Etoile égyptienne

Gomophia egyptiaca | Gray, 1840

N° 2292

Mer rouge, Indo-Pacifique tropical Ouest et central

Clé d'identification

Bras trapus, cylindriques et pointus
Corps de couleur très variable
Corps couvert de tubercules sphériques de petite taille et gros tubercules épineux
Extrémité des bras parfois beige clair
Pas de plaques calcaires alignées au creux des bras

Noms

Noms communs internationaux

Egyptian sea star (GB), Stella marina egiziana (I), Estrella de mar egipcia (E), Agypter-Seestern (D), Egyptische zeester (NL), Estrela do mar do Egito (P)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Scytaster zodiacalis Müller & Troschel, 1842
Oreaster desjardinsi Michelin, 1844
Linckia desjardinsi (Michelin, 1844)
Linckia aegyptiaca von Martens, 1866
Scytaster aegyptiaca Perrier, 1875
Nardoa aegyptiaca Sladen, 1889
Gomophia aegyptiaca Tortonese, 1979

Distribution géographique

Mer rouge, Indo-Pacifique tropical Ouest et central

Zones DORIS : 4 Indo-Pacifique, 4.2 [Mer Rouge]

L'étoile égyptienne est présente en mer Rouge dans tout l'océan Indien tropical ainsi que dans le Pacifique, de la Malaisie à la Polynésie française et du sud du Japon à l'Australie.
Elle est présente à Mayotte, en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie française. Elle ne semble pas avoir été observée à La Réunion, vos observations sont les bienvenues.

Biotope

Cette espèce se rencontre dans les récifs coralliens riches en coraux durs entre 5 et 50 m de profondeur. Elle a une activité principalement nocturne et reste souvent cachée la journée dans les cavités, les anfractuosités ou sous les coraux.

Description

Gomophia egyptiaca est une étoile de mer dont le diamètre atteint 15 cm, bras compris.

Les bras sont trapus, cylindriques avec une face ventrale plane. Le disque central et les bras sont couverts de tubercules hémisphériques ou coniques plus ou moins pointus.

La coloration du corps est extrêmement variable, avec de multiples formes locales, et parfois la cohabitation en un même site de formes très différentes mais relativement homogènes. La diversité des patrons de coloration est spectaculaire : beige avec des tubercules orange, verte avec des tubercules roses clairsemés, bleu clair avec des tubercules blancs, orange avec des tubercules crème, blanche à bandes rouges avec des tubercules bleus cerclés de noir… Toutes ces colorations peuvent exister en négatif. La base des gros tubercules épineux est généralement cerclée de sombre. L'extrémité des bras est parfois claire.

Il n'y a pas de plaques calcaires alignées au creux des bras.

Espèces ressemblantes

Il existe de très nombreuses confusions entre les différentes espèces du genre Gomophia dans la littérature et sur Internet, ce qui ne facilite pas leur reconnaissance.

De manière générale, en l'attente de nouveaux travaux de taxinomie, on appelle Gomophia cf. egyptiaca toutes les étoiles de la famille des Ophidiasteridées pourvues de piquants coniques (celles pourvues de tubercules hémisphériques étant provisoirement placées sous le genre Nardoa, comme Nardoa gomophia).

Gomophia egeriae est de couleur plus uniforme, rouge brun, avec la base des tubercules pointus cerclée de noir. On la trouve dans le Pacifique tropical Ouest (sa présence dans l'océan Indien où la mer Rouge reste à prouver). Les dernières études semblent prouver qu'il ne s'agirait que d'une sous espèce de G. egyptiaca.

