d’une zone relativement large et également blanche, ce qui accentue l’aspect en entonnoir.
L’intérieur de l’ouverture est finement nacré. Les coquilles vides retrouvées en laisse de mer sont très souvent érodées et laissent apparaître la nacre au droit de l’apex* et sur les tours, où la coloration tourne souvent vers l’orange pâle. Dans ce cas, on peut remarquer que le relief strié est également imprimé dans la nacre.
Quant au corps mou de l’animal, les parties pouvant être observées comptent le pied*, le manteau* et la tête. Le pied est ovale et allongé. Vue de dessous, la sole* est blanchâtre, à tendance translucide, notamment en périphérie où elle est finement ciliée*. En vue latérale, le manteau présente une belle coloration grisâtre, recouverte de nombreuses granulations claires donnant un aspect général argenté. En remontant vers le haut, ce motif reste assez homogène jusqu’au repli du manteau, qui délimite la cavité palléale* et qui est richement crénelé sur toute sa longueur.
Le mollusque possède trois tentacules* épipodiaux* sensoriels situés de chaque côté du corps, juste au-dessus du repli palléal. Ces tentacules sont blanchâtres, presque transparents. La tête de l’animal est dominée par un mufle* finement strié de gris ou noirâtre fin. Deux tentacules céphaliques blancs et annelés de noir sont visibles de chaque côté de la tête. Les yeux de l’animal sont noirs et ronds. Ils sont perchés au sommet des pédoncules* oculaires blancs, situés du côté extérieur des tentacules céphaliques. Enfin, de chaque côté de la tête, on observe un grand lobe* blanchâtre et transparent, richement crénelé en bordure.
Concernant les variétés mentionnées dans la littérature, il s’agit essentiellement de variétés de couleur, la forme étant assez constante ; seuls les cordons décurrents sont plus ou moins forts et saillants. En 1888, le malacologiste italien Tommaso di Maria Allery Monterosato mentionne dans son ouvrage Molluschi del Porto di Palermo une variété de forme particulière nommée solitaria. Il la décrit comme une variété de taille moyenne, complètement dépourvue de ceinture spiralée et donc sans cordons typiques pour l’espèce, mais plutôt subtilement striée de part et d’autre et de couleur plutôt claire.
Les variétés de couleur mentionnées comptent la var. nigra ou atra (de couleur noire ou très foncée), la var. grisea ou pallida (d’un gris cendré) et la var. coffea, tournant vers le marron ou le beige.
Parmi les espèces dont la coquille ressemble à celle de la gibbule de Philbert, citons les deux espèces méditerranéennes suivantes :
- Steromphala varia (Linnaeus, 1758), ou gibbule variable, très ressemblante, mais dont la coquille présente des stries spiralées plus fines et généralement toutes égales. Elles sont également plus nombreuses et donc plus resserrées. Ses tours sont dépourvus de cordons dominants. Son ombilic* est lui aussi assez large et ouvert, mais il est entouré d’une carène*, ce qui donne un aspect différent de l’entonnoir évasé de la gibbule de Philbert.Cette espèce connaît pratiquement la même distribution géographique en Méditerranée, mais elle est bien plus commune que la gibbule de Philbert.
- Steromphala leucophaea (R. A. Philippi, 1836), ou troque leucophée, présente une coloration assez constante : grisâtre ou vert olive clair avec des rayures obliques vert foncé ou gris foncé, très rarement une couleur de fond jaunâtre avec des bandes obliques plus foncées, et exceptionnellement des flammules blanchâtres. Cette troque est généralement plus petite que la gibbule de Philbert (environ 6 mm de hauteur contre 10 mm pour la gibbule), mais sa coquille est plus élevée, avec un rapport hauteur/diamètre ≥ 1. Le profil « en escalier » est absent chez cette espèce et même à la place du petit plateau sub‑sutural, on observe parfois un cordon dominant supra‑sutural et plutôt un profil « en sapin » avec une base plate. Ses cordons spiralés sont plus fins et moins nombreux et son ombilic est plus petit, plus resserré.Cette espèce est plus rare et, selon certaines sources, elle ne semble pas partager le même biotope, même si les deux peuvent être présentes dans la même région. Les observations documentées en Italie situent la troque leucophée plutôt dans la partie supérieure de la zone infralittorale*, avec une sédimentation fine ou très fine et en présence d’herbiers de zostère, alors que la gibbule de Philbert est associée plutôt à des fonds rocheux ou à des pierres.
