Poisson-écureuil moucheté

Sargocentron punctatissimum | (Cuvier, 1829)

N° 4629

Mer Rouge et zones tropicales et subtropicales de l’océan Indien et du Pacifique Ouest et centre

Clé d'identification

Taille maximale documentée 23 cm
Moitié supérieure du corps rouge à rose argenté, avec ou sans lignes horizontales d’un rouge plus franc
Moitié inférieure du corps généralement argentée, avec ou sans lignes horizontales rouges
Multitude de petites taches brunes disséminées sur l’ensemble du corps chez la plupart des individus
Nageoire caudale fourchue, translucide avec les bords extérieurs des lobes rouges

Noms

Autres noms communs français

Ecureuil rayé (Polynésie française), lion aux ailes rouges (Maurice), écureuil à taches de rousseur

Holocentre pointillé (Cuvier dans sa description originale)

Noms communs internationaux

Peppered squirrel, peppered squirrelfish, speckled squirrelfish, whitespotted squirrelfish (GB), Gespikkelde soldaat (Afrique du Sud)

Synonymes du nom scientifique actuel

Holocentrum punctatissimum Cuvier, 1829
Holocentrum lacteoguttatum Cuvier, 1829
Holocentrus lacteoguttatus Cuvier, 1829
Holocentrus lacteoguttatum
(Cuvier, 1829)
Adioryx lacteoguttatus (Cuvier, 1829)
Sargocentron lacteoguttatum (Cuvier, 1829)
Sargocentron lacteoguttatus (Cuvier, 1829)
Holocentrum diploxiphus Günther, 1872
Holocenthrus gladispinis Fowler, 1904
Holocenthrus gracilispinis Fowler, 1904
Faremusca lacteoguttata termastigma Fowler, 1946

Distribution géographique

Mer Rouge et zones tropicales et subtropicales de l’océan Indien et du Pacifique Ouest et centre

Zones DORIS : ● Indo-Pacifique, ○ [Mer Rouge]

On peut trouver cette espèce en mer Rouge ainsi que dans les zones tropicales et subtropicales de l’océan Indien et de l’océan Pacifique Ouest et centre. Dans le Pacifique, sa distribution s’étend, du nord au sud, du sud du Japon à l’ouest de l’Australie, la Nouvelle-Calédonie et l’archipel des Australes. Vers l’est, elle va jusqu’à Hawaï et l’île de Pâques.

Biotope

Cette espèce apprécie les zones coralliennes ou rocheuses à hydrodynamisme soutenu. On la rencontre généralement de 0 à 30 m, mais elle a été observée jusqu’à 183 m. Sa profondeur de prédilection semble se situer entre 0 et 3 m, ce qui en fait l’espèce d’Holocentridés dont le biotope habituel est le moins profond. On peut la voir la nuit jusque dans les mares laissées par la marée.

Description

Description sommaire : poisson-écureuil de couleur rouge à rose argenté en moitié supérieure du corps et argenté en moitié inférieure. De très nombreuses petites taches brunes sont disséminées sur le corps de la plupart des individus. Une bande rouge est visible derrière les opercules* jusqu’à la base des pectorales. La partie épineuse de la dorsale est translucide avec une série de taches blanches et un large liseré rouge vif. La nageoire caudale est fourchue, translucide avec les bords extérieurs des lobes rouges.

Description détaillée :
Le corps est fuselé et comprimé latéralement. Sa hauteur (distance entre la base du troisième rayon dur de la dorsale et celle du premier rayon des pelviennes) entre de 2,7 à 3,1 fois dans sa longueur standard (longueur sans la queue). Le pédoncule* caudal, très fin, prolonge un brusque rétrécissement du corps dans la partie postérieure des nageoires dorsale et anale. La taille maximale documentée est de 23 cm.

La couleur de fond de la moitié supérieure du corps est rouge à rose argenté. Elle est parfois marquée par des lignes horizontales d’un rouge plus franc, entre lesquelles apparaissent en conséquence des bandes horizontales rose clair ; la moitié inférieure est généralement argentée. Chez certains individus, des lignes horizontales rouges apparaissent dans cette partie du corps. Chez d’autres, les flancs sont marqués par une alternance de larges lignes blanches et de fines lignes rouges. Chez la majorité des individus, une multitude de petites taches brunes est disséminée sur l’ensemble du corps.

