Goéland leucophée

Larus michahellis | J.F. Naumann, 1840

N° 1490

Littoral méditerranéen et parfois atlantique

Clé d'identification

Tête, ventre et poitrine blancs
Dos et ailes gris moyen
Extrémité des rémiges noire mouchetée de taches blanches
Œil jaune-vert pâle cerclé de rouge, pattes palmées jaune vif
Bec jaune orangé, tache rouge sur la mandibule
Peut atteindre 70 cm de haut

Noms

Autres noms communs français

Gabian

Noms communs internationaux

Yellow-legged Gull (GB), Gabbiano reale (I), Gaviota patiamarilla (E), Weisskopfmöwe (D), Gaivota de patas amarelas (P), Geelpootmeeuw (NL)

Synonymes du nom scientifique actuel

Larus argentatus michaellis (J.F. Naumann, 1840)

Distribution géographique

Littoral méditerranéen et parfois atlantique

Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Méditerranée française], ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises], ● Eau douce d'Europe

Le goéland leucophée vit principalement le long des côtes méditerranéennes, îles comprises. Il est présent le long des côtes atlantiques (depuis la Loire jusqu'au sud du Maroc) et autour des îles de Macaronésie*. Il remonte également à l'intérieur des terres, le long de grands fleuves avec quelques îles, comme le Rhône ou le Rhin, ou autour de grands plans d'eau, comme le lac Léman.
C'est le goéland le plus répandu sur les côtes méditerranéennes françaises, où la population augmente régulièrement depuis 1920, alors qu'elle avait presque disparu en 1900. Depuis 1950, on assiste à l'extension de sa distribution vers le nord et les terres.
Des observations sporadiques ont été faites en Amérique du Nord : à Terre-Neuve, au Québec et dans l'Archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon. Le même constat a été relevé aux Antilles.

Biotope

En région côtière, il accepte tout type de relief ou de substrat : les falaises comme les dunes, les lagunes comme les marais, et même les salines ou les toits.
Il s'est aussi habitué aux environnements artificiels comme les bassins de décantation, les digues, etc. Il est particulièrement présent dans les zones portuaires ou les champs cultivés où la nourriture est facile à trouver.

Description

Le goéland leucophée est un oiseau plutôt grand et robuste, malgré ses courtes pattes. En effet, sa taille peut atteindre 70 cm et son envergure peut avoisiner 150 cm. En vol, il est donc bien plus large que long. Le dimorphisme* sexuel se limite à la taille, le mâle étant plus grand que la femelle.
Son dos et ses ailes sont gris moyen. Ses dix rémiges* primaires sont grises également et les cinq externes se terminent en noir taché de blanc. Sa tête, légèrement aplatie sur dessus, son cou, sa poitrine, son ventre et sa queue sont blancs.
Ses pattes palmées sont nettement jaune vif. Son bec fort et crochu est jaune vif également, avec une tache rouge à la mandibule* et à la commissure buccale. Son œil est jaune-vert clair cerclé de rouge et l'on note parfois quelques stries grises sur les plumes tout autour.

Le jeune est brun, à tête claire ; poitrine, tête et cou sont blanchâtres mouchetés de beige. L'œil est foncé, le bec sombre et les pattes rose grisé. Les rémiges sont brunes. Il atteint son plumage d'adulte vers l'âge de quatre ans.

Espèces ressemblantes

Le goéland argenté, Larus argentatus, a une aire de répartition (Europe du Nord-Ouest), à ce jour (mars 2026) plus septentrionale que celle du goéland leucophée. Il lui ressemble beaucoup, mais sa silhouette est plus massive et ses pattes ne sont pas jaunes mais roses. Son dos est gris argenté, un peu plus clair donc. De plus, le cercle autour de l'œil et les commissures buccales sont jaunes.

Le goéland pontique, Larus cachinnans, vit en Europe centrale et a longtemps été assimilé au goéland leucophée (jusque vers 1995). Ses pattes sont plus hautes et jaune pâle ; son bec est plus long et jaune terne ; sa tête est ronde.

Le goéland brun, Larus fuscus, a une distribution cosmopolite, à l'exception de l'Océanie et de l'Amérique du Sud. Son dos et ses ailes sont noirs, sans miroir* blanc aux extrémités des rémiges. Les immatures sont très difficiles à distinguer.

Le goéland marin, Larus marinus, a une distribution beaucoup plus nordique et il est rare que les deux espèces se rencontrent. Son dos et ses ailes sont noirs ; ses pattes sont rose chair.

Le goéland cendré, Larus canus, a une distribution cosmopolite, à l'exception du sud de l'Afrique et de l'Amérique du Sud. C'est un petit goéland, au bec court, verdâtre, et à la tête ronde. Son dos est largement gris moyen, ses pattes sont verdâtres.

