Girelle-paon

Thalassoma pavo | (Linnaeus, 1758)

N° 744

Méditerranée, Atlantique Est

Clé d'identification

Corps à l'allure allongée de 10/20 cm
Tête réticulée de bleu
Mâle : verdâtre, large bande bleue et rouge en arrière de la tête
Femelle : jaune-vert avec 4 à 6 bandes bleues, tache noire sur le dos
Queue en forme de lyre

Noms

Autres noms communs français

Girelle turque

Noms communs internationaux

Ornate wrasse, Turkish wrasse (GB), Girella pavone, donzella pavonina (I), Pez verde (E), Meerpfau (D), Peixe-verde (P), Gaitanouri, ghylos (GR), Pauwgirelle (NL)

Synonymes du nom scientifique actuel

Labrus pavo Linnaeus, 1758
Chlorichthys pavo (Linnaeus, 1758)
Julis pavo (Linnaeus, 1758)
Labrus syriacus Bloch & Schneider, 1801
Labrus leo Rafinesque, 1810
Julis squamismarginatus Bowdich, 1825
Julis turcicia Risso, 1827
Julis blochii Valenciennes, 1839
Julis unimaculata Lowe, 1841
Thalassoma unimaculatum (Lowe, 1841)

Distribution géographique

Méditerranée, Atlantique Est

Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Méditerranée française]

Méditerranée :
Originellement présent surtout dans le sud et l'est de la Méditerranée (à l'exception de la mer Noire), son aire de répartition progresse vers le nord depuis 15 à 20 ans. Plusieurs spécimens ont récemment été pêchés au nord de l'Adriatique, représentant l'extension la plus septentrionale de cette espèce thermophile.
Océan Atlantique Est :
Du Portugal au Gabon, y compris les Açores, Madère, les Canaries, Sao Tomé et Annóbon.

Biotope

Thalassoma pavo vit en eaux côtières, surtout entre 0 et 30 m de profondeur (150 m maximum). Elle préfère les fonds rocheux, les tombants et anfractuosités peu profondes ou les herbiers de posidonies. C'est un poisson thermophile, préférant les eaux superficielles dont la température dépasse 25 °C en été, vivant solitaire ou en petits groupes. Elle peut s'enfouir dans le sable à la tombée de la nuit, quand les eaux sont froides ou pour échapper à des prédateurs.

Description

La girelle-paon mesure généralement entre 10 et 20 cm (maximum 25 cm). Son corps est allongé et recouvert de petites écailles. La nageoire dorsale est longue. La nageoire caudale présente des rayons marginaux plus long que les autres lui donnant un aspect de lyre. La tête, réticulée de bleu, est petite avec un museau pointu et une petite bouche à grosses lèvres.
La couleur varie avec le sexe (voir "reproduction") :
- Femelles et mâles initiaux : le dos est jaune-orangé à vert, hachuré de 4 à 6 bandes (le plus souvent 5) transversales bleu ciel. À mi-flanc, la couleur verte s'assombrit pour laisser apparaître des tirets rectangulaires entre les bandes transversales. Le ventre est jaune vif dans sa partie antérieure, plus estompé en arrière. L'ensemble du corps est finement strié dans le sens transversal. La tête est brune à mauve dans sa partie supérieure, orangée en dessous. Elle est réticulée de lignes bleu ciel. Les lèvres sont également bleues. Les nageoires dorsale et anale sont colorées de bleu, de vert, d'orange et de rouge clair, la caudale est marquée de bleu et d'orange à ses rayons extrêmes, claire en son milieu. Les pelviennes et les pectorales sont bleutées, presque transparentes.
- Mâles terminaux (ou super-mâles) : le corps est plus uni dans sa partie postérieure, verdâtre et finement strié de rouge orangé dans le sens transversal. En arrière de la tête, la coloration est tranchée par une large bande transversale bleue et rouge. La tête est rose-mauve réticulée de bleu comme la femelle. Les nageoires sont teintées de bleu et de mauve.
Des livrées intermédiaires peuvent exister chez les individus en cours de transformation en mâles terminaux (cf. Reproduction), et au sein d'un groupe la coloration peut également varier avec le statut social.
Le corps des juvéniles est entièrement vert (la tête n'est pas encore réticulée de bleu) avec la tache dorsale très visible. Leurs queues sont arrondies. Puis cette livrée évolue vers la livrée primaire en conservant la tache dorsale.

Espèces ressemblantes

Des confusions sont possibles avec trois espèces, particulièrement entre les mâles :

Coris julis, la girelle commune, dont le mâle arbore une livrée aux couleurs bleu-vert sur la partie dorsale et blanche dessous, séparée par une ligne médiane orange vif en forme de zigzag. Il présente également une tache noire allongée sur le flan, juste en arrière des opercules.

Symphodus tinca, le crénilabre paon, dont le nom peut être une première source de confusion. Il est également possible de confondre les mâles, qui ont des couleurs vert jaunâtre, marquées de lignes longitudinales rouges et bleues en particulier sur les nageoires. Le crénilabre paon est cependant beaucoup plus trapu, moins élancé que la girelle-paon, et une tache sombre au-dessus de la nageoire pectorale permet de dissiper toute confusion.

