Verrucaire noire

Hydropunctaria maura | (Wahlenb.) C. Keller, Gueidan & Thüs 2009

N° 2029

Mer du Nord, Manche, océan Atlantique Nord

Clé d'identification

Fine croûte noirâtre qui recouvre les rochers littoraux
Aspect de taches de goudron séchées
Surface très dure, lisse, parfois craquelée
Thalle atteignant 30 cm, parfois davantage

Noms

Autres noms communs français

Lichen encroûtant noir, verrucaire marine

Noms communs internationaux

Black seaside lichen (GB), Zwarte zeestippelkorst (NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Verrucaria maura Wahlenb. 1803 a été jusqu'à il y a peu le nom valide de cette espèce.
Verrucaria zschackeana
Erichsen
Verrucaria aractina Wahlenb. 1803
Verrucaria scotina Wedd. 1875
Verrucaria pseudomemnonia Zschacke 1924

Distribution géographique

Mer du Nord, Manche, océan Atlantique Nord

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord, Atlantique Nord-Ouest

La distribution de ce lichen s'étend depuis l'Arctique jusqu'aux côtes du nord-ouest de l'Europe à l'Est, et jusqu'au Massachussets à l'Ouest.

Biotope

La verrucaire noire est une espèce strictement littorale, qui forme une ceinture noire nette au niveau de la limite de haute mer, sous la zone des xanthories et des ramalines. Elle est souvent associée au lichen encroûtant orange (Caloplaca marina), et au lichen pygmé (Lichina pygmaea).
Son thalle aplati et encroûtant lui permet de résister au ressac, notamment au pied des falaises.
C'est un des rares lichens qui tolère l'immersion.

Description

Le thalle de la verrucaire noire se présente sous la forme d'une fine croûte noirâtre, lisse, fermement ancrée à la roche, dont elle épouse parfaitement la forme. Sa surface est lisse, parfois craquelée, alvéolée et très dure au toucher.
Au premier abord, un thalle de Hydropunctaria maura évoque une tache de goudron séché, qui peut atteindre un diamètre de 30 centimètres, parfois plus. Les grandes surfaces minérales recouvertes résultent de la confluence de nombreux thalles, dont les bords sont peu distincts. A leur surface s'élèvent de minuscules coupes noires peu visibles, les apothécies*, qui constituent les organes de reproduction du lichen.

Espèces ressemblantes

La verrucaire noire peut être confondue avec une espèce proche, Verrucaria mucosa, mais le thalle de cette dernière est vert bouteille et sa consistance est plus molle, gélatineuse.

Alimentation

Un lichen est une symbiose, une association entre un champignon (hétérotrophe*) et une algue (autotrophe*), parfois une cyanobactérie. La proportion d'algues dans cette association ne dépasse jamais les 10%.
Les hyphes* du champignon absorbent l'eau et les sels minéraux du substrat (roche). L'algue fait la photosynthèse* : à partir des éléments précédents, fournis par le champignon, de CO2 atmosphérique et d'énergie lumineuse, elle synthétise de la matière organique, dont bénéficie en retour le champignon.

Reproduction - Multiplication

Les lichens se reproduisent de manière sexuée ou asexuée.

Sexuée : lorsque deux thalles de Hydropunctaria maura entrent en contact, les hyphes* fusionnent. Il se forme alors des petits organes reproducteurs, les apothécies*, au creux desquelles le champignon fabrique des spores. Celles-ci sont disséminées par l'eau et le vent. Si les conditions le permettent, les spores seront à l'origine de nouveaux champignons, dont les tissus seront colonisés secondairement par les algues.

Asexuée : une simple fragmentation du thalle peut engendrer de nouveaux organismes, génétiquement identiques.

Divers biologie

L'association symbiotique entre les deux organismes (champignon et algue) permet au lichen d'acquérir de nouvelles propriétés : il a la capacité de résister aux conditions extrêmes de l'étage supra-littoral* : résistance à la salinité, à de grandes variations de température, et résistance à la dessiccation provoquée par l'exposition au vent et au soleil.

Le lichen est en outre capable de retenir une quantité d'eau équivalente à 35 fois son poids !

Les lichens sont très résistants aux variations des conditions environnementales, et notamment à la pollution. Capables d'emmagasiner et de stocker divers polluants atmosphériques, ils permettent une purification de l'air et constituent de véritables marqueurs (ou bio-indicateurs), témoins de la qualité d'un biotope.

Capable de coloniser la roche nue, la verrucaire noire a un rôle pionnier. Elle participe de manière importante à l'érosion des roches.

Sa croissance est très lente (moins de 1 mm par an).

Informations complémentaires

La verrucaire noire est broutée par la littorine bleue (Melarhaphe neritoides).

Origine des noms

Origine du nom français

Verrucaire noire est la traduction du nom scientifique.
Lichen encroûtant noir, à cause de la texture et de la couleur du thalle.

Origine du nom scientifique

Verrucaria : du latin [verruca] = verrue,
maura : du latin [maura] = noir.
Le thalle de la verrucaire noire épouse parfaitement les moindres aspérités de la roche, sa surface peut ainsi présenter des petites bosses dures.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Ascomycota Ascomycètes Champignons dont le thalle se reproduit grâce à des spores contenues dans des asques.
Classe Eurotiomycetes Eurotiomycètes
Ordre Verrucariales Verrucariales
Famille Verrucariaceae Verrucariacées
Genre Hydropunctaria
Espèce maura

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