Didemne orange du coralligène

Didemnum drachi | Lafargue, 1975

N° 1853

Méditerranée occidentale Nord

Clé d'identification

Colonie orange clair quasi uniforme
Très enveloppante et peu adhérente
Consistance molle
Espèce du coralligène (au-delà de 20 m)

Noms

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Didemnum drachi est la dénomination originale de son auteur, Françoise Lafargue, en 1975.

Distribution géographique

Méditerranée occidentale Nord

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Didemnum drachi semble limité à la Méditerranée occidentale Nord, incluant les côtes françaises.

Biotope

Espèce commune mais confinée dans la zone circa-littorale* à des profondeurs de 20 mètres et plus. Caractérisé par son fort pouvoir enveloppant, Didemnum drachi va recouvrir rapidement nombre de supports vivants verticaux dans les zones du précoralligène* et du coralligène* en formation, en particulier les algues pérennes et profondes (Codium bursa, Halimeda tuna, etc) et les parois verticales des bioconstructions du coralligène.

Description

Didemnum drachi est une ascidie coloniale qui forme des colonies encroûtantes relativement fines. L'épaisseur est de l'ordre de 5 mm, la surface couverte par une colonie est souvent importante et peut atteindre plusieurs dizaines de décimètres carrés. Ce Didemnidé profond a une extrême capacité à envelopper tout type de support (roches, algues...) mais il est peu adhérent.
La couleur de cette espèce est orange clair, parfois bariolé de blanc.
La faible densité de spicules* calcaires présents dans les tissus donne une consistance molle à la surface de la colonie.
Les zoïdes*, bien visibles chez D. drachi, sont très régulièrement répartis à la surface de la tunique commune (le cormus*). Ils s'organisent en lignes radiantes au-dessus de petites veines surélevées. Ces veines sont une réunion des siphons exhalants de chaque individu (zoïde) de la colonie et elles convergent vers quelques siphons cloacaux extérieurs peu nombreux et discrets. Ces derniers ne sont pas cerclés de blanc comme c'est le cas pour d'autres espèces de Didemnidés ressemblants.

Espèces ressemblantes

Toutes les ascidies de la famille très homogène des Didemnidés sont très difficiles à identifier avec certitude sous l'eau ou sur photo. Sachant qu'aucune colonie n'a été prélevée pour identification microscopique, toutes les photos des fiches traitant ces espèces sont à considérer comme "pouvant ressembler in situ à cela".

D. drachi
peut facilement être confondu avec d'autre colonies de Didemnidés comme : Didemnum commune (également orange, mais avec des siphons cloacaux cerclés de blanc et bien moins profond), Didemnum fulgens, Didemnum pseudofulgens et Polysyncraton lacazei.
La confusion avec des éponges encroûtantes orangées et veinées est aussi possible, en particulier avec Crambe crambe, Spirastrella cunctatrix, Haliclona fulva, Clathria atrasanguinea...

Alimentation

Ces animaux sont des filtreurs microphages*. Ils se nourrissent de petites particules, depuis les molécules en suspension jusqu’aux débris et micro-organismes animaux et végétaux.
Les ascidies génèrent un courant d’eau (rentrant par les orifices inhalants individuels) pour capturer les particules en suspension. Les particules digérées et les déchets sortent ensuite par le siphon exhalant. Le regroupement de plusieurs de ces siphons forme un cloaque commun qui débouche, via un réseau de veines, à la surface de la colonie par une grosse ouverture.

Reproduction - Multiplication

La reproduction peut être asexuée et sexuée.
Reproduction asexuée : formation et extension de la colonie par bourgeonnement à partir de l’individu souche.
Reproduction sexuée : les représentants de la famille des Didemnidés sont hermaphrodites*, la fécondation est interne et le développement indirect.
Les gonades se trouvent dans le post abdomen et c’est là qu’a lieu la fécondation. Le développement embryonnaire amène à la différenciation des organes internes, de la chorde* et de la queue pour former une larve nageuse ressemblant à un têtard. Ces larves nageuses sont libérées dans le milieu par le siphon cloacal des zoïdes. La vie pélagique est très courte et les larves* se fixent au substrat par des papilles adhésives. A partir de là commence la métamorphose* qui donnera un individu adulte.