La tête est pointue avec un profil dorsal convexe et un profil ventral oblique et presque rectiligne. Elle est rouge dans sa moitié supérieure et blanc argenté dans sa moitié inférieure. Une ligne oblique rouge part du bord inférieur de l’œil et se prolonge jusqu’au bord du préopercule* sans le toucher. Une deuxième ligne rouge, verticale, marque le bord postérieur du préopercule, et une troisième, plus large va de la partie supérieure de l’ouverture branchiale à la base des pectorales. L’angle du préopercule est armé d’une courte épine venimeuse. La bouche est terminale, oblique et de petite taille. La mâchoire supérieure est protractile*. Les yeux sont très grands, leur diamètre entre environ 2,5 fois dans la longueur de la tête ; ils sont rouges autour de l’iris*, qui est blanc à légèrement doré. Un large sillon rectangulaire se trouve dans l’axe du museau entre la lèvre supérieure et les yeux ; deux autres sillons commencent dans la zone supra-orbitale et rayonnent sur la nuque.

La partie épineuse de la nageoire dorsale est échancrée entre chaque rayon. Le troisième rayon dur est le plus grand, la taille des suivants décline rapidement jusqu’au dernier rayon, qui est très petit. La moitié inférieure des membranes est translucide avec une marque rouge à la base ; la moitié supérieure commence par une série de taches blanches et s’achève par un large liseré rouge vif. L’extrême pointe des membranes, au bout des rayons, peut être blanche. Les rayons mous de la dorsale sont séparés des rayons durs par un court espace. Ils sont nettement plus hauts que les derniers rayons durs, et érigés même quand la dorsale épineuse est plaquée sur le dos. Les rayons mous sont rosâtres, leurs membranes sont translucides. Les rayons mous de la nageoire dorsale et la nageoire anale sont symétriques. Les deux premiers rayons durs de l’anale sont blancs, les deux suivants sont rouges, les rayons mous sont translucides. La nageoire caudale est fourchue, translucide avec les bords extérieurs des lobes rouges. La base des pectorales est rouge, ses rayons et ses membranes peuvent être translucides à rosâtres. Les deux premiers rayons des pelviennes sont blancs, les membranes sont translucides.

La livrée de nuit est caractérisée par l’apparition de plusieurs marques blanches : une ligne médiane horizontale allant des opercules au pédoncule caudal, une selle discrète devant la partie épineuse de la dorsale et à la base de la partie postérieure de ses rayons mous, et une bande plus large légèrement oblique sous la deuxième moitié des rayons durs, qui rejoint la ligne blanche médiane.

Espèces ressemblantes

La multitude de très petites taches brunes disséminées sur le corps de S. punctatissimum empêche de le confondre avec d’autres espèces de son genre. Cependant, certains individus ne présentent pas cette caractéristique et ont de surcroît des lignes horizontales blanches sur les flancs, comme de nombreuses espèces de Sargocentron. En ce cas, la distinction peut se faire grâce aux couleurs de la dorsale épineuse et à la largeur des lignes blanches : elles sont nettement plus larges, et donc plus proches les unes des autres chez S. punctatissimum que chez les autres espèces. De plus, ces espèces ont généralement une ligne blanche sous et derrière les yeux alors que les marques faciales du poisson-écureuil moucheté sont rouges.

Alimentation

L’espèce se nourrit de petits crustacés et de vers polychètes.

Reproduction - Multiplication

La biologie de la reproduction n’a pas été étudiée chez S. punctatissimum à la date de parution de cette fiche [février 2021], à notre connaissance. Toutefois, l’espèce est supposée pondre en pleine eau. Les larves* sont pélagiques*. Les derniers stades pélagiques d’une larve de poisson-écureuil non identifié jusqu’à l’espèce sont bleu et argent, on suppose donc que la couleur rouge n’advient qu’au moment de l’installation* dans un récif.

Toutes les espèces de la famille des Holocentridés présentent un stade post-larvaire pélagique très particulier, dit « rhynchichthys ». Il est caractérisé par la présence d’épines sur le front, les préopercules*, les opercules*, et surtout par un rostre* pointu formé par une projection des os du museau très au-delà de la bouche. La seule autre famille de poissons téléostéens (poissons osseux) présentant cette dernière particularité chez les larves est celle des Malacanthidés.

Divers biologie

L’espèce est farouche et ne s’accoutume pas facilement à la présence d’un observateur, même immobile. Elle se cache dans des crevasses ou sous des reliefs en journée, et sort chasser la nuit. Elle est généralement solitaire mais elle peut être observée en groupes.

