Coralline

Corallina officinalis/caespitosa | Linnaeus / R.H.Walker, J.Brodie & L.M.Irvine

N° 1589

Méditerranée (C. caespitosa uniquement), Atlantique Nord-Est

Clé d'identification

Algue calcaire érigée, articulée à articles en forme de losange aplati
Ramification pennée
Articles portant deux rameaux latéraux
Algue photophile présente à faible profondeur en mode battu

Noms

Autres noms communs français

Pour C. caespitosa : coralline cespiteuse, coralline carénée
Pour C. officinalis : coralline rose, coralline médicinale

Noms communs internationaux

Rough coral moss, common coral weed (GB), Corallina carenada (E), Korallenmoos (D), Koraalwier (NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Pas de synonymes pour C. caespitosa R.H.Walker, J.Brodie & L.M.Irvine

Pour Corallina officinalis Linnaeus :

  • Corallina calvadosii J.V. Lamouroux 1816
  • Corallina cretacea Postels & Ruprecht 1840
  • Amphiroa cretacea (Postels & Ruprecht) Endlicher 1843
  • Corallina officinalis f. vulgaris Kützing 1858
  • Corallina officinalis var. vulgaris Kützing 1858
  • Corallina compacta P. Crouan & H. Crouan 1867
  • Corallina officinalis f. profunda Farlow 1881
  • Corallina officinalis var. profunda Farlow 1881
  • Corallina officinalis var. nana (Zanardini) Ardissone 1883
  • Corallina officinalis var. compacta (P. Crouan & H. Crouan) Batters 1902
  • Arthrocardia cretacea (Postels & Ruprecht) Weber-van Bosse 1904
  • Corallina officinalis f. nana (Zanardini) Van Heurck 1908
  • Corallina officinalis var. flabellifera Schiffner 1931
  • Pachyarthron cretaceum (Postels & Ruprecht) Manza 1937
  • Corallina officinalis f. compacta (P. Crouan & H. Crouan) Hamel & Me. Lemoine 1953
  • Bossiella cretacea (Postels & Ruprecht) H.W. Johansen 1969

Pour Ellisolandia elongata (J.Ellis & Solander) K.R.Hind & G.W.Saunders :

  • Corallina elongata Ellis & Solander (synonyme très courant)
  • Corallina deshayesii Montagne 1846
  • Corallina mediterranea Areschoug 1852 (synonyme très courant)
  • Corallina officinalis var. mediterranea Kützing 1858
  • Corallina officinalis var. mediterranea (Areschoug) Hauck 1883

Distribution géographique

Méditerranée (C. caespitosa uniquement), Atlantique Nord-Est

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

La distribution réelle de ces espèces a été révisée à la lumière des analyses génétiques, mais doit encore être précisée par de nouvelles analyses. C. officinalis est plutôt une espèce des eaux froides à tempérées, présente en Atlantique Nord-Est (a priori jusqu'au nord de l'Espagne) et le Pacifique Nord.

C. caespitosa est une espèce des eaux plutôt chaudes, présente dans de nombreuses mers du monde. Sa limite nord-atlantique pourrait être au nord de l'Angleterre. Elle semble être la seule coralline présente en Méditerranée et en mer Noire.

Biotope

On rencontre les corallines sensu lato sur les zones rocheuses à faible profondeur (de la surface jusqu'à 5 m environ) où elles peuvent former des ceintures denses. Elles sont photophiles*. Elles vivent sur les rochers de mode battu, dans les cuvettes exposées dans la partie inférieure du médiolittoral* et dans l'infralittoral* en Atlantique.

En Atlantique, C. caespitosa est présente dans la zone intertidale* et l'infralittoral* le plus exposé, alors que C. officinalis serait un peu plus profonde.

Description

La coralline est une algue calcifiée. Le thalle* est dressé à ramification régulièrement pennée. Il est composé d'articles (segments) calcifiés et d'articulations non calcifiées flexibles. Les segments sont en forme de losange, plus longs que larges. La partie supérieure du segment est élargie. Le thalle se fixe par une croûte basale.
La croissance du thalle est apicale*. Les extrémités en croissance apparaissent plus claires.
Les thalles sont de couleur variable : rose clair à rouge lilas, mais aussi gris violacé.

En France métropolitaine, on distingue 3 espèces très ressemblantes qui sont encore regroupées sous le nom de corallines :

C. caespitosa R.H. Walker, J. Brodie & L.M. Irvine :
Thalle érigé, fixé par une croûte basale pouvant atteindre 10 mm de largeur, portant des touffes de frondes ramifiées et rigides pouvant atteindre 45 mm de longueur.
Les ramifications sont simples à pennées, très denses et irrégulières. Les branches latérales sont séparées par un espace bien visible caractéristique.
Les articles sur les axes principaux sont cylindriques à comprimés et mesurent de 0,5 à 1 mm de longueur et de 0,3 à 0,7 mm de largeur. A l'extrémité de la ramification, on compte 3 à 4 articles (parfois 7) ou un seul article irrégulier et non divisé.
Les articulations mesurent entre 0,16 et 0,22 mm de longueur et entre 0,2 et 0,34 mm de largeur.

