Ascidie rouge

Halocynthia papillosa | (Linnaeus, 1767)

N° 317

Méditerranée et proche Atlantique

Clé d'identification

Ascidie solitaire, dressée et ventrue
Tunique finement granuleuse
Coloration rouge à orange vif
Deux siphons munis d'une couronne de soies
Capable de se replier fortement sur elle-même

Noms

Autres noms communs français

Violet (vioulet, vioulé) rouge, outre de mer

Noms communs internationaux

Red seasquirt, sea peach (GB), Ascidia rossa, patata di mare (I), Ascidia rojo sangre, ascidia roja, pero de mar (E), Rote Seescheide (D), Rode zakpijp (NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Tethyum papillosum

Distribution géographique

Méditerranée et proche Atlantique

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Espèce observée le long du pourtour méditerranéen et sur les côtes méridionales de l'Atlantique européen où les eaux sont tempérées: côtes Portugaises, Madère mais absente des Açores.

Biotope

Cet animal présent jusqu'à 100 m de profondeur en moyenne, est sciaphile*, c'est à dire qu'il fuit une intensité lumineuse importante. On le rencontrera donc plus facilement au delà de 10-15 m entre les rhizomes de posidonie et les zones non exposées aux rayons solaires : sous les surplombs ou encore implantée dans des anfractuosités et des grottes.

Description

La plus caractéristique des ascidies est un animal solitaire, souvent isolé de forme la plus courante et remarquable chez les tuniciers. Sa taille moyenne est de 10 cm (6-12 cm), le maximum observé avoisine les 20 cm. Cette ascidie ressemble à une outre cylindrique, son port est dressé, ventru.
La tunique* coriace et très résistante de cet animal est assez rugueuse, granuleuse au toucher. Elle est malgré tout mince par rapport aux autres pyuridés.
Elle présente deux siphons* cylindriques : un supérieur, oral par lequel l'eau est aspirée (en forme de croix lorsqu'il est fermé ; 4 lobes) , un second latéral, cloacal, plus petit et en forme de doigt, par lequel l'eau est expirée (en forme de lèvres pincées lorsqu'il se ferme ; 2 lobes). Chacun porte à ses bords une couronne de soies qui permettent, entre autres, de refermer les orifices lorsqu'elle est dérangée ou empêche l'intrusion de particules trop importantes ou indigestes. Ces "soies" sont caractéristiques de l'espèce.
D'autre part, lors de la détection d'un danger ou d'une gêne extérieure, l'animal est capable de se replier sur lui même, il présente alors un aspect ratatiné.
Sa couleur est rouge vif à orangée, plus claire du côté qui est protégé de la lumière. Au delà de 15 m de fond et sans éclairage artificiel, cette ascidie apparaît noire au plongeur.

Espèces ressemblantes

Aucune confusion possible dans sa zone de distribution.
Néanmoins il existe une ascidie de forme, de taille (8 cm) et de couleur similaires mais aux siphons* plus rapprochés, dans les eaux froides du nord de l'Atlantique (Norvège, Arctique, mer de Barens, nord-est américain) : la "pêche de mer", Halocynthia pyriformis.

Alimentation

Animal filtreur* actif : elle filtre et retient au sein des courants d'eau créés, via la structure branchiale*, les micro-organismes végétaux et animaux (protozoaires flagellés, crustacés…) nécessaires à son alimentation.
Pour cela, l'eau qui entre par le siphon buccal débouche à l'intérieur d'un sac branchial pour être véhiculée au niveau de fentes : les trémas. Elle passera alors dans la cavité dite péribranchiale avant de ressortir par le siphon* cloacal ou siphon exhalant.
Les particules contenues dans l'eau sont retenues au niveau des fentes du filtre. Elles seront enrobées par du mucus et constitueront un agrégat nutritif qui sera emmené à l'estomac via l'œsophage grâce au mouvement des cils.
La digestion est facilitée par l'action de la glande digestive accolée à l'estomac.
Les déchets de la digestion seront évacués via un intestin assez long au niveau d'un anus débouchant à proximité du siphon exhalant.
Une étude (in situ et en Méditerranée) approfondie sur la nature des aliments et la variation saisonnière du régime alimentaire de Halocynthia papillosa montre que cette ascidie se nourrit de débris organiques, de procaryotes, d'eucaryotes, de phytoplancton (nombreuses diatomées dont les squelettes siliceux, les frustules, sont retrouvés dans les pseudo-féces) et de ciliés. La taille des particules et organismes ingérés est minuscule (0,6 à 70 microns). C'est au printemps que la part des particules détritiques ingérées est maximale, puis en été ce sont les "particules" vivantes (diatomées, bactéries, cyanobactéries, etc...) qui sont majoritairement consommées.

