Thalle arborescent dressé de couleur marron, porté par un axe unique court de 1 à 4 cm de longueur
Rameaux primaires, cylindriques et simples, de 20 à 70 cm de longueur et 2 mm de diamètre
Nombreuses pseudofeuilles réparties en spirale et portant une nervure centrale bien visible
Aérocystes de 3-5 mm de diamètre, non mucronés
Fructifications ne dépassant pas 1 cm composées d'un pédicelle stérile ramifié portant des réceptacles fusiformes
Fixation sur le substrat par un crampon discoïde
Common sargassum (GB), Sargasso comune (I), Beerentang (D)
Fucus salicifolius S.G.Gmelin 1768
Sargassum megalophyllum Montagne 1838
Sargassum coarctatum Kützing 1843
Sargassum vulgare var. megalophyllum (Montagne) Vickers 1897
Méditerranée, Caraïbes, eaux tempérées à chaudes de l'Atlantique Est et Ouest
Zones DORIS : ● Caraïbes, ● Europe (côtes françaises), ○ [Méditerranée française]Cette algue est réputée avoir une ample distribution dans les mers tropicales et subtropicales. Elle est présente en Méditerranée, bien qu'assez rare dans la zone la plus au nord (Hérault et Aude). Sa présence est mentionnée sur les côtes de l’Atlantique Sud-Est (des Açores à l'Angola), Sud-Ouest (des Bermudes au Brésil) incluant la zone Caraïbe. Sa présence sur les côtes atlantiques françaises n'est pas certaine. En fait, l’espèce a été décrite des Antilles et il est peu probable qu’elle ait une aussi large distribution. L’espèce requière une révision taxonomique. La fiche correspond aux populations méditerranéennes.
Cette espèce pérenne se fixe sur les rochers et les algues Corallinales encroûtantes depuis les cuvettes littorales ombragées jusqu'à une trentaine de mètres de profondeur.
Cette sargasse présente un thalle* arborescent dressé de couleur marron, porté par un axe unique court de 1 à 4 cm de longueur. Le thalle est fixé au substrat* par un crampon discoïde. Les rameaux primaires, cylindriques et simples, mesurent de 20 à 70 cm de longueur et 2 mm de diamètre. Ils portent à maturité des rameaux secondaires distiques* et alternes, de 5 à 10 cm de longueur. Les rameaux primaires et secondaires portent de nombreux rameaux latéraux foliacés (pseudofeuilles) répartis en spirale. Les pseudofeuilles, de 1 à 4 cm de longueur et 2 à 5 mm de largeur diminuant de taille vers la partie apicale, ont une nervure centrale bien visible et des marges ondulées. Les pseudofeuilles des rameaux secondaires sont plus courtes et plus fines.
A maturité, les rameaux secondaires portent à l'aisselle des pseudofeuilles des vésicules sphériques (aérocystes*) de 3-5 mm de diamètre, non mucronées*, sur un pédicelle* arrondi ou comprimé, parfois ailé et denté.
Les fructifications ne dépassent pas 1 cm de longueur. Elles se développent à l'aisselle des pseudofeuilles et sont composées d'un pédicelle stérile ramifié portant plusieurs réceptacles* fusiformes, simples ou bifurqués.
En comptant l'espèce exotique Sargassum muticum, il y a neuf espèces de sargasses recensées en Méditerranée. Leur identification nécessite l'examen des pseudofeuilles et des organes reproducteurs. S. vulgare possède des réceptacles* de petite taille dont la base stérile (pédicelle) est ramifiée.
Sargassum acinarium peut atteindre 110 cm de hauteur. Ses réceptacles jusqu’à 5 cm de long, sont de forme cylindrique sur une base stérile et ramifiée. Espèce rare et en régression (signalée en Côte d'Azur, Var et Corse), elle se rencontre à partir de 20 m de profondeur dans des zones soumises à des courants intenses (hauts-fonds, îlots de pleine mer).
