Nérite émeraude

Smaragdia viridis | (Linnaeus, 1758)

N° 1811

Méditerranée, côtes européennes atlantiques, océan Atlantique occidental, Caraïbes, ...

Clé d'identification

Coquille hémisphérique atteignant 5 à 8 mm
Dernier tour de spire très développé
Coloration vert émeraude avec ou sans motifs blancs et/ou noirs
Manteau vert émeraude avec deux longs tentacules
Bord columellaire denté
Opercule calcaire

Noms

Noms communs internationaux

Emerald nerite (GB), Chiocciola della Posidonia (I), Nerita esmeralda (E), Smaragdschnecke (D)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Nerita viridis Linnaeus, 1758
Nerita matonia Risso, 1826
Nerita pallidula Risso, 1826
Neritina feuilleti Audouin, 1826
Smaragdia feuilletii (Audouin, 1826)
Smaragdia viridemaris Mauri, 1917
Smaragdia viridis viridemaris Maury, 1917
Smaragdia viridis weyssei Russell, 1940

Distribution géographique

Méditerranée, côtes européennes atlantiques, océan Atlantique occidental, Caraïbes, ...

Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Méditerranée française], ● Caraïbes

La nérite émeraude a une vaste distribution dans toute la Méditerranée, en mer Rouge, sur les côtes d'Afrique de l'Ouest, y compris le Cap Vert. On la retrouve également de l'autre côté de l'Atlantique dans toutes les Caraïbes et le golfe du Mexique, de la Floride (USA) au Brésil.

Biotope

La nérite émeraude se rencontre à faible profondeur, de la surface à 20 m. Elle vit dans les herbiers, sur les feuilles des phanérogames* qui lui servent de nourriture.

Description

Smaragdia viridis est un petit gastéropode atteignant à peine 5 à 8 mm de longueur.
La coquille, en forme de demi-sphère vue de profil et ovale vue de dessus, est fine, lisse et robuste. Elle est constituée de 2 ou 3 tours de spire, le dernier étant très développé. L'apex* est peu marqué, il l'est plus chez les jeunes individus. Sur la face inférieure, l'ouverture occupe environ la moitié de la surface. Le septum* est bien marqué et le bord columellaire* est denté dans sa partie centrale. Le labre* est très mince.
La coloration de la coquille est très variable, mais généralement elle est vert émeraude. Elle peut avoir en plus des taches ou des lignes blanches, en plus ou moins grande quantité et plus ou moins en zigzag. A cela peut également s'ajouter des tirets, des zigzags ou des lignes noirs, eux aussi plus ou moins nombreux.
Il existe une autre livrée, très différente, où la coquille est translucide avec des lignes longitudinales blanches, surmontées de hachures brun rouge.
Le manteau* est vert émeraude avec deux longs tentacules*. Un petit œil noir est présent à la base de chaque tentacule.
Un opercule* calcaire fin est présent et ferme l'ouverture quand l'animal se rétracte dans sa coquille.

Espèces ressemblantes

Du fait de sa forme et de sa couleur vert émeraude, il n'est pas possible de confondre cette espèce dans son aire de distribution. En revanche, il existe des espèces vertes très semblables, comme Smaragdia rangiana et S. paulucciana, dans l'Indo-Pacifique.

Sur les côtes françaises atlantiques, et plus largement de la Norvège à l'Espagne, on trouve la littorine obtuse (Littonina obtusa) qui est plutôt jaune, avec une coquille plus épaisse et bombée. Elle se rencontre principalement sur les algues brunes, hors de l'eau à marée basse, sur l'estran*.

Les Naticidés, comme par exemple les genres Euspira, Naticarius, Neverita, Notocholis ...., ont des coquilles plus rondes que celle de la nérite émeraude et sont beaucoup plus grandes (plusieurs centimètres). Leur pied dépasse largement du manteau quand elles se déplacent. De plus, ce sont des espèces nocturnes, que l'on rencontre sur fond meuble.

Alimentation

Contrairement à la plupart des nérites, Smaragdia viridis se nourrit directement des cellules des feuilles de phanérogames* et non pas des épiphytes* (diatomées etc ....) qui pourraient les coloniser. Elle utilise sa radula*, sorte de langue râpeuse, pour brouter les feuilles.

Reproduction - Multiplication

C'est une espèce gonochorique*. Les femelles pondent 1 à 12 capsules ovigères* lenticulaires au dessus convexe contenant plusieurs œufs. Un seul arrivera à maturité, les autres lui servant de réserve de nourriture. Ces capsules sont lisses et brillantes laissant voir les œufs verts par transparence. Elles sont ainsi bien camouflées sur les feuilles des herbiers.
Les larves* vivent dans le plancton* pendant 25 à 55 jours pendant lesquels elles se nourrissent de phytoplancton*. Elles passent par le stade trochophore* puis véligère* avant de se métamorphoser* en petit individu semblable à l'adulte et commencer leur vie benthique*.

Vie associée

La nérite émeraude est étroitement associée avec les plantes dont elle se nourrit. En Méditerranée, ce sera avec Zostera marina, Cymodocea nodosa et dans une moindre mesure avec Posidonia oceanica, alors que dans les Caraïbes on la trouvera sur Thalassia testudinum, Halodule wrightii et Syringodium filiforme.
En Méditerranée, P. oceanica est moins consommée car ses feuilles sont plus épaisses et plus ligneuses.

Informations complémentaires

La famille des Neritidés, et notamment le genre Nerita, est largement représentée dans les zones tropicales. En Europe Smaragdia viridis est le seul représentant marin de cette famille.

Origine des noms

Origine du nom français

Nerite est la francisation de l'ancien genre de cette espèce : Nerita. Dans l'Odyssée d'Homère, Nérite est l'un des trois fondateurs de l'île d'Ithaque, île grecque qui avait pour roi Ulysse. Nerita est le nom donné par Aristote à un mollusque nageur (nom dérivé de celui déjà utilisé par Aristote pour les gastéropodes ayant une coquille "spirale, bosselée, nivelée dans la partie inférieure" et vivant en milieu infralittoral Repatto & al 2011). Nom de genre créé par Linné en 1758.
Emeraude fait référence à sa couleur.

Origine du nom scientifique

Smaragdia : du latin [smaragdus] = émeraude. Nom de genre créé en 1869 par A. Issel (1842-1922) malacologue italien.

viridis : du latin [viridis] = vert.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Gastropoda Gastéropodes Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules.
Sous-classe Neritimorpha Néritimorphes
Ordre Cycloneritida Cyclonéritides
Famille Neritidae Néritidés

Coquille globuleuse, lisse ou à sculpture spiralée, peu de tours, dernier tout grand, Ouverture semi-circulaire, columelle large, aplatie, plus ou moins dentée, lisse, à verrues ou ridée. Labre épais plus ou moins dentelé dedans. Opercule calcaire avec un appendice vers l'intérieur. D'après Lindner 2011:64.

Sous-famille Neritinae Néritinés
Genre Smaragdia
Espèce viridis

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