Corps blanc translucide, avec une ligne blanche sur le dessus de la queue
Deux tentacules oraux à l'avant de la tête et deux rhinophores lamellés sur le dessus
Excroissances recourbées vers l'arrière au niveau des rhinophores et des branchies
Marques jaunes à orangées, aux extrémités des diverses excroissances, tentacules et queue
Branchies : 3 feuillets tripennés
Deux tentacules propodiaux, à l'avant du pied
Taille maximale : 15 mm
Trapanie à pointes orange
Orange-topped trapania (GB)
Drepania tartanella Ihering, 1886
Atlantique Nord-Est et côtes méditerranéennes occidentales
Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises]L'espèce est présente dans l'océan Atlantique Est : des îles britanniques, à la façade atlantique française (présence signalée sur la côte basque), espagnole (Galice) et portugaise.
En Méditerranée : l'espèce est présente dans les Baléares et la Catalogne, probablement sur le littoral français et italien. Mais c'est à considérer comme rare et avec prudence en attendant de nouvelles études moléculaires. En effet, l'espèce-type* originale provenait de Naples (Italie) et donc en Méditerranée mais la révision de 2022 a utilisé pour ses comparaisons un néotype* provenant des Asturies (Espagne) et donc atlantique.
On peut trouver Trapania tartanella sur les roches recouvertes d'algues, jusqu'à 30 mètres de profondeur.
Il s'agit d'un doridien d'une taille maximale de 15 mm, au corps allongé et possédant diverses excroissances recourbées vers l'arrière, au niveau des rhinophores* et de part et d'autre du panache branchial*.
La tête possède deux tentacules* oraux, sur le devant. Sur le dessus, les rhinophores sont lamellés (ils possèdent 11 à 12 lamelles).
Les branchies* sont composées de 3 feuillets tripennés*.
Le pied possède deux tentacules propodiaux* à l'avant situés juste en dessous et en arrière des tentacules oraux.
Le corps est blanc translucide. Les viscères peuvent être visibles, par transparence.
Une ligne blanche est visible sur le dessus de la queue.
Il y a des marques jaunes orange aux diverses extrémités :
- des rhinophores,
- des tentacules céphaliques,
- des excroissances céphaliques,
- des excroissances extra-branchiales,
- des tentacules propodiaux,
- de la queue.
Trapania tartanella peut être confondue avec d'autres espèces du même genre.
Trapania tartanella se nourrit d'entoproctes qui se fixent sur certaines éponges, algues ou bryozoaires.
Elle va décoller les entoproctes de leur support avec sa radula* (langue râpeuse), qui est composée de 17 petits denticules* et d'un denticule externe environ quatre fois plus grand.
Ces limaces de mer sont des hermaphrodites* simultanés. La reproduction est sexuée. Elle se déroule du mois de mai au mois d'août.
La copulation est croisée, elle se fait tête-bêche. Les organes copulateurs, qui se trouvent sur le côté droit des individus, vont saillir et se rapprocher l’un de l’autre.
Chacun de ces organes est composé conjointement d'une partie génitale* mâle (pénis) pour permettre la transmission des spermatozoïdes* et d'un orifice génital femelle (vagin) afin de permettre la réception de ces gamètes* mâles. Le pénis de chacun des deux individus va pénétrer dans le vagin de l’autre et durant ce temps, chacune des limaces de mer va transmettre ses propres gamètes mâles à son partenaire.
Après la fécondation, chacune des deux trapanies jaunes orange va fertiliser ses ovocytes et va pouvoir aller pondre sur le substrat*.
Les pontes se composent de larges rubans gélatineux spiralés, contenant de minuscules œufs. La coloration des pontes varie en couleur, tout comme celle de ce doridien, allant du jaune à l'orange. Cela serait probablement dû à l'alimentation.
Trapania tartanella peut être parasitée par des copépodes : Splanchnotrophus gracilis ou Splanchnotrophus spp.
Ces copépodes parasites* se fixent au niveau du panache branchial et les sacs ovigères* des copépodes femelles peuvent être visibles au milieu du panache branchial de leur hôte.
Ces nudibranches doridiens ne sont pas capables de rétracter entièrement leurs rhinophores et leurs branchies dans leur manteau pour les protéger. Ils pourront contracter leurs branchies, afin de réduire leur volume, mais ils ne peuvent pas les mettre à l'abri dans une poche spécifique de leur manteau* comme peuvent le faire d'autres espèces de doridiens.
Techniques de défense :
Trapanie jaune orange : trapanie est la francisation du nom de genre Trapania. La suite du nom correspond aux couleurs observées aux extrémités des rhinophores, des tentacules céphaliques, des excroissances céphaliques, des excroissances extra-branchiales et de la queue.
