Trapanie jaune orange

Trapania tartanella | (Von Ihering, 1886)

N° 3335

Atlantique Nord-Est et côtes méditerranéennes occidentales

Clé d'identification

Corps blanc translucide, avec une ligne blanche sur le dessus de la queue
Deux tentacules oraux à l'avant de la tête et deux rhinophores lamellés sur le dessus
Excroissances recourbées vers l'arrière au niveau des rhinophores et des branchies
Marques jaunes à orangées, aux extrémités des diverses excroissances, tentacules et queue
Branchies : 3 feuillets tripennés
Deux tentacules propodiaux, à l'avant du pied
Taille maximale : 15 mm

Noms

Autres noms communs français

Trapanie à pointes orange

Noms communs internationaux

Orange-topped trapania (GB)

Synonymes du nom scientifique actuel

Drepania tartanella Ihering, 1886

Distribution géographique

Atlantique Nord-Est et côtes méditerranéennes occidentales

Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises]

L'espèce est présente dans l'océan Atlantique Est : des îles britanniques, à la façade atlantique française (présence signalée sur la côte basque), espagnole (Galice) et portugaise.
En Méditerranée : l'espèce est présente dans les Baléares et la Catalogne, probablement sur le littoral français et italien. Mais c'est à considérer comme rare et avec prudence en attendant de nouvelles études moléculaires. En effet, l'espèce-type* originale provenait de Naples (Italie) et donc en Méditerranée mais la révision de 2022 a utilisé pour ses comparaisons un néotype* provenant des Asturies (Espagne) et donc atlantique.

Biotope

On peut trouver Trapania tartanella sur les roches recouvertes d'algues, jusqu'à 30 mètres de profondeur.

Description

Il s'agit d'un doridien d'une taille maximale de 15 mm, au corps allongé et possédant diverses excroissances recourbées vers l'arrière, au niveau des rhinophores* et de part et d'autre du panache branchial*.

La tête possède deux tentacules* oraux, sur le devant. Sur le dessus, les rhinophores sont lamellés (ils possèdent 11 à 12 lamelles).
Les branchies* sont composées de 3 feuillets tripennés*.
Le pied possède deux tentacules propodiaux* à l'avant situés juste en dessous et en arrière des tentacules oraux.

Le corps est blanc translucide. Les viscères peuvent être visibles, par transparence.
Une ligne blanche est visible sur le dessus de la queue.
Il y a des marques jaunes orange aux diverses extrémités :
- des rhinophores,
- des tentacules céphaliques,
- des excroissances céphaliques,
- des excroissances extra-branchiales,
- des tentacules propodiaux,
- de la queue.

Espèces ressemblantes

Trapania tartanella peut être confondue avec d'autres espèces du même genre.

  • Trapania maculata : la trapanie maculée possède des marques jaunes sur la tête et le corps.
  • Trapania lineata : la trapanie à lignes blanches va arborer des lignes blanches sur son corps.
  • Une ancienne espèce a été très longtemps confondue avec Trapania tartanella : il s'agit de Trapania hispalensis qui, depuis les études moléculaires de Paz‐Sedano et al. en 2022, a été rattachée à Trapania lineata et en est devenue un synonyme, sans les lignes blanches sur le corps. Cette trapanie sévillane, T. hispalensis, ne possède pas la ligne blanche sur la queue que porte T. tartanella.

Alimentation

Trapania tartanella se nourrit d'entoproctes qui se fixent sur certaines éponges, algues ou bryozoaires.

Elle va décoller les entoproctes de leur support avec sa radula* (langue râpeuse), qui est composée de 17 petits denticules* et d'un denticule externe environ quatre fois plus grand.

Reproduction - Multiplication

Ces limaces de mer sont des hermaphrodites* simultanés. La reproduction est sexuée. Elle se déroule du mois de mai au mois d'août.
La copulation est croisée, elle se fait tête-bêche. Les organes copulateurs, qui se trouvent sur le côté droit des individus, vont saillir et se rapprocher l’un de l’autre.
Chacun de ces organes est composé conjointement d'une partie génitale* mâle (pénis) pour permettre la transmission des spermatozoïdes* et d'un orifice génital femelle (vagin) afin de permettre la réception de ces gamètes* mâles. Le pénis de chacun des deux individus va pénétrer dans le vagin de l’autre et durant ce temps, chacune des limaces de mer va transmettre ses propres gamètes mâles à son partenaire.

