Capucin à bande noire

Parupeneus forsskali | (Fourmanoir & Guézé, 1976)

N° 5359

Mer Rouge, golde d'Aden

Clé d'identification

Ventre blanc, dos beige à brun grisâtre, corps parfois rouge
Bande noire liant le museau au droit de la dorsale arrière en traversant l'œil
Point noir sur le pédoncule caudal de couleur jaune dorsalement
Longs barbillons sous le menton
Taille de 25 à 28 cm au maximum

Noms

Autres noms communs français

Rouget-barbet à bande noire

Noms communs internationaux

Red Sea goatfish, Forsskal's goatfish, goldstriped goatfish (GB), Rotmeer-Barbe (D), Salmonete-listado (P)

Synonymes du nom scientifique actuel

Mullus auriflamma Forsskål, 1775
Mulloides auriflamma (Forsskål, 1775)
Mulloidichthys auriflamma (Forsskål, 1775)
Parupeneus barberinus (non Lacepède, 1801)
Pseudupeneus forsskali Fourmanoir & Guézé, 1976

Distribution géographique

Mer Rouge, golde d'Aden

Zones DORIS : ● Indo-Pacifique, ○ [Mer Rouge]

Parupeneus forsskali est un poisson endémique* de la mer Rouge et du golfe d'Aden, signalé jusqu'à l'île yéménite de Socotra. Sa présence est désormais attestée en Méditerranée orientale au travers d'observations réalisées sur les côtes d'Israël, Turquie, Syrie, Liban, Chypre et de l'île grecque de Rhodes. L'espèce ayant migré depuis la mer Rouge via le canal de Suez, elle est qualifiée de lessepsienne*. Il semble que son expansion vers la Méditerranée occidentale soit relativement rapide.

Certaines sources mentionnent sa présence dans d'autres parties de l'Indo-Pacifique, mais il s'agit manifestement d'une confusion avec l'une des 34 autres espèces valides que compte le genre.

Biotope

On trouve généralement les adultes de Parupeneus forsskali sur les fonds de sable près des récifs coralliens, sur une plage de profondeurs comprises entre 1 et 45 m. Les juvéniles sont plutôt localisés sur les fonds sédimentaires à faible profondeur, qu'il s'agisse de zones de sable, d'herbiers, ou bien de mangroves.

Description

Parupeneus forsskali est un poisson au corps long et cylindrique possédant un museau droit et allongé et mesurant de 25 à 28 cm maximum. Sa bouche est très basse et sa lèvre inférieure en retrait. Il est muni de deux longs barbillons sous le menton lui permettant de fouiller le sable.

Une bande noire traverse l'œil et s'étend depuis la pointe du museau jusqu’à l’arrière du corps, le divisant en deux parties horizontales distinctes. Le dos est beige à brun grisâtre plus ou moins sombre et le ventre est blanc. Une tache noire ronde est bien visible sur le pédoncule* caudal. Ce dernier est jaune dorsalement (une coloration jaune diffuse est visible sur la partie supérieure de l'arrière du corps qui s'étend jusqu'à la queue). La nageoire caudale homocerque* et fourchue est également à dominante jaune. De nuit, ce rouget peut changer de couleur et l'on peut voir apparaître des taches rouges sur le ventre. Cette livrée rouge peut également apparaître en journée dans certaines situations, notamment de stress.

La première nageoire dorsale est épineuse, blanche et haute, séparée de la seconde nageoire dorsale qui est molle et jaunâtre.

Espèces ressemblantes

La famille des Mullidés comporte 6 genres. Parmi eux, le genre Parupeneus est représenté uniquement dans l'Indo-Pacifique et compte 35 espèces acceptées. Parmi ces espèces proches, on peut citer les suivantes.

Le capucin barberin P. barberinus ne possède pas la coloration jaune diffuse sur le pédoncule* caudal du capucin à bande noire et sa nageoire caudale est de couleur blanche. On le trouve dans l’océan Indien et dans les zones tropicales et subtropicales de l’ouest et du centre du Pacifique. Il n'est pas signalé en mer Rouge.

