Colonies ramifiées
Tissu vivant pigmenté d’orange
Squelette finement strié
Polypes blancs
Bouche en forme de fente
Disposition des corallites latéraux en deux séries longitudinales opposées
Corail branchu orange, madréporaire arborescent orange, dendrophyllie
Orange tree coral (GB), Madrepora arborescente naranja, coral naranja, coral candelabro (E) ), Orangene Astkoralle, Orange Baumkoralle (D), Oranje boomkoraal (NL)
Madrepora ramea Linnaeus, 1758
Amphelia ramea (Linnaeus, 1758)
Amphihelia ramea (Linnaeus, 1758)
Caryophyllia ramea (Linnaeus, 1758)
Lophohelia ramea (Linnaeus, 1758)
Matrepora ramea (Linnaeus, 1758)
Oculina ramea (Linnaeus, 1758)
Amphihelia miocenica Sequenza, 1864
Madrepora miocenica (Seguenza, 1864)
Amphihelia atlantica Duncan, 1870
Amphihelia ornata Duncan, 1870
Atlantique Nord-Est, Méditerranée
Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Méditerranée française], ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises]Ce madréporaire bénéficie d’une large répartition entre le nord-ouest de l’Irlande au nord et les côtes de Guinée équatoriale au sud. On peut l’observer aussi dans les archipels de Macaronésie (Canaries, Cap Vert…). Il est également présent dans tout le bassin méditerranéen.
Son existence a été avérée dans l’océan Indien, sur les côtes orientales d’Afrique du Sud et du Mozambique.
Ce corail arborescent préfère les milieux peu éclairés (surplombs, corniches…) dans des eaux où la température ambiante se situe entre 7 °C et 17 °C. Il vit sur des substrats* rocheux des étages circalittoral* et bathyal* entre 70 et 1000 mètres de profondeur.
Néanmoins, il a été observé très exceptionnellement et localement (île d’Ouessant en Bretagne notamment) des exemplaires isolés entre 30 et 50 m, voire 6 m dans les grottes.
Ce madréporaire forme de grandes colonies arborescentes, rigides, composées de nombreux polypes* bourgeonnés de façon irrégulière.
Le squelette, noirâtre et finement strié, est recouvert d’un cœnenchyme* orange. Les tentacules* des polypes*, épais et souvent très longs, sont de couleur blanche à jaune pâle ; couleurs dues à des pigments contenus dans leurs cellules. Ils entourent une bouche centrale proéminente en forme de fente. Le squelette est poreux près du bord calcinal*, ce qui le rend très fragile. On remarque sur le corallite* terminal et sur les latéraux des cloisons calcaires radiaires régulièrement disposées, les septes*. La disposition des corallites latéraux en deux séries longitudinales opposées est très typique. Les calices terminaux et latéraux sont circulaires ou légèrement ovales ; leur diamètre oscille entre 6 et 16 mm, leur profondeur entre 3 et 8 mm.
Les rameaux forment des massifs qui peuvent atteindre 1,50 mètre de hauteur et autant de largeur. Le tronc, solidement fixé au substrat*, est relativement peu épais, de l’ordre de 3 à 4 cm mais, chez les vieilles colonies, sa base peut atteindre une trentaine de cm de circonférence. Le diamètre des polypes épanouis s’échelonne entre 2 et 4 cm.
Balanophyllia regia Gosse, 1853 : ce petit corail solitaire est pratiquement de la même couleur mais ses polypes* sont beaucoup plus petits. Cette espèce photophile* vit sur des parois rocheuses entre 10 et 25 mètres de profondeur.
Dendrophyllia cornigera (Lamarck, 1816) : c’est avec cette espèce, également arbusculaire, qu’il y a le plus de confusions mais elle possède un cœnenchyme* et des polypes entièrement jaune vif. Les corallites* sont disposés irrégulièrement.
Desmophyllum pertusum (Linnaeus, 1758) : ce scléractiniaire arborescent est de couleur blanche. Les polypes translucides sont blancs, roses ou jaunâtres. Il vit entre 200 et 1 800 m de profondeur. Ce corail d’eau froide est présent dans le monde entier, formant de véritables récifs dans des eaux oscillant entre 6 et 8 °C.
Leptopsammia pruvoti Lacaze-Duthiers, 1897 : ce madréporaire solitaire sciaphile* vit sous les surplombs rocheux entre la surface et 50 m de profondeur. Les polypes, de couleur jaune, ne dépassent pas les 60 mm de hauteur.
Ce corail est un carnivore microphage*. Il piège les particules alimentaires (petits animalcules du plancton*) grâce à ses tentacules* armés de cellules urticantes, les cnidocystes*.
Il est ahermatypique*, c'est-à-dire qu'il n'est pas bâtisseur de récif et ne contient pas de zooxanthelles*. Il dépend donc uniquement pour vivre de la nourriture qu'il capture lorsque le polype* se déploie. En général, les polypes sortent la nuit, quand la quantité de plancton est maximale, ou dans des eaux agitées.
Chaque polype se nourrit individuellement.
Dendrophyllia ramea se reproduit de manière sexuée et asexuée.
Les sexes sont séparés (espèce gonochorique*) et lors de la reproduction, les gamètes* mâles et femelles sont libérés dans l'eau (fécondation* externe) et donnent naissance à des larves* qui, une fois totalement formées, se posent sur le substrat*. Le polype* juvénile est accroché au substrat par une sorte de pédoncule*.