Comme toutes les espèces de la famille des troques, la gibbule de Philbert est un mollusque brouteur herbivore ou détritivore*. Elle se nourrit de détritus végétaux et d’algues microscopiques qui se développent à la surface des blocs rocheux et des pierres, ou encore de macroalgues et de plantes marines lorsqu’elle se retrouve sur celles‑ci.
En se déplaçant, la gibbule utilise sa radula*, située dans sa bouche, pour racler une fine couche en surface grâce à des mouvements de va‑et‑vient, puis collecter les particules ainsi détachées.
Étant un brouteur d’algues et de plantes marines, son régime alimentaire est cohérent avec la dureté de ses dents, renforcées par des biominéraux (carbonate de calcium, oxydes de fer, etc.).
Aucune donnée spécifique concernant la reproduction ou la durée de vie des gibbules de Philbert n’a pu être obtenue.
D’une manière générale, et par analogie avec d’autres espèces de Trochidés, il est admis qu’il s’agit d’une espèce à sexes séparés (espèce gonochorique*), sans dimorphisme*, et présentant une fécondation externe. Les embryons* se développent en larves* trochophores* planctoniques*, puis en larves véligères* juvéniles avant de se fixer sur le fond et de devenir de petites gibbules pleinement développées.
Il semble qu’à ce jour, il n’existe aucune mention publiée d’une association spécifique — animale, végétale ou microbienne — concernant Gibbula philberti.
Nous pouvons néanmoins citer plusieurs espèces qui cohabitent typiquement dans le même biotope, à savoir l’estran* rocheux méditerranéen, riche en algues et en petits gastéropodes, et qui apparaissent également dans les mêmes jeux de données de biodiversité.
Parmi les algues, on peut mentionner la laitue de mer (Ulva lactuca), les Cladophores (Cladophora spp.), la mousse de Corse ou la coralline (Corallina spp.) ou encore Laurencia spp.
Parmi les gastéropodes de la famille des Trochidés, on peut rencontrer des espèces telles que Steromphala varia, Phorcus turbinatus, Phorcus articulatus ou encore Phorcus richardi.
Gibbula philberti possède, comme toutes les autres espèces du genre Gibbula, une radula* de type rhipidoglosse*, caractéristique des brouteurs archéogastéropodes*, et présentant la formule ∞+5+1+5+∞. Il s’agit d’une radula dont les dents sont organisées en éventail, avec un très grand nombre de dents marginales étroites disposées autour d’un axe central.
Notons toutefois que l’examen radulaire* n’est pas toujours un critère pertinent pour différencier des espèces dont les morphologies sont parfois dépourvues de caractères distinctifs nets. Dans le cas de Gibbula philberti, le malacologue italien Gianni Spada indique que cette espèce possède une formule radulaire identique à celle de Steromphala leucophaea, avec laquelle un risque de confusion existe. Cependant, sa radula est plus grande que celle de la troque leucophée, qui présente en outre une dent rachidienne plus haute que large, ainsi qu’un relief dentelé moins développé.
Des coquilles fossilisées de Gibbula philberti ont été retrouvées dans des horizons datant du Pléistocène (époque s'étendant de 2,5 millions d’années à 11 700 ans avant le présent), dans la région de Calabre, au sud-ouest de l’Italie.
