Vive-araignée

Trachinus araneus | Cuvier, 1829

N° 2122

Atlantique Est, Méditerranée

Clé d'identification

Grande bouche ouverte vers le haut
Petits yeux haut placés et relativement écartés (espace interorbitaire = diamètre oculaire)
Flancs marqués de grosses taches sombres (6 à 10) sous la ligne latérale blanche
Dos arqué
Comportement agressif

Noms

Autres noms communs français

Vive araignée

Noms communs internationaux

Spotted weever, dragonfish (GB), Tracina ragno (I), Araña (E), Petermann (D), Aranya fragata (Catalan), Aranha-pontuado (P)

Distribution géographique

Atlantique Est, Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

La vive-araignée est présente en Méditerranée et en Atlantique Est, du Portugal à l'Angola.

Biotope

La vive-araignée fréquente les petits fonds meubles, détritiques grossiers, sableux ou sablo-vaseux, de 2 à 100 mètres de fond où elle peut s'enfouir, ne laissant ainsi dépasser que ses yeux et ses rayons venimeux.

Description

La vive-araignée possède un corps allongé, aplati latéralement, et un dos arqué accentuant son caractère d'un naturel agressif. Sa taille varie de 10 à 50 cm maximum, les observations méditerranéennes en plongée tournent autour de 20 à 30 cm. La littérature indique une taille moyenne de 30 cm.
Ce prédateur possède une grande bouche fortement inclinée vers le haut et très proche de petits yeux relativement espacés situés au-dessus de la tête (espace inter-orbitaire = diamètre oculaire). L'espace inter-orbitaire lisse est légèrement concave. La pupille régulière est légèrement ovalisée. Difficilement observable, une forte épine venimeuse est présente sur l'opercule et deux autres plus petites sur le bord antéro-dorsal de l'orbite.
Le dos brunâtre est, plus que l'ensemble du corps, pointillé de sombre. Sous une ligne latérale* blanche placée au niveau du tiers supérieur du corps, les flancs sont parcourus par de grosses taches sombres plus ou moins diffuses. Au nombre de 6 à 10, ces taches arrondies ou quadrangulaires démarrent à l'aplomb de la seconde nageoire dorsale. Le ventre reste très clair.
Les nageoires dorsales sont au nombre de 2. La 1ère, triangulaire, courte et en grande partie noire, présente constamment 7 rayons épineux dont la piqûre est douloureuse. La 2ème est très longue, régulière, brunâtre à l'identique du dos, et a 26-29 rayons mous. Bordée de noir, la nageoire caudale montre quelques taches sombres. La nageoire anale est très longue avec 2 épines et 29 à 31 rayons mous. Les pectorales et pelviennes sont rapprochées, blanches à translucides.

Espèces ressemblantes

En Méditerranée et sur la côte africaine limitrophe, on peut rencontrer la vive-léopard ou vive à tête rayonnée Trachinus radiatus aux flancs marqués de taches sombres au centre plus clair.

Il en va de même, sur toutes les côtes européennes et la côte africaine limitrophe, pour la petite vive Echiichthys vipera aux flancs marqués de points et tirets brun-jaune plus ou moins alignés.

Sur toutes les côtes européennes et marocaines, la grande vive Trachinus draco, aux flancs marqués de stries obliques jaunes et bleues, est également une espèce ressemblante.

Alimentation

La vive-araignée chasse à l’affût de petits poissons et de petits crustacés. Elle saute sur sa proie comme un éclair en se propulsant à grands coups de queue, pour s'enterrer à nouveau. Il lui arrive de bondir rapidement sur des proies qui passent à plusieurs mètres du fond.

Reproduction - Multiplication

La reproduction a lieu au printemps ou en été selon les régions. Pendant la saison du frai, les vives migrent dans des eaux peu profondes. C'est à cette période qu'il y a le plus de risque d'envenimation pour les baigneurs.
Les œufs et les larves* sont planctoniques*.

