Surface ventrale de la tête fortement aplatie
Première nageoire dorsale grande, origine au-dessus de la marge interne des pectorales
Seconde nageoire dorsale petite mais de même forme
Nageoire anale similaire à la seconde dorsale dont elle est opposée
Pectorales légèrement falciformes et sombres avec fines marges claires
Énorme lobe terminal sur la nageoire caudale
Dents de même forme en haut et en bas de la mâchoire, plus petites vers la commissure
Taille : de 0,80 à 1,20 m
School shark, tope shark, tope, snapper
shark, soupfin shark (GB), Galeo, cagnesca, canuzzu (I),
Cazón, tiburón vitamínico (E), Hundshai (D), Caçao (P), Ruwe haai (NL), Caçó (Catalan),
Skylos drossitis (Gr), Butor (Croate), Żarłacz szary,
rekin szary (Polonais),
Squalus galeus Linné, 1758
Galeorhinus galeus Linné, 1758
Notogaleus rhinoplanes Péron, 1807
Galeus vulgaris Fleming 1828
Galeus canis Bonaparte, 1834
Galeus nilssoni Bonaparte, 1846
Galeus communis Owen, 1853
Galeus linnei Malm, 1877
Galeorhinus australis MacLeay, 1881
Galeorhinus zyopterus Jordan & Gilbert, 1883
Galeorhinus chilensis Pérez Canto, 1886
Galeus molinae Philippi, 1887
Carcharhinus cyrano Whitley, 1930
Galeorhinus vitaminicus de Buen, 1950
Europe, Indo-Pacifique Sud et Atlantique Sud
Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises], ○ [Méditerranée française], ● Indo-PacifiqueCe requin a une large distribution, il est connu pour ses migrations saisonnières importantes dans la plupart des régions de ses aires de répartition.
Il se rencontre mondialement en eaux tempérées.
Signalements incertains : Côte d'Ivoire, Nigeria, Gabon, Rép. Dém. du Congo,
Signalement douteux : île de Laysan (Hawaï).
Absent de mer Rouge.
Bentho-pélagique*, océanodrome*, plages de profondeur.
Le requin-hâ affectionne les eaux des plateaux continentaux ; il se rencontre près du fond, aussi bien en proximité des côtes qu’au large, se déplaçant entre des milieux pélagiques* et benthiques* à une profondeur pouvant atteindre 598 m environ, record établi sur capture en mer d'Alboran, au large de la Punta Entinas (Espagne) en 1999. L’espèce évolue dans ces différents milieux sur des périodes de plusieurs mois. Les petits et les juvéniles fréquentent des habitats côtiers peu profonds pendant un à deux ans avant de se déplacer vers le large.
Il peut fréquenter les eaux estuariennes, comme observé dans la Tamise (source : Zoological Society of London, rapport de novembre 2021).
En résumé, au vu des dernières études, il apparaît que ses déplacements répondent à des schémas complexes :Le museau est allongé et déprimé, quasi
aussi long que large. Les narines ont une valvule* nasale
vestigiale réduite à 2 pointes.
La forme des dents se caractérise par une lame triangulaire asymétrique avec une
cuspide* bien marquée, une marge mésiale effilée et une marge distale
partiellement crénelée.
La formule dentaire est :
- 17 à 20 dents à gauche et 17 à 20 dents à droite de la
mâchoire supérieure
- 15 à 18 dents à gauche et 15 à 18 dents à droite
de la mâchoire inférieure
Ce qui ferait un total de 64 à 76 dents.
De petits spiracles*, allongés et étroits, placés en arrière des yeux
bilatéralement sont en forme d'amande.
La présence d'une membrane nictitante*, paupière transparente et protectrice
protège l’œil.
La couleur ventrale est blanche. La transition entre la partie inférieure et
supérieure est plus nette que graduelle.
La couleur dorsale va du gris-brun à gris foncé.
L’ouverture des 5 fentes branchiales est étroite, les 2 dernières sont situées
au-dessus de la base des pectorales.
Les grandes pectorales triangulaires sont légèrement
falciformes.
La taille maximale officiellement enregistrée est de : 1,95 m (communément : de 0,80 à 1,20 m).
L'émissole lisse (Mustelus mustelus) possède, comme toutes les émissoles, des pectorales plus courtes que le requin hâ.
Les dents des émissoles sont très petites, avec une cuspide basse (Galeorhinus galeus peut évoluer dans des bancs contenant des émissoles lisses ou étoilées).
L'aiguillat commun (Squalus acanthias) possède une épine devant la première dorsale, à la différence du milandre.