Gibbule de Philbert : vient de la traduction en français du nom scientifique Gibbula. César Auguste Récluz (1799‑1873), pharmacien français du XIXᵉ siècle devenu l’un des grands experts en malacologie de son époque, écrit dans son ouvrage Catalogue descriptif de plusieurs nouvelles espèces de coquilles de France suivi d'observations sur quelques autres qu’il dédie cette espèce à M. Philbert, naturaliste à Montpellier. Notons que la description originale de l’espèce présentée par Récluz utilise le nom troque de Philbert.
L’appellation troque apparaît comme synonyme de gibbule, en soulignant l’aspect arrondi de la coquille.
Gibbula : du latin [gibba] = bosse et suffixe [-ula] pour en faire un diminutif. Il s’agit d’un petit gastéropode à la coquille en forme de petite bosse, monticule.
Trochus : ancien nom de genre, du latin [trochus], basé sur le mot grec ancien [trokhós] = roue, disque ou cerceau. La première mention de ce nom est attribuée au naturaliste français Guillaume Rondelet (1507-1556) qui s’en est servi pour nommer diverses espèces de coquillages de forme similaire.
philberti : version latine du nom propre Philbert (nom de famille), l’espèce lui étant dédiée.
Numéro d'entrée WoRMS : 141793
| Termes scientifiques | Termes en français | Descriptif | |
|---|---|---|---|
| Embranchement | Mollusca | Mollusques | Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies. |
| Classe | Gastropoda | Gastéropodes | Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules. |
| Sous-classe | Vetigastropoda | Vétigastropodes | Coquille de forme très variable, la plupart des espèces possèdent un opercule. La tête possède une seule paire de tentacules céphaliques et le mufle porte la bouche. Des tentacules épipodiaux* (à rôle sensoriel) sont présents sur les côtés du corps. |
| Ordre | Trochida | Trochida | |
| Super-famille | Trochoidea | Trochoïdes | |
| Famille | Trochidae | Trochidés | Coquille de 3 à 130 mm, très variable, colorée ou avec des bandes sombres, quelques tours seulement. Intérieur de la coquille nacré. Opercule corné, circulaire multispiré. 3 ou plus paires de tentacules épipodiaux le long du pied. |
| Sous-famille | Cantharidinae | Cantharidinés | |
| Genre | Gibbula | ||
| Espèce | philberti |
Gastéropodes à coquille unique : escargots subaquatiques et assimilés (ex. Prosobranches et Hétérobranches/Pulmonés)
Aspect général
La coquille est souvent marbrée et présente un aspect généralement rugueux. Les tours sont striés en diagonale et ornés d’un ou de plusieurs cordons spiralés à relief dominant, accompagnés d’autres stries parallèles beaucoup plus fines. Les cordons principaux sont ponctués de petites taches plus claires ou plus foncées que le fond.
Plage Borély, Marseille (13), estran
16/02/2025
Gastéropodes à coquille unique : escargots subaquatiques et assimilés (ex. Prosobranches et Hétérobranches/Pulmonés)
De nuit à La Ciotat
La coloration des coquilles est très variable, allant du beige pâle à un jaune fauve ou ocre, parfois roux, jusqu’au noirâtre. Elles peuvent être marbrées ou flammulées de manière oblique. Le nombre de cordons spiralés dominants varie d’une coquille à l’autre.
Plage Lumière, La Ciotat (13), 2 m, de nuit
25/04/2024
A Barcarès
Vue de dessus, on peut observer le mufle de la gibbule, marqué d’un motif à fines rayures noires, ainsi que deux petits lobes céphaliques blanchâtres et crénelés sur les bords, et deux tentacules annelés, blancs et noirs. Les tentacules épipodiaux, visibles sur les côtés, sont plus fins et plus clairs, presque transparents.