Chez le capucin indien P. indicus, la bande noire (quand elle apparaît ce qui n’est généralement pas le cas) part du museau, s’arrête peu après l’opercule* et une grande tache jaune vif lui succède. La tache noire du pédoncule caudal est plus étendue que chez P. forsskali. On le trouve depuis l’océan Indien, incluant le golfe d'Aden, jusqu'aux zones tropicales et subtropicales du Pacifique central.

Chez le capucin à longs barbillons P. macronemus, la bande noire est plus large. On observe également une bande noire sur la seconde nageoire dorsale. Cette espèce est présente en mer Rouge.

Le barbet à point rouge P. heptacanthus ne présente pas de bande sombre. Une tache rouge est visible au milieu du corps. L'espèce est présente en mer Rouge.

Le capucin nacré P. margaritus présente une bande sombre atténuée et localisée sur la tête, ainsi qu'une tache sombre derrière l'œil. L'espèce est présente depuis le golfe Persique jusqu'aux côtes du Pakistan.

Enfin, chez le capucin sellé P. rubescens, la bande noire est entourée par deux bandes blanches bien visibles et une large selle noire surmonte le pédoncule caudal. L'espèce est présente en mer Rouge.

Alimentation

Parupeneus forsskali se nourrit d'invertébrés vivant dans le sable, qu'il découvre en remuant le sédiment grâce à ses barbillons.

Reproduction - Multiplication

Parupeneus forsskali ne présente pas de dimorphisme* sexuel mais les sexes sont bel et bien séparés (espèce dite gonochorique*). La longueur moyenne de la maturité sexuelle est évaluée à 16 cm dans les deux cas.

En supposant que les généralités concernant les espèces de Mullidés, dont les comportements de reproduction ont été étudiés, s’appliquent à P. forsskali, on peut penser que la saison du frai se situe en saison chaude et donne lieu à des agrégations de ponte. Les gamètes* sont émis en pleine eau, les larves* sont donc pélagiques* : elles dérivent en surface et passent au stade juvénile avant de coloniser un récif. Cette métamorphose* amène l’apparition des barbillons et une mutation de la structure des yeux adaptée à la vie près du fond. Au moment de l’installation*, les juvéniles descendent vers le substrat*.

Vie associée

Quand il chasse en fouissant le substrat* et à l'instar d'autres capucins, P. forsskali est souvent accompagné par des carnivores opportunistes plus ou moins nombreux (Labridés, Serranidés, Carangidés notamment), qui cherchent à profiter des proies ou des détritus comestibles débusqués par son travail de fouissage* dans le sédiment.

Les Mullidés sont fréquemment parasités par des vers trématodes du genre Transversotrema. Ces vers se fixent notamment sur l’épiderme accessible entre les écailles présentes autour des nageoires.

Divers biologie

La caractéristique principale des Mullidés réside dans leurs barbillons équipés de cellules chémoréceptrices*. Ces barbillons sont à la fois indépendants et très mobiles. Deux systèmes musculaires et osseux distincts leur permettent de se mouvoir latéralement et verticalement. Leur extrémité est très souple. Les parties charnues des barbillons sont des ramifications du système gustatif et abritent des papilles équipées de chémorécepteurs* (cellules nerveuses capables d'identifier des substances chimiques). Elles s’organisent autour d’un rayon modifié issu de la membrane branchiostège* (attachée aux opercules* et couvrant les branchies*), qui leur donne leur solidité. Ces rayons se déplacent de la zone operculaire vers le menton au cours de la croissance des larves*, les barbillons apparaissant chez les juvéniles prêts à mener une existence benthique*.

Le genre Parupeneus se distingue des autres genres de la famille des Mullidés par sa dentition : il n’a qu’une seule rangée de dents coniques sur chaque mâchoire et pas de dents vomériennes* (le vomer est un os médian en avant du palais) ni palatines* (fixées sur les os du palais).

La longévité maximale de P. forsskali avoisine 5 ans.

