1ère nageoire dorsale pointue chez l'adulte (2ème et 3ème rayons plus longs) très haute chez le mâle
Coloration marbrée très variable
Une ligne de points noirs souvent groupés par trois, superposés à une rangée de taches sombres
Une tache sombre au début de la première nageoire dorsale
Boulerot
Black goby (GB), Ghizzo nero (I), Chaparrudo, gobio robusto (E), Schwartzgrundel (D), Zwarte grondel (NL)
Gobius iozo Linnaeus, 1758
Gobius jozo Linnaeus, 1758
Gobius longiradiatus, Risso 1827
Gobius britannicus Thompson, 1837
Gobius fuliginous M'Coy, 1841
Gobius jozo pontica Kesseler, 1859
Gobius punctatus Cocco, 1884-1885
Gobius niger hispanicus de Buen, 1928
Gobius niger nigerrimus de Buen, 1928
Méditerranée, Atlantique Est
Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Méditerranée française], ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises]Le gobie noir est présent en Méditerranée, mer Noire et en Atlantique Est, de la Mauritanie au sud de la Norvège y compris les îles Canaries mais à l'exception des Açores et de Madère.
Le gobie noir a une préférence pour les milieux saumâtres (estuaires, lagunes), mais peut être observé également en milieu marin, posé sur le sable ou la vase, dans les herbiers de phanérogames ou sur les algues. Il fréquente préférentiellement les zones superficielles (jusqu'à 10-15 m de fond) et a été exceptionnellement observé plus en profondeur (jusqu'à 75 m de profondeur).
Un des plus grands gobies. Les mâles peuvent atteindre une taille de 18 à 20 cm. La coloration est variable : de marbré chez la femelle à noir foncé, voire très foncé chez le mâle reproducteur. Les jeunes ont une coloration très banale qui les rend difficiles à distinguer de certaines autres espèces de Gobiidés.
Chez les mâles, la première nageoire dorsale est pointue et se prolonge par un très long « rayon ». Les femelles ont également une nageoire pointue alors qu'elle est arrondie chez le jeune. Tous les individus présentent une tache noire sur la première nageoire dorsale. Les yeux sont rapprochés et « ressortent » de la tête formant des yeux globuleux. La nuque (entre les yeux et le début de la première nageoire dorsale) est couverte.
Les pores et les canaux muqueux situés sur la tête au niveau et autour des yeux, dessinent un schéma caractéristique de l'espèce. L'étude de ces pores à la loupe binoculaire est le seul critère reconnu par les spécialistes pour identifier à coup sûr l'espèce. Sauf exception, ces pores et canaux sont rarement discernables en plongée, mais peuvent en partie être discernés sur certaines photographies rapprochées, particulièrement nettes.
Gobius paganellus : la 1ère nageoire est bordée d'une bande orangée à jaunâtre. On note souvent la présence d'une barre blanche sous l'œil. La présence de la bande claire sur la D1 est un bon critère d'identification en plongée.
Gobius roulei : plus petit que le gobie noir (8 cm), la première nageoire dorsale du gobie de Roule est dépourvue de tache noire. Cette espèce est impossible à différencier sans un examen des pores et canaux muqueux sous loupe binoculaire.
Le gobie noir se nourrit principalement de crustacés (amphipodes, isopodes, crevettes, mysidacés, petits crabes), de bivalves, de gastéropodes, de polychètes, de larves de chironomes (milieux saumâtres) et parfois de petits poissons.
Le gobie noir devient mature aux alentours de deux ans et se reproduit de mars à septembre. Il existe trois types de mâles reproducteurs : les mâles de type I sont petits, dépourvus de nageoire dorsale allongée. Ces mâles adoptent une tactique de reproduction parasite ; les mâles de type III sont grands, et pourvus d'une nageoire dorsale très prolongée. Ils ont un comportement parental ; les mâles de type II sont un type intermédiaire. Leur taille, ainsi que la taille de la nageoire dorsale sont intermédiaires des mâles de type I et III. Ils se comportent comme des mâles parasites ou comme des mâles parentaux en fonction de la disponibilité en nids et de la compétition avec les autres mâles.
Le mâle construit un nid en creusant une cavité sous différents substrats durs naturels (pierres, coquilles vides...) ou artificiels (briques, canettes, pièces de plastique ou de métal...). Il émet des sons pour attirer les femelles. Comme tous les Gobiidae, les gobies noirs frayent sur le dos, les œufs étant attachés généralement au plafond du nid. Les femelles pondent de 6 à 8 fois par an. Les œufs, de forme allongée, sont regroupés et déposés en une seule couche. Le mâle garde la ponte. Chaque ponte comporte de 4 000 à 35 000 œufs, en Méditerranée du moins. La taille des œufs varie de 1,39 à 2,11 mm. L'éclosion des larves a lieu lorsque celles-ci atteignent une longueur totale de 2,3-4 mm (vers 5-6 jours). Les larves, attirées par la lumière, nagent alors vers la surface pour entamer leur vie planctonique. Quand elles atteignent la taille de 9 mm, elles commencent leur vie de poisson benthique. Cette phase est appelée recrutement.
Gobius niger est un hôte paratenique (hôte passif qui permet l'accumulation et le transport du parasite mais sans évolution) du nématode parasite : Anguillicola crassus. Il est également l'hôte des métacercaires d'un petit Trématode : Cainocreadium labracis, dont l'hôte définitif sera le loup ou bar (Dicentrarchus labrax).
La papille génitale du mâle est longue, pointue et foncée alors que celle de la femelle est cylindrique et claire.
