Doris ocellée

Doris ocelligera | (Bergh, 1881)

N° 1603

Atlantique Nord-Est tempéré, Méditerranée occidentale

Clé d'identification

Couleur générale jaune sale
De 8 à 15 mm de long
Tubercules de forme irrégulière, comme hérissés
Avec un petit point noir à leur sommet

Noms

Synonymes du nom scientifique actuel

Staurodoris ocelligera Bergh 1881
Aldisa berghi Vayssière 1901

Distribution géographique

Atlantique Nord-Est tempéré, Méditerranée occidentale

Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Méditerranée française], ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises]

Elle a été rencontrée à plusieurs reprises au bassin d'Arcachon par le rédacteur. Son aire de répartition atlantique comprend le sud de la Bretagne, le golfe de Gascogne et les côtes espagnoles et portugaises, jusqu'au détroit de Gibraltar.
En Méditerranée, elle a été décrite par Vayssière dans la région de Marseille. Elle a été signalée dans l'étang de Thau, et a été photographiée à Malte, au sud de la Sardaigne, dans le nord de la mer Adriatique et dans le lac de Tunis.

Biotope

On la trouve dans des zones rocheuses, ou sur des fonds coquilliers recouverts d'éponges, à des profondeurs ne dépassant pas vingt mètres. Elle semble préférer les milieux lagunaires.

Description

Doris ocelligera est un petit nudibranche doridien de couleur générale jaune sale.
Elle mesure habituellement de 8 à 15 mm de long, exceptionnellement jusqu'à 25 mm ; sa forme est globalement elliptique.
Le manteau* recouvre entièrement le pied* ; sa surface est parsemée de tubercules peu élevés, de taille légèrement différente entre le centre et les bords, et de forme irrégulière, comme hérissée. Les tubercules sont grossièrement disposés en 6 ou 7 lignes longitudinales.
Les rhinophores* portent 7 à 9 lamelles obliques, qui se rejoignent en arrière, au-dessus d'une hampe lisse. Chaque rhinophore est encadré à sa base par deux tubercules un peu plus gros.
Les branchies*, au nombre de 9, sont simplement pennées.
Les rhinophores et les branchies sont rétractiles en cas de menace.
La coloration générale est jaune à brun clair, parfois grisâtre, un peu plus sombre au milieu du manteau, à cause d'un semis de petits points foncés. Chaque tubercule porte, classiquement, un petit point noir à son sommet, inconstant selon les individus.

Espèces ressemblantes

Doris verrucosa Linnaeus, 1758 : la doris verruqueuse est de taille supérieure, mais la confusion est possible avec ses juvéniles. Doris verrucosa présente des tubercules arrondis, de tailles variées sans point noir apical, et fréquente habituellement un biotope sablo-vaseux.

Doris adrianae Urgorri & Señarís, 2021 : espèce de forme ovale (longueur maximale citée de 76 mm) et de couleur jaune à jaune-orange, semé de très fins points noirs microscopiques et non visibles à l’œil nu. Le dos est couvert de tubercules arrondis de même couleur que le corps, de différentes tailles, renforcés par des spicules tégumentaires caractéristiques peu visibles. Un faisceau de critères comme la coloration et la forme des tubercules, la morphologie de la radula*, des systèmes digestif et reproducteur, distingue cette espèce des autres espèces du genre Doris Linnaeus, 1758.

Alimentation

Le régime alimentaire de ce nudibranche est mal connu. Il est vraisemblable qu'il se nourrisse d'éponges des genres Halichondria et Hymeniacidon.
Les aliments sont râpés par la radula*.

Reproduction - Multiplication

Les nudibranches sont hermaphrodites* ; ils portent simultanément des organes génitaux mâle et femelle. Mais on n'a jamais décrit d'auto-fécondation.
Les orifices génitaux mâle et femelle sont situés juste à côté l'un de l'autre, à l'avant-droit du pied. Les deux partenaires adoptent donc une position tête-bêche pour se féconder réciproquement.

Divers biologie

Doris ocelligera est un nudibranche assez rarement observé, tant par les plongeurs que par les biologistes. Sa petite taille, sa couleur de muraille, et son activité nocturne sont sans doute en cause, au moins autant que sa rareté réelle.
La radula, qui sert à râper les aliments, est constituée de nombreuses dents chitineuses, dont le nombre et la forme sont caractéristiques de chaque espèce. Leur étude au microscope permet aux biologistes d'identifier les espèces avec certitude.
Celle de Doris ocelligera a pour formule 22 (30, 0, 30) , soit vingt-deux rangées de soixante dents, en deux séries séparées. Les dents sont crochues, sans denticules, avec une bosse au-dessus de la cuspide*.

Origine des noms

Origine du nom français

Le terme “Doris ocellée" est une simple traduction de la dénomination scientifique, créé pour le site DORIS. Bien que provenant d'un nom mythologique féminin, le nom doris a été utilisé au masculin pour certaines espèces.

Origine du nom scientifique

Doris : Doris est st le nom d'une Océanide, fille d'Océan et de Téthys, épouse de Nérée et mère des 50 Néréides, "doris" signifierait en grec "donne en abondance".

ocelligera : vient du latin ; composé de [ocellus], diminutif d'[oculus] = petit œil, perle, et de [gerere] = porter. Qui porte des petits yeux, ou des perles, probablement en référence à la forme et la coloration noire terminale des tubercules dorsaux.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Gastropoda Gastéropodes Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules.
Sous-classe Heterobranchia Hétérobranches
Super ordre Nudipleura Nudipleures
Ordre Nudibranchia Nudibranches Cavité palléale et coquille absentes chez l’adulte. Lobes pédieux souvent absents aussi. Respiration cutanée, à l’aide de branchies, de cérates ou d’autres appendices. Tête portant une ou deux paires de tentacules, les tentacules postérieurs ou rhinophores peuvent parfois être rétractés dans des gaines. Principalement marins ou d’eau saumâtre.
Sous-ordre Doridina Doridiens Corps aplati. Anus dorsal entouré complètement ou partiellement par des branchies de remplacement ramifiées qui peuvent être rétractées (voire absentes). Mangeurs d’éponges, habituellement armés de spicules calcaires internes.
Famille Dorididae Dorididés Corps ovale allongé, manteau épais et large portant des tubercules parfois pédonculés ou disposés en rangées. Rhinophores rétractiles avec lamelles et comme les branchies souvent à proximité de tubercules « protecteurs ». Rainure sur les tentacules oraux.
Genre Doris
Espèce ocelligera

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