Corbicule striolée

Corbicula fluminalis | (O. F. Müller, 1774)

N° 6143

Eaux douces d'Asie, d'Amérique, d'Europe, d'Afrique

Clé d'identification

Petit bivalve dulcicole de 20 à 25 mm maximum
Coquille gris-jaune assez sombre
Coquille vaguement triangulaire avec crochet un peu saillant
Stries d'accroissement peu marquées et relativement serrées
Présence de 2 siphons, visibles quand l'animal est enfoui
Confusion fréquente avec Corbicula fluminea

Noms

Autres noms communs français

Corbicule asiatique est un nom à éviter car confusion avec Corbicula fluminea

Noms communs internationaux

Asian clam, asiatic clam (GB), Feingestreifte Körbchenmuschel (D), Toegeknepen korfmossel (NL)

Synonymes du nom scientifique actuel

Tellina fluminalis O.F.Müller, 1774
Cyclas euphratica Lamarck, 1816
Cyrena (Corbicula) cor Lamarck, 1818
Corbicula nilotica Clessin, 1878
Corbicula saharica P. Fischer, 1878
Corbicula aegyptiaca Germain, 1906

Avertissement : De nombreux autres synonymes avec variétés et sous-espèces sont presents dans la littérature. Cette abondance est probablement liée au polymorphisme des corbicules, à de nombreuses imprécisions, à des confusions et à des erreurs d'identification. De même, il n'est pas certain que l'usage du nom Corbicula fluminalis pour les formes fossiles européennes du pléistocène corresponde exactement au même taxon qu’aujourd’hui.

Distribution géographique

Eaux douces d'Asie, d'Amérique, d'Europe, d'Afrique

Zones DORIS : ● Eau douce d'Europe, ● Atlantique Nord-Ouest

La corbicule striolée semble originaire d'Asie centrale entre la mer Caspienne, le Caucase et le nord de l’Afrique. La localité type est “In fluvio Afiae Euphrat” soit "dans le fleuve Euphrate d'Afrique". Les connaissances à propos de son origine et de l'évolution de sa distribution sont fragmentaires et il est difficile de retracer avec certitude les différentes phases de ses introductions et des facteurs de dispersion.

Une des premières observations de l'espèce en France semble être dans les Pays-de-la-Loire en 1994. La navigation en eau douce ainsi que les eaux de ballast ont probablement joué un rôle important dans l'extension géographique de l'espèce. En France, l'espèce est présente ici et là dans les principaux réseaux hydrographiques. Elle semble absente de Corse. Elle n'est pas signalée dans les territoires ultramarins sous juridiction française.

L’espèce est largement répandue dans la majorité des États américains, à l’exception de ceux du centre‑nord. Au Canada, sa présence demeure marginale : seules quelques observations ont été rapportées, notamment en Colombie‑Britannique en 2008 et au Québec, dans le secteur de Gentilly, depuis 2009.

Biotope

La corbicule striolée peut se rencontrer dans les voies navigables, les rivières et les plans d'eau, en particulier dans les eaux bien oxygénées. Elle vit typiquement en eau douce mais peut tolérer une eau légèrement saumâtre*. Elle supporte également les eaux turbides et une pollution faible. L'espèce habite surtout les fonds de sable mais peut se rencontrer aussi dans des milieux avec un peu de vase ou de gravier.

Description

Aspect extérieur
Ce petit bivalve dulcicole* a une coquille mesurant jusqu'à 25 mm. Elle est de couleur gris-jaune assez sombre. Sa forme est vaguement triangulaire avec crochet un peu saillant. Ses stries d'accroissement sont peu marquées et relativement serrées (13 à 26 stries par cm).
Quand l'animal est enfoui, deux siphons* sont visibles.

