Baliste à marges jaunes

Pseudobalistes flavimarginatus | (Rüppell, 1829)

N° 1339

Mer Rouge, océan Indien, Pacifique tropical ouest

Clé d'identification

Poisson ovale de couleur pâle
Bouche et joues rose orangé, dépourvues d'écailles
Première nageoire dorsale en forme de gâchette
Nageoire anale et deuxième dorsale symétriques, situées en arrière du corps
Marge de la nageoire anale, caudale et deuxième dorsale orange
Pas de nageoires pelviennes, réduites à une pointe sur le ventre
Petite bouche avec de grosses dents souvent visibles

Noms

Autres noms communs français

Baliste ponctué, baliste géant

Noms communs internationaux

Yellowmargin triggerfish, yellowface triggerfish, giant triggerfish (GB), Gelbsaun-Drückerfisch (D), Pesce balestra nebulosa (I), Pez ballesta de margenes amarillo (E), Geelrand trekkervis (NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Balistes flavimarginatus, Rüppel, 1829
Pseudobalistes flavomarginatus, Rüppel, 1829

Distribution géographique

Mer Rouge, océan Indien, Pacifique tropical ouest

Zones DORIS : Indo-Pacifique

Pseudobalistes flavimarginatus est présent de la mer Rouge à l'Afrique du Sud à l'ouest à la Polynésie Française à l'est, et du sud du Japon au nord de la Grande Barrière de Corail (Australie). Il a été signalé en Nouvelle-Calédonie.

Biotope

Le baliste à marges jaunes se rencontre dans les lagons, les passes et les cuvettes sablonneuses des pentes externes de 2 à 50 m de profondeur.

Description

Ce baliste peut atteindre 60 cm. Le corps de forme ovale est comprimé latéralement. Sa coloration générale est pâle, gris-vert, avec la bouche et les joues roses à orange clair dépourvues d'écailles.
La marge des nageoires anale, caudale et de la deuxième dorsale est jaune-orangé. De courtes lignes parallèles sont présentes au niveau des yeux qui sont situés très haut sur la tête. La première nageoire dorsale est constituée d'une forte épine et de deux plus petites, qui peuvent se replier dans une gouttière dorsale pour disparaître complètement. La deuxième dorsale et l'anale sont de taille identique et placées de façon symétrique en arrière du corps. La nageoire pelvienne est réduite à une simple protubérance sur le ventre. La nageoire caudale est arrondie chez les jeunes, tronquée avec les lobes allongés chez les adultes. La bouche est très petite par rapport au corps, mais possède de grandes dents robustes. L'absence d'écaille sur son pourtour la fait vaguement ressembler à un bec d'oiseau. Le reste du corps est en revanche couvert de larges écailles bien visibles.
Les juvéniles ont le ventre jaune ponctué de bleu ou de noir et le dos blanc avec des bandes noires, alors que les subadultes sont blanc verdâtre avec des points noirs.

Espèces ressemblantes

Les balistes ont une forme caractéristique qui permet de les identifier rapidement.

Il existe un autre grand baliste, Balistoides viridescens, qui ressemble au baliste à marges jaunes mais a une couleur plus foncée, une moustache jaune, un pédoncule caudal blanchâtre et ne présente pas de marge orange aux nageoires.

Bien que de robe très différente, la silhouette de Pseudobalistes flavimarginatus peut se confondre avec celle de l'autre espèce du genre : Pseudobalistes fuscus. Elle s'en distingue notamment par la forme de la deuxième nageoire dorsale, dont la partie antérieure est basse et arrondie alors qu'elle est plus haute et pointue chez P. fuscus.

Alimentation

Pseudobalistes flavimarginatus se nourrit d'invertébrés durs (coraux branchus, oursins, coquillages, crustacés, tuniciers, vers...) et d'algues. Avec ses mâchoires puissantes, il est capable de broyer la coquille de jeunes bénitiers Tridacna maxima. Il est fréquent de le voir retourner des morceaux de coraux ou "souffler" dans le sable pour dénicher ses proies.

Reproduction - Multiplication

Pseudobalistes flavimarginatus est ovipare*. Les mâles creusent des nids en forme de cratères pouvant faire un mètre de diamètre, dans lesquels les femelles déposent leurs œufs. Les parents se relayent pour ventiler la ponte et défendre le nid contre toute intrusion, avec moins d'agressivité cependant que le baliste titan Balistoides viridescens.

Divers biologie

En dehors de la période de reproduction, les balistes à marges jaunes sont plutôt craintifs et solitaires. Les juvéniles peuvent vivre en petits groupes.

La première épine dorsale peut se verrouiller en position verticale, la base de la seconde venant alors bloquer la première. Il est dès lors impossible de la dégager et de la rabattre, sauf en appuyant sur la troisième épine, la plus petite, qui débloque le système. Semblable à la gâchette d'une arme à feu, ce système a donné son nom anglais aux balistes : triggerfish = poissons-gâchettes. La nuit, les balistes dorment dans des anfractuosités et s'y bloquent en relevant leur "gâchette" ce qui empêche de les en déloger. Les individus plus petits utilisent également cette stratégie durant la journée en cas de danger. Les balistes redressent également leur première épine dorsale pour impressionner un adversaire et lors de la parade nuptiale.

Les yeux des balistes peuvent s'orienter de façon indépendante l'un de l'autre.

Pour se déplacer, les balistes utilisent la deuxième nageoire dorsale et la nageoire anale, la caudale n'étant utilisée que pour de brèves accélérations. Lorsqu'ils nagent rapidement, pour s'enfuir ou attaquer, les balistes s'inclinent sur le côté.

Informations complémentaires

Le baliste à marges jaunes est pêché mais il peut être ciguatérique* dans certaines régions.

Origine des noms

Origine du nom français

Le nom du baliste à marges jaunes dérive directement de sa coloration

Origine du nom scientifique

Pseudobalistes : du latin [pseudo] = faux et [balista] = baliste (machine de guerre antique projetant des pierres) en référence à la première épine dorsale qui se redresse rapidement quand l'animal est menacé.

flavimarginatus : du latin [flavus] = jaune et [marginis] = marge, bord.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Super classe Osteichthyes Ostéichthyens Vertébrés à squelette osseux.
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées.
Sous-classe Neopterygii Teleostei Néoptérygiens Téléostéens Poissons à arêtes osseuses, présence d’un opercule, écailles minces et imbriquées.
Super ordre Acanthopterygii Acanthoptérygiens Rayons épineux aux nageoires, écailles cycloïdes ou cténoïdes, présence d'une vessie gazeuse et pelviennes thoraciques ou jugulaires, sans être systématiquement présents, sont des caractères que l'on ne rencontre que chez les Acanthoptérygiens.
Ordre Tetraodontiformes Tétraodontiformes Groupe hétérogène mais absence d'écailles imbriquées, ouvertures branchiales réduites, bouche très peu fendue, pelviennes anormales ou absentes.
Sous-ordre Tetraodontoidei Tétraodontoïdes Mâchoires et dents transformées en "bec de perroquet".
Famille Balistidae Balistidés La première épine de la première nageoire dorsale peut se bloquer en position verticale.
Genre Pseudobalistes
Espèce flavimarginatus

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