Sargassum desfontainesii est une espèce à pseudofeuilles non foliacées, fines, cylindriques et dichotomes de l'Atlantique Nord tropical et subtropical. En Méditerranée, elle est présente au Maroc mais absente de la façade française. Elle vit dans l'infralittoral supérieur jusqu'à 3 m de profondeur dans des zones éclairées.
Sargassum flavifolium a des réceptacles petits (< 1 cm) et ramifiés dans un plan avec un pédicelle court non ramifié. Elle est présente en Atlantique du golfe de Gascogne aux Canaries, probablement aux Antilles. Sa présence en Méditerranée est probablement très limitée (Maroc ?). Elle vit dans l'infralittoral* supérieur dans des zones ensoleillées et abritées.
Sargassum furcatum est une espèce à pseudofeuilles aplaties, ramifiées plusieurs fois dans un plan. Elle est présente en Atlantique Ouest de la Caraïbe au Brésil. En Atlantique Est, elle est répertoriée aux Canaries. Elle est rare en Méditerranée occidentale.
Sargassum hornschuchii est une espèce endémique* de Méditerranée très rare (Adriatique, Corse, Var). Elle vit entre 30 et 60 m de profondeur. Ses réceptacles sont aplatis et portés par une base stérile ramifiée. Ses pseudofeuilles lancéolées sont plus grandes et gaufrées, ses vésicules aérifères sont plus grosses et sphériques.
Sargassum ramentaceum a des pseudofeuilles très longues et étroites (jusqu’à 10 cm x 3 mm de large) couvertes d’épines courtes. Elle est endémique de Méditerranée orientale et absente du littoral français.
Sargassum trichocarpum est une espèce endémique de Méditerranée. Historiquement présente sur la Côte bleue et la région de Marseille, elle est en régression et n'a pas été observée récemment. Ses réceptacles sont plus grands (5 à 20 mm), cylindriques, ramifiés et fertiles jusqu'à leur base. Elle se rencontre de la surface jusqu'à 30 m de profondeur.
Sargassum muticum, la sargasse japonaise, a des pseudofeuilles elliptiques et sans nervure et des réceptacles simples et cylindriques. C’est une espèce exotique introduite ni rare, ni en régression. Elle peut atteindre 2 m de hauteur. Elle est présente depuis l'étage médiolittoral* jusqu'à 20 m de profondeur. En Méditerranée, elle se rencontre surtout dans les lagunes.
Cette algue est autotrophe* photosynthétique* : elle élabore ses composés organiques à partir de dioxyde de carbone, d'eau, de minéraux et de lumière, grâce à des pigments qui lui permettent de faire la photosynthèse*.
L'espèce est dioïque* (rarement monoïque*) et est fertile presque toute l'année. Un pic de reproduction est observé au printemps et en été.
Le cycle de vie est généralement considéré comme monophasique diplobiontique*. Cependant, il peut aussi être interprété comme étant diphasique et hétéromorphe*, avec un sporophyte* macroscopique diploïde* avec les gamétophytes* haploïdes* microscopiques différenciés dans les cryptes (conceptacles*) groupées sur les réceptacles*.
Comme beaucoup d'algues, elle est broutée par les oursins Paracentrotus lividus.
La structure est parenchymateuse*. La croissance a lieu à partir d'une cellule apicale* non visible à œil nu.
En section transversale, la médulla* est constituée de petites cellules hyalines* et très jointives. Le cortex* étendu est constitué de grandes cellules hyalines de forme arrondie, plus petites vers la périphérie, et un méristoderme* unistratifié de cellules pigmentées disposées en palissade.
Les sargasses et les cystoseires sont des algues brunes pérennes, "espèces ingénieures" qui façonnent l'écosystème auquel elles appartiennent. Elles forment de véritables forêts marines d'une grande richesse mais d'une faible résilience face aux menaces et destructions qui les affectent. Elles sont exposées à la dégradation de leur habitat, à l'impact des techniques de pêche destructrices ainsi qu'au surpâturage par les oursins. Les espèces autochtones* sont en régression ou rares.
