Thalle arbustif d’environ 30 cm de longueur
Axes en cordons cylindriques à ramifications dichotomiques
Consistance souple, ferme et élastique
Couleur vert foncé
Utricules sans mucron
Crampon de fixation discoïde formé de nombreux filaments
Codium branchu cosmopolite, algue feutrée dichotome, corne de velours
Velvet horn, forked felt-alga, sponge seaweed (GB), Ramallo de mar, codio frágil (E), Gegabelte Felt-Alge, Grüne Gabealge, Wollige Gebelalge (D), Viltwier, vertakt viltwier (NL), Chorão do mar (Portugal)
A noter que la plupart de ces noms sont employés pour désigner les algues du genre Codium en forme de cordons dressés sans distinction d’espèces (C. tomentosum, C. fragile, C. vermilara).
Spongia dichotoma Hudson, 1762
Fucus tomentosus Hudson, 1778
Ulva tomentosa (Hudson) De Candolle 1805
Fucus tomentosus var. marginifer Turner, 1811
Codium dichotomum S.F. Gray, 1821
Codium dichotomum var. marginiferum S.F. Gray, 1821
Agardhia dichotoma Ant. Cabrera, 1823
Europe de l'Ouest (côtes atlantiques européennes) et probablement cosmopolite
Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises]On trouve Codium tomentosum en mer du Nord, en Manche et dans l'océan Atlantique Nord-Est, des côtes anglaises au nord jusqu’au Maroc au sud. On le rencontre également dans tous les archipels de Macaronésie* (Açores, Canaries, Madère, Cap Vert). L’espèce serait rare en Méditerranée. La plupart des signalisations méditerranéennes seraient des confusions avec l’espèce autochtone Codium vermilara.
C’est une espèce très commune et cosmopolite des mers tempérées. Sa présence est signalée sur les côtes occidentales des États-Unis, des Caraïbes, en Afrique du Sud, dans l’archipel des Mascareignes* et dans l’océan Indien.
Ce codium est une espèce épilithique*, photophile* et pérennante*. Elle se développe au niveau des étages médiolittoral* inférieur, notamment dans les cuvettes du bas de l'estran*, et infralittoral* jusqu’à 20 m de profondeur environ. Elle se fixe sur les rochers et affectionne tout particulièrement les petites roches en milieux sableux.
Cette algue verte arbustive possède un thalle* en forme de cordons cylindriques ramifiés, d’environ 30 cm de longueur, de couleur vert foncé. Les axes de 8 mm à 10 mm de diamètre et à ramification assez régulièrement dichotome* se terminent par des apex* arrondis.
Codium tomentosum peut former des touffes ou des massifs de plusieurs dizaines de centimètres de diamètre.
Sa consistance est souple, ferme et élastique faisant penser à de l’éponge. A certaines périodes de l'année, en général en été, la fronde* montre une courte pilosité blanchâtre, caractéristique des Codium, la faisant ressembler à du feutre ou à de la fourrure.
Ce codium est fixé solidement au substrat* par un crampon discoïde formé de nombreux filaments rampants plus ou moins grossiers et enchevêtrés.
Voir la description microscopique dans la rubrique "Divers biologie".
Codium decorticatum :Codium decorticatum (Woodward) M.A.Howe, 1911 : possède des ramifications très aplaties et élargies au niveau des bifurcations. Les utricules* sont plus larges et plus longs, ils sont dépourvus de mucrons* et de poils.
Codium fragile subsp. fragile (Suringar) Hariot, 1889 : cette chlorophycée allochtone*, originaire du Pacifique et découverte pour la première fois dans l’Atlantique Nord-Est, en 1845 en Irlande, est apparue sur nos côtes dans les années 1920-1930. Elle semble posséder des cordons plus courts que Codium tomentosum mais les différences sont si ténues qu’un examen des utricules* à la loupe binoculaire ou au microscope est nécessaire. Contrairement à Codium tomentosum les utricules de Codium fragile possèdent une pointe terminale (mucron*) très développée.
Codium vermilara (Olivi) Delle Chiaje, 1829 : présente en Manche-Atlantique et en Méditerranée, cette espèce, très proche morphologiquement de Codium tomentosum, présente des rameaux irrégulièrement dichotomes. Les utricules, dépourvus de mucrons, possèdent des poils localisés plus près du sommet que ceux de Codium tomentosum.
Les algues fabriquent les sucres de leur biomasse par photosynthèse*. Ce processus de transformation de l'énergie lumineuse en énergie chimique grâce à des pigments de type chlorophylle*, n'est possible, comme pour toutes les algues, que dans une situation d'éclairement.
