Coquille petite et solide, mesurant généralement 15 à 25 mm
Forme ovale à fusiforme, avec apex aigu
Six à sept tours presque aplatis, le dernier occupant jusqu’aux deux tiers de la longueur totale
Surface sans relief, mais finement striée transversalement
Coloration variable, tachetée, souvent avec une zone claire ou ligne blanche médiane sur le dernier tour
Ouverture étroite et allongée, violette, à labre denticulé
Animal noir, avec base du pied claire
Buccin truité, pourpre variée, pourpre maculée, pourpre truitée
Striate pisania, spotted pisania (GB), Pisania striatella, buccino striato (I), Pisania estriada, caracolillo estriado (E), Klipphorn, Gefleckte purpurschnecke, Gesprenkelte purpurschnecke, Wellhornschnecke (D), Pjegavi rogač (Croatie), Pisánka proužkovaná (Tchéquie)
Voluta striata Gmelin, 1791
Voluta syracusana Gmelin, 1791
Pisania maculosa (Lamarck, 1822)
Purpura variegata Schubert & J. A. Wagner, 1829
Pisania striatula Bivona e Bernardi, 1832
Voluta gualtierii Scacchi, 1832
Pisania maculosa var. pliobrevis Sacco, 1890
Pisania maculosa var. fasciata Pallary, 1900
Pisania maculosa var. obesa Pallary, 1900
Pisania maculosa var. trigonostoma Pallary, 1912
Méditerranée, Atlantique proche
Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Méditerranée française]L’espèce est présente dans l’ensemble du bassin méditerranéen, depuis les côtes algériennes à l’ouest jusqu’aux côtes syriennes à l’est. En limite occidentale de son aire de répartition, l’espèce est signalée du golfe de Cadix jusqu’à l’entrée de la mer Méditerranée, mais sa présence dans l’Atlantique est strictement limitée aux abords du détroit de Gibraltar. Une occurrence au Maroc atlantique reste à confirmer. À l’est, la pisanie striée est observée dans la région des Dardanelles et en mer de Marmara.
Notons que certaines sources historiques citent également l’archipel des Açores, mais cette indication est aujourd’hui considérée comme erronée.
L’espèce est globalement commune, mais sa répartition est souvent morcelée, probablement en lien avec son mode de reproduction et la dispersion limitée de ses stades juvéniles (voir paragraphe consacré à la reproduction).
La pisanie striée est un gastéropode marin benthique* vivant principalement sur les fonds rocheux du littoral. Elle fréquente la zone infralittorale* supérieure, à très faible profondeur, parfois presque à la limite du médiolittoral*. On la rencontre sur les rochers à fleur d’eau, parmi ou sous des pierres partiellement immergées, ainsi que sur les blocs rocheux et dans les crevasses, voire sur des fonds localement détritiques.
L’espèce est généralement observée en surface ou dans les premiers mètres où elle se déplace activement sur le substrat*. Elle devient rare au-delà d’une profondeur de 10 m.
La pisanie est souvent associée aux algues photophiles* et semble apprécier la proximité des zones portuaires riches en matière organique.
La pisanie striée est un gastéropode marin à coquille spiralée et bien visible. L’espèce est de petite taille, ne dépassant généralement pas 25 mm de longueur, pour un diamètre de coquille de l’ordre de 10 mm.
La coquille est moyennement élevée, ovale, presque fusiforme. Elle est assez épaisse et particulièrement solide. La spire* est constituée de six à sept tours très peu convexes, presque aplatis. Les tours sont étroitement imbriqués, laissant la suture* à peine visible. Le dernier tour est aussi long que le reste de la coquille, voire plus, et peut occuper jusqu’à deux tiers de la longueur totale. Il est très arrondi dans sa moitié supérieure et s’effile progressivement vers la base. Les autres tours forment un cône pointu, l’apex* étant aigu. La protoconque* est paucispirale* car elle est constituée de peu de tours. À la base de la coquille, la zone du canal siphonal* est courte et ne se distingue pas nettement du reste de l’ouverture.
