Electre verticillé

Electra verticillata | (Ellis & Solander, 1786)

N° 2057

Atlantique Nord-Est et Méditerranée Nord-Ouest

Clé d'identification

Pelote de longs rubans (rameaux) granuleux et relativement rigides
Colonie dressée de couleur beige
Rameaux bilamellaires formés d'un empilement de couronnes de 5 à 15 zoïdes
Base encroûtante fixée sur un support dans un sable pur et fin en zone semi-protégée

Noms

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Flustra verticillata Ellis & Solander, 1786
Electra verticillata Lamouroux 1816
Electra pilosa var. verticillata

Distribution géographique

Atlantique Nord-Est et Méditerranée Nord-Ouest

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Cette espèce est observée avec certitude de la pointe Bretagne (Finistère) au nord à la Méditerranée occidentale, en passant par les côtes du golfe de Gascogne, du Portugal et de l'Afrique limitrophe. Les signalements hors de ces zones, dans la littérature ancienne, correspondent sans doute à d'autres espèces.

Biotope

La base encroûtante de Electra verticillata peut adhérer aux pierres, à des débris coquilliers et à certaines algues (particulièrement à Gracilaria gracilis et Solieria sp.) en zone préférentiellement sableuse (cuvette sablo-rocheuse moyennement exposée, à touffe et gazon de Gracilaria et à sable pur très fin). Electra verticillata est plus sélective qu'Electra pilosa sur ses choix de substrats*.

Description

Electra verticillata forme des colonies en touffes denses, de couleur beige, dressées et de grande taille (± 10 cm). La base de la colonie est composée de stolons* linéaires très ramifiés et emmêlés, formant une matte* de 2-3 cm d'épaisseur. De la base encroûtante partent de nombreuses branches érigées, cylindriques ou en forme de rubans, bilamellaires (deux couches de zoïdes* dos à dos). Sur chaque rameau les autozoïdes* sont disposés en rangées de 5 à 15 individus parallèles qui se succèdent en formant des verticilles*. Les larges ouvertures frontales et les longs poils sont caractéristiques de l'espèce (voir "Divers biologie" pour plus de détails microscopiques).

Le cycle de développement, sous la forme d'une touffe, de ce bryozoaire est annuel, à partir d'une matte pérenne*.

Espèces ressemblantes

Electra pilosa, sous sa forme libre, ressemble beaucoup à Electra verticillata. Mais Electra verticillata est toujours fixée, ne présente pas des développements explosifs (c'est le cas de la forme libre de Electra pilosa dans le bassin d'Arcachon) et montre des rameaux plus massifs et plus longs.

Alimentation

Ce bryozoaire est un filtreur* suspensivore *microphage* ; il consomme des bactéries, des diatomées* ainsi que d'autres algues unicellulaires.
La nutrition des zoécies* est assurée de manière individuelle par chaque polypide* de la colonie. Lors de la prise de nourriture, l'opercule* s'ouvre et le lophophore* est érigé en entonnoir. Les cils des tentacules*, capables de créer des microcourants, permettent l'acheminement des particules alimentaires vers la bouche au centre du lophophore*.

Reproduction - Multiplication

Chez les bryozoaires, les deux types de reproduction, sexuée et asexuée, concourent au développement.
Au sein d'une même colonie, des zoïdes* mâles et femelles existent, mais on connaît aussi des zoïdes hermaphrodites*.
La fécondation (reproduction sexuée) conduit à la formation d'embryons, incubés dans une poche membraneuse à l'intérieur de la zoécie*. Contrairement à d'autres espèces, il n'y a pas d'ovicelles* chez Electra verticillata. Une fois expulsées, les larves* libres et nageuses, assurent la dissémination spatiale de l'espèce. Elles ont une vie planctonique*. Puis, ces larves se fixent et se transforment en zoïdes primaires isolés appelés ancestrules*.
Chaque ancestrule forme une nouvelle colonie (reproduction asexuée) par bourgeonnement*, ce qui assure la croissance de la colonie.

Divers biologie

Description microscopique :
Autozoïdes* en forme de cornets tronqués en oblique au niveau de l'opesia*.
Opesia rectangulaire arrondie, occupant le demi de la longueur du zoïde, portant 5 (rarement 6) épines chitineuses dont une proximale pointue, courbée, rarement plus longue qu'un zoïde et passant au-dessus de l'opesia.
Cryptocyste* fin et transparent, bien développé en proximal et couvert de nombreux pseudopores sauf dans la dernière partie proximale.
Stolons* présents et faits de kénozoïdes* et d'autozoïdes plus ou moins dégradés et fixés à un substrat solide (coquilles, algues…).
Lophophores à 11-12 (9-13) tentacules.

Informations complémentaires

Toutes les espèces de la famille des Electridae (Electridés) forment des colonies encroûtantes ou érigées, uni- ou plurilamellaires, avec un développement en longueur. Les branches ressemblent à des rubans dont la forme est adaptée au support algal souple et étroit utilisé par la majorité des espèces.
Les zoïdes sont ovales ou triangulaires arrondis. L'opesia* plus ou moins large est recouverte d'épines variables en nombre. Seule l'épine médiane proximale est présente chez toutes les espèces.
Aviculaire*, vibraculaire* et ovicelle* y sont absents.

Origine des noms

Origine du nom français

Electre verticillé est une traduction du nom scientifique. Le choix du masculin est habituel pour les francisations des noms de bryozoaires, mais ce n'est pas une règle.

Origine du nom scientifique

Electra : dans la tradition grecque Electre était la fille de Okeanos et de Téthys.

verticillata : du latin [verticillus] = verticillé ou du latin [verto] = tourbillon. Terme utilisé le plus souvent en botanique : groupe de feuilles issues d'une même tige et insérées au même niveau, formant ainsi une couronne. Un verticille* est un ensemble d'organes de même nature disposés en couronne, au même niveau, autour d'un même axe.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Bryozoa / Ectoprocta Bryozoaires / Ectoproctes Petits animaux coloniaux filtreurs aquatiques fixés à un substrat. Tous les zoïdes sont en continuité physique et issus de bourgeonnement à partir d’un individu unique. Chaque zoïde porte un lophophore rétractile et est abrité dans une logette.
Classe Gymnolaemata Gymnolèmes Colonies polymorphes. Les zoïdes sont cylindriques ou aplatis, les lophophores circulaires. Les parois peuvent être calcifiées ou non. Presque tous marins.
Ordre Cheilostomatida Cheilostomes Bryozoaires calcifiés, zoïdes* en forme de boîte obturée par un opercule à charnière. Gymnolèmes les plus nombreux et les plus diversifiés des régions littorales, souples à rigides. Groupe au polymorphisme marqué où l’on trouve des individus différenciés (aviculaires, vibraculaires, ovicelles globuleux…).
Sous-ordre Malacostegina
Famille Electridae Electridés Colonie encroûtante ou érigée, uni ou plurilamellaire, avec un développement en longueur souvent semblable à des rubans, forme adaptée au support algual souple et étroit (majorité des espèces). Zoïdes ovales ou triangulaire arrondis. Opesia plus ou moins large, recouverte d'épines variables en nombre et inconstantes. Épine médiane proximale constante chez toutes les espèces. Pas d'aviculaire, de vibraculaire ou d'ovicelle.
Genre Electra
Espèce verticillata

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