Zoanthaires des Hydraires

Hydrozoanthus tunicans | (Duerden, 1900)

N° 1157

Caraïbes

Clé d'identification

Anémone encroûtante
Polypes à deux couronnes de tentacules alternes
Exclusivement sur les hydraires-buisson

Noms

Noms communs internationaux
Hydroid zoanthid (GB), Zoantario de hidroido (E), Hydroid-Krustenanemone (D)
Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides
Parazoanthus tunicans Duerden, 1900

Distribution géographique

Caraïbes

Zones DORIS : Caraïbes

Des Bahamas au Venezuela.

Biotope

Ces zoanthaires se trouvent sur des hydraires entre 5 et 45 m de profondeur. Ils préfèrent toutefois les zones bien éclairées.

Description

Anémone encroûtante, colonisant exclusivement (mais pas systématiquement) les hydraires buisson (Dentitheca dendritica).
Les polypes sont petits (environ 5 mm), émergeant du cœnenchyme* (base charnue) qui enveloppe les rameaux de l’hydraire support, mais pas jusqu’au bout des branches.
Comme chez tous les zoanthaires, les polypes présentent deux couronnes de tentacules dirigés alternativement vers le haut et vers le bas, augmentant ainsi les possibilités de capture.
La couleur est variable : du blanc grisâtre au brun foncé en passant par le jaune doré.

Espèces ressemblantes

Cette fiche regroupe sous le nom de Hydrozoanthus tunicans plusieurs variantes de couleur, qui correspondent peut-être à plusieurs espèces ou sous-espèces, voire à d’autres genres. La systématique actuelle des zoanthaires est basée sur la morphologie des polypes, elle pourrait être remise en cause par les études en cours sur la phylogénie moléculaire.
Un des zoanthaires qui poussent sur ce même hydraire est actuellement décrit sous le nom de Isozoanthus antumbrosus (antumbra désigne la zone d’ombre d’une éclipse de soleil, ce nom lui a été donné à cause des nombreux tentacules dorés rayonnant autour de la bouche sombre, évoquant une éclipse annulaire).

Alimentation

Hydrozoanthus tunicans se nourrit de petites proies (larves, petits crustacés) capturées dans le courant à l’aide de ses tentacules.
Il héberge des zooxanthelles (Symbiodinium) dans ses tissus, qui jouent sans doute un rôle complémentaire dans ses ressources alimentaires.

Reproduction - Multiplication

On connaît peu de choses sur la reproduction des zoanthaires en général.
Ils produisent des larves planctoniques par reproduction sexuée. Une fois fixées sur un support qui leur convient spécifiquement, les larves donneront de nouvelles colonies (clones) en se multipliant intensivement de façon asexuée.

Vie associée

L’association avec l’hydraire buisson est obligatoire pour le zoanthaire, mais pas pour l’hydraire. En effet, on trouve des hydraires-buisson non colonisés. Le zoanthaire, qui n’a pas de squelette, profite de la structure érigée de l’hydraire pour exploiter les ressources en plancton de la colonne d’eau (entrant donc en concurrence avec son support) et profite peut-être d’une protection par les nématocystes urticants de son hôte.

Lorsque deux colonies différentes poussent sur le même hydraire (deux couleurs, voire deux espèces) la zone d’affrontement est souvent dénudée, avec des polypes rétractés ou réduits, ce qui est l’indice d’une forte compétition pour le support.

Divers biologie

Le zoanthaire n’est pas du tout urticant pour l’homme, mais l’hydraire l’est, donc attention à ne pas trop s’approcher.

Informations complémentaires

Jusqu'à tout récemment (2012), cette espèce était rangée sous le genre Parazoanthus. Selon des études récentes basées sur l'ADN et l'ARN ribosomal, la diversité des différentes espèces du genre actuel des Parazoanthus se retrouve dans leur matériel génétique et suggère une révision taxonomique.
Ainsi, P. tunicans a été intégré à la nouvelle famille des Hydrozoanthidae, (incluant les nouveaux genres Hydrozoanthus et Terrazoanthus), ainsi que d'autres zoanthaires tropicaux hôtes des hydraires.

Origine des noms

Origine du nom français

Le terme Zoanthaire est le nom français de la sous-classe des Zoantharia ou Hexacorallia, regroupant les anémones, les cérianthes, les madrépores, les corallimorphaires et les antipathaires. Le nom de zoanthaire est cependant passé dans le langage courant pour désigner, de façon restrictive, plusieurs familles appartenant à l'ordre des Zoanthides, c'est donc cette appellation que nous reprenons ici.
"Zoanthaire des hydraires" rappelle l’habitat exclusif et obligatoire de ces zoanthaires.

Origine du nom scientifique

Hydrozoanthus : composé sur le modèle de Parazoanthus (du grec [para-] = "à côté de", et [zo- ; anth -] = animaux-fleurs, signifiant signifie zoanthaire associé) ; avec substitution du préfixe [para-] par [hydro-] pour rappeler le substrat privilégié par ces espèces.

tunicans (latin) signifie revêtant (d'une tunique), d'où encroûtant.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Cnidaria Cnidaires

Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, principalement à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula.

Classe Anthozoa Anthozoaires Cnidaires exclusivement marins, solitaires ou coloniaux, uniquement sous la forme polype (jamais de phase méduse dans le cycle de vie).
Sous-classe Hexacorallia / Zoantharia Hexacoralliaires / Zoanthaires Anthozoaires coloniaux ou solitaires, tentacules lisses, polypes à symétrie d’ordre 6.
Ordre Zoanthidea Zoanthides Hexacoralliaires coloniaux pour la plupart tropicaux. Polypes de 1 mm à 2 cm de diamètre, souvent reliés par des stolons. Ce sont les anémones encroûtantes, qui peuvent coloniser de grandes surfaces.
Famille Parazoanthidae Parazoanthidés
Genre Hydrozoanthus
Espèce tunicans

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