Raphitome à lignes

Cyrillia linearis | (Montagu, 1803)

N° 4481

Atlantique européen et Méditerranée

Clé d'identification

Forme de la coquille turriculée, fusiforme, canal droit
Entaille profonde sur le labre externe au niveau de la suture (encoche labiale ou sinus anal)
Couleur blanc-jaunâtre et plus ou moins violette
Lignes de couleur brun-rougeâtre discontinues
Animal de couleur blanche avec siphon blanc à transparent

Noms

Noms communs internationaux

Ruwe trapgevel (NL), Buttet pilsnegi (DK)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Murex linearis Montagu, 1803 (nom original)
Defrancia linearis (Montagu, 1803)
Mangelia linearis (Montagu, 1803)
Philbertia linearis (Montagu, 1803)
Raphitoma linearis (Montagu, 1803)
Pleurotoma tricolor Risso, 1826
Pleurotoma muricoidea Blainville, 1829
Murex cyrilli Scacchi, 1833
Fusus buchanensis MacGillivray, 1843
Cenodagreutes coccyginus E. H. Smith, 1967

Distribution géographique

Atlantique européen et Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Au niveau de l'Atlantique, on trouve l'espèce en Bretagne (Nord et Sud) ainsi que dans le nord de la France. Elle est présente dans le nord de la Norvège, l'est de l'Angleterre, sur les côtes du Portugal et aux îles Canaries.
Cyrillia linearis est présente dans toute la Méditerranée.

Biotope

Espèce principalement de l’infralittoral*, soit jusqu'à 40 m (mais la profondeur maximale enregistrée est 133 m), que l'on trouve sous les pierres et les fonds détritiques*.

Description

La coquille est épaisse, turriculée à tours convexes, fusiforme et d’une longueur de 8 à 10 mm.
La protoconque* (premiers tours initiaux sur la coquille) multispirale est formée de 3,5 tours, dont le premier est lisse et les autres finement réticulés. Sa couleur variable peut se teinter de jaune, beige clair, orange et parfois même de violet foncé.
La téléoconque* est formée de 6 à 7 tours. La sculpture du dernier tour est constituée de 11 à 12 côtes axiales fortes, traversées par 15 à 16 cordons spiraux fins qui forment en leur point de rencontre un aspect épineux. La suture est profonde et sinueuse. L’encoche labiale est bien marquée. Le siphon* est court.
Le labre* est mince et crénelé. Sur les sujets au stade gérontique* et dont le labre est épaissi, il est possible de voir neuf dents internes.
L’ouverture est allongée à ovale. Il n'y a pas d’opercule*.
La couleur est blanc-jaunâtre et plus ou moins violette pour les sujets vivants.
Les côtes spirales sont parcourues par une ligne de couleur brun-rougeâtre discontinue.

L’animal est de couleur blanche, siphon blanc à transparent. Les tentacules oculaires sont de la même couleur et portent les yeux à mi-hauteur.

Espèces ressemblantes

On peut confondre Cyrillia linearis avec Cyrillia aequalis (Jeffreys, 1867), qui est une espèce du circalittoral*. Chez cette dernière, la protoconque multispirale est de couleur claire. Son aspect est non épineux, la coloration différente, blanche à blanc jaunâtre, avec des lignes sur les côtes spirales brunes ininterrompues.
La confusion est possible également avec de jeunes spécimens de Leufroyia concinna (Scacchi, 1836). Mais la coquille de ces derniers a des tours très convexes, un aspect non épineux, une ouverture plus grande. On note également la présence d’une ponctuation entre les lignes de couleur brun-violet foncé.

Alimentation

Comme tous les membres de la super-famille des Conoïdes, les Raphitomidés (dont les Cyrillia) sont des prédateurs carnivores*. Leur radula*, de type taxoglosse*, possède des dents qui se sont transformées en harpons crantés reliés à une glande à venin. Cette arme redoutable est utilisée pour capturer les proies dont ils se nourrissent.
Néanmoins, la nature exacte de ces proies, de petits invertébrés, n'est pas connue à ce jour.

Reproduction - Multiplication

Les sexes sont séparés.
Les œufs sont déposés dans des capsules ovigères*.
Les larves* planctotrophiques* qui en sont issues, sont transportées par les courants et peuvent passer des semaines voire des mois dans le plancton*, qui devient leur principale source d’alimentation. Cette vie planctonique* longue, permet une large dissémination de l’espèce sur de nouveaux biotopes*.
Le mode de vie larvaire est une caractéristique de l’espèce, dont le témoignage se retrouve sur la coquille qui possède une protoconque multispirale.

Vie associée

Peu d'observations sont associées à cette espèce. Citons dans son environnement direct (souvent épibiontes*) le petit bivalve Anomia ephyppium, quelques vers polychètes tubicoles, des algues encroûtantes et bryozoaires encroûtants.

Informations complémentaires

Aucune espèce de Raphitomidé n’est abondante, et même si Cyrillia linearis ne fait pas partie des plus rares, elle ne se rencontre pas fréquemment. Le plus souvent, on ne découvre qu’un individu isolé.

Les Raphitomidés méditerranéens (7 genres, dont Leufroyia, Cyrillia, Raphitoma...) sont en cours de révision et comptent actuellement une soixantaine d’espèces en tout, dont certaines sont encore à décrire.

Origine des noms

Origine du nom français

Raphitome à lignes : francisation de l'ancien nom scientifique Raphitoma linearis, nom valide au moment de la rédaction de cette fiche. Cette espèce n'avait alors pas de nom commun d'usage et le site DORIS a fait cette proposition. Cyrillia linearis est d'ailleurs une espèce appartenant toujours à la famille des Raphitomidés (Raphitomidae).

Origine du nom scientifique

Cyrillia : genre créé créé par W. Kobelt, W (1887 - 1908). L'origine de ce choix n'est pas précisé. Peut-être le prénom féminin, mais sans certitude...

linearis : du latin [linearis] = linéaire.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Gastropoda Gastéropodes Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules.
Ordre Neogastropoda Néogastéropodes Coquille avec canal siphonal bien développé. Un repli du manteau forme un tube extensible : le siphon. La plupart sont des prédateurs ou nécrophages. Tous marins sauf le genre Clea.
Famille Raphitomidae Raphitomidés
Genre Cyrillia
Espèce linearis

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