C. officinalis Linnaeus:
Thalle érigé, fixé par une croûte basale pouvant atteindre 70 mm de largeur, portant des touffes de frondes ramifiées et rigides pouvant atteindre 120 mm de longueur.
Les ramifications sont simples à pennées, pouvant être denses ou ocassionnelles, souvent irrégulières. Les branches latérales sont séparées par un espace visible.
Les articles sur les axes principaux sont cylindriques à comprimés et mesurent de 1 à 2 mm de longueur et de 0,3 à 1 mm de largeur. A l'extrémité de la ramification, on compte en général 3 articles, parfois plus, et rarement un seul article irrégulier et non divisé. Les articulations mesurent entre 0,18 et 0,35 mm de longueur et entre 0,18 et 0,35 mm de largeur.

Ellisolandia elongata (J. Ellis & Solander) K.R. Hind & G.W. Saunders :
Thalle érigé, fixé par une croûte basale pouvant atteindre 150 mm de largeur, portant des touffes de frondes ramifiées et souples pouvant atteindre 200 mm de longueur.
Les ramifications sont simples à pennées, souvent denses, parfois irrégulières. Les branches latérales sont accolées ou sont séparées par un espace peu visible.
Les articles sur les axes principaux sont comprimés et mesurent de 0,5 à 1 mm de longueur et de 0,4 à 0,8 mm de largeur. A l'extrémité de la ramification, on compte en général 3 articles, parfois 4. Les articulations mesurent entre 0,14 et 0,19 mm de longueur et entre 0,19 et 0,24 mm de largeur.

Espèces ressemblantes

Pour des raisons de confusion au niveau des noms vernaculaires et de la quasi-impossibilité de discriminer ces espèces en photo, la description de l'espèce Ellisolandia elongata a été traitée au même niveau que les 2 Corallina de la fiche.

Alimentation

Les différents pigments des corallines dont le pigment rouge (phycoérythrine), la chlorophylle (vert) et les caroténoïdes (jaune/brun) permettent à ces algues d'effectuer la photosynthèse* et de constituer leur biomasse à partir de lumière et de sels minéraux.

Reproduction - Multiplication

La reproduction a lieu en hiver.
Les corallines ont un cycle trigénétique* isomorphe (caractérisé par trois générations sans changement de morphologie). Les organes reproducteurs se développent dans des cryptes spécialisées appelées conceptacles*. Chez les corallines, les conceptacles sont de forme pyriforme ou arrondie, et ont une ouverture apicale ou ostiole* (conceptacles unipores). Ils sont toujours situés à l'extrémité des thalles en position latérale. Au niveau des conceptacles femelles, on décrit la présence de ramules* formant des cornicules*. Ceux-ci sont fragiles et sont souvent absents sur le thalle rendant l'identification délicate.

Divers biologie

Ces algues sont pérennes* par leur base, les axes étant saisonnièrement renouvelés. Elles supportent des épisodes d'assèchement. Elles se développent bien en présence de pollution.

Informations complémentaires

Les 3 espèces sont très proches morphologiquement et ont souvent été confondues.
L'espèce C. caespitosa a été décrite de Grande-Bretagne en 2009, suite à une publication faisant le point sur les corallines de l'Atlantique Nord-Est. L'analyse génétique a montré que ce que l'on appelait C. officinalis dans l'Atlantique Nord-Est correspondait en fait à 2 espèces différentes. Il semble que seule C. caespitosa soit présente en Méditerranée.

L'espèce C. elongata a été renommée Ellisolandia elongata en 2013 suite à des analyses génétiques.

Les corallines présentent une activité anti-inflammatoire.
Corallina est une des algues récoltées traditionnellement sous le nom de « mousse de Corse » pour ses propriétés vermifuges. L'activité vermifuge a été décrite chez Corallina officinalis (fraction active acide kanaïque). Cette même espèce est utilisée comme biomatériau pour la chirurgie osseuse (hydroxylapatite). Elle est également utilisée pour ses propriétés anticoagulantes, hypocholestérolémiantes et hypoglycémiantes.

Origine des noms

Origine du nom français

Pour C. caespitosa :
Coralline de Méditerranée : tient compte de sa zone géographique.
Coralline cespiteuse : traduction littérale de son nom scientifique.

Pour C. officinalis :
Coralline officinale : traduction littérale de son nom scientifique.

Origine du nom scientifique

Corallina : du latin [corallum] = corail : à l'allure de corail.
caespitosa : du latin [caespes] = touffe ou motte de gazon. Terme utilisé en botanique, qui désigne une plante ou un champignon qui croît en touffes compactes.
officinalis : se rapporte à l'usage pharmaceutique de cette algue.

Ellisolandia : nom de genre directement dérivé du nom des 2 auteurs Ellis et Solander du temps où cette algue s'appelait Corallina elongata.
elongata : du latin signifiant allongé.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Rhodobionta / Rhodophyta Rhodobiontes Algues rouges, pour la plupart marines.
Sous-embranchement Eurhodophytina
Classe Florideophyceae Floridéophycées

Thalle élaboré formé de fins filaments branchés ou en lames.

Sous-classe Corallinophycidae Corallinophycidées
Ordre Corallinales Corallinales Calcification très importante qui donne au thalle un aspect minéral.
Famille Corallinaceae Corallinacées
Genre Corallina
Espèce officinalis/caespitosa

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