Informations complémentaires

Le travail de fouissage* des Mullidés a pour conséquence une resuspension des particules organiques contenues dans le sédiment, qui peut profiter entre autres au plancton*, aux coraux et aux organismes suspensivores*. De plus, le mélange continuel des éléments composant le sédiment est un obstacle aux invasions algales. Ce travail est vigoureusement mené : il n’est pas rare d’apercevoir un nuage de suspensions de plus d’un mètre de haut et de deux mètres carrés de surface au-dessus d’un capucin adulte en train de traquer une proie dans le sable. A titre indicatif, une étude faite en mer Rouge montre que Parupeneus forsskali fouit chaque mètre carré de la zone d’étude 4,4 secondes par heure et peut creuser une tranchée de 10 à 15 cm de profondeur et de quelques décimètres de longueur avec son museau.

P. forsskali est le rouget le plus fréquemment rencontré dans les eaux peu profondes de la mer Rouge.

Statuts de conservation et réglementations diverses

Le statut de Parupeneus forsskali, évalué en 2019 pour l’UICN*, est LC (Least Concerned, traduit par « Préoccupation mineure »), ce qui signifie que les informations recueillies sur l’espèce ne permettent pas de classer l'espèce dans les autres catégories, notamment dans les trois qui alertent sur une menace (CR : en danger critique d’extinction, EN : en danger, VU : vulnérable). Fonction de quoi elle n’est pas actuellement concernée par des mesures de protection.

Néanmoins, il a été établi que l'espèce est à son niveau maximal d'exploitation dans le nord de l'Egypte et qu'il conviendrait de ne pas capturer des individus immatures (dont la taille n'excède pas 16 cm).

Origine des noms

Origine du nom français

Capucin : le mot vient du nom d’un ordre religieux faisant partie du mouvement franciscain, les Frères mineurs capucins. Ce nom tient à leur robe de bure dotée d’une longue capuche, qu’ils nommaient d’un nom d’origine italienne, « le capuce ». Ces religieux se caractérisaient entre autres par le port d’une longue barbe, ce qui pourrait avoir motivé le nom français de ces poissons capucins, tous doté de deux longs « barbillons » sous la lèvre inférieure. On trouve la même inspiration pour le nom anglais de « goatfish » (poisson-chèvre), employé pour toute la famille des Mullidés, en référence à la « barbiche » que peuvent avoir les chèvres sous le menton.

à bande noire : en référence à la bande noire qui va de la pointe du museau jusqu’à l’arrière du corps.

Origine du nom scientifique

Parupeneus : le nom est composé de l’adjectif latin [par], qui signifie « égal, pareil, apparié », et du nom de genre Upeneus créé en 1829 par Cuvier et Valenciennes (Histoire Naturelle des Poissons, Tome troisième, p. 447) qui précisent : « nous avons cru convenable de distinguer ces poissons des Mulles ordinaires par un nom sous-générique, et nous avons choisi pour cela celui d‘upénéus, qui n’a point de signification fixe chez les anciens ». Ce nom désignait divers poissons chez les Grecs de l’Antiquité. Le nom de genre signifie donc « apparenté aux espèces du genre Upeneus ». Le genre Parupeneus est nommé par Bleeker en 1863 pour classer quatre espèces appartenant auparavant au genre Upeneus. Il ne semble être décrit qu’en 1876 (Systema Percarum revisum, Pars II, Archives néerlandaises des sciences exactes et naturelles, vol. 11, p. 334), sans justification de son nom, mais avec la mention de l’espèce-type : Parupeneus barberinus.

forsskali : rend hommage au naturaliste et explorateur suédois Peter Forsskål (1732-1763). Forsskål avait initialement décrit ce poisson en tant que Mullus auriflamma, mais la Commission internationale de nomenclature zoologique a supprimé ce nom dans sa décision numéro 846 et en 1976, Fourmanoir & Guézé ont proposé le nom Pseudupeneus forsskali.

Classification

Numéro d'entrée WoRMS : 218669

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Classe Actinopteri
Sous-classe Neopterygii Teleostei Néoptérygiens Téléostéens Poissons à arêtes osseuses, présence d’un opercule, écailles minces et imbriquées.
Ordre Mulliformes Mulliformes
Famille Mullidae Mullidés Percoïdes possédant une paire de longs barbillons mentonniers.
Genre Parupeneus
Espèce forsskali

Nos partenaires