La surface de la coquille est lisse et sans relief, sans sculpture notable en dehors des stries de croissance. Les tours sont parcourus de nombreuses stries transversales régulières, légèrement imprimées, qui recouvrent l’ensemble de la surface.
La partie visible de la columelle* est pratiquement droite et présente quelques petites denticulations blanches à peine visibles. L’ouverture est allongée et étroite avec une dent plus ou moins bien marquée en partie haute. Le labre*, incurvé en demi-cercle, porte une dizaine de petites dents transversales sur sa face interne.
Les pisanies possèdent un opercule* corné de forme elliptique. Celui-ci est plat et finement strié par des lignes d’accroissement. Sa partie centrale est foncée, bordée de jaune. L’opercule est légèrement aigu du côté postérieur, ce qui lui permet de fermer complètement l’ouverture en épousant sa forme.
Concernant la coloration de la coquille, l’aspect général peut être très variable d’un spécimen à l’autre. L’ouverture est généralement violacée brillante, avec une zone médiane plus pâle. L’intensité des teintes de la coquille varie fortement et cette variabilité peut lui donner un aspect allant de très sombre à très clair, souvent finement moucheté.
L’ornementation des tours est constituée de taches alignées suivant les stries spiralées, sur un fond brun verdâtre à violâtre. Ces taches, plus claires, sont de forme quadrangulaire ou écailleuse. La disposition des taches pâles est plus ou moins régulière, mais toujours alignée selon les stries spiralées. Leur densité varie d’un individu à l’autre, avec toutefois une concentration typique au milieu du dernier tour. Parfois, le motif tacheté est à peine visible et seule une fine bande blanchâtre apparaît au milieu du dernier tour. Cette bande caractéristique, plus ou moins large, est typique de l’espèce.
L’aspect des spécimens juvéniles est assez différent. Les individus de 2 à 3 mm de longueur présentent une sculpture plus marquée, souvent granuleuse, qui disparaît chez les adultes. Lorsque la bande claire périphérique du dernier tour est présente, elle est visible dès les stades juvéniles, ce qui permet une identification relativement précoce. En revanche, lorsque cette bande est très discrète, la surface granulée rend l’identification beaucoup plus difficile.
Concernant le corps mou de l’animal, une coloration sombre domine les parties visibles. La tête est noire, aplatie et bien distincte. Les deux tentacules* céphaliques* sont espacés et orientés obliquement ; ils sont noirs, sauf à leur extrémité, qui est blanche. Leur épaisseur est fine et constante sur la moitié supérieure, mais augmente nettement dans la moitié inférieure, en s’élargissant progressivement vers la base. Le siphon* est noir, mais s’éclaircit un peu vers sa base. L’animal présente ainsi un aspect globalement noir, à l’exception de la face ventrale du pied*, blanche et légèrement translucide sur le bord. La bordure pâle du pied est visible même en vue latérale. La coloration du corps devient plus claire dans la profondeur de la coquille.
Comme chez de nombreux gastéropodes méditerranéens à coquille épaisse, la pisanie striée présente une variabilité morphologique et chromatique importante. De nombreuses formes et variétés ont ainsi été décrites dans la littérature ancienne.
Selon les critères de forme et de proportions de la coquille, sont notamment connues : la var. elongata, à coquille plus allongée et élancée ; les var. major et var. minor, correspondant respectivement à des individus de grande ou de petite taille ; la var. obesa, considérée comme équivalente de trigonostoma, caractérisée par une coquille plus épaisse et renflée, aux tours très convexes et enfin la var. fasciolaris, se distinguant par des stries spiralées plus marquées.
Parmi les variétés de couleur, on peut citer : la var. marmorata, à coquille de fond brun foncé à noir ornée de maculations blanches contrastées, ainsi que la var. fasciata, caractérisée par la présence d’une bande blanche nette, bien marquée et continue, au milieu du dernier tour uniformément coloré.
