Scalaire commune

Epitonium clathrus | (Linnaeus, 1758)

N° 2853

Côtes européennes

Clé d'identification

Coquille longue et étroite, jusqu'à 40 mm de long
7 à 15 tours de spires, apex pointu
9 à 10 côtes longitudinales en relief
Ouverture ronde à lèvres épaisses, opercule corné brun rouge à noir
Couleur blanc crème brillant, jaune pâle, beige ou brun rouge
Le dernier tour représente environ 1/3 de la longueur

Noms

Autres noms communs français

Scalaire commune, tourelle

Noms communs internationaux

Common wentletrap, european wentletrap, false wentletrap, common wenteltrap, common European wenteltrap (GB), Gemeine Wendeltreppe, unechte Wendeltreppe (D), Gewone wenteltrap, gewoon wenteltrapje, wenteltrapje, wenteltrap (NL), almindelig vindeltrappesnegl (Danois), vindeltrappa (Suédois).

Synonymes du nom scientifique actuel

Epitonium clathrus possède de nombreux synonymes (45). Citons :

Clathrus clathrus (Linnaeus, 1758)
Scala clathrus (Linnaeus, 1758)
Turbo clathrus Linnaeus, 1758
Epitonium commune (Lamarck, 1822)
Epitonium communis (Lamarck, 1822)
Scalaria communis Lamarck, 1822

Distribution géographique

Côtes européennes

Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Méditerranée française], ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises]

Sa distribution s'étend sur l'ensemble des côtes européennes : de la Norvège en mer du Nord jusqu'à la Galice (Espagne) en Atlantique Nord-Est. Elle est également présente dans toute la Méditerranée et en mer Noire.

Biotope

La scalaire commune affectionne les sables fins et les milieux vaseux, depuis l'estran* jusqu'à 80 mètres de profondeur.

Description

Epitonium clathrus possède une coquille longue et étroite, à l'apex* pointu, et elle présente de 7 à 15 tours de spires au maximum, lisses (les spires ne se touchent que très légèrement les unes aux autres), et dont le dernier représente environ un tiers de sa longueur. Longitudinalement, elle est sculptée de 9 à 10 côtes en relief assez prononcées reliant les sutures des spires. L'ouverture est ronde, à lèvres épaisses, et est colmatée par un opercule* corné brun foncé, presque noir, situé sur l'arrière du pied. Ce dernier est court, étroit, tronqué à l'avant, et il se prolonge bien en avant de la tête. Celle-ci est réduite sans mufle* visible et porte 2 tentacules* céphaliques* minces et effilés, pourvus à leur base de 2 yeux. Sa radula* est garnie de dents en forme de crochet ou d'aiguille.
La longueur de la coquille peut atteindre 40 mm pour un diamètre de 12 mm à l'âge adulte. Sa couleur varie du blanc crème brillant au jaune pâle en passant par le beige et le brun rouge, avec parfois 2 bandes longitudinales marron.
L'animal est blanc avec de nombreuses taches noires ou violacées. Les tentacules sont noirs avec des zones blanches autour des yeux. Le proboscis* est blanc.

Espèces ressemblantes

Il existe plusieurs autres espèces du genre Epitonium, mais bien plus rares. Citons :

Epitonium clathratulum (Kanmacher, 1798) ou petite tourelle blanche. C'est une espèce très proche, de petite taille, qui se distingue de la scalaire commune par des côtes longitudinales plus nombreuses et plus fines.

Epitonium trevelyanum (G. Johnston, 1841). Sa coquille mesure jusqu’à 31 mm de longueur. Elle porte environ 15 côtes sur lesquelles on observe la présence de curieuses excroissances spiniformes*. Cette espèce très proche d’Epitonium clathrus est présente sur les fonds sableux de 5 à 20 m de profondeur, de la Méditerranée à la Norvège, mais elle semble très rare autour des îles Britanniques.

Epitonium turtonis (W. Turton, 1819) ou scalaire dorée. Cette espèce est peu commune. La coquille mesure jusqu’à 45 mm de longueur, avec 11 à 15 côtes en relief. On observe la présence d’une varice* par tour. La coquille est de couleur brunâtre et les côtes sont plus claires, On note la présence d'un cal* columellaire* blanc. Cette espèce a une large répartition de la Méditerranée à la Norvège. Elle se rencontre sur les fonds de sables entre 5 et 20 m de profondeur.