Le goéland à bec cerclé, Larus delawarensis, est présent partout dans l'hémisphère nord, ainsi qu'au nord de l'Amérique du Sud. Son dos et ses ailes sont gris bleuâtre ; sa tête est blanche, mouchetée de brun ; son bec verdâtre est cerclé de noir.

Le goéland d'Audouin, Ichthyaetus audouinii, a une distribution méditerranéenne et, plus rarement, d'Europe du Nord. C'est un petit goéland, au bec rouge barré de noir. Son dos et ses ailes sont gris pâle ; l'extrémité de sa queue est noire.

Alimentation

Le goéland leucophée est un prédateur opportuniste et son alimentation se compose de poissons, crustacés ou mollusques, vivants ou morts, mais aussi de vers, d'insectes, de petits mammifères ou d'oiseaux. Dans ce dernier cas, il peut organiser de vraies attaques sur les colonies de mouettes, de sternes et d'oiseaux de haute mer, alors au repos.
Il trouve l'essentiel de sa nourriture sur l'estran* mais n'hésite pas à piocher dans les champs cultivés et, lorsque la pitance se raréfie, dans les centres d'enfouissement.
Cette évolution récente de son régime alimentaire est à l'origine du développement de sa population.

Reproduction - Multiplication

La période de reproduction peut entraîner de courtes migrations à la fin de l'été, puis à la fin de l'hiver. Cela n'est cependant pas systématique car de nombreux individus sont sédentaires. Cette saison s'étend de mars à juillet, avec une ponte par an.
Cette espèce est classiquement grégaire et niche en colonie (parfois jusqu'à 8 000 couples) le long de tous les types de côtes et de plus en plus souvent en zone urbaine (sur les toits par exemple). Le couple construit le nid avec la laisse de mer*, classiquement au sol, caché sous la végétation.
La ponte a lieu en mars-avril et comprend 2 à 3 œufs, brun clair à taches sombres, qui écloront après quatre semaines. Les poussins sont mouchetés, ce qui sert au camouflage. Ils nagent à dix jours et volent à six semaines.

Vie associée

Il partage certains champs cultivés avec la mouette rieuse, Larus ridibundus, mais aussi des décharges à l'air libre, où ils sont rejoints par les étourneaux.

Divers biologie

En vol, il est capable de longs vols planés. Son envergure peut alors atteindre 150 cm.

Ce goéland "chante" beaucoup et ses cris ressemblent à un miaulement, un sanglot ou un ricanement.

Son espérance de vie est estimée entre 10 et 15 ans.

Informations complémentaires

En ville, les regroupements de goélands leucophées sont redoutés car ces oiseaux sont bruyants et leurs fientes salissent l'espace.

Dans les îles de Macaronésie, il est considéré comme nuisible (avec régulation de l'espèce) car il s'attaque fréquemment aux nids des oiseaux de haute mer, rares et protégés.

Il existe une sous-espèce "atlantis" en Macaronésie : le gris de son dos s'est assombri.
Une autre sous-espèce est parfois présentée mais reste à stabiliser : le goéland cantabrique (L. m. lusitanius), installé le long des côtes ibériques, du nord du Portugal au Pays basque espagnol, plus petit et aux pattes plus courtes.

Statuts de conservation et réglementations diverses

Depuis 2019, cette espèce est classée dans la liste rouge de l'UICN* sous le statut LC (Least Concern), soit "préoccupation mineure". En effet, sa population est plutôt en augmentation sur le territoire européen.

Le goéland leucophée est protégé au niveau international dans le cadre de l'annexe III de la convention de Berne, relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel en Europe.
En France, il appartient à la liste des oiseaux protégés (Articles 1 et 5).

Origine des noms

Origine du nom français

Goéland : du breton [gouélan] = pleurer, à cause de son chant caractéristique ;
leucophée : du grec [leukos] = blanc et [phaios] = sombre, en référence à son plumage contrasté.

Origine du nom scientifique

Larus : du grec [larus] = mouette, un oiseau très commun de la même famille, qui porte également ce même nom de genre ;

michahellis : espèce dédiée au zoologue allemand Karl Michahelles (1807-1834) qui a étudié plusieurs espèces d'oiseaux.

Classification

Numéro d'entrée WoRMS : 232052

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Classe Aves Oiseaux Vertébrés à plumes, ovipares. Les membres antérieurs sont transformés en ailes.
Ordre Charadriiformes Charadriiformes

Oiseaux plus ou moins aquatiques, au bec pointu et aux pattes fines.

Famille Laridae Laridés Mouettes, goélands, et sternes.
Genre Larus
Espèce michahellis

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