Le milandre jaune (Paragaleus pectoralis), qui se rencontre en Atlantique-Est, s'observe entre le Cap-Vert et le Maroc. Toutefois, son dos est gris
clair ou bronze avec des rayures jaunes longitudinales
Le régime alimentaire des juvéniles de requin-hâ est surtout centré autour des Téléostéens* dont la nature varie selon les régions. On note par exemple le maquereau commun (Scomber scombrus), le tacaud commun (Trisopterus luscus) et le hareng (Clupea harengus), le sanglier (Capros aper) et la bécasse de mer (Macroramphosus scolopax). Dans une moindre mesure, on a retrouvé dans les estomacs, des vertèbres de congre (Conger conger), de pageot rose (Pagellus bogaraveo) et de chinchard (Trachurus trachurus).
Des mollusques (calmars, poulpes) et des crustacés constituent des cibles saisonnières potentielles. Le spectre alimentaire de Galeorhinus galeus comprend également parfois de petits élasmobranches au registre des proies mineures mais aussi des échinodermes, des annélides et des carcasses d'animaux morts...
Le contenu stomacal d'une femelle milandre capturée accidentellement par un pêcheur de la Calanque de Morgiou (Marseille), le 3 octobre 2016, consistait en restes de poissons osseux et de céphalopodes, des débris du filet et des billes de plastiques de petite taille (Information : Groupe Phocéen d'Etude des Requins).
Le milandre occupe un niveau trophique élevé avec un spectre alimentaire large de poissons pélagiques ou démersaux. Il constitue à l’inverse la proie de plus gros requins ou gros mammifères marins. A ce titre, il pourrait constituer une espèce importante pour la structure des réseaux trophiques marins (Ebert, 2003).
Les femelles atteignent la maturité sexuelle à partir de 10 ans (Compagno et al., 2006), avec un mode de reproduction vivipare* aplacentaire. Les mâles atteignent la maturité sexuelle plus tôt, entre 120 et 130 cm (Muuss et al., 2006). Ce qui signifie que leur productivité biologique est très faible.
La femelle milandre d'une taille dépassant 1,50 m prise à Morgiou (Marseille) en 2016 a fait l'objet d'une nécropsie réalisée avec le
concours du Parc National des Calanques ; elle a mis en évidence que le sujet était mature et gravide. Quelques embryons en phases primaires de
développement (vivipare aplacentaire) ont été conservés (Information : Groupe Phocéen d'Etude des Requins).
Les portées comprennent de 2 à 52 petits. A la naissance, après gestation de 10 à 12 mois, les petits mesurent entre 30 et 40 cm.
Au moyen d’un suivi par télémétrie acoustique passive, il a été mis en évidence que tous les trois ans, les femelles requins-hâ retournaient dans les eaux au large de La Jolla (Californie), où elles effectuaient la gestation. Il s'agit de la première preuve concluante d'une migration triennale et d'une philopatrie pour cette espèce.
La structure des populations de milandre demeure en grande partie insuffisamment connue. Le flux génique entre les
individus du Pacifique Nord-Est semble indiquer qu’il s’agit d’une seule
population mais on ne peut se prononcer à ce jour sur d'éventuels échanges entre les différentes aires mondiales de répartition.
Il est à craindre que le réchauffement climatique puisse engendrer des changements notables dans les aires de frai et de mise bas comme dans les zones d'alevinage.
Parasitisme :
Parmi la liste des nombreux parasites que peut héberger Galeorhinus galeus, les plathelminthes (cestodes principalement hébergés dans le tube digestif) et les copépodes (crustacés) figurent en bonne part.
La croissance du milandre varie au cours de sa
vie. Elle est assez rapide durant les trois premières années avant de devenir
plus constante jusqu’à l’âge d’environ 10 ans ; il continue de croître
lentement durant la maturité.
Le requin-hâ est un requin actif, évoluant en solitaire comme en petits groupes. Grégaire, il peut d'ailleurs également évoluer avec d'autres espèces, notamment l'émissole tachetée (Mustelus asterias) ou l'émissole lisse (Mustelus mustelus). On note également une répartition avec ségrégation partielle selon le sexe et la taille.
Il semblerait que l'on rencontre plus facilement en Méditerranée des sujets de grande taille, principalement des femelles. En juin 2011, un milandre de près de deux
mètres s'est échoué sur l'île de l'Asinara (Sardaigne), près de Cala
Reale. Secouru par les autorités du parc naturel, il s’est rétabli et a
repris la mer.