La reproduction, par organes spécialisés, est sexuée. Certains utricules* produisent latéralement deux organes reproducteurs ou gamétanges* oblongs ou fusiformes de 60 à 80 µm de diamètre. A l’intérieur se différencient soit des gamètes* mâles biflagellés (zoïdocystes* mâles), soit des gamètes femelles également biflagellés (zoïdocystes femelles). La partie interne du gamétange se gonfle et rejette à l'extérieur les gamètes en nuage. Il y a copulation entre le gamète mâle, petit, et le gamète femelle, plus gros. Le zygote* germe en un filament qui donne naissance à un nouvel individu.
La méiose* aurait lieu dans les gamétocystes* et le cycle serait monogénétique* diplontique*.
Des cas de parthénogenèse* ont été signalés chez cette espèce.
Le codium tomenteux est brouté par un petit mollusque hétérobranche sacoglosse, Elysia viridis.
Description microscopique : cette chlorophycée se compose de filaments longitudinaux siphonnés (sans cloisons transversales) entremêlés qui forment un axe central et produisent à la périphérie un manchon de vésicules renflées ou utricules*. Ces utricules sont cylindriques, légèrement claviformes* et souvent avec un élargissement près de la base. Ils sont larges de 100 à 200 μm, leur apex* est arrondi avec une paroi apicale généralement légèrement épaissie et stratifiée, épaisse de 5 à 15 μm. On observe à la partie la plus large de l’utricule, bien en arrière de l’apex, de nombreux poils ou cicatrices de poils. Voir photos 9c et 12.
Pour compenser ses pertes en eau à marée basse, le Codium produit un composé particulier de sucres sulfatés. Ces molécules, riches en acide glucuronique, limitent et régulent la déshydratation.
Codium tomentosum est comestible. Des espèces de Codium sont utilisées en Asie comme ingrédient dans les salades, le riz ou la préparation de soupes, de crèmes et de sauces.
En Europe on l'utilise en cosmétologie, après extraction de composés utilisés pour la réhydratation du corps. Riche en vitamine A, il possède également une action régénérante, stimulante et vivifiante sur la peau.
Codium : il est d'usage chez les végétaux de franciser le nom scientifique, ce qui est fait partiellement dans le nom vernaculaire.
tomenteux : en botanique, se dit d’un végétal recouvert de poils épais ou d’un duvet de poils fins donnant une impression feutrée.
Codium : du grec [codion] = petite toison, du fait de sa surface velue.
tomentosum : du latin [tomentum] = tout ce qui sert à rembourrer (bourre, laine, plume, etc.) et du suffixe latin [osum] = plein de, qui a beaucoup de. Que l'on peut traduire par : rameaux épais uniformément recouverts de poils courts plus ou moins bouclés ou recourbés.
Numéro d'entrée WoRMS : 145092
| Termes scientifiques | Termes en français | Descriptif | |
|---|---|---|---|
| Embranchement | Chlorophyta | Chlorophytes | Embranchement très vaste et hétérogène de plus de 7000 espèces d'algues vertes. Unicellulaires (flagellées ou non), coloniales, filamenteuses, thalles* siphonés* ou non. Benthiques* et fixées ou planctoniques*. Subaériennes, eaux douces, saumâtres et marines. |
| Sous-embranchement | Chlorophytina | Chlorophytines | |
| Classe | Ulvophyceae | Ulvophycées | Organismes multicellulaires. Zoïdes et spores possèdent généralement 2 et 4 flagelles respectivement. Cycle de reproduction variable. Habitat essentiellement marin et benthique. |
| Ordre | Bryopsidales | Bryopsidales | Thalles* siphonés*. Cycles de reproduction diphasiques* haplodiplontiques*, ou monophasiques, diplontiques, majoritairement marines (un genre d'eau douce). |
| Sous-ordre | Bryopsidinae | Bryopsidinés | |
| Famille | Codiaceae | Codiacées | |
| Genre | Codium | ||
| Espèce | tomentosum |
Algues vertes (Chlorophycées)
Thalle vert foncé
Cette algue verte possède un thalle de couleur vert foncé, d’environ 30 cm de longueur.
Fort de Nacqueville, Urville-Nacqueville (50), médiolittoral inférieur
03/08/2019
Algues vertes (Chlorophycées)
Codium branchu à rameaux cylindriques
Il faut bien noter qu'il n'est pas possible de distinguer Codium tomentosum et Codium fragile (qui est aussi présent en Manche) sans un examen à la binoculaire (présence/absence de mucrons).
Ile de Sein (29), Bretagne, estran à marée basse
15/08/2019
Ramifications dichotomiques
Les cordons se ramifient de manière dichotomique et se terminent par des apex arrondis.
