Claveline bleutée de Méditerranée

Clavelina dellavallei | (Zirpolo, 1825)

N° 690

Méditerranée occidentale et océan Atlantique proche

Clé d'identification

Ascidie souvent solitaire, pédonculée
Tunique transparente
Striation jaune clair du sac branchial
Une ligne bleu violacé ventrale (endostyle)
Courte anse intestinale bleu violacé
Siphons larges, terminaux et proéminents

Noms

Autres noms communs français

Claveline cloche, claveline tachetée, claveline transparente

Noms communs internationaux

Bluestriped light bulb tunicate (GB), Ascidia trasparente (I), Durchscheinende Seescheide (D)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Bradiclavella dellavallei Zirpolo, 1925, baie de Naples, Italie.
Podoclavella neopolitana Salfi, 1927 (Brunetti 1987)

Distribution géographique

Méditerranée occidentale et océan Atlantique proche

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Méditerranée occidentale et Adriatique jusqu'au détroit de Gibraltar et Madère dans l'océan Atlantique proche pour sa limite ouest de sa zone de distribution.

Biotope

La claveline bleutée de Méditerranée vit fixée sur des substrats* durs : roches, coralligènes*, gorgones ou algues. On la rencontre le plus souvent au-delà des 10 m de profondeur, principalement au niveau du coralligène (20-40 m) et jusqu'à 90 m. L'espèce proche Clavelina lepadiformis est moins profonde.

Description

La claveline bleue ou claveline transparente Clavelina dellavallei est une ascidie coloniale pédonculée* et dressée au dessus du substrat. Les individus isolés ou peu resserrés sont fréquents ("gazon" clairsemé), ils sont parfois regroupés en véritable bouquet. Les individus d’une même colonie sont reliés entre eux par de fins stolons* rampants.
Cette espèce est la plus grande du genre Clavelina dans sa zone de distribution : avec son pédoncule elle peut atteindre 6 cm, son corps mesure 3 cm au maximum et de 2 à 2,5 cm en moyenne. Elle est très semblable à Clavelina lepadiformis mais en diffère par la présence d’une fine ligne bleu violacé ventrale sur le sac branchial (endostyle*) suivie par une courte anse intestinale également bleutée, par une grande transparence, et par des lignes jaune clair circulaires toujours vaporeuses ou ponctiformes soulignant les rangées de trémas branchiaux. Le sillon branchial postérieur ou raphé est blanc et crénelé, débutant par une trace bleue entre les deux siphons*.
Les deux siphons largement ouverts et proéminents sont terminaux, proches et très légèrement ponctués de petites taches blanches. A travers le siphon buccal légèrement plus grand on arrive parfois à distinguer les nombreux et fins tentacules à l’entrée du pharynx (ou sac branchial).
La tunique* est chez cette espèce totalement transparente à faible reflets bleuâtres, ce qui facilite l'observation des organes internes : sac branchial avec 13 à 17 rangées de fentes branchiales suivi au dessous d’une anse intestinale courte et bleue, poche incubatrice formant une trainée blanchâtre latérale à droite sous la branchie, chapelets de fèces brunes, nodules bleus dans le pédoncule, etc.
A ce sujet, Salfi (Ann. bio., 1925-1926, p. 347.) a noté une particularité : " Cette ascidie présente un corps morulaire bleu, tout à fait particulier, qui se trouve à l'intérieur du pédoncule, assez court, au-dessous des organes viscéraux. A l'aide de ce corps bleu l'individu qui, pour une cause quelconque, tombe en dégénérescence, peut se reconstituer. "

Espèces ressemblantes

En Méditerranée et Atlantique proche, plusieurs espèces de clavelines sont semblables :

Clavelina lepadiformis est la plus approchante, mais souvent plus opaque, plus serrée en bouquet, sans ligne bleue mais avec des lignes blanches bien dessinées. Biotope* moins profond.

Pycnoclavella spp. (Clavelina nana, Pycnoclavella taureanensis, etc.) sont nettement plus petites, jamais bleues et moins transparentes.