Vie associée

Les ascidies coloniales de la famille des Didemnidés sont souvent parasitées par des copépodes de la famille des Notodelphyidés. Ooneides amela peut parasiter en grand nombre Didemnum drachi. On a pu observer une trentaine d'individus dans une colonie de D. drachi de 10 cm de diamètre.

Divers biologie

Description microscopique de Didemnum drachi :
Les spicules sont étoilés, leur distribution dans la tunique est dense et régulière.
Les organes spiculogéniques (responsables de la fabrication des spicules), situés entre la troisième et la quatrième rangée de stigmates*, sont surmontés d'un petit tube et en position verticale.

Informations complémentaires

Détermination des Didemnidés :
Une dissection est toujours nécessaire pour une détermination fiable des ascidies. Pour les représentants de la famille des Didemnidés (Didemnidae), elle est basée sur la morphologie des larves et la forme des spicules calcaires étoilés présents le plus souvent dans la tunique. La seule observation des spicules n'est pas suffisante. Effectivement, leur forme proche d'une espèce à l'autre et leur densité parfois très variable au sein d'une même espèce rend ce critère insuffisant pour une bonne identification.

Les ascidies de la famille des Didemnidés sont caractérisées par les critères suivants :
- ascidie toujours composée (coloniale) dont les zoïdes sont inclus dans une tunique commune (cormus*),
- le corps est divisé en deux parties : branchie d'un côté (thorax) et tube digestif avec gonades de l'autre (abdomen),
- le tube digestif est situé sous la branchie,
- la totalité des gonades est incluse dans l'anse intestinale,
- la branchie est plane sans papilles internes ni sinus longitudinaux,
- estomac sans diverticules hépatiques,
- pas de vésicule rénale,
- le bourgeonnement se fait par la fusion de deux bourgeons œsophagiens (l'un est à l'origine de la branchie, l'autre de l'abdomen, voir le schéma dans la fiche Didemnum coriaceum).

Les espèces du genre Didemnum sont caractérisées par les critères suivants :
- quatre rangs de stigmates*,
- spermiducte courbé,
- 1 ou 2 testicules,
- siphon branchial à 6 lobes,
- présence de spicules calcaires (sauf exception).

Les espèces du genre Polysyncraton présentent les mêmes caractéristiques que celles du genre Didemnum, sauf :
- plus de deux testicules,
- languette bifide bien développée au siphon cloacal (le plus souvent).

Les espèces du genre Trididemnum sont caractérisées par les critères suivants :
- trois rangs de stigmates,
- spermiducte courbé,
- un testicule,
- nombreuses ouvertures cloacales communes surmontées d'un tube.

Les espèces des genres Diplosoma et Lissoclinum (très proches) sont caractérisées par les critères suivants :
- spermiducte droit,
- siphon cloacal avec simple trou, sans tube ni appendice (languette).

Origine des noms

Origine du nom français

Didemne orange du coralligène est une proposition du site DORIS.

Origine du nom scientifique

Didemnum : [di-] = deux et [demnion] = matelas, lit, dans le sens ici de "logette". En effet, dans le premier de ses "Mémoires sur les animaux sans Vertèbres", Savigny, le créateur de ce nom, décrit ainsi le genre Didemnum : "Polype occupant deux loges, abdomen pédiculé" ; par opposition au genre Aplidium : "Polype occupant une seule loge, abdomen et ovaire sessiles".

drachi
: en l'honneur du professeur Pierre Drach, 1906-1998, directeur du Laboratoire Arago à Banyuls.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Urochordata / Tunicata Urochordés / Tuniciers Chordés marins fixés (ascidies) ou pélagiques (thaliacés), solitaires ou coloniaux. Epaisse tunique cellulosique. Deux siphons, pharynx bien développé, la chorde larvaire régresse chez l'adulte (sauf chez les Appendiculaires).
Classe Ascidiacea Ascidies / Ascidiacés Tuniciers fixés. Solitaires ou coloniaux (seuls capables de bourgeonnement). Chorde uniquement au stade larvaire. Siphon inhalant au sommet, proche du siphon exhalant latéral. Souvent en eau peu profonde.
Ordre Aplousobranchia Aplousobranches Ascidies coloniales.
Famille Didemnidae Didemnidés Aplousobranches avec thorax et abdomen. Zoïdes très petits et courts formant de fines colonies encroûtantes. Incrustations calcaires étoilées. (Ce n'est pas le cas du genre Diplosoma).
Genre Didemnum
Espèce drachi

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