Aspect intérieur
Les deux valves* sont reliées par un petit ligament noir élastique et solide qui assure l'ouverture passive de la coquille. La charnière est quasi centrée et possède plusieurs dents cardinales et latérales sur chaque valve. La coquille est constituée de plusieurs couches. La couche interne n'est pas particulièrement irisée ou nacrée*. L'intérieur de la coquille est le plus souvent violacé, couleur qui s'atténue chez les adultes. Le bord du manteau laisse un sillon palléal* à l'intérieur de la coquille. Le muscle adducteur antérieur et le muscle adducteur postérieur y laissent également des marques. Les branchies* sont lobées. Elles peuvent servir de poche d'incubation pour les larves* dans certains cas seulement. Le pied musculeux blanc permet l'enfouissement de l'animal dans le sédiment.

Remarques :

  • La coquille peut être brisée sur sa marge ou présenter diverses entailles ou encoches (peut-être liées à de la prédation ?). Elle peut présenter aussi diverses anomalies comme des réparations de cassure ou une hyper épaisseur très localisée.
  • Il y a peu d'usure ou d'abrasion sur les coquilles vides trouvées en laisse de plage.
  • La forme générale de la coquille ne dépend pas de la taille du mollusque.
  • La plupart des caractères morphologiques sont assez variables et le polymorphisme* est important chez les corbicules.
  • Les corbicules adultes n'ont pas de byssus. Cependant, chez les très jeunes spécimens, un byssus* vestigial* très transitoire peut exister sous la forme de filaments muqueux permettant un ancrage temporaire. Ce dispositif permet une dispersion passive de l'espèce (transport par le courant ou via un support flottant).

Espèces ressemblantes

La grande variabilité et le polymorphisme des Corbicula spp. rendent difficile la distinction des taxons*. Les corbicules constituent probablement plusieurs complexes d’espèces très proches et capables de s'hybrider.

Le nombre ainsi que le nom des espèces de corbicules en France a longtemps été imprécis.

  • Corbicula fluminea (Müller O. F., 1774) = Tellina fluviatilis fait partie de l'agrégat ou groupe ou complexe d’espèces "fluminea - leana". C'est le taxon le plus cité ; sa coquille serait d'une teinte plutôt claire et de forme assez ronde avec un rapport largeur/hauteur voisin de 1,1. Les stries de croissance de la coquille de ce taxon seraient peu serrées (7 à 14 stries par cm). Elle est présente partout en France sauf en Corse.
  • Corbicula leana Prime, 1867 fait aussi partie de l'agrégat ou groupe ou complexe d’espèces "fluminea - leana". Ce nom est très peu cité et le taxon est assez semblable à C. fluminea ; sa coquille présenterait souvent un peu de bleu et de rose côté intérieur. L'espèce serait présente au moins dans le nord-est de la France.

En Europe, on rencontre aussi Corbicula largillierti qui possède des stries concentriques nombreuses et peu marquées. L'intérieur de la coquille est violet. Elle a été mentionnée en Italie et pourrait être présente en France.

Enfin en outremer dans les zones sous juridiction française, il est utile de signaler Corbicula australis [= Corbicula deshayesii] qui est une espèce australienne très semblable à C .fluminea et qui a été introduite en Nouvelle-Zélande. Sa coquille est plutôt ovale et relativement fine avec des stries concentriques fines. Elle a été signalée en Nouvelle-Calédonie à Lifou où elle pourrait être introduite.

Deux espèces proches des corbicules et assez similaires morphologiquement se rencontrent en Guyane française : Cyanocyclas rotunda (Prime, 1860) et Cyanocyclas bavayi (Ancey, 1880).

Alimentation

Comme les autres corbicules, C. fluminalis se nourrit principalement de plancton*, de bactéries et de matière organique particulaire. Elle peut à l'occasion réaliser un brassage du sédiment à l'aide de son pied pour ingérer de la matière organique interstitielle*. A l'aide des deux siphons, elle produit une circulation d'eau qui est filtrée par l'animal puis rejetée.

Reproduction - Multiplication

Les corbicules seraient hermaphrodites* simultanées, avec possibilité d'auto-fécondation.

