Puelline rayonnante

Puellina (Cribrilaria) radiata | (Moll, 1803)

N° 1699

Méditerranée et Atlantique Nord-Est limitrophe

Clé d'identification

Colonies encroûtantes, uni-lamellaires
Zoïdes de petite taille
Bouclier frontal formé par la fusion de plusieurs épines costales
Pores inter-costaux, petits
Épines orales (4 chez P. radiata)
Grand aviculaire placé entre les zoïdes à mandibule triangulaire et pointue

Noms

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Eschara radiata Moll, 1803
Colletosia radiata Moll, 1803
Lepradia radiata Busk, 1853
Cribrilina radiata Hincks, 1880
Colletosia radiata Harmer, 1926
Cribrilaria radiata Canu & Bassler, 1926 (& 1930)



Cribrilaria radiata (Moll, 1803) est noté comme valide sur Bryozoa.net. La distinction entre Cribrilaria et Puellina est très légère. Cribrilaria peut être considéré comme un sous-genre de Puellina : Puellina (Cribrilaria) radiata (Moll, 1803).
Trois sous-genres dans le genre Puellina sont reconnus (suivant certains auteurs) actuellement :
Puellina (Puellina)
Puellina (Glabrilaria)
Puellina (Cribrilaria)

Distribution géographique

Méditerranée et Atlantique Nord-Est limitrophe

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Tout d'abord décrite comme uniquement endémique* de la Méditerranée, Puellina (Cribrilaria) radiata est visible en mer Rouge, Méditerranée, Atlantique Est et dans le golfe du Mexique.

Biotope

Dans les zones peu ou pas éclairées, sous les pierres, associé à plusieurs petits coraux (Scléractiniaires) dont Hoplangia durotrix, Leptopsammia pruvoti, Astroides calycularis, etc., paroi des grottes obscures, coralligène*, herbiers de posidonies*, fond détritique* côtier (sur coquilles vides)... de quelques mètres à plus de 200 mètres de profondeur.

Description

Les espèces de la famille des Cribrilinidés (Cribrilinidae Hincks, 1879) forment des colonies érigées ou encroûtantes à l’apparence d'une mosaïque. Elles se caractérisent par un bouclier frontal constitué par l'union, au-dessus de la membrane frontale originelle, d'épines modifiées (ou costules*) séparées par des lacunes* (ou pores intercostaux). Ainsi, les zoïdes* sont bordés latéralement de côtes (ou épines) calcifiées pouvant se réunir au niveau médian et protégeant une large membrane frontale sous-jacente. Entre ces épines plus ou moins fusionnées, des espaces (ou pores) intercostaux donnent un aspect grillagé caractéristique à la face frontale des logettes calcaires.
L'orifice primaire enfoncé n'est pas calcifié, son ouverture sur la face frontale se fait par un orifice secondaire bien calcifié à l'apparence influencée par le développement de la dernière paire d'épines costales distales. Des épines orales peuvent être présentes. Les aviculaires* sont sporadiques, inconstants, souvent placés entre les zoïdes ou remplaçant un zoïde.
Les ovicelles* proéminentes se situent au dessus de l'ouverture.
La famille très vaste des Cribrilinidés ne comporte pas moins de 120 genres fossiles et actuels ! Dans les eaux européennes, la famille des Cribrilinidés est représentée par plusieurs genres dont le plus important en nombre d'espèces est celui des Puellina.



Le genre Puellina se caractérise par des colonies encroûtantes, unilamellaires. Les zoïdes, toujours de petite taille, possèdent une paroi frontale formée par la fusion de plusieurs épines costales (costules), toutes convergent vers un umbo* central ou une crête médiane. Chaque côte est percée de un ou plusieurs pseudopores en plus des pores inter-costaux, petits et en nombre variable, toujours présents.
L'orifice est bordé en proximal par une barre formée par la paire la plus distale des côtes. Des épines orales sont présentes. Les aviculaires sont placés entre les zoïdes, ils sont parfois absents.
Les ovicelles proéminentes se situent au dessus de l'ouverture.
Le groupe des Puellina et assimilés compte près de 50 espèces actuelles de par le monde. Elles sont d'apparence très similaire, toujours avec de petits zoïdes. C'est principalement l'étude détaillée des aviculaires, du nombre des épines orales, du type d'ovicelle et la taille et le nombre des lacunes sub-orales qui permet de distinguer chaque espèce.



Le genre Puellina est représenté par une trentaine d'espèces dans les eaux européennes, l’espèce illustrant cette fiche, Puellina (Cribrilaria) radiata est un exemple caractéristique de ce groupe très homogène.