Après la fécondation, chacune des deux trapanies jaunes orange va fertiliser ses ovocytes et va pouvoir aller pondre sur le substrat*.
Les pontes se composent de larges rubans gélatineux spiralés, contenant de minuscules œufs. La coloration des pontes varie en couleur, tout comme celle de ce doridien, allant du jaune à l'orange. Cela serait probablement dû à l'alimentation.

Vie associée

Trapania tartanella peut être parasitée par des copépodes : Splanchnotrophus gracilis ou Splanchnotrophus spp.

Ces copépodes parasites* se fixent au niveau du panache branchial et les sacs ovigères* des copépodes femelles peuvent être visibles au milieu du panache branchial de leur hôte.

Divers biologie

Ces nudibranches doridiens ne sont pas capables de rétracter entièrement leurs rhinophores et leurs branchies dans leur manteau pour les protéger. Ils pourront contracter leurs branchies, afin de réduire leur volume, mais ils ne peuvent pas les mettre à l'abri dans une poche spécifique de leur manteau* comme peuvent le faire d'autres espèces de doridiens.

Informations complémentaires

Techniques de défense :

  • Excroissances céphaliques : Trapania tartanella possède des excroissances incurvées qui servent à protéger leurs rhinophores. Ces excroissances, situées de part et d'autres des rhinophores, du côté extérieur, seront saisies en premier en cas d'attaque par un poisson.
  • Excroissances extra-branchiales : Trapania tartanella possède des excroissances extra-branchiales incurvées qui servent à protéger les branchies, en cas d'attaque.

Origine des noms

Origine du nom français

Trapanie jaune orange : trapanie est la francisation du nom de genre Trapania. La suite du nom correspond aux couleurs observées aux extrémités des rhinophores, des tentacules céphaliques, des excroissances céphaliques, des excroissances extra-branchiales et de la queue.

Origine du nom scientifique

Trapania : nom probablement dérivé de Drepania, nom de genre original introduit en 1874 par Alexandre Lafont (directeur de la station biologie d'Arcachon) et qui provenait du grec [drepanon], "faucille, serpe", en référence aux appendices incurvés situés de part et d'autre des rhinophores et des branchies.
Ce nom étant déjà utilisé pour des Lépidoptères (papillons), le genre Drepania a été rebaptisé en Trapania par la malacologue française Alice Pruvot-Fol en 1931, afin d'éviter les confusions.
Ceci dit, A. Pruvot-Fol n'a jamais expliqué son choix du mot Trapania. On pourrait émettre l'hypothèse que Pruvot-Fol ait pointé la ville de Trapani, en Sicile (Italie). Mais aucun lien historique n'a été trouvé entre la ville sicilienne et le genre Trapania, d'autant que la localité-type* du genre est Arcachon, en France (l'espèce-type* étant Trapania fusca) et non pas la Sicile. Il s'agit donc probablement d'un nom simplement forgé par Pruvot-Fol pour rappeler Drepania.

tartanella : nom d'espèce évoquant un outil et une technique de pêche napolitaine (Italie), méthode traditionnelle utilisant un chalut déployé autour d'une zone de pêche et tiré par des hommes depuis la terre. C'est effectivement cet outil, la tartanella, qui a permis la capture du seul individu utilisé par le descripteur initial, Hermann von Ihering (1850-1930), près de Pausillipe, dans la baie de Naples et dont celui-ci s'est servi pour baptiser son espèce.
La localité-type originale de l'espèce est Posillipo, Napoli, en Italie.

Classification

Numéro d'entrée WoRMS : 140047

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Gastropoda Gastéropodes Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules.
Sous-classe Heterobranchia Hétérobranches
Infra-classe Euthyneura Euthyneures

Gastéropodes hétérobranches possédant une disposition particulière non croisée du système nerveux, résultant de la torsion puis détorsion de la larve véligère.

Subter-classe Ringipleura
Super ordre Nudipleura Nudipleures
Ordre Doridida
Super-famille Onchidoridoidea Onchidoridoidés
Famille Goniodorididae Goniodorididés Corps de forme haute et trapue. Branchie dorsale. Présence de crêtes ou d'appendices sur ou autour du manteau, autour du panache branchial et des rhinophores. Rhinophores à lamelles sans gaines.
Sous-famille Anculinae
Genre Trapania
Espèce tartanella

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