Petite tourelle blanche

Epitonium clathratulum | (Kanmacher, 1798)

N° 6162

Atlantique Nord-Est, Méditerranée

Clé d'identification

Coquille effilée jusqu’à 17 mm de longueur
8 à 13 tours de spire bombés, apex pointu
18 à 22 côtes
Ouverture arrondie, plus ou moins ovale à lèvre épaisse
Couleur blanc grisâtre

Noms

Autres noms communs français

Petite tourelle, petit scalaire colimaçon

Noms communs internationaux

White wenteltrap, small wenteltrap, (GB) Weisse Wendeltreppe, Kleine Wendeltreppe (D), Witte wenteltrap, wit wenteltrapje (NL), Lille vindeltrappesnegl (Danois)

Synonymes du nom scientifique actuel

Turbo clathratulus Kanmacher, 1798
Hyaloscala clathratula (Kanmacher,1798)
Scala clathratula (Kanmacher, 1798)
Scalaria clathratula (Kanmacher, 1798)
Hyaloscala spinosa (Jeffreys, 1884)

Distribution géographique

Atlantique Nord-Est, Méditerranée

Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises]

L’aire de répartition est semblable à celle d'Epitonium clathrus à savoir l’Atlantique Nord-Est, de la Norvège à la péninsule ibérique, et en Méditerranée.

Biotope

La petite tourelle blanche se rencontre sur des fonds sableux ou vaseux dans la zone de balancement des marées jusqu'à 30 m, voire 100 m, de profondeur dans la partie nord de son aire de répartition mais entre 30 m et 250 m de profondeur au sud. Elle se déplace partiellement enfoncée dans le sol.

Lors de plongées scientifiques en mer du Nord, des E. clathratulum adultes vivants ont été retrouvés en milieu vaseux sur les épaves de la "Bourrasque" et du "Birkenfeld" à 40 km au large. Les densités observées étaient de 32 à 144 individus/m2 sur des surfaces horizontales recouvertes de sédiments.

Description

La petite tourelle blanche mesure de 3 à 17 mm de hauteur et environ 4 mm de large, il y a 8 à 13 tours de spire* très bombés avec 18 à 22 côtes très fines et une suture* profonde. L’espace entre les côtes est plus large que les côtes. Chacune a un léger contact avec celle du tour supérieur. Chez les adultes, la coquille est effilée, en revanche le dernier tour est plus large chez les juvéniles. Ce dernier tour représente 40 à 42 % de la hauteur totale de la coquille. L'apex* est pointu. L’ouverture est arrondie, plus ou moins ovale, avec une lèvre épaisse car elle coïncide avec une côte. L'ouverture est fermée par un opercule* blanc à beige. Il n’y a pas d’ombilic*.

La coquille est blanche grisâtre et légèrement translucide et l’animal lui-même est gris-blanc. Des exemplaires échoués encore vivants peuvent présenter une couleur rougeâtre.

Sur la tête, une paire de tentacules* étroits sont présents avec des yeux noirs à la base. La tête porte une trompe rétractile (ou proboscis*).

Espèces ressemblantes

Epitonium clathrus (Linnaeus, 1758). La coquille est plus longue que celle de clathratulum, jusqu’à 40 mm de longueur, avec moins de côtes (7 à 10) en relief. L’espace entre les côtes est lisse. La partie courbée de la columelle* comporte seulement 3 à 4 côtes. On note la présence fréquente de taches brunes sur la coquille.
Cette espèce est répartie de la mer Noire à la Norvège, Elle vit sur des fonds de sables vaseux depuis le bas de l’estran* jusqu’à 70 m de profondeur. Elle semble moins rare qu’Epitonium clathratulum en mer du Nord, où elle est parfois trouvée vivante lors des très grandes marées, avec une préférence marquée pour les fonds de sable et les herbiers à Zostera marina.

Epitonium trevelyanum (G. Johnston, 1841). Sa coquille est plus longue que celle de clathratulum, jusqu’à 31 mm de longueur. Elle présente moins moins de côtes (15). On observe la présence de curieuses excroissances spiniformes* sur les côtes. Cette espèce très proche d’Epitonium clathrus est présente sur les fonds sableux de 5 à 20 m de profondeur, de la Méditerranée à la Norvège, mais elle semble très rare autour des îles Britanniques.

Epitonium turtonis (W. Turton, 1819). La coquille est plus longue que celle de clathratulum, jusqu’à 45 mm de longueur, avec moins de côtes (11 à 15) en relief. On observe la présence d’une varice* par tour. La coquille est de couleur brunâtre et les côtes sont plus claires, On note la présence d'un cal* columellaire* blanc. Cette espèce a une large répartition de la Méditerranée à la Norvège. Elle se rencontre sur les fonds de sables entre 5 et 20 m de profondeur.