Le bassin des Dins d'Illes, étang de Barcarès (66)
01/11/2024
A faible profondeur
Le plus souvent, les gibbules de Philbert sont observées à faible profondeur, sur les blocs rocheux. Ce spécimen présente une coquille de couleur foncée, ornée de nombreux cordons dominants. Ceux‑ci portent de petits points plus clairs, ce qui leur donne un aspect « articulé ». En vue quasi de profil, on distingue les tours de la spire gradués ou « en escalier ».
Bastia (2B), Corse
18/05/2023
Base de la coquille
Vue de dessous, on observe comment les cordons spiralés dominants s’affinent et se resserrent autour de la cavité ombilicale. Celle‑ci est blanche et l’ombilic est profond, spiralé et largement ouvert, évoquant un entonnoir. Lorsque l’animal se rétracte dans sa coquille, celle‑ci se ferme grâce à un mince opercule corné.
Plage Borély, Marseille (13), estran
16/02/2025
Les parties molles
Cette photographie a été prise alors que le mollusque était en train de se retourner, laissant bien visibles les parties molles de son corps. On remarque le motif uniforme du manteau ainsi que les bords richement crénelés : le bord du pied, celui des lobes situés derrière la tête, ainsi que le repli du manteau. En plus des deux tentacules situés sur la tête, l’animal possède trois tentacules plus fins de chaque côté du corps.
Plage Borély, Marseille (13), estran
16/02/2025
Vue de dessous
La gibbule a été photographiée à travers la paroi plastique d’un petit bocal utilisé sur la plage. Retrouvée en laisse de mer, dans les feuilles humides de posidonie, elle a ensuite été déposée dans l’eau. On observe sa sole allongée, blanchâtre et partiellement translucide, notamment en périphérie où elle est finement ciliée. La bouche est légèrement jaunâtre.
Plage Borély, Marseille (13), estran
16/02/2025
Espèces ressemblantes
Gibbula philberti (rangée du haut) ressemble beaucoup à Steromphala varia (rangée du bas) qui, en plus, est une espèce bien plus commune. Les deux espèces ont des coquilles de taille et de couleur comparables, et il est important d’examiner la coquille sous tous les angles pour bien distinguer les différences : la structure de la surface des tours, le relief visible en vue de profil, ainsi que la forme de l’ombilic.
Note : les collections de coquillages que DORIS reconnaît sont uniquement celles qui sont à visée scientifique.
Marseille (13), en épaves, en laisse de mer
02/2026
Clefs d’identification
La coquille de gauche appartient à Steromphala varia, celle à droite à Gibbula philberti. Le motif marbré ou flammulé de manière oblique est fréquent chez les deux espèces, mais chez la gibbule de Philbert, on remarque un profil caractéristique en forme d’escalier, avec un petit plan étroit sous la suture. Les tours sont presque plats, mais ils sont ornés de quelques cordons à relief dominant, plus épais et plus saillants. À la base de la coquille, la carène est plus marquée chez Steromphala varia, et son ombilic est moins largement ouvert que l'«entonnoir » de la gibbule.
Marseille (13), en épaves, en laisse de mer
02/2026
Cordons à relief dominant
L’auteur décrit l’espèce sous le nom de Trochus villicus (synonyme scientifique) et la compare aux espèces lui ressemblantes : Steromphala varia et Steromphala leucophaea (voir paragraphe concerné de la fiche). Il précise que sa collection personnelle compte quarante‑sept spécimens. Son dessin met particulièrement en valeur les cordons spiralés dominants.
L’auteur décrit l’espèce sous le nom de Trochus villicus (synonyme scientifique) et la compare aux espèces lui ressemblantes : Steromphala varia et Steromphala leucophaea (voir paragraphe concerné de la fiche). Il précise que sa collection personnelle compte quarante‑sept spécimens. Son dessin met particulièrement en valeur les cordons spiralés dominants.
Reproduction de documents anciens
1844
Dessin naturaliste
Vues de profil et de dessous de Trochus philberti (syn.). L’auteur signale la présence de la troque en faible profondeur, sur les rochers de la côte atlantique espagnole, de la côte méditerranéenne espagnole, ainsi qu’aux îles Baléares. Il considère cette espèce comme fréquente.
