Scopaline ocre

Scopalina lophyropoda | Schmidt, 1862

N° 4033

Méditerranée Nord et Ouest, Atlantique proche (?)

Clé d'identification

Éponge encroûtante hispide ocre orangé recouvrant de grandes surfaces
2 aspects bien distincts
Forme détendue :
Charnue et molle
Petits pores, canaux aquifères et oscules visibles
Conules nombreux mais de taille moyenne
Forme contractée :
Aspect écrasé fortement poilu
Oscules, canaux et pores invisibles
Surface lisse et opaque entre de grands conules pointus
Filaments marron prolongeant les conules

Noms

Autres noms communs français
Scopaline

Distribution géographique

Méditerranée Nord et Ouest, Atlantique proche (?)

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Scopalina lophyropoda est présente dans tout le bassin occidental de la Méditerranée jusqu'en mer Adriatique, mer Égée et en Atlantique proche (risque de confusion avec des espèces proches) : côte sud du Portugal, archipels de Macaronésie (Açores, Madère, îles Canaries et îles du Cap Vert).

Biotope

Scopalina lophyropoda est une éponge des zones semi-obscures. Elle est observée recouvrant de larges surfaces sur les pierres des fonds détritiques* côtiers, sur la roche au pied des tombants et sur divers organismes comme les algues calcaires, les Cystoseira, les Cladocora, les bryozoaires érigés, ou d'autres éponges comme Cliona viridis par exemple. Observée dès 4 m, elle est principalement présente à partir de la zone des 15/20 m de profondeur et au-delà, au moins jusqu'à 50 m. Elle n'est pas particulièrement installée à l'abri de la lumière et semble apprécier la proximité des fonds meubles.

Description

Scopalina lophyropoda est une éponge encroûtante fine (5 mm d'épaisseur), de consistance molle, de couleur ocre (rouge orangé à brun rougeâtre) couvrant de grandes surfaces (jusqu'à 50 cm de long). Elle se présente sous deux formes bien distinctes, l'une détendue à la surface irrégulière sans piques bien visibles, l'autre contractée et très poilue. La scopaline ocre se déchire facilement.
L'apparence extérieure de cette scopaline change effectivement au cours des saisons. Au printemps et en été, avant la libération des larves*, elle est plus charnue, douce et de couleur orange brun (forme détendue), alors qu'en automne et en hiver elle devient plus écrasée, rabougrie et fortement hispide* avec de gros filaments marron (forme contractée).

La forme détendue, ou présumée en bonne santé, montre une surface recouverte de nombreux conules* irréguliers en taille et répartition, d'un réseau de canaux translucides convergeant vers des oscules assez nombreux et légèrement surélevés, de nombreux pores ronds visibles sous la surface et à l'apparence de petits trous sombres (0,3 à 0,5 mm de diamètre). Sous cet aspect les longues colonnes du squelette (voir "Divers biologie") sont très discrètes, les spicules* qui les constituent percent peu ou pas la surface et ne sont visibles que sous fort grossissement sur photo in situ. Ils forment néanmoins les conules qui sont eux bien visibles. L'épaisseur de la croûte spongieuse de la forme détendue est de l'ordre de 5 mm.

La forme contractée, présumée de repos ou de dégénérescence, offre un aspect bien différent pour l'observateur sous-marin qui aura du mal à reconnaître la même espèce. Elle montre ici de nombreux conules hauts de 2/3 mm, fins et pointus espacés les uns des autres de 1,5 à 2 mm et autour desquels les tissus revêtant la surface prennent un aspect lisse, effondré, opaque, sans pores, ni canaux, ni oscules visibles. De plus l'extrémité des hauts conules est souvent percée par les colonnes du squelette qui sont constituées de spongine* et de spicules qui dépassent de plusieurs mm et peuvent prendre une couleur marron foncé.

Voir "Divers biologie" pour la description microscopique du squelette.