L'espérance de vie du gobie noir est de 5 ans.
Le gobie noir est territorial. Il protège une zone de 1 m de diamètre contre les intrus. Le mâle la nettoie, en transportant avec sa bouche les cailloux, coquilles et même bernards l'hermite, et en les déposant plus loin.
En période de reproduction, les gobies noirs mâles s'intimident, la tête relevée et les opercules écartés et s'affrontent en se mordant la bouche et en émettant des grognements, pouvant même être entendus par les plongeurs. Ce son serait produit par le frottement des dents pharyngiennes et maxillaires.
Traduction du nom latin.
Gobius : du latin [gobio], du grec [kobios], pour Aristote = goujon ; ce nom semblerait assez générique pour les petits poissons.
Linné, en 1758, crée le genre Gobius pour le distinguer de Gobio, celui du goujon précisément.
niger : du latin [niger] = noir.
Termes scientifiques | Termes en français | Descriptif | |
---|---|---|---|
Embranchement | Chordata | Chordés | Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés. |
Sous-embranchement | Vertebrata | Vertébrés | Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux. |
Super classe | Osteichthyes | Ostéichthyens | Vertébrés à squelette osseux. |
Classe | Actinopterygii | Actinoptérygiens | Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées. |
Super ordre | Acanthopterygii | Acanthoptérygiens | Rayons épineux aux nageoires, écailles cycloïdes ou cténoïdes, présence d'une vessie gazeuse et pelviennes thoraciques ou jugulaires, sans être systématiquement présents, sont des caractères que l'on ne rencontre que chez les Acanthoptérygiens. |
Ordre | Perciformes | Perciformes | Nageoires pelviennes très rapprochées des nageoires pectorales. |
Sous-ordre | Gobioidei | Gobioïdes | |
Famille | Gobiidae | Gobiidés | |
Genre | Gobius | ||
Espèce | niger |
Une tache noire caractéristique
La tache noire sur la première nageoire dorsale est une des caractéristiques du gobie noir.
Zélande, Pays Bas
13/09/2008
Des marques reconnaissables
Les dessins formés par les pores de la peau et les canaux muqueux permettent d’identifier l’espèce.
Zélande, Pays Bas
13/09/2008
Gobie mâle reproducteur
Le mâle reproducteur présente une coloration noire très foncée.
La Capte, Hyères (83), 4 m
07/2008
Une femelle
La femelle présente une coloration marbrée et une première nageoire de forme triangulaire.
Cagnes (06), 8m
31/08/2008
Un jeune gobie
La couleur "banale" du jeune gobie le rend difficile à distinguer des autres espèces de gobies.
Cagnes (06), 8m
21/02/2009
La ponte
La femelle du gobie noir pond ses œufs sous une pierre ou dans une coquille vide. C’est au mâle que revient le rôle de surveiller la ponte.
Zélande, Pays Bas
23/06/2007
Détails des œufs
Les œufs sont de forme allongée et déposés sur une seule couche. La masse ronde blanchâtre à l'intérieur est le vitellus.
Les 3 Frères, La Mède, étang de Berre (13), 6 m
01/08/2020
En milieu sableux
Le gobie noir fréquente les milieux sablo-vaseux. Cette photo a été prise près d’un tube géotextile (servant à stabiliser les plages) posé sur un fond de sable.
La Capte, Hyères (83), 3 m
07/07/2008
Parmi les algues
En mer du Nord le gobie noir apprécie également les fonds recouverts d’algues. Ici un superbe mâle contraste nettement posé au milieu d’algues rouges.
Zélande, Pays Bas
06/2008
Se nourrir
Le gobie noir se nourrit principalement de crustacés (amphipodes, isopodes, crevettes, mysidacés, petits crabes), de bivalves, de gastéropodes, de polychètes, de larves de chironomes et parfois de petits poissons.
Zélande, Pays Bas
13/09/2008
Rare
Le gobie noir peut être un redoutable prédateur pour les autres poissons de petite taille.
Etang de Thau (34), 4 m
26/11/2006
Dessin ancien
Planche issue de l'histoire naturelle des poissons : Allgemeine Naturgeschichte der Fische, Bloch, 1784.
Bloch
Reproduction de documents anciens
1784
Couple
Un mâle (en haut) et une femelle (en bas) dans l'étang de Thau
Etang de Thau (34), 3 m
06/06/2009
Rédacteur principal : Pascaline BODILIS
Vérificateur : Sylvain LE BRIS
Correcteur : Patrice FRANCOUR
Responsable régional : Sylvain LE BRIS
Bouchereau J-L. et Guelorget O., 1998, Comparison of three Gobiidae (Teleostei) life history strategies over their geographical range, Oceanologica Acta, 21(3), 503-517
Höglund J., Thomas K, 1992, The black goby Gobius niger as a potential paratenic host for the parasitic nematode Anguillicola crassus in a thermal effluent of the Baltic, Diseases of Aquatic organisms. Dis. aquat. Org, 13, 175-180
Maillard C, 1971, Cycle évolutif de Cainocreadium labracis (Dujardin, 1845), (Trematoda, Allocreadiidae), Comptes rendus de l'Académie des Sciences, Paris, 272, 3303-3306
Mazzoldi C.et Rasotto M.B., 2002, Alternative male mating tactics in Gobius niger, Journal of Fish Biology, 61, 157-172
La page sur Gobius niger sur le site de référence de DORIS pour les poissons : FishBase
La page de Gobius niger dans l'Inventaire National du Patrimoine Naturel : INPN