Gorgone encroûtante

Erythropodium caribaeorum | (Duchassaing & Michelotti, 1860)

N° 1275

Atlantique tropical Ouest

Clé d'identification

Colonie encroûtante
Couleur beige à ocre
Les polypes sont fins comme des poils
Polypes rentrés : l’aspect est lisse comme du cuir

Noms

Noms communs internationaux

Encrusting gorgonian (GB), Gorgonia incrustante (E), Krustengorgonie (D)

Distribution géographique

Atlantique tropical Ouest

Zones DORIS : Caraïbes

L'espèce est présente de la Floride aux Bahamas, et dans les Caraïbes.

Biotope

La gorgone encroûtante est présente dans l’environnement récifal, en particulier dans le récif frangeant peu profond, sur le talus et les pâtés coralliens. Elle semble bien adaptée aux zones à fort hydrodynamisme, de par sa forme étalée. De plus c'est souvent la seule espèce qui arrive à survivre dans les zones envasées.
On ne la trouve que dans les endroits bien exposés à la lumière (espèce photophile*).

Description

La gorgone encroûtante présente deux aspects différents selon que les polypes* sont sortis ou non.

Polypes sortis : c’est une colonie formant un tapis encroûtant. La couleur est beige à ocre. Les polypes sont très petits (moins d'1 cm) et les huit tentacules* fins comme des poils et pinnulés ne sont visibles qu’à la loupe, tant les polypes sont serrés les uns contre les autres.

Polypes rentrés : l’aspect est lisse et ressemble à du cuir, on peut confondre la colonie avec une éponge encroûtante. Les ouvertures des polypes ont la taille d’un trou d’épingle et quelques-uns peuvent faire une légère saillie. La zone autour des ouvertures peut être renflée.

Espèces ressemblantes

Il existe d’autres "gorgones" encroûtantes, comme Briareum polyanthes, Briareum asbestinum. La colonie est plus épaisse et les polypes sont très faciles à distinguer, avec leurs huit tentacules pinnulés bien visibles.
L'aspect de "croûte beige chevelue" peut aussi provoquer la confusion avec les jeunes colonies de corail-cierge (Hexacoralliaire), mais un examen attentif des polypes suffit à les distinguer.

Alimentation

Ce sont des organismes piégeurs de micro-particules, grâce aux huit tentacules pinnulés.

Reproduction - Multiplication

Probablement semblable à celle des autres octocoralliaires : émission d’une larve* au stade planula*, qui cherchera un endroit favorable où se développer.

Vie associée

Les polypes hébergent des zooxanthelles* dans leurs tissus, dont l'exposition à la lumière leur permet de synthétiser des substances nutritives qui profitent à la gorgone hôte.

Parmi les prédateurs occasionnels, on peut citer la monnaie caraïbe, l'oursin diadème, le ver de feu.

La gorgone encroûtante se développe généralement sur du roc ou parfois du corail mort, et ne recouvre pas les colonies vivantes.
Cependant on peut observer des zones nécrosées sur les coraux voisins le long de la zone de contact quand il y a proximité avec d'autres coraux (Madracis, Agaricia par exemple). La marge de la colonie voisine de la zone d'affrontement porte des polypes spécialisés, avec des tentacules modifiés : très longs, non pinnulés, mais pourvus d'une sorte d'ampoule terminale (acrosphère*) bourrée de nématocystes*.

Divers biologie

Attention : bien que portant le nom vernaculaire de gorgone encroûtante, il s’agit bien d’un alcyonaire encroûtant (corail mou), comme l’espèce bien connue de Méditerranée (anciennement appelée Parerythropodium coralloides).

Origine des noms

Origine du nom français

Gorgone : nom donné à cause des polypes à huit tentacules pinnulés. Ce n’est pourtant pas une gorgone, mais bien un alcyonaire.

Encroûtante à cause de sa croissance en tapis qui peut recouvrir de grandes surfaces de rocher.

Origine du nom scientifique

Erythropodium : du grec [erythro-] = rouge, et du latin [podium] = pied, signifie « aux pieds rouges ». Ce nom n’a rien d’évident en ce qui concerne cette espèce, il a été attribué à ce Genre, à l’origine, pour une espèce de Méditerranée.

caribaeorum = des Caraïbes.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Cnidaria Cnidaires

Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, principalement à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula.

Classe Anthozoa Anthozoaires Cnidaires exclusivement marins, solitaires ou coloniaux, uniquement sous la forme polype (jamais de phase méduse dans le cycle de vie).
Sous-classe Octocorallia / Alcyonaria Octocoralliaires / Alcyonaires Anthozoaires coloniaux, parfois solitaires. Polypes de petite taille à symétrie radiaire d’ordre 8 (8 tentacules portant 2 rangées de pinnules). Exosquelette calcaire ou spicules calcaires ou fibres organiques.
Ordre Alcyonacea Alcyonacés Octocoralliaires dont les polypes sont enfouis dans un coenosarc épais plus ou moins calcifié. Polypes allongés qui restent accolés les uns aux autres en bouquets. Spicules fusiformes et épineux. Ce groupe renferme les alcyons (ou coraux mous), les gorgones, et les coraux vrais.
Sous-ordre Scleraxonia Scléraxonides / Corallides Colonies ramifiées aux polypes courts sécrétant un squelette axial (de spicules cimentés ou de fibres organiques). Ce sont les coraux vrais.
Famille Anthothelidae Anthothélidés Scléraxonides avec cortex et médulla bien individualisés, séparés par des canaux longitudinaux. Spicules fusiformes et épineux.
Genre Erythropodium
Espèce caribaeorum

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