Alimentation

Epitonium clathratulum est un carnivore qui se nourrit principalement d’anémones de mer. Cette espèce est généralement décrite comme un prédateur mais pourrait plutôt être considéré comme un ectoparasite* temporaire.

Selon Salo (1977), les épitonium localisent leur proie par chimio-détection grâce à une substance sécrétée par l’anémone.

Den Hartog (1987) a observé, en aquarium, le comportement d’Epitonium clathratulum et de l’anémone Anthopleura biscayensis collectés sur la côte basque (sud-ouest de la France). La petite tourelle blanche ne s’intéresse pas principalement aux tissus (tentacules*, morceaux de la colonne) de son hôte comme d'autres espèces du même genre. L’analyse de son contenu intestinal permet de conclure qu’elle consomme plutôt la nourriture partiellement digérée et /ou le mucus rejetés après digestion de l'anémone (le bolus muqueux). Ces rejets expulsés de la cavité gastrique de l’anémone contiennent 90 % de restes de nourriture ainsi que des nématocytes* et/ou des fragments de tentacules.

Pour se nourrir Epitonium clathratulum grimpe sur le disque oral de l’anémone et introduit son proboscis* (au moins aussi long que la coquille voire plus) dans la fente buccale jusqu’à la cavité gastrique. La petite tourelle blanche peut rester plusieurs heures sur le disque oral de l’anémone. Ensuite, elle tombe sur le fond et s’enfouit partiellement ou complètement dans le sédiment.

Comme la plupart des gastéropodes, la petite tourelle blanche possède une radula*.

Reproduction - Multiplication

Epitonium clathratulum arrive à maturité sexuelle quand la coquille atteint une taille de 10-12,5 mm.

C’est une espèce hermaphrodite* protandre*.

La ponte est composée d’œufs dans des capsules ovigères* rondes, agglutinées sous forme d'amas. Ces capsules, recouvertes de sédiment, sont reliées entre elles par un cordon muqueux. Après éclosion, les larves* véligères* planctotrophes* vivent dans le plancton* puis se métamorphosent* en juvéniles pour rejoindre le fond.

Divers biologie

Même si son aire de répartition est semblable à celle d'Epitonium clathrus, on constate cependant que la majorité des observations d'Epitonium clathratulum ont été faites en Belgique, aux Pays-Bas, dans le Nord de la France et sur la côte basque. On a trouvé globalement entre 2011 et 2026, 20 fois moins d'Epitonium clathratulum que d'Epitonium clathrus et peu d’exemplaires vivants.

Chez les animaux mourants ou morts, la sécrétion d'une glande exposée à la lumière et à l’air se colore d'abord légèrement jaunâtre puis en violet. Cette substance est sécrétée par la glande hypobranchiale (Fretter & Graham, 1962). Ce serait une toxine ou un anesthésiant pour l’anémone (Salo, 1977).

Informations complémentaires

Selon Hartog (1988), suite à des observations faites en aquarium, cette petite tourelle blanche pourrait avoir un cycle de vie annuel mais ceci n’a pas encore été confirmé.

Des exemplaires fossiles ont également été trouvés. iIs datent du Miocène (+/- 23 à 5,3 millions d’années), du Pliocène (+/- 5,3 à 2,6 millions d’années) et de l'Eémien (+/- 120.000 ans). (Informations données par Bas de Wilde).

Origine des noms

Origine du nom français

Petite tourelle blanche

Origine du nom scientifique

Epitonium : du grec [epitonion] = cheville. Du fait de la forme de la coquille, le malacologue allemand Peter Friedrich Röding (1767-1846) a appelé ce genre, en allemand, "der Zapfen" soit goujon ou cheville.

clathratulum : du latin [clathra] = treillis, et du suffixe [-atus] = semblable à, et du diminutif [-ulum]. Cette espèce a rappelé au malacologue britannique Frederick Kanmacher (1777-1877) un petit treillis en raison de sa sculpture avec des côtes.

Classification

Numéro d'entrée WoRMS : 139718

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Gastropoda Gastéropodes Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules.
Sous-classe Caenogastropoda Caenogastropodes
Ordre Caenogastropoda incertae sedis
Super-famille Epitonioidea
Famille Epitoniidae Epitoniidés

Coquille hélicoïdale, pointue (allure d'escalier en colimaçon) avec des côtes (lamelles) transversales plus ou moins marquées. Tours plus ou moins étroitement appliqués. Ouverture arrondie.

Genre Epitonium
Espèce clathratulum

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