Plumatelle buissonnante

Plumatella fruticosa | Allman, 1844

N° 3348

Europe, Amérique du Nord, Asie (région paléarctique, ex. Japon)

Clé d'identification

Colonies rampantes et arbustives de couleur jaune brun
Taille maximum d'une colonie : 2-3 cm
Courtes branches en forme de bois de cerf
Extrémités des branches élargies
Lophophore court et large
Tubes à section triangulaire (carène modérée)

Noms

Noms communs internationaux

Buschiges Moostierchen (D)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Plumatella emarginata var. fruticosa Hartmeyer 1909
Plumatella repens var. fruticosa Rogerick 1934

Distribution géographique

Europe, Amérique du Nord, Asie (région paléarctique, ex. Japon)

Zones DORIS : Eau douce d'Europe, Atlantique Nord-Ouest

Plumatella fruticosa est une espèce d'eau douce d'Europe bien moins fréquente que l'espèce proche Plumatella repens. Identifiée dans différents pays européens (Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, France, îles Britanniques, Norvège, Finlande, Danemark, Allemagne, Bulgarie, Suisse (lac de Lucerne)), elle est également présente dans les lacs d'altitude jusqu'à 1 400 m dans les Pyrénées.
P. fruticosa est également présente aux Etats-Unis et au Canada (Québec et Nouveau Brunswick, Vancouver Island).
C'est une espèce probablement exclusivement holarctique. Par exemple, le signalement de sa présence en Inde est basé sur une identification erronée.

Biotope

Rencontré le plus souvent dans une eau peu profonde, de la surface à quelques mètres, ce bryozoaire dulcicole buissonnant fréquente les lacs, les canaux et les eaux courantes ; elle semble bouder un peu les rivières et fleuves au débit important. Espèce sciaphile* modérée, elle sera observée sur les mêmes substrats* que les autres espèces de Plumatella sp., sur et sous les pierres, sur les branches d'arbres immergées et plus particulièrement sur les plantes aquatiques (potamots, nénuphars, ...). Ses colonies sont souvent associées à des colonies de Fredericella sultana.

Description

Plumatella fruticosa forme des colonies (ou zoaria*) de forme buissonnante et généralement ramifiées en bois de cerf. La taille des colonies est de l'ordre de 2 à 3 cm de diamètre. Les branches principales sont rampantes sans jamais être fortement adhérentes au substrat. Elles peuvent se poursuivre, dans certains cas, par des rameaux libres buissonnants. Les colonies peuvent parfois être simplement gazonnantes. Les branches ramifiées de la colonie rayonnent plus ou moins régulièrement autour du lieu de départ de la colonie.

Les tubes cystidiaux* le plus souvent de couleur jaune brun à gris brun, sont incrustés de débris, plus que ceux de Plumatella emarginata et moins que ceux de Fredericella sultana.

Comme chez Plumatella emarginata les zoécies* tubuleuses des colonies de Plumatella fruticosa sont carénées (section triangulaire, jamais cylindrique), mais la carène* y est peu prononcée et il n'y a pas d'échancrure à l'orifice des zoécies. L'extrémité des zoécies, dont la taille est de 2 mm environ, est plus ou moins renflée au niveau de l'orifice de sortie du lophophore*.

Le lophophore en forme de fer à cheval porte une couronne de 30 à 60 tentacules, souvent 44 tentacules. Il est court par rapport aux autres espèces proches, et est aussi large que long.

Les statoblastes* de ce bryozoaire dulcicole buissonnant sont caractéristiques : peu nombreux, d'un brun foncé, souvent un seul par zoïde, ils sont surtout présents au niveau des tubes rampants sur le substrat. Les deux types de statoblastes (sessiles* = sessoblastes et flottants = flottoblastes), pourvus chacun d'un flotteur rudimentaire, sont particulièrement allongés (rapport longueur/largeur = 1,8 à 2,8). La longueur des flottoblastes est de l'ordre de 0,54 mm et leur largeur de l'ordre de 0,22 mm, la longueur des sessoblastes est de l'ordre de 0,65 mm, pour une largeur de 0,25 mm.

Espèces ressemblantes

Plumatella repens : rampe sur le substrat, est beaucoup plus commun.

Plumatella emarginata : présente une carène* plus prononcée et une échancrure caractéristique à l'orifice des zoécies.

Paludicella articulata : ne possède pas de statoblastes* mais des bourgeons protégés par une thèque* (hibernaculum) noirâtre.

Fredericella sultana : forme également de petits buissons en partie libres, de couleur plus claire, souvent associés sur les mêmes supports à Plumatella fruticosa et Paludicella articulata.

Alimentation

Les bryozoaires sont microphages*. Leur nourriture est composée d'organismes végétaux unicellulaires, de protozoaires* et de bactéries. Elle est amenée à la bouche par le courant d'eau provoquée par le battement des cils du lophophore*. Ainsi, en se nourrissant également de particules issues de déchets organiques, les bryozoaires peuvent participer dans une certaine mesure à l'autoépuration des eaux.