Des spécimens présentant une hypopigmentation, voire un leucisme*, sont occasionnellement observés chez les Buccinidae, y compris chez les pisanies. Dans ces cas, la coquille est très pâle, blanchâtre ou uniformément crème, et les motifs habituels sont absents ou à peine perceptibles. Ces formes restent toutefois rares.
La pisanie striée adulte peut être confondue avec d’autres gastéropodes de petite taille vivant sur les rochers du littoral. La confusion la plus fréquente concerne la columbelle rustique Columbella rustica, espèce très commune dans les mêmes biotopes* peu profonds. Celle‑ci s’en distingue toutefois par une coquille plus courte et plus trapue, généralement lisse et brillante, sans stries spiralées marquées. L’ouverture de la coquille est plus large, dépourvue de véritable canal siphonal*, mais dotée d’une denticulation plus importante sur la surface intérieure du labre*.
Chez l’animal vivant, la couleur du siphon* constitue un critère déterminant : chez Pisania striata, le siphon est noir, bien visible lors du déplacement, alors que chez Columbella rustica le siphon est marron clair à jaunâtre, parfois partiellement translucide. La silhouette plus fusiforme* de la coquille et la présence éventuelle d’une bande claire sur le dernier tour renforcent également l’identification de la pisanie.
Une confusion plus occasionnelle des spécimens plus foncés est possible avec la mitre ébène Ebenomitra ebenus, espèce de coloration brun foncé à noire, parfois ornée d’une bande claire médiane. Les mitres sont généralement de taille comparable ou légèrement plus petites, à coquille plus élancée, avec une spire* plus élevée. La mitre ébène se distingue surtout par sa columelle* munie de plis bien marqués, absents chez les pisanies.
Le corps mou d’une mitre est sombre à noir, parfois finement moucheté de petites taches plus claires, et le siphon est également sombre, de coloration comparable à celle du pied*. Ce caractère ne permet donc pas de la distinguer de la pisanie striée.
L’espèce est carnivore, à la fois prédateur et nécrophage*. Souvent présentée comme principalement charognarde, elle possède en réalité un régime alimentaire relativement large, lui permettant de s’adapter à la disponibilité des ressources locales. La recherche de nourriture repose essentiellement sur la détection de substances chimiques dissoutes émises par des matières organiques animales, grâce à des chimiorécepteurs* portés notamment par le siphon*. Aucune donnée quantitative précise n’est disponible concernant la distance de détection chez cette espèce.
Des observations réalisées en Tunisie (Taylor, 1987) montrent que l’alimentation des pisanies striées est majoritairement composée de petits mollusques gastéropodes, en particulier Thericium vulgatum, mais aussi diverses espèces des genres Steromphala et Phorcus, abondantes dans son habitat. Elle peut également consommer d’autres invertébrés benthiques*, comme des vers polychètes ou des balanes, ce qui témoigne d’une certaine adaptabilité alimentaire.
Pisania striata est un carnivore qui ne perce pas les coquilles : elle s’attaque à des proies vivantes sans coquille ou insuffisamment protégées. La proie est maintenue par le pied, tandis que la trompe* (proboscis*) est introduite dans l’ouverture de la coquille pour consommer les tissus mous.
Pisania striata est une espèce gonochorique*, à sexes séparés, dont la détermination sexuelle repose sur un système chromosomique XX/XY. Des études cytogénétiques (étude des chromosomes des cellules) indiquent un caryotype* de 70 chromosomes, incluant une paire de chromosomes sexuels, tout en restant faiblement spécialisé sur le plan évolutif (Vitturi et al., 1998).
La reproduction est ovipare*. La ponte consiste en des capsules ovigères* fixées au substrat*. Le développement est direct ou faiblement dispersif, sans phase larvaire* planctonique*, ce qui limite la dispersion et contribue à la distribution morcelée des populations.
