Faceline ponctuée

Facelina annulicornis | (Chamisso & Eysenhardt, 1821)

N° 568

Atlantique Nord-Est et Méditerranée occidentale

Clé d'identification

Corps et cérates entièrement mouchetés de points blancs
Glandes digestives brunes, orangées ou verdâtres
Tentacules buccaux et rhinophores se terminant par une pointe blanche
Rhinophores munis de lamelles inclinées

Noms

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Facelina punctata (Alder & Hancock, 1845) ?

Distribution géographique

Atlantique Nord-Est et Méditerranée occidentale

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Cette faceline se rencontre depuis les îles Britanniques jusqu'en Méditerranée occidentale.

Biotope

La faceline ponctuée a été observée à des profondeurs inférieures à 10 m mais le plus souvent à des profondeurs de l'ordre de 25 m, sur des substrats colonisés par ses proies.

Description

Cette faceline peut atteindre une longueur de 40 mm. Elle est caractérisée par le fait d'avoir le corps et les cérates (appendices dorsaux) entièrement mouchetés de points blancs. Le corps, élancé, est par ailleurs transparent, comme c'est souvent le cas chez les facelines. La zone buccale est teintée de rose, le reste du corps peut l'être aussi légèrement. Les glandes digestives sont brunes, orangées ou verdâtres. Les tentacules buccaux* et les rhinophores* se terminent par une pointe blanche. Ces rhinophores sont munis de lamelles inclinées (au moins 18 lamelles en général). Des tentacules pédieux sont visibles également.
Les cérates sont rarement plus longs que le quart de la longueur du corps, ils sont disposés en bouquets distincts, et on remarque plus ou moins aisément une pigmentation blanchâtre à leur extrémité.

Espèces ressemblantes

  • Facelina bostoniensis (Couthouy, 1838), qui possède un pied large, souvent dissimulé par de longs cérates dorsaux qui recouvrent également la queue.
  • Facelina auriculata (O.F. Muller, 1776), qui possède un pied étroit et des cérates assez courts.
Les mouchetures blanches de Facelina annulicornis et les lamelles inclinées de ses rhinophores doivent permettre de la distinguer des autres espèces de facelines de morphologie assez identique. De plus, cette espèce ne montre jamais d'iridescence bleue.

Alimentation

La faceline ponctuée a un régime alimentaire plutôt large ! Elle se nourrit d'hydraires (aucune espèce ne semble avoir sa préférence), de petites anémones de mer et également d'autres éolidiens, notamment du genre Coryphella, ainsi que d'œufs de nudibranches...
Deux clichés présentés ici la montrent sur un rameau de Leptogorgia sarmentosa, il faudrait vérifier si cette gorgone fait bien partie aussi de son régime alimentaire.
D'autres clichés la montrent ici sur Tubularia indivisa Linnaeus, 1758.

Reproduction - Multiplication

Ces mollusques sont hermaphrodites*, les individus s'échangeant simultanément leurs gamètes* pendant un accouplement croisé.
En Manche et en mer du Nord, la ponte est observée entre mai et septembre.
La ponte forme des volutes irrégulières; elle peut comprendre 1500 œufs.

Divers biologie

Un des moyens de défense les plus utilisés par les nudibranches, notamment les éolidiens, est la récupération des armes utilisées par leurs proies spécifiques et le recyclage de ces armes à leur propre profit. Ainsi, Facelina annulicornis, qui mange la tête des polypes d'hydraires, non seulement n'est pas blessée par l'action fortement urticante des cnidocytes de l'hydraire mais fait migrer ces cellules urticantes (une des hypothèses est que ces cnidocytes sont embryonnaires mais le mécanisme de cette immunité est encore grandement incompris) intactes jusqu'à l'extrémité de son système digestif et les stocke dans ses cnidosacs, au sommet des cérates. Ces cellules urticantes sont désormais allouées à sa propre protection et se déclencheront si Facelina annulicornis est attaquée. Dès lors, on ne connaît pas beaucoup de prédateurs à cet éolidien...

Deux traits caractéristiques des éolidiens sont la présence de cérates (les appendices dorsaux) ainsi que l'absence du panache branchial visible ou présent dans d'autres sous-ordres... En effet, la respiration des éolidiens se fait non pas au travers de branchies mais directement au travers de la membrane des cérates. On parle de respiration cutanée.

Les rhinophores sont les organes "chimiques" des nudibranches. C'est entre autre grâce à eux que l'animal perçoit son environnement, reconnaît les signaux de ses congénères ou ses proies.
Ces rhinophores sont également utiles à l'orientation car sensibles aux paramètres physiques, comme le sens des courants, la luminosité, la température, etc...

Les tentacules buccaux sont, eux, plus précisément destinés à un rapport de contact avec l'environnement.

La radula*, pièce physique primordiale dans la nutrition de la plupart des mollusques opisthobranches, est une sorte de langue râpeuse, située dans le larynx et constituée de nombreux denticules acérés. La forme de la radula, des denticules, leur agencement, sont des éléments spécifiques d'une espèce donnée et sont discriminatifs quant à l'identification et la taxonomie de cette espèce. Son observation exige néanmoins du matériel optique de laboratoire.

Origine des noms

Origine du nom français

Faceline ponctuée : francisation du nom de genre et proposition pour "ponctuée", en raison de cette caractéristique d'aspect (et il s'agit aussi d'un rappel d'un ancien nom d'espèce).

Origine du nom scientifique

Facelina vient du latin et désigne un aspect marqué de lignes. Ce terme a autrefois désigné les fagots dans lesquels Oreste aurait amené la statue de Diane de Scythie en Italie. Facelina est le surnom de Diane en Sicile.
L'adverbe latin facete concerne par ailleurs quelque chose d'élégant, de fin...

annulicornis vient du latin aussi et signifie aux cornes annelées. Les rhinophores portent des lamelles, ce qui n'est toutefois pas propre à cette espèce.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Gastropoda Gastéropodes Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules.
Sous-classe Opisthobranchia Opisthobranches Coquille présente, réduite ou absente. Branchies à l’arrière du cœur. Principalement marins ou d’eau saumâtre, rare en eau douce (une dizaine d’espèces, Ordre des Acochlidea).
Ordre Nudibranchia Nudibranches Cavité palléale et coquille absentes chez l’adulte. Lobes pédieux souvent absents aussi. Respiration cutanée, à l’aide de branchies, de cérates ou d’autres appendices. Tête portant une ou deux paires de tentacules, les tentacules postérieurs ou rhinophores peuvent parfois être rétractés dans des gaines. Principalement marins ou d’eau saumâtre.
Sous-ordre Aeolidiina Eolidiens Corps long et effilé portant des cérates simples, alignés ou non sur plusieurs rangées ou en bouquets. Tête avec deux paires de tentacules, la postérieure (rhinophores) sans gaine. Coins antérieurs du pied parfois effilés en tentacule. La majorité consomme des cnidaires mais certains mangent d’autres opisthobranches ou des œufs de poissons.
Famille Facelinidae Facelinidés Eolidiens au corps grêle, aux cérates groupés en faisceaux, sans pédoncule. En général tentacules pédieux, rhinophores à lamelles ou annelés.
Genre Facelina
Espèce annulicornis

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