Oursin régulier de forme ovoïde, aplati aux pôles
Test de couleur noire à marron rouge, généralement 2 à 5 cm de diamètre (jusqu'à 7 cm max.)
Piquants à peu près de la même taille que le diamètre du test
Piquants sombres noirs à bruns
Bourrelet blanc en forme d'anneau à la base des piquants
Large zone apicale nue
White spot urchin, whitespot urchin, red urchin (GB)
Echinometra arabacia Lütken, 1864
Indo-Pacifique
Zones DORIS : ● Indo-PacifiqueL'espèce est surtout présente dans l'océan Pacifique, dont la Nouvelle-Calédonie (possiblement Wallis-et-Futuna, la Polynésie française posant question).
Sa distribution n'est pas continue et va devoir être précisée par de nouveau travaux.
Parasalenia gratiosa est abondante dans le Pacifique (Vietnam, Malaisie, Indonésie, Papouasie Nouvelle-Guinée, Philippines, mer de Chine, côtes australienne du Queensland, Nouvelle-Calédonie, Vanuatu, archipel des Fidji, îles Salomon, Tonga, Cook, les archipels japonais subtropicaux Ryukyu et Ogasawara, etc.).
La présence de l'espèce en Polynésie française est mentionnée par plusieurs bases biogéographiques, mais nous n'avons retrouvé à ce jour aucune donnée primaire ni observation documentée permettant de formellement étayer cette présence polynésienne.
L'espèce serait présente en mer Rouge (historiquement sous le nom obsolète Echinometra arabacia), et dans la littérature scientifique, elle semble signalée dans l'océan Indien (Maldives, Madagascar, Zanzibar...). Mais elle ne semble pourtant pas y être observée par les naturalistes de terrain et ne figure dans aucun inventaire récent : ces signalements sont donc douteux (confusion possible avec Echinometra mathaei ou Parasalenia poehlii, qui eux sont bien présents dans la zone).
Parasalenia gratiosa se rencontre principalement sur les substrats rocheux et les récifs coralliens des zones littorales. Elle est le plus souvent observée entre 3 et 12 m de profondeur. C’est une espèce discrète, souvent dissimulée sous les blocs, mais qui peut être très abondante localement. Sa forme ovale et aplatie lui permet de mieux se faufiler dans les interstices et sous les pierres.
Dans leur inventaire des Échinodermes, Lane et al, 2000 indiquent néanmoins une répartition bathymétrique comprise entre 0 et 70 m en mer de Chine méridionale.
Parasalenia gratiosa est un oursin régulier de forme ovoïde aplati dorso-ventralement.
Sa bouche (péristome*) est au centre de la face orale (pôle inférieur de l'animal) tandis que l’anus (périprocte*) se trouve sur le pôle aboral*, légèrement excentré.
Les plaques squelettiques des régions ambulacraires* sont percées de triplets verticaux de paires de pores* par où passent les podias*. Le disque apical* est très grand, largement nu (pas de piquant sur la zone). On distingue parfois aussi aux ambulacres* cinq bandes radiales nues et de couleur légèrement plus claire rayonnant de l’apex*. Cette espèce porte les 4 types de pédicellaires*, dont des tridactyles* très allongés et parfois blancs, ce qui les rend particulièrement visibles.
Le diamètre du test* est généralement compris chez l'adulte entre 2 et 5 cm, avec un maximum de 7 cm.
Les radioles* (piquants) sont coniques, relativement robustes et souvent de taille similaire au diamètre du test. Assez gros, ils sont de tailles homogènes et sont assez espacés.
Le test de cet oursin est de couleur noire à brun-rouge mais les radioles peuvent être de couleurs variables : en général noire ou brunâtre, avec parfois des reflets rosés, violacés, verts ou beiges. Ils peuvent éventuellement présenter des bandes annelées plus claires. Chaque radiole présente un bourrelet blanc à sa base, qui contraste avec la couleur générale de l’oursin et lui donne son nom commun..
Parasalenia gratiosa peut principalement être confondue avec
Parasalenia gratiosa est un oursin brouteur. Il se repaît sur les rochers en raclant la surface de ceux-ci à l’aide des 5 longues dents de son appareil masticateur appelé « lanterne* d’Aristote ».
