Doris d'Alain

Hypselodoris alaini | Ortea, Espinosa & Buske, 2013

N° 3754

Antilles

Clé d'identification

Manteau avec treillage orange et jaune au travers duquel se voit le fond bleu ciel
Bord du manteau blanc avec points noirs
Rhinophores bleus lamellés
Feuillets branchiaux blancs avec liseré noir
Pied au treillage jaune dépassant à l'arrière

Noms

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Les espèces atlantiques du genre Hypselodoris ayant été récemment reclassées dans le genre Felimare, il se peut que la doris d'Alain aussi soit prochainement rebaptisée Felimare alaini.

Distribution géographique

Antilles

Zones DORIS : Caraïbes

Cette espèce a été signalée en Guadeloupe, à Saint Martin, à Puerto Rico, un spécimen a été photographié à Anguilla et un autre en République Dominicaine.

Biotope

La doris d'Alain fréquente les fonds sableux avec des débris rocheux et coralliens entre 10 et 25 m de profondeur.

Description

Ce nudibranche a un corps fin et allongé, assez haut, pouvant atteindre 40 mm, avec un fond bleu clair et un treillis dorsal irrégulier formé de trois zones orange-brun en alternance avec trois jaunes. Dans la partie antérieure du manteau*, en avant et autour des rhinophores*, le treillis est orange. Il est jaune ailleurs et notamment autour des branchies*. C'est au travers des mailles de ce treillis jaune et orange que se voit le bleu clair du fond, apparaissant donc comme de petites taches bleues de diverses formes.

Le bord du manteau est blanc, avec des points noirs tirant vers le bleu, parfois des traits dans le sens intérieur-extérieur. Cette bordure est liserée extérieurement d'une fine ligne rosâtre, devenant rougeâtre et plus intense dans la région postérieure.
Sur la tête en forme de spatule, les rhinophores sont bleu intense avec un sommet bleu clair et terminés en pointe. Ils comprennent plus de 30 lamelles, arrangées de façon serrée et presque horizontales.
Le panache branchial est composé de feuillets blancs avec un liseré noir.
Le pied* porte également le treillage jaune à fond bleu ciel. Il dépasse largement à l'arrière du manteau.

Espèces ressemblantes

Felimare acriba (Ev. Marcus & Er. Marcus, 1967). La doris d'Alain a le bord du manteau blanc avec des points noirs et trois zones orange en alternance avec trois jaunes tandis que F. acriba a le bord du manteau blanc avec un liseré jaune/orange bien marqué et pas de zone orange dans le treillis dorsal. La bordure du manteau forme des festons ondulés.

Hypselodoris fortunensis Ortea, Espinosa & Buske, 2013. Le fond bleu se dégrade jusqu'au blanc de la marge. Une large bande jaune centrale très chantournée et percée de "trous" laisse voir le bleu. Points noirs sur la marge. Rhinophores mauves, branchies blanches lignées de mauve.

Hypselodoris olgae Ortea & Bacallado, 2007 a le bord du manteau blanc à points noirs, le dos est jaune-brun marqué de taches bleues. Les taches bleues sont cernées de points noirs discontinus. Ses rhinophores sont blanc bleuâtre avec l'extrémité pointée de violet, et le panache branchial est blanc liséré de noir.

Felimare marci (Ev. Marcus, 1971) est également une espèce ressemblante de la zone Atlantique Ouest (Venezuela, Belize, Brésil…). Les motifs réticulés avec un treillage jaune-orange sur fond bleu sont présents, ainsi qu'une marge blanche (parfois finement bordée d'orange) à taches noires. Mais les rhinophores sont blancs avec l'apex* bleu.

D'autres espèces existent dans la zone mais des détails importants (lignes longitudinales ou pointillés à la place du treillis, marge différente, couleur des rhinophores) permettent d'éviter les confusions avec H. alaini.

Alimentation

On sait qu'elle se nourrit d'éponges, mais sans pouvoir préciser à ce jour de quelle(s) espèce(s).

Reproduction - Multiplication

La ponte est un ruban enroulé plusieurs fois sur lui-même (3 fois ?), avec des parois rigides et une gangue gélatineuse qui contient de grands œufs orange.

Informations complémentaires

Cette espèce a été décrite très récemment. Mais une photo d'un spécimen figure dans l'ouvrage de [Valdés et al. 2006] sous le nom de Hypselodoris cf. acriba.

La mission Karubenthos, conduite de mai à décembre 2012 par Philippe Bouchet, a mobilisé une quarantaine de personnes (dont une dizaine de bénévoles) pour réaliser un inventaire de référence du petit macrobenthos de la Guadeloupe : mollusques, crustacés, échinodermes, algues, etc.
4 nouvelles espèces d'Hypselodoris, entre autres, ont été décrites sur la base des spécimens collectés.

Origine des noms

Origine du nom français

Doris d'Alain : tout simplement la francisation du nom scientifique.

Origine du nom scientifique

Hypselodoris : du grec [hypso] = élevé, sublime et [Doris] = Océanide, fille d'Océan et de Téthys, épouse de Nérée et mère des 50 néréides. Les Hypselodoris ont un corps plus élevé que d'autres genres de nudibranches, généralement plus plats.

alaini : espèce nommée ainsi en l'honneur d'Alain Goyeau, expert en nature sous-marine de la Guadeloupe et propriétaire du club de plongée de Port-Louis, localité d'origine du type* de cette très belle espèce. En reconnaissance de sa collaboration avec la mission Karubenthos (voir § Informations complémentaires).

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Gastropoda Gastéropodes Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules.
Sous-classe Opisthobranchia Opisthobranches Coquille présente, réduite ou absente. Branchies à l’arrière du cœur. Principalement marins ou d’eau saumâtre, rare en eau douce (une dizaine d’espèces, Ordre des Acochlidea).
Ordre Nudibranchia Nudibranches Cavité palléale et coquille absentes chez l’adulte. Lobes pédieux souvent absents aussi. Respiration cutanée, à l’aide de branchies, de cérates ou d’autres appendices. Tête portant une ou deux paires de tentacules, les tentacules postérieurs ou rhinophores peuvent parfois être rétractés dans des gaines. Principalement marins ou d’eau saumâtre.
Sous-ordre Doridina Doridiens Corps aplati. Anus dorsal entouré complètement ou partiellement par des branchies de remplacement ramifiées qui peuvent être rétractées (voire absentes). Mangeurs d’éponges, habituellement armés de spicules calcaires internes.
Famille Chromodorididae Chromodorididés Doridiens au corps mou allongé et étroit, à coloration vive. Dos en général lisse, bord du manteau développé à l’avant. Pied effilé à l’arrière, dépassant du manteau. Rhinophores lamellés, tentacules buccaux courts et coniques, branchies pennées.
Genre Hypselodoris
Espèce alaini

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