Divers biologie

Le comportement de la vive-araignée est particulièrement agressif et téméraire à l'approche d'un danger ou d'un plongeur. L'agressivité de la vive-araignée augmente avec la taille des individus. Elle détecte de très loin l'arrivée de l'intrus, fait face, se place en position d'attaque le corps en "S" prête à bondir en pleine eau ou sur le fond par un déplacement latéral rapide ! Il est vivement conseillé de ne pas trop s'approcher et de quitter sans trop tarder son territoire. Les individus de plus de 20 cm deviennent particulièrement dangereux. Des accidents graves ont été répertoriés en Corse : à Galéria une attaque avec enveniment lors d'un exercice de plongée sur un fond de sable de 20 m par un spécimen de 40 cm qui a suivi et attaqué la palanqué en pleine eau ! La piqûre a laissé une grosse cicatrice sur le bras du plongeur et un début de nécrose tissulaire s'en est suivi.

Absence de vessie natatoire, petites écailles cycloïdes* en rangées obliques, dents villiformes* (petites dents fines semblables aux poils d'une brosse et forment des bandes veloutées) sur les mâchoires et le palais, ligne latérale rectiligne caractérisent les Trachinidés.

Identification à partir des yeux et de la pupille, sous l'eau sur des vives vivantes
:
Trachinus radiatus : gros yeux rapprochés et pupille singulière, étroite et allongée,
Trachinus araneus : petits yeux écartés et pupille régulière, légèrement ovalisée,
Trachinus draco : gros yeux rapprochés et pupille ovale mais plus pointue vers l'avant et avec une encoche nette sur son bord supérieur,
Echiichthys vipera : gros yeux rapprochés et pupille presque ronde, à peine pincée vers l'avant.

(Merci à Roberto PILLON pour ses observations naturalistes et absentes des descriptions classiques faites sur des poissons morts).

Informations complémentaires

La vive-araignée est, comme les autres vives, un poisson dangereux. Ses épines dorsales et operculaires peuvent provoquer des blessures très douloureuses.
Il ne faut pas la manipuler à mains nues et marcher pieds nus en bord de mer. Le niveau de toxicité de son venin reste élevé même quand la vive est morte. Une simple piqûre peut dans certains cas causer des malaises, vertiges, paralysies, voire des réactions allergiques de type anaphylactique. Son venin agit sur le système nerveux et circulatoire. La substance toxique contenue dans le venin étant thermolabile entre 40° et 50°C, un bain prolongé dans de l'eau chaude ou l’application de compresses chaudes constitue un premier traitement généralement efficace.

Toutes les vives sont pêchées et consommées, leur chair est fine.

Origine des noms

Origine du nom français

Le nom de "vive" provient de vipère ainsi que de "weever" en anglo-saxon, désignant un dragon ou animal fabuleux aquatique. Ce nom a été donné à ce poisson à cause de sa longévité une fois sorti de l'eau.
araignée : traduction directe du nom d'espèce araneus.

Origine du nom scientifique

Trachinus : du grec [trakh-] = rude, rugueux, raboteux, écailleux.

araneus
: du grec [arachnê] = araignée. Peut-être en rapport avec la 1ère nageoire dorsale qui, déployée, ressemble à une toile d'araignée ?

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Super classe Osteichthyes Ostéichthyens Vertébrés à squelette osseux.
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées.
Sous-classe Neopterygii Teleostei Néoptérygiens Téléostéens Poissons à arêtes osseuses, présence d’un opercule, écailles minces et imbriquées.
Super ordre Acanthopterygii Acanthoptérygiens Rayons épineux aux nageoires, écailles cycloïdes ou cténoïdes, présence d'une vessie gazeuse et pelviennes thoraciques ou jugulaires, sans être systématiquement présents, sont des caractères que l'on ne rencontre que chez les Acanthoptérygiens.
Ordre Perciformes Perciformes Nageoires pelviennes très rapprochées des nageoires pectorales.
Sous-ordre Trachinoidei Trachinoïdes Nageoires pelviennes jugulaires. Deux nageoires dorsales, la première à rayons acérés.
Famille Trachinidae Trachinidés Corps assez comprimé, oblong. Petite tête, museau court, grande bouche oblique, yeux haut placés et rapprochés, une épine venimeuse sur l'opercule. Deux nageoires dorsales séparées, la première courte à 5-7 épines venimeuses, la seconde très longue à 21-32 rayons mous.
Genre Trachinus
Espèce araneus

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