Mycale rouge carmin

Mycale (Aegogropila) rotalis | (Bowerbank, 1874)

N° 3431

Manche, Atlantique Nord-Est, Méditerranée

Clé d'identification

Eponge revêtante mince à massive
Couleur le plus souvent rouge carmin
Gros oscules de taille variable
Canaux aquifères visibles près des oscules
Pores inhalants visibles sous forme de taches foncées

Noms

Noms communs internationaux

Bright red sponge (GB)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Desmacidon rotalis Bowerbank, 1874
Mycale rotalis
(Bowerbank, 1874)

Distribution géographique

Manche, Atlantique Nord-Est, Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Mycale (Aegogropila) rotalis est présente tout autour des îles Britanniques, en mer du Nord des côtes de Zélande aux côtes françaises du Boulonnais, ainsi qu'en Manche. Elle vit également dans tout le bassin méditerranéen, en Atlantique proche et dans les archipels de Macaronésie (Açores, Madère, îles Canaries).

Biotope

Cette espèce vit fixée sur les parois verticales ou les surplombs de l'étage infralittoral* entre 2 et 50 m de profondeur, préférant les sites bien exposés aux courants. Il n'est pas rare de la rencontrer en épibionte* sur des coquilles de mollusques, sur certaines ascidies solitaires (Microcosmus spp.) ou sur des éponges cornées (Hipposongia communis, Spongia spp.).

Description

Cette éponge revêtante forme en général des croûtes minces ou des petits coussinets de couleur rouge à rouge-carmin plus ou moins brillant, mesurant quelques dm². Cependant elle peut prendre parfois une forme plus massive avec des lobes irréguliers. Des spécimens orange ou jaunes ont été également observés (Açores, Manche). Les oscules*, peu nombreux, sont bien visibles à la surface de l’éponge. De taille variable, ils sont disposés sans ordre défini à l’extrémité de canaux aquifères convergents. Les pores* inhalants* forment des taches foncées qui constellent irrégulièrement la surface de l’ectoderme*. Ce dernier étant recouvert d’une fine membrane réticulée translucide. L’éponge, douce au toucher, est de consistance ferme et se montre résistante à l’arrachement.

Voir la description microscopique dans la rubrique "Divers biologie".

Espèces ressemblantes

Sa surface très caractéristique la rend assez facilement identifiable parmi le nombre important d'éponges rouges encroûtantes. Cependant une étude des spicules* au microscope permettra d'ôter tout doute car cette espèce présente une combinaison très particulière des spicules microsclères*.

Alimentation

Les éponges sont des animaux filtreurs* qui se nourrissent de microparticules : bactéries, algues unicellulaires, débris organiques, ne dépassant pas en général 3 micromètres. Le courant d'eau nécessaire est créé par le mouvement des flagelles* des cellules ciliées spécifiques des éponges : les choanocytes*. Celles-ci captent et digèrent les particules organiques microscopiques et les produits de la digestion sont distribués aux autres cellules de l'organisme. Les déchets non métabolisables sont évacués par des orifices exhalants : les oscules.

Reproduction - Multiplication

La reproduction peut être sexuée ou asexuée.

  • Sexuée :chez cette espèce à sexes séparés, les gamètes mâles et femelles ne sont pas expulsés au même moment. Vivipare*, elle donne naissance à une larve* de type « parenchymella», dernier stade embryonnaire, qui, libérée par l'oscule, se fixera sur son support après quelques jours de vie pélagique*. Sa période de reproduction s'étend de mars à mai..
  • Asexuée : par bourgeonnement ou bouturage de fragments qui se détachent de l'éponge mère pour se fixer un peu plus loin.

On notera que les éponges ont une forte capacité de régénération.

Vie associée

Cette espèce peut se fixer et croître sur des coquilles de bivalves, des algues ou des hydraires. Il n'est pas rare d'observer à sa surface quelques échinodermes ophiurides (Ophiothrix spp.).

Divers biologie

Comme tous les spongiaires, cette espèce est un animal très simple ne présentant pas de tube digestif et peu ou pas de cellules nerveuses. Elle ne se rétracte donc pas quand on la touche. Elle présente une couche de cellules externes (l'ectoderme*) et une couche de cellules internes (l'endoderme*), séparées par une sorte de gelée (la mésoglée*). La cavité gastrique ou cavité interne (atrium*) est tapissée de cellules ciliées (les choanocytes, caractéristiques des spongiaires) dont les flagelles créent un courant d'eau. La respiration se fait par filtration de l'oxygène dissous dans l'eau.

Description microscopique :
Les spicules sont répartis en deux catégories : des mégasclères* qui sont des subtylostyles*, longues aiguilles typiques de 240-300 µm de longueur, pointues à une extrémité et munies d'une petite tête à l'autre, des microsclères parmi lesquelles on observera des anisochèles* palmés, en forme de pinces à mors, de trois tailles différentes (15 µm, 25 µm et 30 µm) et des sigmas* de petites tailles, de forme lunaire et de 2 tailles (20-25 µm et 65-70 µm).

Le squelette est constitué d'un ensemble de fibres disposées en réseau dense, dit réticulé.

Origine des noms

Origine du nom français

Mycale : cette éponge garde son nom de genre latin, Mycale.

Le nom commun met en avant la couleur rouge carmin, caractéristiques de l'espèce.

Ce nom vernaculaire est suggéré par le site DORIS.

Origine du nom scientifique

Mycale : du grec [mukê] = champignon, moisissure, aspect général que donne cette éponge.

rotalis : mot latin = qui a des roues. On distingue à la surface de cette éponge des lignes réticulées formant un réseau à l'image des rayons d'une roue.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Porifera Spongiaires / Eponges Organismes exclusivement aquatiques, filtreurs, fixés au substrat, de formes variables, et percés d'orifices inhalants (ostioles ou pores) et exhalants (oscules).
Classe Demospongiae Démosponges

Eponges dont la charpente est constituée de spicules siliceux (différenciés en méga- et microsclères) et de collagène dispersé ou structuré en fibres de spongine. Ovipares ou vivipares, larve typique = parenchymella.

Ordre Poecilosclerida Poécilosclérides « Eponges à spicules variés ». Charpente de spicules siliceux (styles ou acanthostyles) renforcée de spongine. Plusieurs types de mégasclères et de microsclères (chèles, sigmas...).
Sous-ordre Mycalina Mycalines
Famille Mycalidae Mycalidés Squelette en réseau formé de styles ou tylostyles groupés en plumets. Nombreux types de microsclères, dont des anisochèles qui peuvent se grouper en rosettes.
Genre Mycale (Aegogropila)
Espèce rotalis

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