Zoanthaire-éponge marron

Parazoanthus puertoricense | West, 1979

N° 2558

Atlantique tropical ouest

Clé d'identification

Anémones encroûtantes minuscules (2 mm environ)
Couleur rouge-marron
Hôte spécifique des éponges Agelas

Noms

Autres noms communs français
Zoanthaire de Porto-Rico
Noms communs internationaux
Maroon sponge zoanthid (GB), Zoantario de esponjas marron (E), Dunkelbraune Krustenanemone (D)

Distribution géographique

Atlantique tropical ouest

Zones DORIS : Caraïbes

Le genre Parazoanthus est répandu dans toutes les mers tropicales et tempérées. Le zoanthaire-éponge marron est endémique de la zone Caraïbe.

Biotope

Les zoanthaires apprécient les eaux claires et non stagnantes : il leur faut un courant de renouvellement léger et constant. Ils s'installent sur les éponges, dont l'activité de filtration leur procure ce mouvement d'eau permanent.

Description

Le zoanthaire-éponge marron se présente sous forme de petits polypes coloniaux (de 1 à 3 millimètres) en forme d'anémones minuscules, avec 2 couronnes de tentacules alternées autour de la bouche fendue. La couleur va du marron au rouge foncé, parfois violacé.



Les colonies se développent exclusivement sur certaines éponges, avec une affinité particulière pour les Agélasidés. Les polypes sont régulièrement espacés et parfois groupés en petites plaques et/ou en chaînettes à la surface de l'éponge.
Les polypes d'une même colonie sont reliés entre eux par un socle commun (coenenchyme*), qui forme des stolons*. Ces stolons sont parcourus par des canaux qui font communiquer entre elles toutes les cavités gastriques des polypes.



La bouche, fermée par un sphincter, est munie d'un siphonoglyphe* (gouttière ciliée) en position ventrale. Cette caractéristique est très peu visible en plongée, vu la très petite taille des polypes.

Espèces ressemblantes

On trouve dans les Caraïbes plusieurs espèces de zoanthaires spongobiontes (c'est-à-dire vivant en association avec des éponges).
Parazoanthus swiftii est d'un jaune orangé brillant, les polypes assez gros (6 mm). Le socle commun, charnu et épais, forme des cordons ou un manchon discontinu sur les branches de l'éponge hôte.
Parazoanthus parasiticus a un pied d'un blanc verdâtre, coloration dûe à des dépôts siliceux ou calcaires, sur lequel se détachent le disque oral et les 28 tentacules gris ou brun clair. Les polypes de 4 mm environ sont régulièrement espacés à la surface de l'éponge.
Parazoanthus catenularis a des polypes minuscules (3 à 4 mm), gris jaunâtre. Le disque oral est entouré de 20 tentacules, les colonies se présentent en chaînettes d'individus reliés par un stolon bien visible.

Enfin, d'autres zoanthaires vivent sur certains Hydraires, et montrent également une grande spécificité avec leur hôte.

Alimentation

Les Parazoanthus des zones tropicales ont dans leurs tissus des algues appelées zooxanthelles*, qui leur apportent une partie de leur alimentation par photosynthèse. L'autre partie leur est apportée par les petites proies qu'ils capturent dans le courant grâce à leurs tentacules munis de cnidocytes*.

Reproduction - Multiplication

Les Parazoanthus sont ovipares*, les sexes sont séparés. Il y a donc des colonies mâles et des colonies femelles. Le cycle de reproduction est annuel. Les ovocytes* et spermatozoïdes* sont libérés pendant les mois les plus chauds, dans les 3 ou 4 jours autour de la pleine lune, et la fécondation a lieu en pleine eau. Contrairement à ce qui se passe pour les Scléractiniaires ou Madréporaires (coraux à squelette calcaire), les zooxanthelles* ne sont pas transmises dans les œufs : la petite larve* de Parazoanthus devra les capturer dans le milieu ambiant.

Multiplication asexuée : la colonie s'agrandit par croissance horizontale, sur sa bordure où de nouveaux polypes bourgeonnent.

Vie associée

On constate une très nette affinité entre l'espèce du zoanthaire et celle de la ou des éponges hôtes. Ainsi Parazoanthus puertoricense est associé à plusieurs espèces d'Agelas : presque systématiquement l'éponge corne d'élan Agelas conifera, signalée aussi mais plus rarement sur Agelas dispar, Agelas clathrodes.
Elle se trouve aussi assez fréquemment en association avec l'éponge de Zea (Svenzea zeai) et plus rarement avec l'éponge-barrique Xestospongia muta.

L'association est stable, mais pas obligatoire pour l'éponge.

Divers biologie

La couleur intense de cette espèce de zoanthaire-éponge est liée à l'incorporation de spicules et de pigments de l'éponge-hôte dans l'endoderme des zoanthaires.

Les polypes des zoanthaires sont profondément incrustés dans leur éponge, et le coenenchyme* qui relie les polypes entre eux n'est pas visible, sauf en cas d'infestation massive où les stolons forment de petites chaînettes en surface par groupes de 2 ou 3 polypes. Ces petits groupes peuvent aussi être le résultat d'une multiplication végétative.

Dans la majorité des cas il semble que tous les polypes colonisant une même éponge sont un même clone : ils proviendraient de la multiplication du premier polype installé sur la jeune éponge, et grandissant avec elle.

Informations complémentaires

La systématique actuelle des Parazoanthidés est basée sur des critères anatomiques non accessibles au plongeur. L'identification visuelle reste donc approximative.
Cependant, le degré élevé de spécificité des associations avec l'éponge-hôte donne des indications fiables.

Origine des noms

Origine du nom français

Le terme Zoanthaire est le nom français de la sous-classe des Zoantharia ou Hexacorallia, regroupant les les anémones, les cérianthes, les madrépores, les corallimorphaires et les antipathaires.
Le nom de zoanthaire est cependant passé dans le langage courant pour désigner, de façon restrictive, plusieurs familles appartenant à l'ordre des Zoanthides, c'est donc cette appellation que nous reprenons ici.
Zoanthaire-éponge : à cause de l'association systématique avec une éponge-hôte,
marron : pour la couleur rouge-marron à violacée des polypes.

Origine du nom scientifique

Parazoanthus : composé du grec [para-] = à côté de, et [zo-anth -] (comme dans zoanthaires = animaux-fleurs) : signifie "proche de Zoanthus".
puertoricense = de Puerto-Rico, le site où l'espèce a été décrite.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Cnidaria Cnidaires

Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, principalement à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula.

Classe Anthozoa Anthozoaires Cnidaires exclusivement marins, solitaires ou coloniaux, uniquement sous la forme polype (jamais de phase méduse dans le cycle de vie).
Sous-classe Hexacorallia / Zoantharia Hexacoralliaires / Zoanthaires Anthozoaires coloniaux ou solitaires, tentacules lisses, polypes à symétrie d’ordre 6.
Ordre Zoanthidea Zoanthides Hexacoralliaires coloniaux pour la plupart tropicaux. Polypes de 1 mm à 2 cm de diamètre, souvent reliés par des stolons. Ce sont les anémones encroûtantes, qui peuvent coloniser de grandes surfaces.
Famille Parazoanthidae Parazoanthidés
Genre Parazoanthus
Espèce puertoricense

Nos partenaires