Ce sont des animaux opportunistes car ils ingèrent à la fois le film algal mais aussi les débris organiques et organismes sessiles* divers qu’ils rencontrent sur le substrat lors du broutage (certaines sources affirment qu’ils pourraient même brouter des polypes* de corail). On peut donc parler de régime opportuniste à tendance omnivore.
Parasalenia gratiosa a une reproduction sexuée gonochorique* : les sexes sont séparés. Les mâles et les femelles émettront en pleine eau leurs gamètes*, de manière synchronisée grâce à des signaux chimiques libérés dans le milieu.
La rencontre d’un ovule* et d’un spermatozoïde* formera une larve* pluteus* planctonique* dont le nombre de bras ciliés augmentera au cours du développement.
La larve va progressivement se transformer dans le plancton* pour atteindre un stade particulier où elle va couler sur le fond. Là, sur le substrat*, elle subira sa dernière transformation et se métamorphosera* en un jeune oursin qui poursuivra ensuite sa croissance vers la taille adulte.
Les piquants des oursins peuvent offrir un refuge à d’autres petits organismes. On peut parfois observer de petits gastéropodes parasites* de la famille des Eulimidés sur les oursins Parasalenia gratiosa, ainsi que des vers plats (probablement opportunistes).
La majorité des oursins réguliers ont des mœurs nocturnes. Parasalenia gratiosa est couramment observé sous les rochers le jour mais sort en groupe la nuit, où l'on peut observer des agrégations d'oursins à anneaux blancs sur les blocs coralliens.
Une fois l'animal mort, le test* calcaire ainsi que les piquants calcifiés peuvent subsister et sont parfois recherchés par les collectionneurs.
Même si Parasalenia gratiosa n’a pas de venin, une blessure due à l’introduction dans la chair d’un piquant, peut être à l’origine d’une réaction inflammatoire (synovite ou de ténosynovite lorsque des fragments demeurent dans les tissus).
Il existe 2 sous-espèces admises à ce jour (06/2026) :
Concernant la Liste Rouge mondiale des espèces en danger de l'UICN*, Parasalenia gratiosa n'est pas évaluée (NE).
Ce statut NE concerne des espèces qui n’ont pas encore été confrontées aux critères d'évaluation de l'UICN et, comme les autres espèces portant ce statut "Non Évalué", son niveau de risque reste inconnu. A ce titre, Parasalenia gratiosa n'a pas encore été intégrée aux évaluations de la Liste Rouge mondiale.
De manière empirique, cette espèce n’étant pas pêchée et étant facilement abondante, elle n’est pas considérée comme menacée. En sus, sa petite taille la rend inintéressante du point de vue alimentaire. Ce qui participe sans doute à expliquer son absence d'évaluation.
Oursin à anneaux blancs : le nom commun français vient des bourrelets blancs situés à la base de chaque radiole.
Parasalenia : le préfixe grec [Para-] signifie « à côté de » ou « proche de », suggérant une ressemblance ou une parenté avec un autre genre d'oursins, ici le genre Salenia Gray, 1835, un genre proche et antérieur dans la systématique des oursins, très représenté dans le registre fossile mais ne subsistant plus que par une espèce abyssale japonaise. En effet, Alexander Emanuel Agassiz (1835-1910) spécifie dans l'introduction du genre en 1863 que le genre Parasalenia ressemble à Salenia en ce qu'il possède un système abactinal* en relief ; toutefois ces deux genres ne sont pas apparentés, et même extrêmement éloignés dans la phylogénie moderne des oursins (ils n’appartiennent pas au même ordre).
Le genre ne contient pour l'heure (06/2026) que deux espèces vivantes : P. gratiosa (son type*) et P. poehlii.
P. marainae est une espèce fossile.
gratiosa : l'épithète spécifique gratiosa est dérivée du latin [gratia], qui signifie « grâce », « élégance » ou « charme ». Le terme gratiosa est la forme féminine, en accord avec le genre grammatical du nom Parasalenia (qui est féminin en latin).