Reproduction - Multiplication

Sexuée
Les bryozoaires de la classe des Phylactolèmes sont hermaphrodites* et vivipares*. L'ovaire est attaché à la paroi du cystide* tandis que le testicule se développe autour du funicule* (lieu de naissance des statoblastes*, situé à la base du polypide*). L'œuf fécondé est porté par un bourgeon modifié en poche incubatrice (oécie*). Une fois libéré, l'œuf donnera une larve ciliée* qui pourra nager avant de se fixer au substrat.

Non sexuée
La reproduction asexuée se fait par bourgeonnement à partir de la paroi du cystide et par la formation de statoblastes (bourgeons dormants) se développant le long du funicule. Ces statoblastes sont fondamentalement de deux types : les flottoblastes (statoblastes libres et flottants, à anneau pneumatique entourant la capsule hébergeant le matériel germinatif) et les sessoblastes (statoblastes fixés au substrat, avec un anneau réduit à une lame chitineuse ne jouant pas le rôle de flotteur).

Les colonies de Plumatella fruticosa sont sexuellement mûres et bien développées à partir du mois de juin et à partir d'une température de l'eau autour de 15 à 16 °C. Les colonies dégénèrent à l'automne quand la température de l'eau descend au dessous de 12 °C environ.

Au moment de la germination, le statoblaste, formé par deux valves, s'ouvre et donne naissance à un jeune zoïde : l'ancestrule*.

Divers biologie

La paroi du cystide* des bryozoaires de la classe des Phylactolèmes comprend de l'extérieur vers l'intérieur : la cuticule* ou ectocyste* (enveloppe sécrétée par l'endocyste*, de consistante cornée ou gélatineuse, continue entre les différents individus d'une branche de la colonie, mais interrompue au niveau de l'orifice cystidial*), un épiderme simple (ectodermique), une couche musculaire (les muscles pariétaux), et une couche péritonéale délimitant la cavité cœlomique générale contenant le zoïde. Il existe un repliement vers l'intérieur de l'endocyste du cystide au niveau de l'orifice cystidien formant un espace (le vestibule*) où débouche un pore vestibulaire qui peut servir à l'expulsion des flottoblastes*. La majeure partie des flottoblastes sont libérés lors de la désintégration de la colonie. Des cloisons de séparation ou septa* peuvent se former entre les zoïdes successifs d'une même branche.

La couronne tentaculaire ciliée* ou lophophore* des bryozoaires de la classe des Phylactolèmes est en forme de fer à cheval et est soutenue par une gaine tentaculaire contenant ses muscles propres. Les bases des tentacules sont reliées par la membrane inter-tentaculaire. La bouche, surmontée par l'épistome*, est située à l'intérieur de la couronne tentaculaire, alors que l'anus est en dehors. La bouche et l'anus sont reliés par un tube digestif replié en U.

Le polypide* est mobile et peut se rétracter grâce à deux muscles rétracteurs qui le relient au cystide. Ces muscles s'insèrent dans la région de l'œsophage. Après rétraction du polypide, l'ouverture vestibulaire du cystide est fermée par une sorte de sphincter. La protraction (= sortie) du polypide s'effectue essentiellement par création d'une surpression du liquide cœlomique lors de la contraction des fibres musculaires de la paroi cystidienne. Cette protraction s'accompagne du relâchement des muscles de la gaine tentaculaire.

Le système nerveux est rudimentaire et se réduit à un ganglion cérébroïde*, situé à la base du lophophore, et à quelques fibres nerveuses qui en partent.

Informations complémentaires

La respiration se fait par la peau, en particulier au niveau des tentacules.

Origine des noms

Origine du nom français

Plumatelle buissonnante est une proposition du site DORIS, traduction française du nom scientifique.

Origine du nom scientifique

Plumatella : du latin [pluma] = duvet, plumule
fruticosa : du latin [frutex] qui signifie "buisson"

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Bryozoa / Ectoprocta Bryozoaires / Ectoproctes Petits animaux coloniaux filtreurs aquatiques fixés à un substrat. Tous les zoïdes sont en continuité physique et issus de bourgeonnement à partir d’un individu unique. Chaque zoïde porte un lophophore rétractile et est abrité dans une logette.
Classe Phylactolaemata Phylactolèmes Exclusivement en eau douce (sans vase excessive). Les zoïdes sont cylindriques et le lophophore est en forme de fer à cheval (sauf chez Fredericella). Les zoécies ne sont pas calcifiées et les zoïdes sont tous identiques.
Ordre Plumatellida Plumatellides
Famille Plumatellidae Plumatellidés Colonies cornées ou charnues, tubuleuses, constituant des zoaria de formes variables, mais surtout étalés et rameux, quelquefois dendroïdes ; ces zoécies sont soudées entre elles ou bien tout à fait libre les unes des autres, sauf à leur point d'origine. Vers la fin de leur vie on les rencontre ordinairement plus ou moins remplies de statoblastes dépourvus d'épines marginales; ces statoblastes sont libres et fixes, ou simplement libres.
Genre Plumatella
Espèce fruticosa

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