Sur la côte du Pacifique, les individus de cette espèce sont considérés comme formant une seule population migratrice au large de la côte ouest de l’Amérique du Nord.
La technique de détermination de l’âge aux rayons X employée au Brésil permet de situer l'âge maximal vers 40-45 ans.
En Australie, la coloration à l’alizarine (colorant rouge d'origine végétale, extrait de la racine de la garance des teinturiers Rubia tinctorum L.) du corps entier de la vertèbre est également utilisée pour estimer la durée de vie. Avec moins de fiabilité, cette technique fait néanmoins état d’une croissance plus rapide et d’un âge maximal de 20 ans.
Jason
Glliespie a capturé en septembre 2020 un requin-hâ leucistique au large de l'île de Wight (GB) mesurant plus d'un mètre et pesant entre 6 et 10 kg (source : The News, Portsmouth, 2 oct. 2020
Plusieurs campagnes de marquages ont eu lieu en Est-Atlantique afin de déterminer les routes de migration de l'espèce et d'évaluer la reproduction possible des stocks soumis à une forte pression de pêche commerciale. Les études de marquage-recapture permettent difficilement d'identifier les schémas de déplacement et le comportement de
l'espèce reste encore à préciser.
Un spécimen a été remonté d’un filet trémail, le 9 mai 2013, par trois artisans pêcheurs de Bastia (Corse). Sa particularité résidant dans la présence d’une étiquette (type « rototag ») jaune fixée sur son aileron dorsal. Cette marque indiquait que ce requin faisait partie d’un programme de recherche. L’inscription comportait un numéro d'identification et la mention Fisheries Board Ireland Reward, grâce à laquelle il a pu être établi que l’animal avait été capturé et marqué en mer d’Irlande, au large de Greystones (comté de Wicklow, République d’Irlande) douze années plus tôt.
Le fichier international des attaques des requins (ISAF) recence pour cette espèce, au niveau mondial, une unique attaque non provoquée sur l'homme. Le contexte n'est pas précisément connu. Pour sa part, Guillaume de Rondelet (1807-1556), au Livre XIII de son Histoire entière des Poissons publiée en 1558, assure que :
"ce poisson désire tant d'attaindre é mordre les homes par les cuisses, gerrets, talons, é par tout autre chair nüe, que quelque fois il saute en terre voiant les homes pres de l'eau aians les iambes nües, ce que ne fait autre Chien de mer que le Milandre (...)."
On se demande bien aujourd'hui sur quelle réalité se fonde son dire, mais Galeorhinus galeus jouit effectivement de la réputation d"un vorace et il ne dédaigne exceptionnellement pas de se faire nécrophage* (un cas possible en Argentine est rapporté en février 2023). Le comportement n'est pas majoritairement opportuniste pour autant, la nature des cibles variant avec l'abondance des proies disponibles dans l'environnement.
Le requin-hâ fait l’objet d’une forte pression de pêche (notamment en Manche orientale, principalement pêché et débarqué par la flotte française). Même s'il semble capable de réduire les effets physiologiques de l’accumulation de mercure, probablement grâce à des mécanismes de détoxication faisant intervenir le sélénium dans son foie, la consommation peut être problématique, dans la mesure où les concentrations observées peuvent s'avérer supérieures à la limite réglementaire européenne (AFSSA, saisine 2008-SA-0309).
En 1937, des diététiciens
découvrirent que le foie du requin-hâ était particulièrement riche en vitamine A. La demande
de foies de requins explosa aux Etats-Unis. La pêcherie s'effondra en 1944.
La pêche de Galeorhinus galeus est
interdite dans toutes les eaux de l'Union Européenne et dans les eaux
internationales pour les navires battant pavillon de l'Union Européenne.
Lorsque cette espèce est accidentellement capturée, l'animal ne doit pas être
blessé. Les spécimens capturés sont rapidement remis à la mer.
Là où le requin hâ n’a qu’une importance limitée dans la pêche commerciale, en raison d’une moindre présence, les captures sont rares et l'espèce est principalement capturée comme prise accessoire dans les pêcheries pélagiques et au chalut, ciblant des espèces de poissons grégaires comme les harengs et les maquereaux.
En septembre 2020, vingt et un requins-hâ ont été piégés dans l'écluse à poissons de La Jalousie située à Sainte-Marie, sur l'Ile de Ré.