Fort de Nacqueville, Urville-Nacqueville (50), médiolittoral inférieur
03/08/2019
Jeunes pousses
Au printemps de jeunes pousses émergent du pied de l’algue.
Plage de Jardeheu, La Hague (50), bas de l'estran
02/04/2026
Courte pilosité
Caractéristique des Codium, les frondes présentent parfois une courte pilosité blanchâtre les faisant ressembler à du feutre ou à de la fourrure.
Plage de Jardeheu, La Hague (50), bas de l'estran
02/04/2026
Au labo
Au labo : utricules pris au microscope x 100
Fort de Nacqueville, Urville-Nacqueville (50), médiolittoral inférieur
17/08/2022
Utricule en macro
Cette image d’un utricule d’un Codium tomentosum a été prise au microscope avec un grossissement de 400X.
Fort de Nacqueville, Urville-Nacqueville (50), médiolittoral inférieur
17/08/2022
Gravure ancienne
Sur cette gravure ancienne l'auteur a représenté Codium tomentosum : 1. Sur pied, 2. Les utricules avec latéralement les organes reproducteurs oblongs ou fusiformes.
"Phycologia Britannica: a history of British sea-weeds, vol. I" Harvey (1846), planche XCIII
Reproduction de documents anciens
1846
Dessin ancien
A. Thalle, B. Utricules avec les gamétanges de chaque côté, C. Coupe d’un cordon.
« A Handbook of the British Seaweeds » L. Newton (1931), fig. 69
Reproduction de documents anciens
1931
Détail des utricules
A. Utricules du sommet, B. Utricules de la base, C-D. Utricules du milieu du thalle avec gamétanges et cicatrices laissées par la chute des poils (au sommet) et des gamétanges (au milieu).
"The dichotomous species of Codium in Britain" P.C. Silva (1955), fig. 4
Reproduction de documents anciens
1955
Organes reproducteurs
Utricule avec deux gamétanges, qui ont commencé à s’accroître. Les petites granules représentent les chloroplastes un peu schématisés.
"Les modes de reproduction du Codium tomentosum" F.A.F.C. Went (1889), fig. 3, planche VII
Reproduction de documents anciens
1889
Coupe longitudinale
Description de l’auteur : « Coupe longitudinale au travers du thalle montrant l’enchevêtrement des filaments axiaux et leurs relations avec les utricules gonflés de la périphérie. Deux d’entre-eux portent des gamétanges ».
"Les algues marines des côtes de France" E. Wuitner (1942), fig. 2, planche 17-18
Reproduction de documents anciens
1947
Rédacteur principal : Philippe LE GRANCHÉ
Correcteur : Marc VERLAQUE
Responsable régional : Philippe LE GRANCHÉ
Bourgeois Ph., Desprez M., 1979, Flore algale de Normandie : le littoral, Cercle naturaliste des étudiants de Haute-Normandie, Faculté des sciences de Caen, 4, 1-28.
Gatty A., 1863, British sea-weeds vol. I, Drawn from professor Harvey’s “phycologia britannica”, Bell and Daldy, London, 74p., pls. XXXVII.
Harvey W.H., 1846, Phycologia Britannica or a history of British sea-weeds: containing coloured figures, generic and specific characters, synonymes, and descriptions of all the species of algae inhabiting the shores of the British Islands, Vol. I, Reeve Brothers, London, Text with plates, pls I-LXXVIII.
Hassoun M., Salhi G., Bouksir H., Moussa H., Riadi H., Kazzaz M., 2014, Codium tomentosum var. mucronatum et son épiphyte Aglaothamnion pseudobyssoides, deux nouvelles espèces d’algues benthiques pour la phycoflore du Maroc, Acta Botanica Malacitana, Malaga, Espagne, 39, 37-44.
Johnstone W.G., Croall A., 1860, The nature-printed British sea-weeds" vol. IV, chlorospermeæ, Bradburry and Evans, London, 324p.
Silva P.C., 1955, The dichotomous species of Codium in Britain, Journal of the Marine Biological Association of the UK, 34 (3), 565-577.
Trowbridge C.D., 2001, Coexistence of introduced and native congeneric algae: Codium fragile and C. tomentosum on Irish rocky intertidal shores, Journal of the Marine Biological Association of the UK, 81(06), 931-937.
Went F.A.F.C., 1889, Les modes de reproduction de Codium tomentosum, Nederlandsch kruidkundig archief, 2(5), 440-444.
La page de Codium tomentosum sur le site de référence de DORIS pour les algues : AlgaeBase
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