Les capsules, de quelques millimètres, sont individuelles, globuleuses à ovoïdes, à paroi épaisse, et fixées aux supports durs par un court pédoncule*. Chaque capsule renferme plusieurs dizaines d’œufs, dont seule une faible proportion se développe. Selon Fretter (1984), chez Pisania maculosa (synonyme historique de P. striata), la majorité des œufs sont non fécondés et servent d’œufs nourriciers aux embryons* viables.
Le développement intracapsulaire comprend une segmentation embryonnaire* classique, suivie d’un stade véligère* confiné dans la capsule. Les embryons consomment les œufs nourriciers et développent un pied fonctionnel, une radula* opérationnelle et une coquille à calcification tardive, initialement souple et non minéralisée. La durée du développement est de 3 à 5 semaines. L’éclosion se produit par amincissement de la capsule, et les juvéniles, déjà similaires de l’adulte, quittent la capsule individuellement, se fixent rapidement au substrat et adoptent immédiatement un mode de vie benthique* et carnivore, sans phase planctonique* libre.
Aucune symbiose animale ou végétale stricte n’est actuellement connue ou publiée pour cette espèce.
Cependant, après la mort de l’animal, la coquille vide de Pisania striata est fréquemment réutilisée par des pagures comme abri, participant ainsi au recyclage biologique des coquilles dans les écosystèmes côtiers.
L’espèce peut être observée tout au long de l’année. Elle est commune, voire localement abondante sur les côtes françaises, y compris en Corse. On la rencontre aussi bien près des côtes peu aménagées que dans les rades et les ports. Malgré cette présence régulière, sa répartition reste discontinue : les populations sont souvent localisées et isolées les unes des autres.
Cette organisation s’explique par son mode de développement sans dispersion à longue distance : les jeunes se développent près du lieu de ponte et colonisent peu de nouveaux secteurs. Il en résulte une forte fidélité aux habitats locaux, mais aussi une capacité limitée à recoloniser une zone après disparition. L’espèce peut ainsi se montrer sensible aux perturbations locales, comme la dégradation des fonds côtiers ou la disparition de petits habitats favorables, dont dépend le maintien des populations.
Pisania striata est une espèce méditerranéenne ancienne, présente dans la région au moins depuis la fin du Pliocène (de 5,3 à 2,5 millions d'années avant notre ère). Des formes fossiles attribuées à Pisania maculosa (synonyme historique de P. striata) sont connues dès l’Astien en Italie, un étage daté d’environ 3,6 à 2,6 millions d’années, correspondant à la seconde moitié du Pliocène (Sacco, 1890). L’espèce est également signalée dans des dépôts marins peu profonds du Piacenzien, le dernier étage du Pliocène.
Une révision systématique des Buccinidae du Plio‑Pléistocène méditerranéen réalisée par Brunetti & Della Bella (2016) montre que le genre Pisania était déjà bien représenté au Pliocène en Italie, avec plusieurs espèces distinctes, dont Pisania striata. Cette étude confirme la stabilité morphologique de l’espèce et sa continuité stratigraphique du Pliocène jusqu’à l’époque actuelle, ce qui en fait une espèce de référence pour la comparaison avec des formes fossiles proches. Des travaux plus récents (Landau & Harzhauser, 2024) indiquent par ailleurs qu’au Pliocène supérieur, l’espèce était largement répandue jusque dans la Méditerranée occidentale, notamment dans l’actuelle région de la mer d’Alboran.
Le nom français pisanie striée est directement dérivé du nom scientifique Pisania striata.
Les anciens noms français font référence à l’aspect tacheté de la coquille à une ressemblance supposée avec les pourpres, mais ne sont plus employés aujourd’hui afin d’éviter toute confusion.