Les populations de C. fluminalis se caractérisent par deux périodes de reproduction : la première survient en hiver avec un nombre de larves incubées faible, la seconde s`étale de mars à octobre avec une intensité maximale en juin ou juillet.
La fécondation des ovocytes* intervient dans les branchies. Les larves y grandissent et sont expulsées ensuite. Un individu peut émettre jusqu'à 70.000 larves après 4 à 5 jours d'incubation. Les larves, en nageant, vont rapidement coloniser leur milieu.

La durée de vie est estimée à 2–4 ans selon les populations et les conditions environnementales.

Vie associée

Les épibiontes* sont le plus souvent absents sur les coquilles de Corbicula fluminalis. Dans certains cas on peut observer sur la coquille des algues vertes filamenteuses unisériées comme Basicladia okamurae mais il pourrait s'agir d'une colonisation post mortem.

Les corbicules qui ont une coquille très solide semblent avoir peu de prédateurs. Elles sont principalement la proie de gros poissons comme les carpes et les silures. Les toutes jeunes coquilles encore fines peuvent être brisées par des écrevisses. Les oiseaux d'eau comme des canards plongeurs (Fuligules) et chez les mammifères les rats musqués seraient aussi des prédateurs occasionnels.

Divers biologie

L'analyse des tailles des coquilles vides en laisse de plage montre souvent que toutes les tailles sont représentées. Ceci pourrait indiquer qu'une mortalité massive a eu lieu, par exemple au cours d'un assec*, d'une pollution ou d'une température inhabituelle.

Informations complémentaires

A noter au sujet des fossiles qu'il y a eu des mélanges entre populations de corbicules depuis plusieurs millions d'années avec des déplacements et des extinctions de taxons lors des glaciations du pléistocène et de l'éocène (= quaternaire).
Selon Vimpère (2005) le genre Corbicula était présent en Europe occidentale au Tertiaire et au Quaternaire, il a disparu du continent européen lors de la dernière période glaciaire du Würm (vers 10 300 ans avant aujourd’hui).

Les corbicules sont utilisées en aquariologie d'eau douce. Elles sont décoratives et filtrent les déjections des poissons, les algues et les bactéries.

Les corbicules ne sont pas protégées et elles sont autorisées à la vente. Ces sont des espèces introduites et invasives en France, et il convient de ne pas les relâcher dans la nature.

Les corbicules peuvent contenir des parasites et leur consommation mal cuite peut donner des maladies intestinales comme l'echinostomiase par ingestion de parasites du genre Echinostoma, la cryptosporidiose par ingestion de parasites du genre Cryptosporidium, et la giardiase par ingestion de parasites du genre Giardia.

Origine des noms

Origine du nom français

Traduction du latin Corbicula.

Origine du nom scientifique

Corbicula du latin [corbicula] = petite corbeille, petit panier : sans doute à cause de la forme de la coquille et des stries.
fluminalis du latin [flumen] = fleuve : qui vit dans les fleuves.

Classification

Numéro d'entrée WoRMS : 233525

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Bivalvia / Lamellibranchia / Pelecypoda Bivalves / Lamellibranches / Pélécypodes Mollusques aquatiques, filtreurs, au corps comprimé latéralement. Coquille composée de 2 valves articulées disposées de part et d’autre du plan de symétrie. Absence de tête, de pharynx, de radula et de glande salivaire.
Sous-classe Autobranchia Autobranches
Infra-classe Heteroconchia Hétéroconchie
Subter-classe Euheterodonta Euhétérodonte
Super ordre Imparidentia Imparidenties
Ordre Venerida Vénérides

Coquille mince, allongée, dure et costulée, bâillante à une ou aux deux extrémités. Ligament à la fois interne et externe.

Super-famille Cyrenoidea
Famille Cyrenidae Cyrenidés
Genre Corbicula
Espèce fluminalis

Nos partenaires

Les textes et images sont sous licence et ne sont pas libres de droit.

Pour les ayants-droits, connectez-vous.

Pour toute demande d'utilisation (exemple d'un formateur Bio de la FFESSM...) contactez nous ici.