Espèces ressemblantes

Plusieurs espèces, une petite quinzaine, du genre Scopalina et présentant des formes similaires sont rencontrées dans les trois océans, comme par exemple Scopalina ruetzleri (Wiedenmayer, 1977) en Atlantique tropical Ouest.

Plusieurs nouvelles espèces ressemblantes de Scopalina ont été récemment (1993 & 2008) décrites dans les eaux européennes, en particulier :
- Spopalina azurea des îles Baléares,
- Scopalina blanensis de Blanes sur la Costa Brava sur la côte catalane espagnole, couleur saumon à orange pâle, jusqu'à 1 cm d'épaisseur,
- Scopalina ceutensis de Ceuta, une enclave espagnole en terre africaine sur le détroit de Gibraltar, couleur jaune foncé lumineux, jusqu'à 2 cm d'épaisseur,
- Scopalina canariensis
des îles Canaries en Atlantique Est, couleur orange vif, jusqu'à 1 cm d'épaisseur.

Alimentation

Les éponges sont des animaux filtreurs* qui se nourrissent de microparticules du plancton*.

Reproduction - Multiplication

La reproduction peut être sexuée ou asexuée.

  • Sexuée : par œufs et spermatozoïdes*, aboutissant à la naissance d'une larve* ciliée nageuse qui se fixe rapidement pour donner une nouvelle éponge. Les éponges sont hermaphrodites*, les gamètes* mâles et femelles d'une même éponge ne sont pas expulsés au même moment.
  • Asexuée : par bourgeonnement* ou bouturage de fragments qui se détachent de l'éponge mère pour se fixer un peu plus loin. Les éponges ont une forte capacité de régénération.

Chez Scopalina lophyropoda les larves oblongues, de belle taille (env. 1,3 x 0,4 mm) et de la même couleur ocre orangé que l'éponge mère, sont expulsées par les oscules de juillet à août. Elles adoptent une position verticale dans la colonne d'eau avant de se fixer.

Vie associée

Scopalina lophyropoda est souvent associée avec de petits vers tubicoles qui perforent sa surface.

Divers biologie

Description microscopique :
La base de l'éponge au contact du substrat, dépourvue de spicules*, est riche en spongine*. Les spicules, des styles* de grande taille (0,6 à 1,3 mm de long), sont placés en éventail sur des colonnes simples ou ramifiées de fibres de spongine qui charpentent, tous les 0,5 à 2 mm et sur 5 mm de hauteur, le corps de l'éponge. A l'extrémité des colonnes, les spicules forment toujours un bouquet plus ou moins ouvert. Cette extrémité peut, sur la forme contractée, percer largement la surface de l'éponge au bout des conules et prendre une teinte marron foncé (coloration des fibres de spongine par l'algue symbiotique Rhodochorton membranaceum), alors que chez les éponges en bonne santé les parties charnues recouvrent le haut des colonnes dont seuls les spicules peuvent légèrement percer la surface. La masse de l'éponge, la "chair", est dépourvue de spicules.

Origine des noms

Origine du nom français

Scopaline ocre est une francisation du nom scientifique.

Origine du nom scientifique

Scopalina : du latin [scopa] = brindille, en référence aux touffes de fibres et de spicules* microscopiques typiquement organisées en colonnes espacées les unes des autres.

lophyropoda : du grec [lophia] = crête, crinière et [poda] = pied, peut-être en référence au fait que les touffes de fibres démarrent de la plaque basale (le pied) de l'éponge.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Porifera Spongiaires / Eponges Organismes exclusivement aquatiques, filtreurs, fixés au substrat, de formes variables, et percés d'orifices inhalants (ostioles ou pores) et exhalants (oscules).
Classe Demospongiae Démosponges

Eponges dont la charpente est constituée de spicules siliceux (différenciés en méga- et microsclères) et de collagène dispersé ou structuré en fibres de spongine. Ovipares ou vivipares, larve typique = parenchymella.

Ordre Scopalinida Scopalinides
Famille Scopalinidae Scopalinidés
Genre Scopalina
Espèce lophyropoda

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