Reproduction - Multiplication

Elle est dite sexuée. Les ovules fécondés par les spermatozoïdes donneront une larve particulière valant une place à part et particulière à cet embranchement : juste avant les vertébrés.
En effet, chaque larve, planctonique, ressemble à un têtard muni d'un axe : la corde (chorda dorsalis) équivalent d'une colonne vertébrale.
Cette larve libre va rapidement venir se fixer tête la première au substrat pour se métamorphoser progressivement vers la forme adulte. Au cours de cette modification d'aspect, la queue et la corde vont régresser.
La reproduction (émission des œufs) a lieu au mois de novembre.

Vie associée

La tunique* est nue et très propre, ceci grâce à la présence d'un arsenal chimique performant au sein de la tunique (molécules "antifouling"), notez que ce n'est pas le cas des autres genres du groupe des pyuridés (Microcosmus, Pyura...) qui sont majoritairement caractérisés par la présence d'une épifaune abondante sur leur tunique.
Elle est symbiotique d'algues rouges microscopiques qui vivent dans sa tunique et lui confèrent sa couleur.

Divers biologie

La tunique* qui recouvre le corps des ascidies est composée de substances organiques et inorganiques, notamment la tunicine appelée « cellulose animale ». Ces ascidies tout comme les animaux composant le sous-embranchement des tuniciers sont les seuls à posséder cette substance caractérisant le règne végétal.
Cette belle ascidie rouge se garde facilement en aquarium où elle tolère difficilement des eaux à plus de 20-22° C.
Au Japon, une espèce voisine fait l'objet d'un élevage.
La forte musculature de cette ascidie rouge lui permet de brusques contractions de tout le corps en cas de choc, elle expulse toute l'eau contenue dans le sac branchial et les siphons, pour se ratatiner en une masse réduite et coriace.

Origine des noms

Origine du nom français

Ascidie : du grec [ascid] = petite outre,
rouge : en raison de sa couleur commune.

Origine du nom scientifique

Halocynthia : mot composé d'Halo-, du grec [hals-] = sel, eau salée et de -cynthia, nom de Diane, née sur le mont Cynthus, dans l'île de Délos (Grèce).



papillosa : de papille, eut égard aux papilles qui donnent à la tunique son aspect chagriné).

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Urochordata / Tunicata Urochordés / Tuniciers Chordés marins fixés (ascidies) ou pélagiques (thaliacés), solitaires ou coloniaux. Epaisse tunique cellulosique. Deux siphons, pharynx bien développé, la chorde larvaire régresse chez l'adulte (sauf chez les Appendiculaires).
Classe Ascidiacea Ascidies / Ascidiacés Tuniciers fixés. Solitaires ou coloniaux (seuls capables de bourgeonnement). Chorde uniquement au stade larvaire. Siphon inhalant au sommet, proche du siphon exhalant latéral. Souvent en eau peu profonde.
Ordre Stolidobranchia Stolidobranches Ascidies pleurogones sans division du corps en thorax et abdomen.
Famille Pyuridae Pyuridés Ascidies solitaires. Tunique* coriace, branchies avec 6 à 10 plis de chaque côté, tentacules ramifiés, une gonade de chaque côté. Manteau opaque, gonade gauche dans la boucle intestinale.
Genre Halocynthia
Espèce papillosa

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