Gyroscala commutata (Monterosato, 1877) : les côtes sont minces et forment des lignes continues. Ces lignes, de couleur blanche, ressortent sur un fond brun. On remarque un cordon périphérique au-dessus de l’ouverture, absent chez E. clathrus.

Alimentation

Les scalaires sont des prédateurs* carnivores qui se nourrissent principalement d'anémones de mer comme Anemonia viridis et de tuniciers, parfois aussi de Scléractiniaires.

Selon Salo (1977), les épitonium localisent leur proie par chimio-détection grâce à une substance sécrétée par l’anémone. La proie serait neutralisée (anesthésiée) par une sécrétion salivaire toxique qui inhibe les réactions de la proie.
C'est en insérant leur trompe (ou proboscis*) dans les tissus de leurs proies qu'elles s'alimentent en aspirant leurs fluides internes.

Reproduction - Multiplication

Epitonium clathrus est hermaphrodite* protandre* consécutif. Les animaux les plus petits seraient des mâles et les plus grands des femelles, et le changement de sexe ne se produit qu’une seule fois au cours de la vie de l’individu. Les mâles ne possèdent pas de pénis. Le mécanisme de transfert du sperme est inconnu. Comme chez quelques espèces de gastéropodes, des structures très particulières, les spermatozeugmas (ou spermie géante atypique), sont impliquées. Ces structures spéciales de 900 µm de long portent quelques milliers de spermatozoïdes. La fécondation est interne. La femelle fécondée migre vers la partie inférieure du rivage au printemps et en été.

La ponte est formée d’une chaîne de capsules ovigères* triangulaires ou polygonales de 2 à 4 mm de large recouvertes de particules de sable (ou de vase) reliées par un fil visqueux et disposées en une chaîne sinueuse de 5 à 6 cm de long. Le nombre de capsules et leur taille peut varier selon les pontes. Ces capsules contiennent des œufs. Le nombre d’œufs dans chaque capsule n’est pas connu. Il se peut que la ponte soit enfouie sous la surface du sédiment comme chez les natices.
Après quelques jours, des larves* véligères* nageuses pélagiques*, émergent des capsules par une ouverture située à l’extrémité apicale*. Après quelques semaines de vie pélagique, elles tombent sur le fond et deviennent benthiques*.

Vie associée

Les coquilles vides sont récupérées par des pagures tels Pagurus cuanensis et Pagurus bernhardus.

La surface des coquilles vides peut être colonisée par de fines algues rouges (des corallinacées) encroûtantes, ainsi que par des annélides polychètes tubicoles*, comme les Pomatocères (Spirobranchus sp.).

Divers biologie

Les individus de cette espèce sont assez rarement observés vivants dans leur milieu naturel. Cependant, il n'est pas rare de trouver des coquilles vides échouées sur les plages dans les laisses de mer*. Les coquilles échouées prennent une teinte gris bleuâtre.

Informations complémentaires

Sur le littoral de Manche-Atlantique, l'espèce peut être observée sur l'estran*, par marées basses de vives eaux (forts coefficients).

Origine des noms

Origine du nom français

Le nom commun scalaire vient du latin [scala] = échelle, les sculptures de la coquille évoquant les marches d'un escalier en colimaçon.

Origine du nom scientifique

Epitonium : du grec [epitonion] = cheville. Du fait de la forme de la coquille, le malacologue allemand Peter Friedrich Röding (1767-1846) a appelé ce genre, en allemand, "der Zapfen" soit goujon ou cheville.

clathrus : du latin [clathri-] lui-même venant du grec [clathr-] = grillage, treillis, grille, en référence à l'aspect réticulé de la coquille.

Classification

Numéro d'entrée WoRMS : 146905

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Gastropoda Gastéropodes Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules.
Sous-classe Caenogastropoda Caenogastropodes
Ordre non attribué non attribué

Ce taxon n'a pas encore reçu un nom de la part des spécialistes.

Famille Epitoniidae Epitoniidés

Coquille hélicoïdale, pointue (allure d'escalier en colimaçon) avec des côtes (lamelles) transversales plus ou moins marquées. Tours plus ou moins étroitement appliqués. Ouverture arrondie.

Genre Epitonium
Espèce clathrus

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