Le phoque gris (Halichoerus grypus), opportuniste, peut cibler le requin-hâ parmi ses proies, sans que l'on sache si cette prédation demeure rare et très ponctuelle (la pénurie de ressources habituelles -gadidés- pouvant conduire à des consommations atypiques) ou si elle est le fait d'individus qui se spécialiseraient dans cette chasse au sein d'une population allant en augmentant.
Considéré comme commun, voire très commun, le requin-hâ a fait l'objet de prises intensives en Manche comme sur la façade Atlantique, jusqu'au XIXe s. Un déclin croissant et fort a été observé à partir des années 1790. Ce phénomène est à mettre en corrélation entre un taux de reproduction trop faible et une taille trop importante des petits pour passer à travers les mailles des chaluts comme des filets.
Capture de pêche ciblée ou accessoire, Galeorhinus galeus a donc vu sa population décliner de plus de 80 % en 80 ans. Il a vu sa pêche augmenter suite à la protection de l’Aiguillat commun (Squalus acanthias) et, à son tour désormais, l'espèce figure sur la Liste Rouge des espèces menacées dressée par l'UICN*, en catégorie CR (en Danger Critique) depuis 2020.
Au Canada, le statut de cette espèce a été jugé préoccupant par le COPAC en 2007, et a été inscrit selon le même statut à l’annexe 1 de la La loi sur les espèces en péril en 2009. Depuis 2011, en Colombie-Britannique il est interdit de cibler et de conserver le milandre dans les pêches commerciales et récréatives, les individus doivent être remis à l’eau vivants.
Hâ semblerait provenir du parler normand "hàr", désignant un requin (on parle également de "haou"). Les origines de ce mot seraient donc à rattacher au vieux norrois (qui appartient au groupe septentrional des langues
germaniques, et d'où sont issues les langues scandinaves
L'origine de Milandre est plus obscure. Il pourrait s'agir d'une altération du mot "mélandre" désignant un poisson osseux méditerranéen au corps particulièrement sombre qui porterait aussi le nom de "mélandrin" ou de "sargonoir".
Le genre Galeorhinus est dérivé des mots grecs « galê » belette, putois, martre, fouine ou furet et « rhinos » qui signifie nez ;
« galeos » désigne le requin. Ce nom désigne donc un requin au museau allongé.
Numéro d'entrée WoRMS : 105820
| Termes scientifiques | Termes en français | Descriptif | |
|---|---|---|---|
| Embranchement | Chordata | Chordés | Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés. |
| Sous-embranchement | Vertebrata | Vertébrés | Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux. |
| Classe | Elasmobranchii | Elasmobranches | Squelette des nageoires pectorales tribasal. Deux nageoires dorsales. 5 ou 6 paires de fentes branchiales et des spiracles. |
| Sous-classe | Neoselachii | Néoselaciens | |
| Super ordre | Galeomorphii | Galeomorphi | |
| Ordre | Carcharhiniformes | Carcharhiniformes | Requins de fond. |
| Famille | Triakidae | Triakidés | |
| Genre | Galeorhinus | ||
| Espèce | galeus |
Poissons cartilagineux (requins, raies...)
Echoué
Ce spécimen échoué sur la plage montre l'animal en entier, celui-ci a été apporté par la marée, il a été retrouvé le lendemain sur une autre plage à proximité.
Sur la plage, Zuydcoote, (59)
27/04/2025
Poissons cartilagineux (requins, raies...)
Mâchoire
La mâchoire de ce requin-hâ montre les rangées de dents : les dents sont de même forme en haut et en bas de la mâchoire, plus petites vers la commissure.
Collection personnelle
03/05/2025
Echoué
Ce milandre retrouvé échoué et mort sur cette plage montre l'animal en entier.
Plage de Zuydcoote, 59
27/04/2025
Illustration du requin-hâ
Illustration : Marion SARANO, voir son site en lien sur la page de Longitude 181.
France
22/03/2019
Requins-hâ piégés
Ces requins piégés par la marée dans moins de 20 centimètres d'eau, ont étés arrosé en permanence par l'auteur des photographies, jusqu’à ce que la mer remonte. Ils ont regagné le large à l'issue. 21 individus avaient étés piégés dans ce piège à poissons.
Ecluse de la jalousie, Sainte Marie de Ré, 17
15/09/2020
Rédacteur principal : Vincent MALIET
Rédacteur : Jean-Vincent VIEUX-INGRASSIA
Vérificateur : Vincent MALIET
Responsable régional : Daniel BURON
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La page sur Galeorhinus galeus sur le site de référence de DORIS pour les poissons : FishBase
La page de Galeorhinus galeus dans l'Inventaire National du Patrimoine Naturel : INPN
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