Clavelina sabbadini espèce récemment décrite (Brunetti, 1987) au corps cylindrique et marqué de jaune orangé (siphons et rangées de fentes branchiales), rare et limitée à l'Adriatique ?

Diazona violacea souvent confondue avec C. lepadiformis, l'est moins avec C. dellavallei. Les individus de forme plus cylindrique sont de même taille, les colonies sont plus denses et de couleur vert pâle ou jaune et la tunique est laiteuse. Tous les zoïdes* sont réunis sur une base commune gélatineuse.

Clavelina oblonga est une ascidie originaire de l'Atlantique Est (des Bermudes au Brésil), elle a sans doute été amenée aux Açores et en Méditerranée par des bateaux. Elle ressemble beaucoup à C. dellavallei, la ligne bleue ventrale en moins.

Dans l'Indo-pacifique et donc hors zone de distribution, Clavelina cyclus Tokioka & Nishikawa, 1975 est fort semblable.

Alimentation

Comme les autres tuniciers, c'est un animal filtreur*. L’eau, chargée des particules nutritives, pénètre par le siphon* buccal. Ce dernier est muni d’une couronne de tentacules sensoriels. Par contraction, ils sont capables de boucher l’entrée aux objets aspirés de trop grande taille. Le liquide qui a pénétré dans l'animal débouche à l’intérieur d’un sac branchial*, puis est amené au niveau de fentes que l'on appelle les trémas. Il passe ensuite dans la cavité péribranchiale, puis ressort par le siphon cloacal*.
Les particules sont retenues au niveau des fentes du filtre et sont enrobées par du mucus, l'ensemble constituant un agrégat nutritif qui est conduit par le battement des cils vers l'estomac via l'œsophage. La digestion y est facilitée par l'action d'une glande digestive qui y est accolée. Après le passage dans l'intestin, les déchets de la digestion sont évacués, sous forme de chapelets de fèces, par un anus débouchant dans le siphon cloacal.

Reproduction - Multiplication

La reproduction des ascidies coloniales présente une alternance de cycles sexués et asexués. Elles sont hermaphrodites*, la fécondation est interne et le développement indirect.
Les périodes de reproduction sexuée pour cette espèce sont mal connues, sans doute au printemps. On sait que pour C. dellavallei les embryons sont incubés dans la cavité cloacale* sur le côté droit du sac branchial et ils sont très nombreux, plus de 50 dans chaque individu adulte.

C'est par la reproduction asexuée que se forment les individus secondaires, par bourgeonnement le long des stolons émis initialement par l'individu souche issu pour sa part de la reproduction sexuée.

Vie associée

Cette espèce est, au moins dans la partie occidentale de la Méditerranée, associée à des Copépodes (symbiotiques ou parasites) comme Ascidioxynus ibericus et Fratia gaditana.

Origine des noms

Origine du nom scientifique

Clavelina : du latin [clava] = qui a la forme de massue.
dellavallei : dédié à Antonio Della Valle, 1850-1935, zoologiste italien (Naples), a travaillé sur les ascidies, les amphipodes et les copépodes.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Urochordata / Tunicata Urochordés / Tuniciers Chordés marins fixés (ascidies) ou pélagiques (thaliacés), solitaires ou coloniaux. Epaisse tunique cellulosique. Deux siphons, pharynx bien développé, la chorde larvaire régresse chez l'adulte (sauf chez les Appendiculaires).
Classe Ascidiacea Ascidies / Ascidiacés Tuniciers fixés. Solitaires ou coloniaux (seuls capables de bourgeonnement). Chorde uniquement au stade larvaire. Siphon inhalant au sommet, proche du siphon exhalant latéral. Souvent en eau peu profonde.
Ordre Aplousobranchia Aplousobranches Ascidies coloniales.
Famille Clavelinidae Clavelinidés Ascidies pédonculées en forme de petites massues.
Genre Clavelina
Espèce dellavallei

Nos partenaires