La sargasse commune est comestible. Elle contient des alginates. Des extraits de cette algue sont utilisés en cosmétique et en pharmacologie.
Sargasse commune est la francisation du nom scientifique de cette algue.
Sargassum : de l’espagnol [sargass] = sorte de varech.
vulgare : du latin [vulgar-] = commun, banal.
Numéro d'entrée WoRMS : 494801
| Termes scientifiques | Termes en français | Descriptif | |
|---|---|---|---|
| Embranchement | Ochrophyta | Ochrophytes | ou Hétérokontes, ou Straménopiles: présence d'un stade unicellulaire à 2 flagelles, un lisse et un à poils tubulaires. |
| Classe | Phaeophyceae | Phéophycées | Algues brunes. |
| Sous-classe | Fucophycidae | ||
| Ordre | Fucales | Fucales | |
| Famille | Sargassaceae | Sargassacées | |
| Genre | Sargassum | ||
| Espèce | vulgare |
Algues brunes (Phéophycées)
Un rameau flottant
Plusieurs fragments de cette algue benthique trouvés flottant à la surface de l'eau. L'allure générale avec ses pseudofeuilles, la couleur brune et les aérocystes font tout de suite penser à une sargasse, mais laquelle ?
Isolella, golfe d'Ajaccio (2A), PMT, flottant en surface
20/08/2026
Algues brunes (Phéophycées)
Détail des flotteurs
A maturité, les rameaux secondaires portent à l'aisselle des pseudofeuilles des vésicules sphériques (aérocystes*) de 3-5 mm de diamètre, non mucronées*, sur un pédicelle* arrondi ou comprimé.
Isolella, golfe d'Ajaccio (2A), PMT, flottant en surface
20/08/2026
Echelle millimétrique
L'arrangement des rameaux secondaires est distique et alterne.
Isolella, golfe d'Ajaccio (2A), PMT, flottant en surface, échantillon ex-situ
20/08/2026
Réceptacles
Pour identifier une sargasse, il faut examiner ses organes sexuels si on a la chance de trouver un individu fertile. C'est cette photo qui a permis de confirmer que le rameau flottant était bien Sargassum vulgare.
Isolella, golfe d'Ajaccio (2A), PMT, flottant en surface, photo ex-situ
20/08/2026
Comparatif des fructifications de 5 sargasses sur les neuf présentes en Méditerranée
L'identification d'une sargasse nécessite l'examen des organes reproducteurs. Chez S. vulgare (IV), les fructifications ne dépassent pas 1 cm de longueur. Elles se développent à l'aisselle des pseudofeuilles et sont composées d'un pédicelle stérile ramifié portant plusieurs réceptacles fusiformes, simples ou bifurqués.
Planche extraite du livre : Hamel G., 1939, PHEOPHYCEES DE FRANCE , Imprimerie Wolf, Paris, 1931-1939, p.425.
Reproduction de documents anciens
1939
Une autre sargasse de Méditerranée
Cette photo ne représente pas S. vulgare. Le lieu de prise de vue et les pseudofeuilles longues et étroites font penser à S. acinarium, mais sans pouvoir l'affirmer.
Crète, Grèce, 12 m
27/04/2007
Rédacteur principal : Véronique LAMARE
Correcteur : Marc VERLAQUE
Responsable régional : Véronique LAMARE
Blanfuné A., Verlaque M., Boudouresque C.F., Rozis E., Thibaut T., 2022, Les forêts marines de France et de Méditerranée. Guide de détermination des espèces-ingénieurs. Sargassaceae, Fucales, Phaeophyceae, Aix-en-Provence, Presses Universitaires de Provence, p. 1-207.
La page sur Sargassum vulgare sur le site de référence de DORIS pour les algues: AlgaeBase
La page de Sargassum vulgare dans l'Inventaire National du Patrimoine Naturel : INPN
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