La colonie peut se multiplier également de façon asexuée lorsqu'un polype se développe à partir de la « colonie-mère » : il pousse alors à partir du pied d'un autre polype, et reste inclus dans la colonie.Dans le sud-ouest de la Méditerranée (région de Malaga en Andalousie), on a observé un petit parasite* crustacé cirripède, Adna anglica, qui se fixe le long des branches et aux alentours des calices*.
En mer d’Alboran, partie la plus occidentale du bassin algéro-provençal en Méditerranée, et certainement en d’autres endroits, de nombreux épibiontes* ont été observés (bryozoaires, ophiures, anthozoaires, hydrozoaires, éponges, de nombreux amphipodes et des annélides polychètes) [Estévez & al. 2024].
Les colonies de Dendrophyllia ramea sont également des sites de reproduction pour de nombreux organismes [Estévez & al. 2024].
De nombreux déchets d’engins de pêche et de plastiques peuvent également être observés sur les colonies notamment en mer d’Alboran (cf. Estévez & al. 2024).
Cette espèce est inscrite à l’Annexe II de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction) et fait l'objet d'une réglementation. Bien que n'étant pas nécessairement menacée actuellement d'extinction, elle pourrait le devenir si son commerce et sa surexploitation n'étaient pas étroitement contrôlés.
Corail arborescent : de par sa forme de petit arbuste.
orange : la couleur du cœnenchyme* à l’état vivant.
Dendrophyllia : du grec [dendron] = arbre et du grec [phyllon] = feuille.
ramea : du latin [ramus], signifiant rameau, branche : les rameaux arborescents de la colonie font penser à des branches.
Numéro d'entrée WoRMS : 135187
| Termes scientifiques | Termes en français | Descriptif | |
|---|---|---|---|
| Embranchement | Cnidaria | Cnidaires | Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, principalement à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula. |
| Classe | Anthozoa | Anthozoaires | Cnidaires exclusivement marins, solitaires ou coloniaux, uniquement sous la forme polype (jamais de phase méduse dans le cycle de vie). |
| Sous-classe | Hexacorallia | Hexacoralliaires | Anthozoaires coloniaux ou solitaires, tentacules lisses, polypes à symétrie d’ordre 6. |
| Ordre | Scleractinia | Scléractiniaires / Madréporaires | Hexacoralliaires coloniaux (quelques espèces solitaires) produisant un exosquelette calcaire abritant de petits polypes. |
| Sous-ordre | Refertina | Réfertines | |
| Famille | Dendrophylliidae | Dendrophylliidés | Solitaires ou coloniaux. Les septes en lamelles sont nombreuses et ont des angles arrondis. Chez de nombreux genres, les septes ont une disposition particulière (plan de Pourtalès). La plupart des genres n’ont pas de zooxanthelles dans leurs tissus. |
| Genre | Dendrophyllia | ||
| Espèce | ramea |
Coraux durs (Scléractiniaires ou Madréporaires)
Colonie arborescente
Ce madréporaire forme de grandes colonies arborescentes, rigides, composées de nombreux polypes bourgeonnés de façon irrégulière.
Black Beach, Puerto del Carmen, île de Lanzarote, archipel des Canaries, océan Atlantique, 47 m
17/10/2019
Coraux durs (Scléractiniaires ou Madréporaires)
Bouche et polypes sortis
Vue rapprochée des polypes et de la bouche de ce madrépore.
Black Beach, Puerto del Carmen, île de Lanzarote, archipel des Canaries, 47 m
17/10/2019
Substrat rocheux
Dendrophyllia ramea vit sur des substrats rocheux dans des milieux peu éclairés, ici un tombant.
Almuñécar, Andalousie, Costa Tropical, mer d’Alboran, mer Méditerranée, Espagne, 30 mètres
26/10/2024
Cœnenchyme orange et polypes blancs
Le squelette est recouvert d’un cœnenchyme orange, les tentacules des polypes, souvent très longs, sont de couleur blanche.
Almuñécar, Andalousie, Costa Tropical, mer d’Alboran, mer Méditerranée, Espagne, 30 mètres
26/10/2024
A Lanzarote aux Canaries
Ce madréporaire bénéficie d’une large répartition. On peut l’observer notamment dans l’archipel des Canaries, ici sur l’île de Lanzarote dans une cavité par 30 m de fond.
Playa Chica, Puerto del Carmen, île de Lanzarote, archipel des Canaries, 30 m
04/04/2023
Pour mieux comprendre
Schéma de la structure interne d'un corallite.
D’après dessin original de Laszlo (Wikimedia Commons)
Reproduction de documents anciens
20/12/2022
Dessin ancien
Dessin de Dendrophyllia ramea, un polypier arborescent.
Fig. 77 dans l'ouvrage "Les explorations sous-marines" par E. Perrier
Reproduction de documents anciens
1891
Rameaux de Dendrophyllie
1. Rameau polypes épanouis, 2. Rameau polypes rétractés laissant apparaître les lames radiaires ou septes.
Fig. 78 dans l'ouvrage "Les explorations sous-marines" par E. Perrier
Reproduction de documents anciens
1891
Gravure ancienne
C’est l’un des plus grands coraux arborescents, facilement distinguable par ses grands corallites distants et sa surface striée et ondulée.
Fig. 31 dans l’ouvrage « Zoophytes » par J.D. Dana
Reproduction de documents anciens
1848
Rédacteur principal : Philippe LE GRANCHÉ
Correcteur : Yves MÜLLER
Responsable régional : Philippe LE GRANCHÉ
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