Chélifer maritime

Neobisium maritimum | (Leach, 1817)

N° 5259

Atlantique Nord-Est

Clé d'identification

Animal de petite taille (3 mm)
Allure de scorpion sans queue
Corps brun rouge

Noms

Autres noms communs français

Néobise maritime, pseudoscorpion maritime

Noms communs internationaux

Shore neobissid (GB)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Obisium martimum Leach, 1817
Chelifer maritimus Gervais, 1844
Obisium littorale Moniez, 1889
Obisium (Obisium) maritimum Kew, 1911
Neobisium maritimum Gilbert, 1951
Microbisium dumicola Evans & Browning, 1954

Distribution géographique

Atlantique Nord-Est

Zones DORIS : 1 Europe (côtes françaises), 1.1 [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises]

Le chélifer maritime se rencontre sur la façade atlantique, depuis les Açores jusqu'à l'Irlande, en Grande-Bretagne et sur les côtes françaises de la Manche et de la mer du Nord.

Biotope

Le chélifer maritime fréquente les fonds rocheux de la zone supérieure de l'étage médiolittoral* (dans la zone à Ascophyllum ou celle des Fucus), qu'il parcourt à marée basse. Il s'abrite à marée haute au sein de crevasses. La littérature indique qu'il pourrait être rencontré sous des pierres.

Description

Le chélifer maritime se présente sous la forme d'un petit animal (3 mm maximum sans les pinces) brun rougeâtre dont l'allure globale ressemble à celle d'un scorpion qui n'aurait pas de queue.
Comme chez les scorpions, les pédipalpes* sont transformés en pinces.
Ce pseudoscorpion marin présente une configuration des pinces assez différente des autres Neobisium. Celles-ci sont nettement arquées et les "doigts" sont aussi longs que la "main".
L'animal possède 4 paires de pattes, chacune constituée de 5 segments, et de 2 paires d'ocelles* situées sur les côtés du prosome*.

Espèces ressemblantes

Les pseudoscorpions sont particulièrement complexes à déterminer et, parmi ceux-ci, le genre Neobisium ne fait pas exception. Toutes les espèces se ressemblent superficiellement et leur détermination repose principalement sur la chétotaxie (la disposition des soies*). Cette technique de détermination n'est, par ailleurs, pas applicable à Neobisium maritimum compte tenu de la grande variation d'implantation des longues soies* fines et mobiles (les trichobothries), rencontrées chez la plupart des arachnides mais aussi chez de nombreux groupes d'insectes. Ces soies* particulières ont une fonction sensorielle.
Fort heureusement, Neobisium maritimum est la seule espèce de pseudoscorpion que l'on peut rencontrer dans l'étage médiolittoral*, ce qui exclut tout risque d'erreur. Il faut par contre rester prudent en cas d'observation réalisée en haut de l'estran. D'autres pseudoscorpions (et en particulier Chthonius halberti) peuvent en effet y être rencontrés. Chthonius halberti présente un corps de couleur clair et des pinces droites.

Alimentation

Le chélifer maritime se nourrit principalement du collembole Anurida maritima, qu'il chasse parmi les rochers lorsque la mer se retire. Il peut aussi chasser les acariens fréquentant le même milieu. Les pédipalpes* (pinces) sont dotés d'une glande à venin, située sur la partie mobile. Lorsque la proie est immobilisée, l'animal injecte par la bouche un liquide contenant des enzymes* digestives. Il aspire ensuite le liquide obtenu par cette digestion externe.

Reproduction - Multiplication

L'espèce est gonochorique*. Le genre Neobisium est connu pour les parades des mâles, mais la littérature manque d'informations sur le comportement de Neobisium maritimum. La femelle pond ses œufs au sein d'un cocon, tissé à partir de la soie produite par des glandes situées sur les chélicères*. Le cocon est enfoui au creux d'une crevasse et sert d'abri à l'animal, même en dehors des périodes de reproduction (pour l'hivernage), et notamment en période de mue*.

Divers biologie

Compte tenu de son mode de vie et de sa petite taille, l'espèce est rarement observée. Son aire réelle de répartition et sa fréquence d'occurrence sont donc difficiles à déterminer de manière précise.
Des observateurs ont pu constater qu'une même fissure pouvait héberger plusieurs individus.
Les abris du chélifer maritime sont situés sur l’estran, sous le niveau pleine mer. Il ne remonte donc pas au-dessus du niveau de la mer.

Informations complémentaires

La famille de Néobisiidés est constituée de deux sous-familles, les Néobisiinés, à laquelle appartient Neobisium maritimum, et les Microcreagrinés. Hugues et Moore ont démontré, à partir du gène mitochondrial COI et de l'A.R.N. ribosomial 28S, que la sous-famille des Néobisiinés serait bien monophylétique*, tandis que la sous-famille des Microcreagrinés serait paraphylétique (c'est-à-dire que cette sous-famille ne regroupe pas tous les descendants d'une espèce ancestrale).

Origine des noms

Origine du nom français

Chélifer : du grec [chel-] = pince et du grec [fer-] = porter : qui porte des pinces. C'est le nom de genre qui a remplacé Obisium.

maritime : traduction du nom d'espèce.

Origine du nom scientifique

Neobisium : contraction réalisée par le zoologiste américain R.V. Chamberlin (1879-1967), auteur du genre, à partir du préfixe grec [neo] = nouveau, et de Obisium, nom original du genre, dont l'étymologie reste obscure, créé en 1798 par le zoologiste allemand J.K.W. Illiger (1775-1813).
maritimum : du latin [maritimus, a um] = marin.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Arthropoda Arthropodes Animaux invertébrés au corps segmenté, articulé, pourvu d’appendices articulés, et couvert d’une cuticule rigide constituant leur exosquelette.
Sous-embranchement Chelicerata Chélicérates Corps divisé en prosome* et opisthosome*. Chélicères et Pédipalpes. 4 paires de pattes locomotrices.
Classe Arachnida Arachnides Corps formé d’un céphalothorax et d’un abdomen. Présence de chélicères.  Huit pattes (4 paires).
Ordre Pseudoscorpionida Pseudoscorpions

Arachnides ressemblant aux scorpions, mais de bien plus petite taille, et dont l'abdomen ne possède pas de dard.

Famille Neobisiidae Néobisiidés
Genre Neobisium
Espèce maritimum

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