Les caractéristiques spécifiques de Puellina (Cribrilaria) radiata sont celles-ci :
- colonie membraniporiforme* encroûtante jaune, verdâtre ou brune,
- zoïdes typiquement cribrimorphes*, elliptiques, bien individualisés, agencés en quinconce, costules en nombre variable (8 à 24), lacunes très petites. Taille approximative des zoïdes : 0,46 x 0,30 mm.
- ouverture (aperture*) transparente, semi-circulaire à lèvre proximale droite,
- 4 (3-6) épines orales, longues (chez les jeunes zoécies), dressées, parallèles, très rapprochées,
- aviculaire présent ici et là, non érigé, strictement entre les zoïdes, placé au niveau des sillons séparant les autozoïdes, à mandibule* triangulaire et pointue,
- ovicelle lisse, plutôt petite, globuleuse, marquée par une légère suture médiane (carène*).
- vibraculaires* réduits et présents de façon sporadique.

Espèces ressemblantes

Parmi les nombreuses espèces européennes de la familles des Cribrilinidés (Cribrilinidae), en voici quelques-unes, les mieux étudiées :
Collarina balzaci (Méditerranée et Atlantique Nord-Est européen)
Figularia figularis (Méditerranée et Atlantique Nord-Est européen)
Membraniporella nitida (Méditerranée et Atlantique Nord-Est européen)
Cribrilina punctata (Atlantique Nord)
Cribrilina cryptooecium (Atlantique Nord)
Cribrilaria innominata (Atlantique Nord-Est)
Puellina setosa (Méditerranée et Atlantique Nord-Est européen)
Puellina hincksi (Méditerranée et Atlantique Nord-Est limitrophe)
etc.

Alimentation

Comme chez tous les bryozoaires, la nutrition est assurée par la capture de particules alimentaires (phytoplancton*, en particulier) par les tentacules* du lophophore*, dont la sortie est assurée par une augmentation de la pression du liquide interne, phénomène obtenu grâce à la compression musculaire.
Une fois la gaine du lophophore* dévaginée, un mouvement pendulaire et circulaire des tentacules ciliés* composant le panache de ce lophophore va permettre le brassage de l’eau environnante et favoriser ainsi la capture des micro-organismes composant le régime alimentaire de la colonie. Ces animaux sont dits filtreurs* actifs.
Ce sont des filtreurs suspensivores* microphages*, les diatomées* (algues unicellulaires) et les bactéries sont la base de l'alimentation de ce type de bryozoaire.

Reproduction - Multiplication

La croissance de la colonie se fait par bourgeonnement* périphérique de nouveaux zoïdes*. La reproduction est sexuée et la colonie est hermaphrodite*. Les œufs fécondés produits par un zoïde femelle sont incubés dans les ovicelles* suborales lisses et de petite taille.
Après maturation, il va y avoir émission de larves* ciliées, qui vont être dispersées par les courants. Après une courte vie dans la colonne d’eau, la larve va se fixer sur un substrat* adéquat et se métamorphoser* en un zoïde primaire ou ancestrule*. Celui-ci bourgeonnera deux à trois zoïdes, qui bourgeonneront eux-mêmes.



Ovicelles présentes toute l'année, embryons et larves en janvier, juillet, novembre et décembre (en Méditerranée).

Origine des noms

Origine du nom français

Puelline rayonnante est une francisation du nom scientifique.

Origine du nom scientifique

Puellina : du latin [puella] = jeune fille. Pour la ressemblance des zoïdes avec un bébé langé ?



radiata : du latin [radiata] = qui a des rayons, rayonnant. Sans doute en rapport avec l'aspect des épines intercostales, mais non spécifique à cette espèce.



Cribrilinidae : du latin [cribrum] = crible, sas, tamis et du latin [linea] = cordon, ficelle, ligne, trait. En rapport avec l'aspect caractéristique du bouclier frontal criblé et constitué des costules radiantes.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Bryozoa / Ectoprocta Bryozoaires / Ectoproctes Petits animaux coloniaux filtreurs aquatiques fixés à un substrat. Tous les zoïdes sont en continuité physique et issus de bourgeonnement à partir d’un individu unique. Chaque zoïde porte un lophophore rétractile et est abrité dans une logette.
Classe Gymnolaemata Gymnolèmes Colonies polymorphes. Les zoïdes sont cylindriques ou aplatis, les lophophores circulaires. Les parois peuvent être calcifiées ou non. Presque tous marins.
Ordre Cheilostomatida Cheilostomes Bryozoaires calcifiés, zoïdes* en forme de boîte obturée par un opercule à charnière. Gymnolèmes les plus nombreux et les plus diversifiés des régions littorales, souples à rigides. Groupe au polymorphisme marqué où l’on trouve des individus différenciés (aviculaires, vibraculaires, ovicelles globuleux…).
Sous-ordre Neocheilostomatina/Ascophora Ascophores Paroi frontale calcifiée sous laquelle un sac flexible invaginé s'ouvre sur l’extérieur par un pore médian situé derrière le péristome et nommé ascopore.
Famille Cribrilinidae Cribrilinidés Colonies érigées ou encroûtantes, aspect de mosaïque. Zoïdes bordés de côtes calcifiées donnant un aspect grillagé caractéristique à la face frontale et protégeant une large membrane frontale sous-jacente.
Genre Puellina (Cribrilaria)
Espèce radiata

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