Chevalier gambette

Tringa totanus | (Linnaeus, 1758)

N° 1715

Europe, Asie et Afrique

Clé d'identification

Taille : 27 à 29 cm
Envergure : de 45 à 66 cm
Apparence générale gris brun
Longues pattes rouge orangé
Bec long et fin de couleur rouge, à l'extrémité noire

Noms

Noms communs internationaux

Common Redshank (GB), Pettegola (I), Archibebe común (E), Rotschenkel (D), Tureluur (NL)

Distribution géographique

Europe, Asie et Afrique

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord, Eau douce d'Europe, Atlantique Nord-Ouest

Le chevalier gambette est nicheur dans une grande partie de l'Europe et dans toute la partie tempérée de l'Asie. Les oiseaux du Royaume-Uni sont souvent sédentaires, alors que les autres migrent vers l'Europe occidentale, jusqu'en Afrique au niveau de l'équateur.

Biotope

Le chevalier gambette se rencontre en groupes épars dans les vasières découvertes où il recherche sa nourriture. Il fréquente également les marais salants. En hiver, il peut être observé le long des estuaires.

Description

Le chevalier gambette est un limicole de taille moyenne (de 27 à 29 cm), qui paraît de loin uniformément gris brun. Un des moyens les plus simples de le reconnaître posé est de remarquer la couleur rouge orangé de ses longues pattes. De plus près, son bec se distingue aussi par sa racine rouge et son extrémité noire. Des taches allant du noir à la couleur cannelle sont visibles sur le dos, alors que le dessous est tacheté et rayé. La queue est barrée de blanc.
En vol, une bande blanche à l'arrière de l'aile ainsi que son dos et son croupion blancs sont caractéristiques de ce limicole.
En hiver, le plumage apparaît plus uniformément gris.
Les jeunes ont une couleur plus roussâtre que les adultes, leurs pattes étant plus jaune orangé.

Espèces ressemblantes

Le juvénile peut être confondu avec le jeune chevalier à pattes jaunes (Tringa melanoleuca), ou avec le chevalier sylvain (Tringa glarcola). La distinction se fait en vol grâce aux marques blanches caractéristiques de Tringa totanus.
En hiver, un autre chevalier a les pattes rouges : le chevalier arlequin (Tringa erythropus). Chez ce dernier, seule la mandibule inférieure du bec a la racine rouge.

Alimentation

Le chevalier gambette se nourrit de vers polychètes (du genre Nereis), de mollusques (du genre Hydrobia), de crustacés (du genre Corophium), et d'insectes au stade larvaire (tipules et chironomes). Il pêche ses proies en se déplaçant en bordure de vasières, picorant ses proies ou fouillant la vase presque à chaque pas. En hiver, sa quête peut être difficile si les conditions climatiques font geler les bordures de vasières.

Reproduction - Multiplication

Les individus migrateurs reviennent sur les sites de reproduction entre mars et avril. La parade se déroule jusqu'à mi-juin. Le chevalier gambette est monogame et fidèle, tant à sa partenaire qu'à son site de reproduction. La parade se passe pour partie au sol, et pour partie en vol, le mâle alternant des vols circulaires ascendants avec de longues glissades planées, les ailes légèrement rabattues. Cette parade s'accompagne de lents « tioou-tioou-tioou ».
Le nid est construit par la femelle à partir d'ébauches présentées par le mâle. Il est installé dans une touffe d'herbes dans les prés humides, les prairies littorales ou les landes tourbeuses. Son emplacement est choisi pour dominer légèrement la végétation environnante. Quatre œufs sont pondus à un jour d'intervalle au début du mois de mai. L'incubation débute à la ponte du dernier œuf et dure 24 jours. Les deux parents prennent part à la couvaison, la femelle généralement le jour et le mâle la nuit. Les éclosions synchrones donnent naissance aux poussins nidifuges qui sont nourris par les deux parents. Capables de voler à l'âge d'un mois, les petits sont protégés par une surveillance attentive de leurs parents depuis les perchoirs qui jouxtent la zone où ils s'ébattent. Ils quittent les zones de reproduction vers leurs quartiers d'hiver dès le mois de juillet.

Vie associée

Le chevalier gambette ne défend pas sa propre ponte contre les prédateurs. Il peut alors rechercher la proximité d'autres oiseaux nicheurs, qui par leur comportement assurent la défense de leurs nichées, et de celles du chevalier gambette. Il peut ainsi partager des zones de nidification avec le vanneau huppé (Vanellus vanellus), la barge à queue noire (Limosa limosa), l'échasse blanche (Himantopus himantopus) ou l'avocette élégante (Recurvirostra avosetta).

Divers biologie

Le chevalier gambette peut sembler être un oiseau particulièrement bruyant. En effet, pendant la période de reproduction, il paraît sans cesse sur le qui-vive, pour surveiller tout risque d'intrusion dans la zone où se trouvent ses petits. Il ne cesse alors de se baisser et de s'étirer, jusqu'à ce qu'il juge nécessaire de s'envoler de son point d'observation pour attirer l'attention sur lui et écarter ainsi les intrus potentiels. Son cri d'alarme est une sorte de jappement incessant : « tieuk-tieuk-tieuk ».

Informations complémentaires

Plusieurs sous-espèces sont distinguées pour cet oiseau (de quatre à six selon les sources). La plus nombreuse, Tringa totanus totanus, compte environ 170 000 couples en Europe. La deuxième, Tringa totanus robusta, compte environ 100 000 couples en Islande. Cette dernière est un peu plus grande que la sous-espèce principale, cette différence se remarquant dès la ponte puisque les œufs de la sous-espèce robusta pèsent en moyenne 5 % de plus que ceux de la sous espèce principale.
En France, le chevalier gambette niche surtout le long de la côte atlantique, entre le sud de la Bretagne et la Gironde. Il est également nicheur en Méditerranée (Camargue), ainsi que le long des côtes de la Manche (Normandie et Somme).
Le déclin des zones de prairies humides par leur assèchement et la diminution de l'élevage extensif tend à raréfier ce milieu propice à cette espèce. Une redistribution partielle pourrait se faire au bénéfice de zones de marais saumâtres.

Réglementation

Communautaire :
- Directive Oiseaux : Annexe II/2
International :
- Convention de Berne : Annexe III
- Convention de Bonn : Annexe II
- Convention de Bonn : Accord AEWA [1999]
De portée nationale :
- Oiseaux protégés : Article 5

Origine des noms

Origine du nom français

Chevalier : du latin [caballarius] = cheval ; allusion à son allure haute sur pattes
Gambette : de « gambe », au XIIIème siècle, la jambe.

Origine du nom scientifique

Tringa : du grec [trunggas] = à fesses blanches ; marque commune à tous les chevaliers du monde.
totanus : de l'italien [totano] = bécasseau ou chevalier.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Classe Aves Oiseaux Vertébrés à plumes, ovipares. Les membres antérieurs sont transformés en ailes.
Ordre Charadriiformes Charadriiformes

Oiseaux plus ou moins aquatiques, au bec pointu et aux pattes fines.

Famille Scolopacidae Scolopacidés
Genre Tringa
Espèce totanus

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