Les poissons de la famille des Holocentridés communiquent entre eux au moyen de vocalisations produites par des muscles capables de contractions rapides, qui provoquent des vibrations de la vessie natatoire. Ces vocalisations se composent de grognements, de gazouillis et de sons délivrés en rafale (ce dernier type de cri, dit « staccato », se retrouve chez les écureuils et pourrait avoir motivé le nom commun de la sous-famille des Holocentrinae). La signification de ces vocalisations est mal comprise, mais il est probable qu'elles sont associées à la parade nuptiale, à l'agression intraspécifique et à la dissuasion des prédateurs.

Le foie des Holocentridés contient naturellement des niveaux exceptionnels de métallothionéine (protéines caractérisées par leur forte affinité pour les ions métalliques) et de zinc.

La nageoire dorsale comprend 11 rayons durs et de 12 à 13 à 14 rayons mous, l’anale 4 rayons durs et de 8 à 9 rayons mous. La nageoire pectorale a 14 à 16 rayons. La ligne latérale comprend de 41 à 47 écailles perforées.

Informations complémentaires

La famille des Holocentridés comprend deux sous-familles : les Holocentrinae, ou poissons-écureuils, et les Myripristinae, ou poissons-soldats. La première sous-famille inclut les genres Holocentrus, Neoniphon et Sargocentron, la seconde les genres Corniger, Myripristis, Ostichthys, Plectrypops et Pristilepis. Une récente étude fondée sur des analyses moléculaires (ADN) propose de rétablir le genre Flammeo, considéré jusqu’alors comme synonyme de Neoniphon, pour l’espèce atlantique Neoniphon marianus (qui deviendrait donc Flammeo marianus), mais cette proposition n’est pour l'heure pas acceptée par le World Register of Marine Species (WoRMS).

Notez que dans la pratique commune française, les termes de poisson-écureuil et de poisson-soldat sont souvent employés indifféremment pour toutes les espèces de la famille des Holocentridés.

Réglementation

Le statut de l’espèce pour l'UICN* est LC (Least Concerned, traduit par « Préoccupation mineure »), ce qui signifie que les informations recueillies sur l’espèce (et leur exploitation) ne permettent pas de la classer dans les autres catégories, notamment dans les trois qui alertent sur une menace (CR : en danger critique d’extinction, EN : en danger, VU : vulnérable). Fonction de quoi elle n’est pas actuellement concernée par des mesures de protection.

Origine des noms

Origine du nom français

Poisson-écureuil : traduction du nom commun « squirrellfish » (« squirrel » = écureuil), nom employé par les anglophones pour désigner la sous-famille des Holocentrinés.
Ce mot, employé dès la fin du XVIIIe siècle, est d’origine inconnue. L’hypothèse la plus vraisemblable parmi celles qui sont proposées est que cette comparaison viendrait des sons émis par ces poissons, notamment quand ils sont manipulés vivants, dont certains ressembleraient aux cris des écureuils.

moucheté : en référence à la multitude de très petites taches brunes disséminées sur le corps de l’animal.

Origine du nom scientifique

Sargocentron : le genre est décrit par Fowler en 1904 comme un sous-genre du genre Holocentrus dans New, little known and typical berycoid fishes (Proceedings of the Academy of Natural Sciences of Philadelphia v. 56, p. 235). Le descripteur précise qu’il a composé ce nom à partir des mots grecs [sargos], qui désignait un poisson du genre Diplodus (famille des Sparidés, communément appelés « sars »), et [kentron], qui signifie épine.
Le type* du genre est Sargocentron spiniferum (sous le nom d’Holocentrum leo, actuel synonyme), dont l’épine préoperculaire est de grande taille. Le nom de genre signifie donc « sar à épines »
Le genre comprend actuellement 34 espèces acceptées.

punctatissimum
: ce mot latin est le superlatif de l’adjectif [punctatus], dérivé du nom [punctus] qui signifie « piqûre ». Le mot signifie donc « piqueté », et par extension « tacheté ».
Cuvier le décrit sous le nom d’Holocentrum punctatissimum dans Histoire naturelle des poissons (Tome troisième, Suite du Livre troisième, p. 215). Il précise que le corps du spécimen est « semé ou comme sablé sur tout le corps de petits points pourpres, semblables à des piqûres de mouches », et il lui donne le nom commun d’Holocentre pointillé. L’épithète spécifique signifie donc « couvert d’innombrables petites taches ».
La localité du type est Kosrae, la plus orientale des îles Carolines, située dans la partie est de l’archipel administrée par la Micronésie.

Classification

Numéro d'entrée WoRMS : 217941

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées.
Ordre Beryciformes Béryciformes
Famille Holocentridae Holocentridés
Sous-famille Holocentrinae
Genre Sargocentron
Espèce punctatissimum

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