Fig.9 à 11, planche 65B dans le Tome 1 de « Moluscos marinos de España, Portugal y las Baleares » par le biologiste et malacologue espagnol Joaquín González Hidalgo Rodriguez (1839-1923)
Reproduction de documents anciens
1870
Dessin ancien
Vues de dessus et de profil de Gibbula philberti. L’auteur indique que la forme de la coquille est assez constante, mais que cette espèce présente une grande variabilité dans le développement des cordons spiralés. Parfois, ceux‑ci sont très petits et presque égaux, tandis que dans d’autres cas, plusieurs d’entre eux sont nettement plus dominants, plus épais et plus élevés. Notons que le spécimen représenté dans la Figure 27 possède des cordons dominants relativement réguliers.
Fig.26 et 27, planche 31, Vol. XI. dans « Manual of Conchology, structural and systematic » par George. W.Tryon et Henry A. Pilsbry
Reproduction de documents anciens
1889
Radula
Les dents de la radula de Gibbula philberti (rangée du haut) sont comparées à celles de Steromphala leucophaea (en bas), espèce ressemblante. Le dessin présente la dent rachidienne ainsi que les dents latérales gauches. Chez la gibbule de Philbert, la dent rachidienne est plus large que haute, ce qui n’est pas le cas chez l’autre espèce.
Fig.2 dans l’article « Osservazioni sull'habitat preferenziale, la morfologia conchigliare e l'anatomia di Gibbula leucophaea (Philippi, 1836) » par le malacologue italien Gianni Spada
Reproduction de documents anciens
1978
Rédacteur principal : Miroslava MATEJCEKOVA
Rédacteur : Philippe LE GRANCHÉ
Vérificateur : Philippe LE GRANCHÉ
Responsable régional : Philippe LE GRANCHÉ
Blainville H. M. D. de, 1828-1830, Malacozoaires ou Animaux Mollusques, Faune Française, Levrault, Paris, 320p., 48pl.
Gaillard J. M., 1954, Révision des espèces de côtes de France du genre Gibbula Risso (Mollusque Prosobranche), Bulletin du Muséum National d'histoire Naturelle, 26, 2, 238-243.
Hidalgo J.G., 1917, Fauna malacológica de España, Portugal y las Baleares: moluscos testáceos marinos, Trabajos del Museo Nacional de Ciencias Naturales: Serie Zoológica, Museo Nacional de Ciencias Naturales (Spain), 30, 752p.
Locard A., Caziot E., 1901, Les coquilles marines des côtes de Corse (fin), Annales de la Société linnéenne de Lyon, 47, 159-291.
Monterosato T. A. di, 1888, Molluschi del Porto di Palermo. Specie e varietà, Bullettino della Società Malacologica Italiana, 13, 11, 13, 161–180.
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Pallary P., 1900, Coquilles marines du littoral du département d'Oran, Journal de Conchyliologie, 48, 3, 211-422.
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Philippi R. A., 1844, Enumeratio molluscorum Siciliae cum viventium tum in tellure tertiaria fossilium, quae in itinere suo observavit, Vol. 2, Halle, Eduard Anton, iv + 303p. + pls 13-28
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Récluz C. A., 1843, Catalogue descriptif de plusieurs nouvelles espèces de coquilles de France suivi d'observations sur quelques autres, Revue zoologique, par la Société Cuvierienne. 6, 5-12, 104-112, 228-238, 257-261.
Spada G., 1978, Osservazioni sull'habitat preferenziale, la morfologia conchigliare e l'anatomia di Gibbula leucophaea (Philippi, 1836), Italian Journal of Zoology, 45, 3, 283-288.
La page de Gibbula philberti sur le site de référence de DORIS pour les mollusques : MolluscaBase
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