A.E. Agassiz, descripteur de l'espèce en 1863, n'a pas expliqué ce choix d'adjectif à la page 22 de sa publication "List of the echinoderms sent to different institutions in exchange for other specimens, with annotations". Ce choix reflète probablement une caractéristique esthétique de l'oursin, comme sa forme subarrondie, ses piquants coniques élégants ou son apparence générale, qui a pu sembler « gracieuse » ou attrayante à Agassiz lorsqu'il a introduit l'espèce. Le terme gratiosa pourrait aussi être un hommage à l'aspect distinctif de l'oursin, notamment ses piquants avec un cercle blanc caractéristique à la base qui lui confèrent une apparence soignée et distinctive.
En résumé, Parasalenia gratiosa signifie littéralement « oursin proche des Salenia, de forme gracieuse, élégante », combinant une indication taxonomique (proximité avec le genre Salenia) et une description de son apparence. Ce nom illustre à la fois la méthode scientifique de classification et l'appréciation esthétique des naturalistes du XIXe siècle.
Numéro d'entrée WoRMS : 212438
| Termes scientifiques | Termes en français | Descriptif | |
|---|---|---|---|
| Embranchement | Echinodermata | Echinodermes | Symétrie radiale d'ordre cinq (chez les adultes). Squelette de plaques calcaires bien développé sous le derme. Présence d'un système aquifère auquel appartiennent les podia souvent visibles extérieurement. |
| Sous-embranchement | Echinozoa | Echinozoaires | Echinodermes non étoilés de forme globuleuse ou allongée. Ce groupe renferme les oursins et les concombres de mer. |
| Classe | Echinoidea | Echinides | Ce sont les oursins. Forme globuleuse ou hémisphérique, squelette qui porte des piquants mobiles, des pédicellaires et des pieds ambulacraires. Pouvoir de régénération limité. |
| Sous-classe | Euechinoidea | Euéchinides | Oursins plus ou moins sphériques, dits "oursins réguliers". Plaques ambulacraires composées. Bouche ventrale et anus dorsal. |
| Infra-classe | Carinacea | Carinacés | |
| Subter-classe | Echinacea | Echinacés | 10 plaques péristomiales |
| Ordre | Camarodonta | Camarodontes | Les épiphyses qui surmontent les demi-pyramides de la lanterne d'Aristote sont hautes et jointives. |
| Famille | Parasaleniidae | Parasaleniidés | |
| Genre | Parasalenia | ||
| Espèce | gratiosa |
Oursins (Échinides)
Anneaux blancs
Les piquants (radioles) de cette espèce sont généralement brun sombre, comme ici, à noirs, mais ils peuvent parfois paraître d'autres couleurs variées. Ils sont coniques, robustes et de taille similaire au diamètre du test. Ils sont de tailles homogènes et assez espacés (contrairement au genre Echinometra, par exemple).
Caractère distinctif : chaque radiole présente un bourrelet blanc à sa base, qui contraste avec la couleur générale de l’oursin.
Tout ceci est bien visible sur cette image, même si cela est moins évident lorsque les piquants ou les anneaux blancs sont recouverts d'algues ou de sédiments.
Vallon Dore, Mont Dore, Nouvelle-Calédonie (988), océan Pacifique, 10 cm
31/08/2023
Oursins (Échinides)
Test aplati et piquants verdâtres
C'est un petit oursin discret, aplati dorso-ventralement et elliptique.
On peut remarquer ici son appareil apical étendu, nu et complexe.
Il est très souvent confondu avec Echinometra mathaei, mais s'en distingue notamment par cet appareil apical étendu et dénudé que ne possède pas E. mathaei.
Koumac, Nouvelle-Calédonie (988), océan Pacifique, 2 m
08/11/2019
Test ovoïde et piquants rosés
Sur cet individu juvénile, on voit bien la forme allongée du test rouge-sombre.
Ici, les radioles sont plutôt roses et légèrement plus courtes que le diamètre du test, peut-être du fait du jeune âge ou de l’usure contre les rochers.
Platier Ricaudy, Nouméa, Nouvelle-Calédonie (988), océan Pacifique, 0,10 m
27/04/2025
Disque apical nu
Le disque apical large et nu est l'un des meilleurs critères d'identification du genre Parasalenia, avec des plaques génitales très massives et en léger relief.