En dehors des eaux françaises, Coris atlantica, la girelle Atlantique, qui est présente dans l'Atlantique Est, au sud du Cap Vert. Les mâles ont la partie arrière du corps d'un bleu sombre et la partie avant du corps allant des tons orange vif au jaunâtre. On peut observer aussi des dessins orange vif réticulés sur les opercules.

Alimentation

Ce sont des poissons carnivores, prédateurs, qui se nourrissent essentiellement de petits invertébrés qu'ils capturent sur le substrat, dans le sable ou parmi les posidonies : crustacés, mollusques, vers…
Comme la girelle commune, les plus grands individus mangent aussi de jeunes oursins des espèces Paracentrotus lividus et Arbacia lixula, tant que le diamètre du test est inférieur à 1 cm.
Malgré la présence de substances toxiques, la girelle-paon peut également grignoter des éponges comme Axinella polypoides, Chondrilla nucula, Ircinia sp., Sarcotragus sp. et Tetilla sp.. En revanche, elle ne consomme pas certaines éponges du genre Psammocinia.
Enfin, elle ne dédaigne pas à l'occasion les œufs d'autres poissons comme les castagnoles Chromis chromis, attaquant en groupe le nid de femelles isolées. Ce phénomène est aggravé semble-t-il au niveau des sentiers de randonnée aquatique, notamment lorsque les nageurs distribuent de la nourriture.

Reproduction - Multiplication

La girelle-paon est un poisson hermaphrodite*, avec deux types de mâles : des mâles initiaux non territoriaux et des mâles terminaux territoriaux.
Les individus naissent mâles ou femelles, les mâles de naissance donnant toujours des mâles initiaux, qui parfois évoluent en mâles terminaux. Les femelles peuvent rester femelles toute leur vie, ou devenir mâles terminaux : il y a protogynie* non stricte.
La reproduction a lieu de juin à octobre : les mâles terminaux choisissent un territoire sur une crête rocheuse vers 5 m de profondeur, et tentent d'y attirer des femelles. La compétition entre mâles pour les territoires est féroce car les femelles choisissent plutôt un territoire qu'un mâle particulier.
Quand elles ont choisi un territoire, les femelles y émettent leurs ovules en pleine eau, que vient féconder le mâle terminal.
Ressemblant aux femelles, les mâles initiaux vont de territoire en territoire et tentent de féconder discrètement quelques ovules, sans se faire remarquer des mâles terminaux.

Vie associée

Les juvéniles peuvent déparasiter d'autres poissons, faisant de la girelle-paon un labre nettoyeur temporaire. Quelques parasites internes ont été décrits chez Thalassoma pavo : des vers ronds anisakidés du genre Hysterothylacium, des vers plats cestodes comme Scolex pleuronectis, ainsi que des Acanthocéphales.

Divers biologie

Le genre Thalassoma comprend une trentaine d'espèces réparties dans toute la ceinture circumtropicale, descendant probablement d'un ancêtre commun qui vivait autour de la Pangée avant que ce super-continent se fractionne pour donner les continents actuels.

La nage de la girelle-paon est particulière, elle avance par à-coups, n'utilisant que ses nageoires pectorales pour se mouvoir (très peu de mouvements de la nageoire caudale). Son allure est tout de même assez vive, mais saccadée. On peut parfois l'observer en train de se reposer sur le fond.

La nuit, comme la girelle commune, elle s'enfouit dans le sol si la présence d'un fond de sable ou de gravillons le lui permet. Elle utilise la même technique quand les eaux sont froides ou pour échapper à un ennemi.

Nageoire dorsale avec 8 épines et 13 à 13 rayons mous, anale avec 3 épines et 10 à 12 rayons mous.

Informations complémentaires

C'est une espèce assez farouche qui peut s'éloigner à l'arrivée de plongeurs, mais se rapproche dès que des particules ou des sédiments sont soulevés.

Statuts de conservation et réglementations diverses

Cette espèce est classée dans la liste rouge 2010 UICN sous le statut LC (Least Concern), soit "préoccupation mineure".

Origine des noms

Origine du nom français

Probablement emprunté au provençal [girello], dérivé de gir « tournoiement », du latin [gyrus] = cercle, en référence à la nage et/ou à la robe annelée de ce poisson.

Origine du nom scientifique

Thalassoma du grec [thalassa] = mer, marin

pavo du latin = paon, en référence aux couleurs chatoyantes de ce poisson.

Classification

Numéro d'entrée WoRMS : 126970

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Super classe Osteichthyes Ostéichthyens Vertébrés à squelette osseux.
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées.
Sous-classe Neopterygii Teleostei Néoptérygiens Téléostéens Poissons à arêtes osseuses, présence d’un opercule, écailles minces et imbriquées.
Super ordre Acanthopterygii Acanthoptérygiens Rayons épineux aux nageoires, écailles cycloïdes ou cténoïdes, présence d'une vessie gazeuse et pelviennes thoraciques ou jugulaires, sans être systématiquement présents, sont des caractères que l'on ne rencontre que chez les Acanthoptérygiens.
Ordre Perciformes Perciformes Nageoires pelviennes très rapprochées des nageoires pectorales.
Sous-ordre Labroidei Labroïdes Une seule dorsale, dents molariformes formant un puissant appareil masticatoire.
Famille Labridae Labridés Lèvres épaisses.
Genre Thalassoma
Espèce pavo

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