Gomophia watsoni ne serait probablement qu'un synonyme de G. egyptiaca comme le pressent A. M. Clark. Sous ce nom, sont regroupés des individus avec 2 patrons de coloration très différents qui pourraient n'être que des variantes géographiques du sud ouest du Pacifique de G. egyptiaca. Chez la première forme, l'holotype*, le corps est brun orange alternant avec des zones beiges et les tubercules sont violets. En Nouvelle-Calédonie, Jangoux (auteur du chapitre sur les astérides dans le GUIDE DES ETOILES DE MER, OURSINS ET AUTRES ECHINODERMES DU LAGON DE NOUVELLE-CALEDONIE voir § références bibliographiques) décrit G. watsoni avec un corps brun orangé uniforme, des tubercules jaunes plus arrondis et non cerclés de rouge, des bras relativement fins aux extrémités qui ne sont pas plus claires, et des plaques calcaires alignées au creux des bras ce qui diffère notablement de l'holotype* de G. watsoni. Il se pourrait alors que cette forme décrite par Jangoux soit en fait une autre espèce et dans ce cas il faudra la renommer.

Dans la même aire de distribution, de nombreuses étoiles de mer appartenant au genre Nardoa (N. novaecaledoniae, N. frianti, N. rosea, N. gomophia ...) peuvent être confondues avec Gomophia egyptiaca, cependant dans le genre Nardoa, les tubercules sont hémisphériques et non pas pointus comme chez Gomophia et leur base n'est pas entourée par un anneau coloré.

Echinaster callosus est une espèce plus grande, jusqu'à 25 cm de diamètre et qui a les bras couverts de callosités de formes plus ou moins globulaires irrégulières et beaucoup plus nombreuses. C'est une espèce présente en mer Rouge et dans l'Indo-Pacifique.

Mithrodia clavigera a des bras plus longs, rétrécies à leur base et portant des épines sur leurs cotés. C'est un espèce que l'on rencontre en mer Rouge, dans l'Indo-Pacifique et dans l'Atlantique tropical Ouest.

Alimentation

C'est principalement la nuit que cette espèce sort de sa cachette pour se nourrir d'éponges. Elle peut se contenter occasionnellement de charognes et d'ascidies.

Reproduction - Multiplication

C'est une espèce gonochorique*, c'est à dire qu'il existe des individus mâles et des individus femelles. Les deux sexes libèrent leurs gamètes*, en même temps, dans la colonne d'eau où a lieu la fécondation. Les œufs puis les larves* ont une courte vie planctonique*.

Divers biologie

La plaque madréporique* est sur la face dorsale du disque central, mais elle est souvent difficile à voir car de la même couleur que le corps.

Les papules* sont groupées en aires papulaires disposées uniquement sur la face dorsale des bras et du disque central. Les pédicellaires* sont absents.
Cette étoile de mer se tient généralement avec l'extrémité de ses bras légèrement recourbée vers le haut.

Origine des noms

Origine du nom français

Etoile égyptienne est la traduction du nom scientifique.

Origine du nom scientifique

Gomophia : origine inconnue. Ce nom provient peut être du grec [gomfios] = molaire ou [gomphos] = clou, qui ferait référence aux protubérances sur les bras.

egyptiaca : le premier individu décrit provenait d'Egypte (mer Rouge).

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Echinodermata Echinodermes Symétrie radiale d'ordre cinq (chez les adultes). Squelette de plaques calcaires bien développé sous le derme. Présence d'un système aquifère auquel appartiennent les podia souvent visibles extérieurement.
Sous-embranchement Asterozoa Astérozoaires Echinodermes de forme étoilée. Les bras, simples et parfois absents, sont en nombre variable, et contiennent des organes.
Classe Asteroidea Astérides Organismes en forme d’étoile, libres. 5 à 50 bras, squelette réduit, estomac dévaginable. Ce sont les étoiles de mer.
Super ordre Valvatacea Valvatacés
Ordre Valvatida Valvatides Etoiles de mer à 5 bras arrondis et souples. Papules* respiratoires réparties sur la face dorsale.
Famille Ophidiasteridae Ophidiastéridés Surface couverte de granules fins et rapprochés, disque très petit, bras grands et allongés.
Genre Gomophia
Espèce egyptiaca

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