On distingue aussi les longs pédicellaires (ici rouges) et les cinq bandes ambulacraires nues, dont l'une est occupée par un plathelminthe de passage (difficile de savoir s'il s'agit d'une interaction symbiotique).
Port-Vila, archipel du Vanuatu, océan Pacifique, 2 m
11/12/2019
Juvéniles
La larve pélagique va progressivement se transformer pour atteindre un stade particulier où elle va couler au fond. Là, sur le substrat, elle subira sa dernière transformation et prendra la forme adulte définitive. Ici, le test est déjà aplati, le grand disque apical typique est bien nu, les anneaux ronds et blancs sont déjà présents.
On distingue aussi de longs pédicellaires blancs.
Baie des Citrons, Nouméa, Nouvelle-Calédonie (988), océan Pacifique
17/05/2020
Echelle d'une petite espèce
Le doigt à côté de l'oursin donne une échelle pour l'animal. Même dans ses plus grandes tailles, Parasalenia gratiosa reste une petite espèce.
Plage de l'Aquarêve, Nouméa, Nouvelle-Calédonie (988), océan Pacifique
28/05/2025
Biotope
L'oursin à anneaux blancs se rencontre principalement dans les zones littorales avec des blocs rocheux riches en cavités et des récifs coralliens, entre les premiers mètres et une bonne dizaine de mètres (mais certains inventaires étendent grandement cette profondeur).
Parasalenia gratiosa n'est pas connu pour être un oursin perforant, contrairement à sa principale espèce ressemblante : Echinometra mathaei.
Baie des Citrons, Nouméa, Nouvelle-Calédonie (988), océan Pacifique, 8 m
06/10/2020
Mœurs nocturnes
L'oursin à anneaux blancs a des mœurs nocturnes. On peut couramment l'observer sous les rochers le jour mais on peut en rencontrer des groupes sur les blocs coralliens, la nuit.
Baie des Citrons, Nouméa, Nouvelle-Calédonie (988), océan Pacifique, 4 m
21/11/2024
Test
Le test est elliptique et légèrement aplati. On y distingue les cinq grosses plaques génitales elliptiques et les bandes que forment les paires de pores, très fines et droites.
Port-Vila, archipel des Vanuatu, oc"an pacifique, 2 m
11/12/2019
Distribution : en Nouvelle-Calédonie
La distribution de cette espèce est très large dans l'Indo-Pacifique mais n'est apparemment pas continue.
Elle serait présente en mer Rouge (à confirmer) mais on la sait localement abondante dans l'océan Pacifique occidental et central. On la voit ici en Nouvelle-Calédonie.
Elle semble absente ou très rare dans la majorité de l'océan Indien tropical.
Baie des Citrons, Nouméa, Nouvelle-Calédonie (988), océan Pacifique
06/10/2020
Espèce ressemblante : Echinometra mathaei
Voici la principale source d'erreur sur l’identification de Parasalenia gratiosa : l'orusin perforant Echinometra mathaei.
Même s'il peut aussi posséder des anneaux blancs à la base des piquants, il est plus gros, plus rond que P. gratiosa. Il ne montre pas la large zone nue sur la face supérieure, autour de l'anus.
Platier Ricaudy, Nouméa, Nouvelle-Calédonie (988), océan Pacifique, 0,20 m
17/11/2024
Rédacteur principal : Carole BERNARD
Rédacteur : Beatrice SERVENTI
Rédacteur : Alain-Pierre SITTLER
Correcteur : Frédéric DUCARME
Responsable régional : Alain-Pierre SITTLER
Agassiz A.,1863, List of the echinoderms sent to different institutions in exchange for other specimens, with annotations, Bulletin of the Museum of Comparative Zoölogy at Harvard College, 1, 22.
Lane D.J.W., Marsh L.M., VandenSpiegel D., Rowe F.W.E., 2000, Echinoderm fauna of the South China Sea: an inventory and analysis of distribution patterns, The Raffles Bulletin of Zoology, 8, 459-493.
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La page de Parasalenia gratiosa dans l'Inventaire National du Patrimoine Naturel : INPN
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