Mulet labéon

Oedalechilus labeo | (Cuvier, 1829)

N° 2596

Méditerranée et Atlantique proche (Maroc)

Clé d'identification

Corps élancé et fuselé
Couleur gris argenté, avec quelques lignes brunes
Tête massive et plate sur le dessus
Lèvre supérieure épaisse, lisse et surélevée
Profil à angle marqué sous la bouche

Noms

Autres noms communs français

Mange-sabon, sabounié, muge labéon

Noms communs internationaux

Boxlip mullet (GB), Cefalo labbrone (I), Caluga (E), Kastenmaul-Meeräsche (D), Tainha-sabão (P), Dudakli kefal (Turquie)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Mugil labeo Cuvier, 1829
Liza labeo
(Cuvier, 1829)

Distribution géographique

Méditerranée et Atlantique proche (Maroc)

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Le mulet labéon est présent le long de toutes les côtes de Méditerranée. On le retrouve également en Atlantique, le long des côtes marocaines.
Il est peu commun.
Il n'est pas présent en mer Noire.

Biotope

Il vit en bancs peu denses, à faible profondeur (0 à 10 m), au-dessus de fonds variés (roche, herbier, vase ou sable) et se tient fréquemment à la crête des vagues ou, par temps calme, tout près du bord.
C'est une espèce pélagique* côtière qui ne pénètre pas dans les estuaires.

Description

Le mulet labéon peut mesurer jusqu'à 30 cm de long. Son corps est élancé et fuselé, peu comprimé latéralement.
Il est de couleur gris argenté, avec quelques lignes fines, brunes, le long des flancs. Il présente une tache dorée, peu visible, à l'opercule et, quelquefois, une tache noire à l'aisselle des pectorales. Le ventre est plus clair que le haut du corps.
Les nageoires dorsales, courtes, sont éloignées l'une de l'autre. Elles sont plus petites que la nageoire anale. La première nageoire dorsale se situe à mi-distance entre le museau et la base de la caudale. La nageoire anale est composée de 11 rayons mous. Les pectorales sont hautes sur le corps, ce qui est une caractéristique des poissons évoluant près de la surface. La caudale est fourchue.
Sa tête est massive et plate sur le dessus, sa bouche petite. Sa lèvre supérieure est épaisse, lisse et surélevée. Elle est bordée d'une rangée de fins replis verticaux. Le profil, sous la bouche, présente un angle marqué.
La ligne latérale n'est pas visible. Les écailles sont cténoïdes* en avant du corps et cycloïdes* à l'arrière. Un tissu adipeux encercle l'œil mais ne recouvre pas la paupière.

Espèces ressemblantes

Il y a, sur les côtes françaises européennes, 5 autres espèces de muges :

Le muge doré (Chelon auratus), dont la lèvre supérieure est fine, montre une tache dorée operculaire très nette.

Le muge capiton ou mulet-porc (Chelon ramada) est caractérisé par ses petites écailles et une tache noire à la base des pectorales.

Le muge sauteur (Chelon saliens), dont la lèvre supérieure est très fine, présente un corps plus élancé que celui des autres muges.

Le muge-cabot ou mulet à grosse tête (Mugil cephalus) a une grosse tête au museau arrondi et des paupières adipeuses particulièrement épaisses. Vue de dessus, la tête de Mugil cephalus est plutôt arrondie.

Le muge lippu (Chelon labrosus) est reconnaissable à sa lèvre supérieure épaisse, munie de 3 à 5 rangées de papilles. Il a aussi une tache operculaire jaune et une tache sombre sous les pectorales.

La confusion est possible aussi avec le loup ou bar (Dicentrarchus labrax), mais la forme du corps ainsi que l’allure et la position de la bouche sont très différents. Autre critère de distinction pratique : chez le bar, la nageoire pectorale est positionnée en dessous de la pointe de l’opercule alors que chez le mulet, elle est au-dessus.

Alimentation

Grâce à ses lèvres épaisses, le mulet labéon "broute" la pellicule végétale (vase, diatomées, ...) qui recouvre la roche ou les algues et en retient les particules organiques nutritives. Mais il se nourrit principalement, à la surface, de plancton et d'algues.
Ce mulet est beaucoup plus opportuniste que les autres espèces. Il peut même lui arriver de "moucher", c'est à dire de gober des insectes aériens en surface.

Reproduction - Multiplication

La maturité sexuelle est atteinte durant la troisième année chez les mâles et au cours de la quatrième année pour les femelles.
La période de frai débute à la fin de l'hiver et dure tout le printemps.
L'espèce est ovipare*. Les œufs et les larves sont pélagiques.

Vie associée

Dans les bancs de mulets, il n'est pas rare de rencontrer d'autres espèces, de tailles identiques, comme de jeunes loups.

Divers biologie

Les mulets ont une large nageoire caudale et un puissant pédoncule caudal qui leur permettent, par une nage et des accélérations rapides, d'effectuer des sauts exceptionnels de plusieurs mètres hors de l'eau. Cette faculté leur permet d'échapper à des prédateurs, y compris l'homme, en sautant par exemple par-dessus les filets.

Les mulets ont la particularité de posséder un gésier, extension de l'estomac, dont le rôle est de broyer des fragments d'aliments de consistance dure. Le mulet a une dentition réduite et assez reculée dans la gorge. C'est une caractéristique des animaux herbivores ou détritivores, sachant que les mulets ingèrent beaucoup de vase, mais peuvent aussi happer quelques petits poissons, d'où l'importance du gésier.

Les mulets sont des poissons méfiants et relativement difficiles à approcher en plongée.

Informations complémentaires

La famille des Mugilidés, au niveau de l'ensemble des mers, est riche de 17 genres avec 81 espèces. Des représentants fossiles sont identifiés depuis le Priabonien, période qui appartient à l'Eocène et qui remonte à -35 millions d'années.

Le mulet labéon est l'espèce de mulets qui intéresse le moins la pêche.

Réglementation

Taille minimale autorisée pour la pêche : 20 cm en Méditerranée française.
La réglementation européenne ne fixe pas de minimum pour cette espèce.

Origine des noms

Origine du nom français

Mulet : du latin [mullus] qui dérive du grec [mullos] et qui désigne dans les deux cas un poisson de mer dont les rougets et les mulets font partie,
labéon : directement issu du nom scientifique.

Origine du nom scientifique

Oedalechilus : du grec [oidêma] = tumeur, gonflement, enflure ; et du grec [cheilo] = lèvre,
labeo : du latin [labium] = lèvre.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Super classe Osteichthyes Ostéichthyens Vertébrés à squelette osseux.
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées.
Sous-classe Neopterygii Teleostei Néoptérygiens Téléostéens Poissons à arêtes osseuses, présence d’un opercule, écailles minces et imbriquées.
Super ordre Acanthopterygii Acanthoptérygiens Rayons épineux aux nageoires, écailles cycloïdes ou cténoïdes, présence d'une vessie gazeuse et pelviennes thoraciques ou jugulaires, sans être systématiquement présents, sont des caractères que l'on ne rencontre que chez les Acanthoptérygiens.
Ordre Mugiliformes Mugiliformes
Famille Mugilidae Mugilidés 17 genres, environ 80 espèces. Écailles cycloïdes*, corps puissant, tête large, deux dorsales dont la 1ère épineuse. Intestin extrêmement long, de 24 à 26 vertèbres.
Genre Oedalechilus
Espèce labeo

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