Eponge à cratères de Tailliez

Phorbas tailliezi | Vacelet & Perez, 2008

N° 4122

Méditerranée

Clé d'identification

Éponge revêtante de 1 à 3 mm d'épaisseur
Nombreux cratères ne se touchant pas entre eux
Canaux aquifères bien visibles
Couleur rouge terne à brun rougeâtre

Noms

Noms communs internationaux

Tailliez Krustenschwamm (D)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Phorbas coriaceus (Fristedt, 1885)

Distribution géographique

Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Les localisations officielles de cette éponge, décrite il y a une dizaine d’années, sont la région de Marseille (13), le Var (83) et le sud de la Grèce. Sa signalisation dans le détroit de Gibraltar est douteuse. On peut raisonnablement penser qu'elle est plus largement distribuée en Méditerranée, bien qu'il semble s’agir d'une espèce peu commune.

Biotope

L'éponge à cratères de Tailliez est une éponge qui vit à l'abri d'un éclairement direct. Elle peut se développer sur divers substrats* durs comme des petits surplombs ou sur des algues se développant en profondeur (dont Codium bursa).
Elle a été observée de 10 à 35 m de profondeur.

Description

Phorbas tailliezi est une éponge revêtante de 1 à 3 mm d'épaisseur, couvrant une superficie de 25 à 80 cm2. Sa surface, molle, est couverte de nombreux cratères (diamètre moyen = 1,1 mm) non adjacents (ne se touchant pas entre eux) et portant les pores* inhalants.
Les cratères inhalants ou cribles ne sont pas toujours bien différenciés de ceux des espèces voisines (Phorbas fictitius, Phorbas topsenti, Hamigera hamigera). Les canaux aquifères*, translucides superficiellement, sont bien visibles sur les éponges en bonne santé et en état de filtration active.
Ces canaux convergent vers quelques oscules* dont le diamètre est de 2,8 mm en moyenne.
La consistance de cette éponge est charnue. Sa couleur externe (ectosome*) et interne (choanosome*) varie du rouge terne au brun rougeâtre.

Voir la description microscopique dans la rubrique "Divers biologie".

Espèces ressemblantes

Plusieurs éponges revêtantes rouges à cratères se ressemblent en Méditerranée, dont :

Phorbas fictitius : sa couleur va du rose pâle au rouge profond.

Hamigera hamigera : sa couleur est rouge et sa consistance moyennement charnue. Elle est limitée à certaines zones géographiques (Côte Vermeille en Méditerranée française).

Phorbas topsenti : ses cratères sont mieux différenciés et sa couleur toujours rouge vif. Elle est bien charnue et elle vit par petits fonds.

A ce propos, les photos que nous présentons ont été identifiées grâce à l'aide de spécialistes des spongiaires et, lorsque cela était possible, par l'examen des spicules* au microscope.

Alimentation

Les éponges sont des animaux filtreurs* qui se nourrissent de microparticules : bactéries, algues unicellulaires, débris organiques, ne dépassant pas en général 3 micromètres. Le courant d’eau nécessaire est créé par le mouvement du flagelle* des cellules ciliées* spécifiques des éponges : les choanocytes*.

Reproduction - Multiplication

La reproduction peut être sexuée ou asexuée.

  • Sexuée : par production de gamètes* mâles, les spermatozoïdes* et femelles, les ovules*. Après la fécondation l’œuf se développe et aboutit à la naissance d’une larve* ciliée* nageuse de type « parenchymella*», dernier stade embryonnaire, qui se fixe rapidement pour donner une nouvelle éponge.
    Comme toutes les éponges de l’ordre des Poecilosclérides, Phorbas tailliezi est une éponge hermaphrodite* et vivipare*, les embryons* sont incubés à l’intérieur de l’éponge mère.
  • Asexuée : par bourgeonnement* ou bouturage de fragments qui se détachent de l’éponge mère pour se fixer un peu plus loin. Bien qu’existant, ce mode de multiplication est relativement secondaire.
Les éponges ont une forte capacité de régénération.

Divers biologie

Description microscopique : les spicules macrosclères sont des subtylotes* droits dont les deux extrémités sont légèrement enflées (169–285 x 2.2 ± μm) et des acanthostyles*. Ces derniers sont de deux catégories : certains sont légèrement courbes, plus épais, à tête enflée et entièrement couverts de petites épines (155–195 x 3–5.25 μm) et d'autres sont droits, de forme conique et complètement épineux (80–100 x 2.5–4.5 µm).
Il n’y a pas de microsclères*.

Origine des noms

Origine du nom français

Eponge à cratères de Tailliez est une proposition des auteurs du site DORIS.

Origine du nom scientifique

Phorbas : du grec [Phorbās] = nom de divers personnages de la mythologie grecque (un Phorbas fut un petit fils d'un roi d'Argos, un autre Phorbas délivra les Rhodiens d'un dragon qui ravageait leur île).

tailliezi : en hommage au Commandant Philippe Tailliez (1905-2002), plongeur sous-marin, auteur français et pionnier de la plongée sous-marine avec scaphandre. Il contribua grandement, notamment, à la création et à la protection du Parc National de Port-Cros.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Porifera Spongiaires / Eponges Organismes exclusivement aquatiques, filtreurs, fixés au substrat, de formes variables, et percés d'orifices inhalants (ostioles ou pores) et exhalants (oscules).
Classe Demospongiae Démosponges

Eponges dont la charpente est constituée de spicules siliceux (différenciés en méga- et microsclères) et de collagène dispersé ou structuré en fibres de spongine. Ovipares ou vivipares, larve typique = parenchymella.

Sous-classe Heteroscleromorpha Hétéroscléromorphes
Ordre Poecilosclerida Poécilosclérides « Eponges à spicules variés ». Charpente de spicules siliceux (styles ou acanthostyles) renforcée de spongine. Plusieurs types de mégasclères et de microsclères (chèles, sigmas...).
Famille Hymedesmiidae Hymédesmiidés
Genre Phorbas
Espèce tailliezi

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