Hyalinelle tachetée

Hyalinella punctata | (Hancock, 1850)

N° 3486

Europe, Amérique, nord de l'Asie

Clé d'identification

Colonies toujours rampantes et intimement soudées au substrat
Tubes épais, gélatineux, linéaires, peu ramifiés, cylindriques, collés au substrat sur toute leur longueur
Enveloppe extérieure généralement incolore et transparente
Pas de septa (= cloison)
Zoïdes de 1 mm dressés verticalement
Lophophore en forme de fer à cheval, avec 42 à 58 tentacules ciliés

Noms

Noms communs internationaux

Gestippeld mosdiertje (NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Plumatella punctata Hancock, 1850
Plumatella vesicularis Leidy, 1854
Plumatella vitraea Hyatt, 1868
Hyalinella vesicularis Jullien, 1885
Hyalinella vitraea Jullien, 1885
Plumatella lophopoidea Kafka, 1885
Plumatella punctata Kraepelin, 1887
Hyalinella punctata Loppens, 1908

Distribution géographique

Europe, Amérique, nord de l'Asie

Zones DORIS : Eau douce d'Europe, Atlantique Nord-Ouest

La présence de colonies de H. punctata est certaine pour toute la région holarctique* (Amérique du Nord, Europe, nord de l'Asie) ainsi que l'Amérique du Sud. Les signalements de sa présence ailleurs dans le monde, signalements qui en feraient une espèce cosmopolite, sont encore en cours de validation.
L'espèce est nettement moins fréquente que les autres bryozoaires d'eau douce.

Biotope

On trouve les colonies principalement dans les lacs et les eaux à courant lent et calme. Elles sont fixées à différents substrats solides : roches, bois, roseaux, etc. Elles préfèrent les eaux mésotrophes* ou eutrophes* (= moyennement à richement chargées en éléments minéraux).

Description

Les Bryozoaires sont de minuscules animaux coloniaux dont les individus se présentent sous la forme d'une petite logette souple ou calcifiée appelé cystide* dans lequel se trouve le reste du corps (polypide*) qui comprend un grand estomac en U, une couronne de tentacules* appelée lophophore*, et un ganglion* nerveux cérébroïde*.

Les colonies (ou zoara*) sont de formes variées : largement ouvertes ou compactes et massives. Elles sont toujours rampantes et intimement soudées au substrat*. Elles sont formées par des tubes épais, linéaires et cylindriques qui sont collés au substrat sur toute leur longueur. Ils sont peu ramifiés et peuvent s'agglutiner. Certains tubes peuvent former un bourrelet à leur extrémité (juste en dessous du lophophore). La colonie présente de nombreux individus (les zoécies* ou zoïdes*) dressés verticalement et d'une taille d'un millimètre. Il n'y a pas de cloisons (septa*) entre eux.

L'enveloppe extérieure (ou ectocyste*) de chaque individu de la colonie est généralement incolore et transparente. Elle n'a ni carène* ni incrustation ni sillon ni émargination*. Elle est souvent, mais pas toujours, uniformément recouverte de points blancs dont on ignore la fonction et qui ont donné le nom scientifique de l'espèce : punctata. Par transparence, l'enveloppe laisse voir un intérieur blanc-jaunâtre. Le lophophore est en forme de fer à cheval et comporte de 42 à 58 tentacules ciliés.

Chaque individu comporte un grand nombre d'éléments opaques et ovoïdes visibles par transparence : ce sont des bourgeons dormants appelés statoblastes* (voire § Reproduction). De couleur brun foncé, plus rarement brun clair, il peut y en avoir environ une vingtaine. Ils ont une taille de 0,50 mm de longueur sur 0,35 mm de largeur.

Espèces ressemblantes

Hyalinella punctata est très ressemblante aux différentes espèces de Plumatella mais ses polypides* sont plus larges, hyalins et fragiles. Elle ne forme pas de sessoblastes*.

Plumatella repens dont certaines colonies peuvent être gazonnantes ou en croûte ; les branches de la colonie sont très ramifiées et rayonnent irrégulièrement autour d'un centre (lieu de départ de la colonie) ; les dernières ramifications de chaque branche peuvent être couchées ou légèrement dressées.