Trapania : nom probablement dérivé de Drepania, nom de genre original introduit en 1874 par Alexandre Lafont (directeur de la station biologie d'Arcachon) et qui provenait du grec [drepanon], "faucille, serpe", en référence aux appendices incurvés situés de part et d'autre des rhinophores et des branchies.
Ce nom étant déjà utilisé pour des Lépidoptères (papillons), le genre Drepania a été rebaptisé en Trapania par la malacologue française Alice Pruvot-Fol en 1931, afin d'éviter les confusions.
Ceci dit, A. Pruvot-Fol n'a jamais expliqué son choix du mot Trapania. On pourrait émettre l'hypothèse que Pruvot-Fol ait pointé la ville de Trapani, en Sicile (Italie). Mais aucun lien historique n'a été trouvé entre la ville sicilienne et le genre Trapania, d'autant que la localité-type* du genre est Arcachon, en France (l'espèce-type* étant Trapania fusca) et non pas la Sicile. Il s'agit donc probablement d'un nom simplement forgé par Pruvot-Fol pour rappeler Drepania.
tartanella : nom d'espèce évoquant un outil et une technique de pêche napolitaine (Italie), méthode traditionnelle utilisant un chalut déployé autour d'une zone de pêche et tiré par des hommes depuis la terre. C'est effectivement cet outil, la tartanella, qui a permis la capture du seul individu utilisé par le descripteur initial, Hermann von Ihering (1850-1930), près de Pausillipe, dans la baie de Naples et dont celui-ci s'est servi pour baptiser son espèce.
La localité-type originale de l'espèce est Posillipo, Napoli, en Italie.
Numéro d'entrée WoRMS : 140047
| Termes scientifiques | Termes en français | Descriptif | |
|---|---|---|---|
| Embranchement | Mollusca | Mollusques | Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies. |
| Classe | Gastropoda | Gastéropodes | Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules. |
| Sous-classe | Heterobranchia | Hétérobranches | |
| Infra-classe | Euthyneura | Euthyneures | Gastéropodes hétérobranches possédant une disposition particulière non croisée du système nerveux, résultant de la torsion puis détorsion de la larve véligère. |
| Subter-classe | Ringipleura | ||
| Super ordre | Nudipleura | Nudipleures | |
| Ordre | Doridida | ||
| Super-famille | Onchidoridoidea | Onchidoridoidés | |
| Famille | Goniodorididae | Goniodorididés | Corps de forme haute et trapue. Branchie dorsale. Présence de crêtes ou d'appendices sur ou autour du manteau, autour du panache branchial et des rhinophores. Rhinophores à lamelles sans gaines. |
| Sous-famille | Anculinae | ||
| Genre | Trapania | ||
| Espèce | tartanella |
Gastéropodes Opisthobranches
Couleurs distinctives
Le corps de cette espèce est blanc translucide et porte une ligne blanche opaque sur le dessus de la queue. On peut observer des marques jaune orange (qui donnent son nom commun à ce doridien) à l'extrémité des rhinophores, des tentacules céphaliques, des tentacules propodiaux, des excroissances céphaliques, des excroissances extra-branchiales et au bout de la queue.
Baie de Lampaul, Ouessant (29), mer d'Iroise, océan Atlantique
12/07/2024
Gastéropodes Opisthobranches
Transparence
Au travers du corps translucide, on peut parfois distinguer les viscères de l'animal.
La ligne blanche sur sa queue permet d'identifier clairement l'espèce.
Ouessant (29), mer d'Iroise, océan Atlantique, 10 m
10/06/2024
Couleurs bien marquées
Sur cet individu, les marques de couleurs sont affirmées et tous les éléments distinctifs sont présents.
La Plage, Fontarrabie, Pays basque espagnol, océan Atlantique, 21 m
08/05/2023
Version pâlotte
Les couleurs sur les extrémités des extensions, des rhinophores et des feuilles branchiales sont très atténuées sur ce spécimen.
Port de Marseillan (34), 4 m
30/03/2022
Rhinophores
Les rhinophores de cette espèce sont lamellés. Ils possèdent en effet 11 à 12 lamelles, qui sont de petits replis ou des anneaux disposés sur la massue de ces organes sensoriels, afin d'augmenter leur surface de contact avec l'eau et de permettre une meilleure analyse biochimique de l'environnement.
Ouessant (29), mer d'Iroise, océan Atlantique, 10 m
10/06/2024
Tentacules céphaliques
Sur cette vue, on peut observer les différents organes et extensions de l'animal, colorés de jaune orange comme il se doit.
En avant des rhinophores et au niveau du mufle, on peut voir la paire de tentacules oraux sur le dessus, et juste en dessous, au contact du substrat, les tentacules propodiaux. Ces derniers, formant les coins antérieurs du pied, sont des organes très innervés qui permettent à l’animal, entre autres choses, de manipuler la nourriture pour l'amener vers la bouche.