Le genre Pisania a été créé par le naturaliste italien Antonino de Bivona‑Bernardi (1778–1837), qui a individualisé ce groupe aux dépens des Voluta de Linné, sans que l’étymologie précise du nom ne soit explicitée. Ce nom de genre a ensuite remplacé diverses appellations antérieures utilisées dans la littérature, telles que Voluta, Purpura ou Buccinum.
striata : du latin [striatus] = striée, sillonnée. Cette dénomination fait référence aux fines stries ou rayures régulières visibles à la surface de la coquille, caractère marquant de l’espèce.
Numéro d'entrée WoRMS : 138924
| Termes scientifiques | Termes en français | Descriptif | |
|---|---|---|---|
| Embranchement | Mollusca | Mollusques | Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies. |
| Classe | Gastropoda | Gastéropodes | Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules. |
| Sous-classe | Caenogastropoda | Caenogastropodes | |
| Ordre | Neogastropoda | Néogastéropodes | Coquille avec canal siphonal bien développé. Un repli du manteau forme un tube extensible : le siphon. La plupart sont des prédateurs ou nécrophages. Tous marins sauf le genre Clea. |
| Super-famille | Buccinoidea | Buccinoïdes | |
| Famille | Pisaniidae | Pisanidés | |
| Genre | Pisania | ||
| Espèce | striata |
Gastéropodes à coquille unique : escargots subaquatiques et assimilés (ex. Prosobranches et Hétérobranches/Pulmonés)
Coquille fusiforme striée
La coquille est ovale et fusiforme, ornée de stries transversales régulières. Sur un fond sombre, on observe des taches claires à l’aspect écailleux, disposées irrégulièrement, plus concentrées au milieu du dernier tour. Le siphon noir est visible à l’avant lors du déplacement de l’animal.
Presqu'île d'Isolella, rive sud du golfe d'Ajaccio, 0 m
15/08/2025
Gastéropodes à coquille unique : escargots subaquatiques et assimilés (ex. Prosobranches et Hétérobranches/Pulmonés)
Coquille fusiforme
La coquille est moyennement élevée, ovale, presque fusiforme. Elle est assez épaisse et particulièrement solide.
Phare de la Baumette, Saint-Raphaël (83), 6 m
03/05/2015
Protoconque paucispirale
La protoconque, premier stade de la coquille d'un mollusque gastéropode, est paucispirale car elle est constituée de peu de tours.
Phare de la Baumette, Saint-Raphaël (83), 6 m
03/05/2015
Opercule
L’animal possède un opercule corné de forme elliptique. Fixé sur le pied du mollusque, il sert à fermer l'entrée de la coquille et protège l'animal contre la sécheresse et les prédateurs lorsqu'il se rétracte à l'intérieur.
Phare de la Baumette, Saint-Raphaël (83), 6 m
21/10/2010
Mollusque noir
L’animal présente un aspect globalement noir : la tête légèrement aplatie, les deux tentacules céphaliques orientés obliquement, le siphon et le pied. On note toutefois la bordure pâle du pied, visible même en vue latérale. Les extrémités des tentacules sont également pâles, mais ce contraste très localisé reste plus difficile à remarquer.
Plage Vela Luka, Supetar, Croatie, 0,30 m
25/07/2025
Vue de dessous
Le pied de la pisanie striée est relativement fin et allongé, muni d’un opercule corné elliptique. Sa face ventrale est blanche, légèrement translucide en bordure. Les tentacules céphaliques, espacés et obliques, présentent un épaississement marqué dans leur moitié inférieure ; ils sont noirs à l’extrémité blanche. En vue ventrale on remarque également que le siphon sombre s’éclaircit vers la base.
Plage Vela Luka, Supetar, Croatie, 0,30 m
25/07/2025
Individu sombre
Ce jeune spécimen sombre d’environ 15 mm de long a été observé sur l’estran rocheux, hors de l’eau. Les taches blanches sont peu nombreuses. Des dépôts calcaires dans les sillons rendent les stries spiralées particulièrement visibles.