Alimentation

H. punctata se nourrit de toutes les particules qui peuvent passer par l'ouverture de la bouche des polypides, essentiellement du phytoplancton* et des bactéries. L'alimentation se fait aussi bien par filtration à l'aide des cils que par utilisation active des tentacules du lophophore.
Les colonies participent ainsi au filtrage de l'eau et au recyclage des nutriments.

Reproduction - Multiplication

Les bryozoaires se reproduisent par voie asexuée suivant deux modalités, et par voie sexuée.

Hyalinella punctata a une reproduction principalement asexuée.
Elle peut se faire par accroissement de la colonie qui produit des nouveaux individus à partir de bourgeons d'accroissement.
Le deuxième mode est la production de statoblastes. Ce sont des organes de résistance qui se développent dans la partie basse de l'animal. Ils sont de forme ovale, environ 500 x 350 µm, avec un anneau pneumatique (flotteur) entourant la capsule qui héberge le matériel germinatif. De couleur brun foncé presque noir (rarement brun clair), ils sont libérés quand la colonie se désagrège. Le flotteur jusque là dégonflé, se remplit d'air et les flottoblastes* (= statoblastes flottants) sont emportés par les courants mais également par les oiseaux aquatiques (attachés aux pattes ou dans l'intestin quand les colonies sont mangées) et probablement par les poissons. Quand les conditions environnementales redeviennent favorables (ces conditions sont encore mal connues), les enveloppes des statoblastes s'ouvrent et donnent naissance à un jeune zoïde : l'ancestrule*. Il faut signaler que les études récentes ont établi qu'il n'y a pas de sessoblastes* (statoblastes fixés au substrat avec un anneau réduit à une lame chitineuse ne jouant pas le rôle de flotteur) chez cette espèce.

La reproduction sexuée donne naissance à une larve* d'un millimètre de longueur sur un demi-millimètre de largeur qui nage activement avant de se fixer sur un nouveau support où en quelques minutes, elle se transforme en zoïde*.

Vie associée

Cette espèce peut servir d'hôte au parasite Buddenbrockia plumatellae qui appartient à la classe des myxozoaires (classe longtemps placée dans les protozoaires et qui est désormais classée dans l'embranchement des cnidaires).

Divers biologie

Le système nerveux est rudimentaire et se réduit à un ganglion cérébroïde, situé à la base du lophophore, et à quelques fibres nerveuses qui en partent.

La respiration se fait par la peau, en particulier au niveau des tentacules.

Origine des noms

Origine du nom français

Nom proposé par DORIS, traduction française du nom scientifique.

Origine du nom scientifique

Hyalinella : du grec [hyalin] = de verre, hyalin ; en allusion à l'aspect incolore et transparent de la surface des tubes.

punctata : du latin [punctum] = point, petit trou ; en allusion aux nombreuses taches blanches signalées dans la première description de l'espèce faite par Hancock.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Bryozoa / Ectoprocta Bryozoaires / Ectoproctes Petits animaux coloniaux filtreurs aquatiques fixés à un substrat. Tous les zoïdes sont en continuité physique et issus de bourgeonnement à partir d’un individu unique. Chaque zoïde porte un lophophore rétractile et est abrité dans une logette.
Classe Phylactolaemata Phylactolèmes Exclusivement en eau douce (sans vase excessive). Les zoïdes sont cylindriques et le lophophore est en forme de fer à cheval (sauf chez Fredericella). Les zoécies ne sont pas calcifiées et les zoïdes sont tous identiques.
Ordre Plumatellida Plumatellides
Famille Plumatellidae Plumatellidés Colonies cornées ou charnues, tubuleuses, constituant des zoaria de formes variables, mais surtout étalés et rameux, quelquefois dendroïdes ; ces zoécies sont soudées entre elles ou bien tout à fait libre les unes des autres, sauf à leur point d'origine. Vers la fin de leur vie on les rencontre ordinairement plus ou moins remplies de statoblastes dépourvus d'épines marginales; ces statoblastes sont libres et fixes, ou simplement libres.
Genre Hyalinella
Espèce punctata

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