Tranchée de l'Atlas, île d'Ouessant (29), mer d'Iroise, océan Atlantique, 8 m
10/06/2024
Panache branchial
Situé à l'arrière du corps, l'organe respiratoire de notre trapanie est composé de 3 feuillets, eux-mêmes ramifiés plusieurs fois (un axe, puis des ramifications secondaires, puis une troisième ramification de petites pinnules (on les dit "tripennés"). Ce caractère physique à pour effet de multiplier les surfaces d'échanges avec l'eau afin d'optimiser la captation de l’oxygène et de favoriser la respiration.
Ria d'Etel, Morbihan (56), Bretagne
20/06/2025
Papilles digitiformes
On voit bien sur cette photo les 4 extensions digitiformes (flèches), deux au niveau de la tête, derrière les rhinophores, et deux de part et d'autre du panache branchial. Ces appendices sont un trait caractéristique (mais non exclusif) des espèces du genre Trapania.
Pointe de Pern, Ouessant (29), mer d'Iroise, océan Atlantique, 5 m
08/07/2024
Alimentation
Cette trapanie se nourrit d'entoproctes (ou kamptozaires).
Ces entoproctes, qui ont leur propre embranchement (Entoprocta), sont des animaux sessiles très petits (entre 1 et 5 mm), pouvant vivre en colonies et en épibiontes sur des éponges, des algues ou des bryozoaires. Dans ce cas, ils sont fixés par un pédoncule supportant un calice à l'apex, garni de tentacules.
Grâce à sa radula spécialisée, le nudibranche va pouvoir décoller ces entoproctes et s'en nourrir.
Txotx, Hendaye (64), golfe de Gascogne, océan Atlantique, 20 m
15/08/2022
Recherche sur un bryozoaire
La présence de Trapania tartanella, sur des bryozoaires se justifie généralement par la recherche de leurs proies, des entoproctes minuscules qui y vivent en épibiontes.
Île de Groix (56), océan Atlantique, 8 m
21/07/2012
Biotope
On peut trouver Trapania tartanella sur les roches recouvertes d'algues. Ici, elle se balade en milieu essentiellement végétal, se frottant quelque peu à une coquille (habitée ?) de gastéropode, probablement un cérithe (Bittium latreillii ? B. reticulatum ?)
La Plage, Fontarrabie, Pays basque espagnol, océan Atlantique, 21 m
09/07/2022
Distribution atlantique : Bretagne
La distribution de l'espèce est principalement atlantique. Elle se rencontre notamment en Bretagne, comme ici au large de l'île d'Ouessant, qui fait partie du parc régional d'Armorique et du parc naturel marin d'Iroise.
Île d'Ouessant (29), mer d'Iroise, océan Atlantique, 10 m
10/06/2024
Distribution atlantique : Pays basque
L'espèce se rencontre également dans le sud de nos côtes atlantiques, notamment au Pays basque.
Lorsqu'on plonge à Hendaye, dernière ville côtière française avant la frontière franco-espagnole, nous nous trouvons souvent dans les eaux ibériques car la frontière maritime, entre le golfe de Gascogne et l'embouchure du fleuve-frontière Bidassoa qui s'y jette, est historiquement complexe.
Les éboulis, Hendaye (64), golfe de Gascogne, océan Atlantique, 20 m
18/09/2022
Distribution méditerranéenne : dans l'Hérault
L'espèce est apparemment très peu courante sur la façade méditerranéenne française. Elle est signalée dans l'Hérault, comme cet individu sur le fond détritique d'un port aux ouvertures vers la mer, vers l'étang de Thau et le canal du Midi, ainsi que sur le littoral italien.
Il nous faut néanmoins rester prudents sur l'identification formelle de cette espèce en Méditerranée, même si plusieurs signalements prouvent pour l'heure sa présence, notamment dans les Baléares. L'espèce-type originale provenait de Naples (Italie) et donc en Méditerranée mais la révision de 2022 a utilisé un néotype provenant des Asturies (Espagne) et donc l'Atlantique.
Port de Marseillan (34), Méditerranée, 4 m
30/03/2022
Rédacteur principal : Myriam LAPLACE
Vérificateur : Alain-Pierre SITTLER
Responsable régional : Alain-Pierre SITTLER
Ihering, H. von, 1886, Beiträge zur kenntnis der Nudibranchien des Mittelmeeres. Part 2, Malakozoologische Blätter N.F., 8, 12-49 (37-39).
Paz‐Sedano S., Martín Álvarez J. F., Gosliner T.M., & Pola M., 2022. Reassessing North Eastern Atlantic‐Mediterranean species of Trapania (Mollusca, Nudibranchia). Zoologica Scripta, 51, 447-459.
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