Bandol, Var (83), sur l’estran
15/02/2025
Solide et recyclable
Les coquilles épaisses et solides sont souvent recyclées. Celle-ci est occupée par un pagure. Les stries transversales restent visibles, même érodées. La zone pâle médiane sur le dernier tour est peu marquée dans le présent cas, mais une ceinture claire articulée de blanc et de marron, soulignant le sommet des tours est également typique de l’espèce.
Presqu'île de Giens, Hyères (83), 0,2 m
30/05/2025
Recto-verso
Deux vues combinées recto-verso d’un spécimen dont la coquille est partiellement recouverte d’algues encroûtantes et d’un film algal verdâtre, laissant toutefois apparaître une surface striée et maculée de teintes pâles. L’ouverture est allongée et étroite. L’opercule corné est elliptique, aigu du côté postérieur.
Cap de Ras, Llançà, Costa Brava, Espagne
28/08/2024
Identification rapide
Pisania striata ressemble à une colombelle (Columbella rustica), mais sa coquille est striée, alors qu’elle est lisse chez cette dernière. Les taches blanches lui donnent un aspect de petites écailles alignées selon les stries spiralées, tandis qu’elles sont ovales et irrégulièrement réparties chez la colombelle. De plus, le siphon de la pisanie est noir, alors que celui de la colombelle est plutôt clair.
Banyuls-sur-Mer (66), 0,10 m
05/12/2022
Coquilles en épaves
Les coquilles nettoyées, en forme de fuseau pointu, paraissent presque lisses, avec pour seul relief des stries fines et régulières, maculées de teintes claires. Les tours s’enroulent autour d’une columelle légèrement ondulée. Le tronçon visible de cette dernière est presque droit et présente de discrètes denticulations blanches. L’ouverture est allongée, avec une dent plus ou moins marquée en partie supérieure. Le labre, incurvé en demi-cercle, est richement denticulé à l’intérieur.
Note : Les collections de coquillages que DORIS reconnaît sont uniquement celles qui sont à visée scientifique.
Plage du Prophète, Marseille (13), en épaves
15/04/2026
Avec Columbella rustica (recto)
Les deux espèces ressemblantes, Pisania striata et Columbella rustica, peuvent être observées côte à côte sur l’estran rocheux. Elles sont de taille comparable et leur coloration maculée de pâle peut facilement prêter à confusion. La pisanie se distingue par une ornementation plus fine, avec des taches pâles alignées le long des stries spiralées. La colombelle présente une coquille plus courte et trapue, généralement lisse et brillante, sans stries marquées.
Can Picafort, île de Majorque, archipel des Baléares (Espagne), estran
28/10/2019
Avec Columbella rustica (verso)
L’ouverture des deux espèces est allongée et étroite, avec un labre denticulé. Chez la pisanie, il est incurvé en demi-cercle et de teinte violacée, tandis que chez la colombelle il est blanc et présente une courbure différente.
Can Picafort, île de Majorque, archipel des Baléares (Espagne), estran
28/10/2019
Pourpre maculée de Blainville
Dans l’ouvrage de Blainville, la pisanie striée est présentée sous l’un de ses noms vernaculaires historiques « pourpre maculée », issu de la traduction directe de Purpura maculosa. Le spécimen représenté possède une coquille épaisse et renflée, décorée de nombreuses taches blanches longitudinales, organisées en bandes zigzagantes irrégulières. Toute la surface est finement striée.
Figures 2 et 2a, planche 6.B. dans la partie « Malacozoaires ou Animaux Mollusques » de l’ouvrage « Faune française ou histoire naturelle, générale et particulière des animaux qui se trouvent en France » par le zoologiste et anatomiste français Henri-Marie Ducrotay de Blainville (1777–1850)
Reproduction de documents anciens
1828-1830
Rédacteur principal : Miroslava MATEJCEKOVA
Vérificateur : Philippe LE GRANCHÉ
Responsable régional : Philippe LE GRANCHÉ
Bivona Bernardi A., 1832, Caratteri d’un nuovo genere di conchiglie della famiglia delle Columellarie del signor De Lamarck, Effemeridi Scientifiche e Letterarie per la Sicilia, Palermo, 2(1), 8-13.
Fretter V., 1984, Observations on the breeding and development of Pisania maculosa (Lamarck), Journal of Molluscan Studies, Oxford University Press, 50, 211–219.
Giribet G., Peñas A., 1997, Fauna malacológica del litoral del Garraf (NE de la Península Ibérica), Iberus, 15(1), 41–93.
Gmelin J. F., 1791, Caroli a Linnaei Systema Naturae per Regna Tria Naturae, Ed. 13. Tome 1(6), G.E. Beer, Leipzig, 3021-3910, pls 6.
Landau B., Harzhauser M., 2024, The Pliocene Gastropoda (Mollusca) of Estepona, southern Spain. Part 23: Colubrariidae, Pisaniidae, Tudiclidae, Nassariidae (in part) (Neogastropoda, Buccinoidea), Cainozoic Research, 24(1), 25-56.
Matthews‑Cascon H., Pereira H. A., 2005, Observations on the reproduction of Pisania pusio (Linnaeus, 1758) (Mollusca: Gastropoda: Bucinidae) in laboratory, Tropical Oceanography, 33(2), 159–162.
Öztürk B., Doğan A., Bitlis-Bakir B., Salman A., 2014, Marine molluscs of the Turkish coasts: an updates checklist, Turkish Journal of Zoology, 38, 832-879.
Pallary P., 1900, Coquilles marines du littoral du département d'Oran, Journal de Conchyliologie, 48(3), 211-422.
Pallary P., 1912, Catalogue des mollusques du littoral méditerranéen de l'Égypte, Mémoires présentés à l'Institut d'Égypte, 7(3), 69-207, pls 15-18.
Petović S., Gvozdenović S., Ikica Z., 2017, An Annotated Checklist of the Marine Molluscs of the South Adriatic Sea (Montenegro) and a Comparison with Those of Neighbouring Areas, Turkish Journal of Fisheries and Aquatic Sciences, 17, 921-934.
Sacco F., 1890, Catalogo paleontologico del bacino terziaro del Piemonte, Bollettino della Società Geologica Italiana, 9(2), 185-340.
Scacchi A., 1832, Lettera di Arcangelo Scacchi dottore in medicina su vari testacei napolitani al Signor D. Carlo Tarentino prof. di storia naturale nel R. Liceo di Catanzaro, Napoli, 6p.
Schubert G. H., Wagner J. A., 1829, Neues Systematisches Conchylien-Cabinet von Martini-Chemnitz, angefangen von Martini und Chemnitz. Zwölfter Band. Erste Abtheilung, Bauer & Raspe, Nürnberg, I-XII, 1-196 + pls 214-237.
Taylor J. D., Feeding ecology of some common intertidal neogastropods at Djerba, Tunisia, Vie et Milieu / Life & Environment, 1987, pp.13-20.
Vieillot P., Desmarest A. G., Blainville H.-M. D. de., Audinet-Serville C. P., Saint-Fargeau L.-M. L. de., Walckenaer C.-A., 1828-1830, Faune française ou histoire naturelle, générale et particulière des animaux qui se trouvent en France, Malacozoaires ou Animaux Mollusques, chez F.-G. Levrault, Paris, 1-320, pls 48.
Vitturi R., Colomba M. S., Caputo V., Pandolfo A., 1998, XY chromosome sex systems in the neogastropods Fasciolaria lignaria and Pisania striata (Mollusca: Prosobranchia), Journal of Heredity, 89(6), 538–543.
La page de Pisania striata sur le site de référence de DORIS pour les mollusques : MolluscaBase
La page de Pisania striata dans l'Inventaire National du Patrimoine Naturel : INPN
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